‹ Histoire de l'homme au masque de fer, accompagnée des pièces authentiques et de facsimileChapitre 1 sur 12 · PUBLIC LIBRARY · texte numérisé non relu

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ASTOR, '.ÏNOX AMO riLUÉK f (HJNDATIONS

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Quoique, depuis un siècle et demi, plusieurs écrivains distingués aient essayé d'écUircii: l'histoire du célèbre personnage connu sous le nom très-impropre de Chomnie au masque de fer y ce problême, qui n'est pas encore résolu, occupe toujours la curiosité du monde politique et de l'Europe savante.

Les uns (i) ont couvert de ce masque Louis de Bourbon y comte de f^^rmandois^ grand amiral de France (a), ou le duo de

(i) Principalement le père GHflet.

(2) Fils naturel de Louis XIY et de M«^. de la Valière.

Beaufort (i); les autres l'ont donne au duc de Montmouth (a) , ou bien à Foucquel ; et de plus hardis encore n^ont pas craint d'avancer que c'était un fils à! Anne et Autriche et de Mazarin, oubliant que, par le rapprochement et la combinaison des dates et des faits ^ ce prisonnier ne pouvait être aucun 4es illustres personnages de la cour brillante du grand roi , qui a répandu sur son règne un éclat que ses ennemis ne parviendront jamais à ternir, et bien moins encore son frère aîné, ni le fruit de l'amour prétendu du duc de Buckiligham pour la reine (3).

, (i) La Grange-Chancel. Le dac de Beaufort était fils de César de Vendôme et petit-fils de Henri lY et de Gabrielle d'Estrées.

(2) Fils naturel de Charles II, roi d'Angleterre, et de Lucie Walthers. C'est Saint-Foix qui a imagine que c'était le duc de Montmouth.

(3) Comment a-t-on pu écrire que le prétendu frère aîné de Louis XIY naquit au plus tard en 1 63'] y et qu'il eut pour père le duc de Buckingkam, qui fut assassiné à Fortsmouth d'un coup de cou-

Si ropinioD publique est encore flottante à travers cette foule de suppositions émises au hasard^ et non moins absurdes les unes que les autres ; si personne n^a atteint le véritable but j si aucun écrivain n'est par* venu à répandre la lumière sur cette partie aussi curieuse qu'intéressante de nos an-* ûales^ je viens avec les preuves authenti* ques^ qui seules doivent guider la plume d^un bistorien^ détruire les erreurs propagées pendant si long-temps j et montrer enfin aux yeux du lecteur le prisonnier inconnu et les causes secrètes de sa longue captivité.

Sans doute^ il est bien étonnant que l'historien de Louis XIV^ de Gbarles XII et de Piérre-Ie-Grand^ qui nous a rendus si difficiles sur les productions des autres par ce

teau , par un gentilhomme écossais nommé Felton , le 3 septembre 1628? Il est bien clair que ce duc ne put être père en France ni ailleurs en i636 ou 1637; mais chaque historien fait sa conjecture et la donne hardiment pour la vàrité»

coloris brillant et celte magie séduisante qui caractérisent la plupart de ses ouvrages, n'ait point pensé que le prisonnier ne pouvait être qu'une innocente ou coupable victime de la politique; alors il aurait. puisé dans les archives du gouvernement qui renfermaient les secrets de notre vieille diplcjmatie, et par la correspondance ministérielle il serait arrivé à la solution du problème^ et aurait fait jaillir le mot de Ténigme historique. H est vrai que le philosophe de Fernej est le seul qui raconte le fait sans rien affirmer sur le personnage, et que les dépôts Uttéraires qui renfermaient ces documens furent long-temps d'un accès difficile; aussi n'est-ce. peut-être qu'à la liberté qu'on m'a donnée d'y pénétrer, que je dois les matériaux qui m'ont mis à même de dévoiler le secret, si vainement cherché, de Yhomme au masque dont je vais tracer riûstoire (i).

(i) Je m'estima bcureux de pouvoii* exprimer ici

Mais pour démontrer^ avant d'entrer en matière, que le prisonnier ne fut ni le duc de Beaufort, ni Montmouth^ ni aucun de ces hommes qui réveillent dans les cœurs de si grands souvenirs, passons d'abord en revue tous ces illustres personnages , pour écarter sans retour les fausses idées que les divers écrivains ont émises sans preuves, ce qui suffît déjà pour ôter toute confiance dans leurs narrations conjecturales; et discernons la vérité à travers le voile mystérieux dont le temps Fa couverte.

La détention de Foucquet et celle de Lauzwi sont connues aujourd'hui ainsi que leur mort (i). La fin du comte de Ver^ mandois est fixée au i8 novembre i683. Il fut inhumé dans Téglise cathédrale d' Ar-

ma reconnaissance à M. le comte d'Hauterlve; pour ]a grâce qu'il a bien voulu metlre à me communiquer des pièces relatives à cette histoire.

(i) FiJ(yez l'ouvrage intitulé : 'f^es Philosophes et les gens de lettres des xvu®. et xviii^. siècles à la Bastille; t. 1er.

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ras le 25 (i)^ et tout le monde sait que lorsqu'on annonça cette nouvelle à madame de la Yalière , sœur Louise de la Misérieorde s'écria : « Je dois pleurer sa naissance encore plus que sa mort (2). d

(1) Louis XIV désira que le comte de Vermandois fût inhume au milieu du chœur de cette égh'se,. parce qu'en 1600 on avait découvert qjj! ÉUscïbein) comtesse de Vermandoisj femm.eie Philippe d'Alsace, comte de Flandres, y avait été enterrée en ii8îi.

(2) Cependant plusieurs écrivains n'ont pas craint d'avancer que sa niort fut simulée; qu'un morceau de bois fut mis dsuis le cercueil à sa place ^ et que pendant que l'on conduisait ma jestueusement au tombeau le simulacre du prince, une vigilante escorte le menait y plein de santé , à l'exil qui lui était préparé. Comment peut-on écrire de semblables absurdités! Louis XIV donna, le 28 janvier 1684, 10,000 liv* pour la fondation d'un obit à perpétuité dans l'église d'Arras , |K)ur le repos de l'âme de ce comte. En 1687, il donna ^u chapitre un ornement complet de velours noir et de moire d'argent, etc., etc. Ce grand roi aurait-il soulSert et ordonné un service annuel pour un homme vivant ?

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