A M. LE DUC DE MANTOUE
M^n cousin y le sieur comte Matthioli vous instruira si parliculièrement^ et de la manière dont il s'est acquitté j^es ordres dont vous l'aviez chargé auprès de moî^ et de l'extrême ^tisfaction avec laquelle j'ai reçeu les assurances qu'il m'a données de v<rtre' »èle* pb«r mes intérêts, que je n'aurois rien davantage à y ajouter. Je suis seulement bien aise de vous témoigner moi-même la confiance entière que je désire que vous preniez en mon amitié. Vous devez vous la promettre utile et glorieuse dans toutes les occasions, et faire toujours un fondement certain et solide sur mon alliance. J'espère être en état de vous en donner des marques bien
(1) La pièce originale est aux Archives des afiaires étran-
gères.
expresses dans la suite , et après vous avoir te^ moigné la satisfaction que j'ai eue de la conduite du sieur Matthioli dans toute celte affaire ^ je ne ferai la présente plus longue que pour prier Dieu qu'il vous ait y mon cousin , en sa sainte et digne garde.
Écrit à Tenailles, ce 8 décembre 1678.
Louis.
Et plus bas y
1 ARNAUD (l).
A M. DE PINCHESNE
16 Décembre 1678.
Je vous envoyé une lettre du roi à M. le duc de Mantoue , que vous remettrez à M. le comte Matthioli lorsqu'il sera à Venise^ tenant toujours son voyage fort secret.
Je suis . etc.
(1) Archires des affaires étrangères.
(3) Ibid.
A M. DE POMPONNE
V^nÎM, le a4 àécfoaahre 1678.
MoftSmQttKVR,
Aussitôt que j'eus reçu , ayec la lettre que vous m'avez fait la grâce de m'écrire du a de ce mois, celle que M. le comte M atthioli m'ienvoyoit pour M. le duc de Mantoue , sous le pli de M. don Joseph VaranO; qui est ici ayec ce prince^i et qui est un des deux à qui Son A^^^^® ^ copfîé le dessein qu'elle a de remettre Casai entre les piiains d^ roi, jefis-sçavoir à M. Varano, par le fils du sieur Giulianiy que je souhaitpi^ bien lui pouvoir rendre une lettre d'up gentil-homme François de ses amis, qui m'avoit prié de la lui donner en main propre. A entendit bien ce que cela vouloit dire^ et il me fit réponse en même temps que si je me voulois trouver )e soir» masqué , à l'Opéra , il ne manqueroit pas de s'y rendre aussi ; ce qui fut exécuté comme nous l'avions résolu. Il me témoigna, quand je la lui donnai, que M. le duc de Mantoue auroit bien âe la joie de la recevoir , parce que depuis quelques jours il marquoit beaucoup d'impatience de sçavoir l'arrivée de M. le comte Matthioli à la cour, et en quel é^t étoit l'afTaire qu'il
y est allé négocier; il, me demanda même si je ne pcuvols p^s» lui en apprendre des nouvdles; mais comme je n'en suis nullement informé, je me contentai seulement de lui dire que je ne doutois point qu'elle ne fût en bon chemin , et que j'étois 2^ persuadé que Son Altesse recevroit, en cette occasion y des marques de l'estimie et de Famitîé que Sa Majesté avoit pour elle. Je crus, |Monseigneur, pouvoir lui parler en ces termes, puisque je ne lui disois t-îen que de mon chef et non pas comme eh ayant reçu l'ordre. Nous convînmes après ensemble que, pendant que M. de Mantoue demeureroit à Venise , nous nous servirions encore de cette voyé pour lui rendre les lettres qui pourroîent me venir de M. lecomteMatlhioli
De Pinchesne (i).
A M. DE PINCHESNE
Suiot-Germain , du a5 décembre i6';8.
Ce courrier, que je vous dépêche ; a ordre de ne
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(i) Archives des afTaires étrangères.
point descendre chez vous comme courrier y mais d'entrer à Venise comme un marchand ou un simple François qui y airrSve pour ses affaires particulières; il est muni pour vous d'un chiffre dont vous vous servirez seulement dans les affaires qui regarderont les affailres de M. le duc de Mantoue, selon les occasions que vous en aurez y lorsque le comte Màtthioii sera de i^tour. On A cramtque^ dans une affaire si importante; le chiffre de M. VAhé d*Estradcs ne fût trop vieux et ne pAt avoir été découvert depuis le long temps qu'il passe pat l'état de Mitaii. Vous vous en servirez à l'accoutumée dans vos dépêches ordmaites^ mais vous n'écrirez sut les affaires de Mfetnloue que du nouveau que ce courrier votis poite. Ayez«oiii d'informer exactement de l'arrivée du comte Màtthioii y et de tout ce qu'il Vous commaniquera sûr le sujet de son v^;)^age«
Je suiS; etc.
Pomponne (i).
(i) ArcliiveA des afiaïrcs étrangères.
A M. DE SAINTrMARS.
Saint-Germain-reu-Lajey ce ag décembre 1678I
Ce ma^ est'pour vous faire sçavqir qu'il est du ^rvice du roy, que celuy qui vo^8 enyoyeva ce billet y entre dans le donjon de la citadelle de Fîgoerol sans que personne en ait cognoissance. Pour cette fiu; laictes en sorte que h^ porte du secours demeure ouverte jusques. à la nuict f^mëe, et luy envoyez un de vos domestiques f ou bien , si vous estes en estât de ce faire, ailes, vous^mesme le trouver au )ieu où sotn valet vous conduira, pour le faire entrer à vos.tre suite dans ladite citadelle, et de là audit donjon, sans que personne s'en appev-. çoive.
Je suis tout à vous.
De Lovvois (0.
(1) Ârçhiyes du royaume, section historique j K. 1 39.
A M. DE PINGHESNE.
^aint-Germûn , 3o décenibre 1678^
Le roi fait partir aujourd'hui le siei:^ d'Asfeld;^ colonel de dragons , qui s'en va à Venise sous prétexte d'un voyage de curiosité et de plaisir. U ne descendra point d'abord chez vous^ et paroîtra comme un étranger^ que la simple cairiosi.^ mène fiu lieu où vous êtes. Il vous verra enfin comme par l'obligation naturelle aux François de visiter ceux qui sont dans uq pays, pour le service de Sa Majesté. U vous rendra une kêtre de moi , de peu de ligne»! ep créance sur luiycç^^'r laquelle je vous prie de contribuer à faire réussir les intérêts particuliers qu'il a k Venise. U vous communiquera les» ordres qu'il a reçus , et vous prendrez avec lui les mesures nécessaires pour faire sçavoir son arrivée au comte Matthioli, et pour les faire voir ensemble s'il est nécessaire.
Je suis f etc.
Pomponne (i).
(1) Ârchiycs ^çs afiairçs étraDgèrcs,
A M. DE PINOHÉSNE.
Saint-Crermain , 3o décembre 1678.
M ONSlfUA j
Vous recevrez cette lettre par M. d'Asfeld, qui va à Venise pour une afifatre qu'il vous communiquera lui-même, et dont vous aurez eu, avant son arrivée, une instruction plus particulière par mes lettres. Ce que j'y ajouterai seulement, est que vous donniez une créance entière à ce qu*il vous dira, et que vous JLribuyez de tout ce qui dépendra de vous, poui* laîre réussir les intérêts particuliers qu'il a au lieu ou yous êtes.
' Je sais, etc.
PotfPONje«s (1).
(1) Archives des affaires étrangères.
A M. DE POMPONNE
Venise, 3i décembre 1678.
Monseigneur ;
Je piesuis servi, pour rendre à M. D.Joseph Varano la lettre que j'ai reçeuepour lui de M. le comte Matthioli; avec celle que vous m'avez fait la grâce de m' écrire du 9 de ce mois , de la voie dont j'eus Thonneur de vous mander, par ma dernière lettre, que nous étions convenus ensemble pour le temps que M. le duc de M antoue resteroit II Venise. 11 me dit, quand il la reçut, que ce prince avoit eu beaucoup de joie d'apprendre, par la première, que rafTaîre étoit en bon état, et qu'il avoit toute l'impatience possible d'en sçavoir la conclusion^ à quoi je lui répondis, en deux mots, que c'étoit une espérance de laquelle Son Altesse se pouvoit flatter avec beaucoup de raison
De Pingbesne (i).
(i) Archive» des afiaires étrangères.
A M. DE POMPONNE
Venise, le 7 jçnrier 167^
MoiYSEIGNSURy
Quand le comte Matthioli sera arrivé à Venise , je lui rç^iettrai piussiçôt entre les mains la lettre ^ue le roi ^ fait l'hoiineui' d'écrire à M. de Mantoue. Ce prince partit avant-hier dMci y pour retourner dans sçs états , mais il doit revenir à Venise sur la fin de oe mois y pour y passer le reste du carnavaL Je tiendrai secret le voyage de M. le comte Matthioli, comm.e vous me l'ordonnez; mais je vous suppVe de. croire, ]\Ionseîgneur, qu'il .n'étoit pas^ nécessaire que vous prissiez la peine de me le rçcoi^mander, puisque je sçais très-bien de quelle importance il est de garder un secret inviolable dans cette affaire.
Pe Pincbesne (i).
(1) Archives des aflàires étrangères.
À M. DE POMPONNE
Yeiiiie, I» iSianVict 1679.
Monseigneur y
J'exécuterai avec toute la ponctualité possible .tous les ordres qu'il vous plaît de m'y donner; et sitôt que M. le comte Matthioli sera de retour ici , je ne manquierai pas de vous en donner avis y et de vous rendre un compte exact de tout ce qu'il me dira^ touchant Taffaire qu'il a été négocier à la cour.
De Pinghesne (i).
(1) Archiyes des affaires étrangères.
A M. DE POMPONNE
Yeniie, leai janvier 1679.
Monseigneur y
Auparavant que d'avoir reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire , du 3o du mois passé, par laquelle vous me donnez avis que le roi envoyoit ici M. le comte d'Asfeld , colonel du régiment de dragons, il y étoit déjà arrivé et m'étbît venu trouver pour nie communiquer les ordres qu'il avoit reçus de Sa Majesté; mais comme il n'étoit chargé d'aucune lettre de votre part^ pour moi, j'aurois fait difficulté de me découvrir àlui^ sur une affaire de cette conséquence^ si M. Gialiani, qui se trouva avec moi dans ce temps-là ^ et qui m'étoit verra voir pour la première fois depuis sou retour, nem'avoitdit^quelques momens auparavant, qu'il devoit bientôt arriver ici un gentilhomme de la part du roi, et si je ne l'avois trouvé lui-même si bien informé de toute l'affaire, que je n'eus plus lieu de douter de la vérité de ce qu'il me disoit^ puisqu'il me parut impossible qu'il en pût tant sçavoir sans l'avoir appris de vous ou de ceux de qui seulement elle est sçeue. Il me dit que M. de Louvois l'avoit obligé, auparavant de partir, de brûler
Ja lettre que "y OUI Ittiariez doondopour me rendre/ de peur que si. on l'arrétoit dans le Milanais^ elle ne pût donnet) quelque défiance aux Espagnols. Il me marqua mente si précis^neot tout ce qu*elle coutenoity que ]e u'at plus eu lieu de rien craindre après qne j'ai va que ce qu'il m'avoit dit se rap« portoit si bien h. tout ce que vous me faites la grâce de me mander sur son suj^t. T^ous n'avons pu rien résoudre ensemble depuis qu'il est ici y parce que M. le.ccntte Maltthîoli .i^' ^r est pas. encore arrivé; mais comme il m'a écrit et à M. Giuliani , duquel il s'est séparé près de Turin , pour moins d'observation^ qu'il sera ici dans peu de jours^ j'espère, par le premier ordinaire , vous pouvoir rendre compte de tout ce que nous aurons arrêté avec lui. Je ne manquerai , Monseigneur, de lui représenter fortement, suiVant l'ordre que m'en a donné M. d'Asfeld^ de la paft du roi , qu'il est d'une nécessité absolue que M. le duc de Mantoue se rende à Casai dans le no^. du mois procl^ain^ ppur y faire Técliange des traités, et je lui ferai si bien connoître* que lu diligence est tellement nécessaii-c di»s -wne affaire de celte importances die peur qu'eUe ne se^ découvrit si elle tmÎAoit en Idngneur, qae j'ose quaisi m^ promettre qu'il* portem son maître à- s-'jr rendre dans ce temps-là. Cependant, Monseignouii) &î eeprîiice, qui a accoutumé de passer ici tou»^ les ans, les derniers jours du carnaval, vouloit faire. eoettse la: ménae chose c^tlc
année j pour ne rien faire paroiUré «Fextraordinairé dans sa conduite, et qu'il trouvât que depuis le i5 février, qui sera'^le^premier jour de carême, il y eût trop peu de temps jusqu'au %o pour se rendre à Casai) sans Inarquer quelqii'empressement qui pourroit faire douter de quelque ckose, et qu'ainsi il souhaitât qu'on différât pour quelques jours c^ui de l'échange du traité , je crois que voiis agréerez que je vous dépêche un courrier extraordinaire^ pour vous en donner avis , m'étant impossible de le pouvoir faire assez à temps par l'ordinaire* . • •
De PiNGHESNS (i)«
A M, DE POMPONNE
Venise, te a8 janvier 1699.
Monseigneur,
Suivant les lettres que M. Giuliani et moi aurions reçues la semaine passée, de M. le comte Matthioli, nous crûmes n'avoir auam lieu de douter qu'il ne dût être cette semaine à Venise avec M. le duc de Mantoue. Cependant ni l'un ni l'autre ne
(1) Ârebires des afiaiiei étrangères^
«ont point encore arriva, à cause d'une peliiè maladie que madame la duchesse douairière de Man« toue a eue, qui a obligé ce prince à demeurer auprès d'elle; mais le sieur Giuliani a reçu aujourd'hui une lettre de M. don Joseph Tarano, par la- ^lelle il lui mande que M. le comte Matthioll est présentement à Padoue , oh il attend M. le duc de Mantoue, pour se rendre ici ensemble lundi ou mardi sans faute; ce qui nous a obligés, M. d'Âsfeld et moi , d'envoyer ce soir Giuliani à Padoue trouver le comte Matthioli, pour lui donner avis de l'arrivée de M. d*Asfeld à Venise, et pour lui représenter qu'il est de la dernière importance, à cause de l'arrivée du temps, que nous ayons au plus tôt ensemble une conférence pour prendre toutes les mesures qui seront nécessaires, pour faire trouver M. le duc de Mantoueà Casai, dans le ao ou 25 du mois prochain , comme le roi le désire.
Je croîs pouvoir vous dire aujourd'hui , plus sûrement que je ne le fis la semaine passée, que je vous informerai , par le premier ordinaire, de tout ce que nous aurons arrêté avec M. le comte Matthioli, puisqu'assuréraent la semaine qui vient ne se passera pas sans que nous nous voyons, . . .
De PurCHESNE (i).
(i) Archives des «flaires élrng^es.
A M. DE POMPONNE
Yenise, U 4 f^^Trier 1670.
MOKSEIGWEUR,
M. le duc de Manloue est ici depuis mardi. M. le comte Matthioli y devoit venir avec lui, mais la fièvre qu'il a depuis dix ou douze jours l'en a empêché, et l'a obligé de demeurer à Padoue, où il est encore pour y prendre quelques remèdes. Cependant, Monseigneur,, comme le temps nous presse, M. d'Asfeld et moi nous lui avons envoyé M. Giuliani deux fois cette semaine , pour lui i*eprésenter le besoin que nous avons de lui parler pour régler ensemble le jour que M, le duc de Mantoue se doit trouver à Casai. Il nous a fait réponse que demain sans faute il sera à Venise, en quelqu'état qu'il puisse être, et que lundi ou mardi au plus tard nous nous verrions pour terminer toutes choses, après quoi M. d'Asfeld pourroit s'en aller à Pignerol; que cependant il nous âssuroit que dans les entretiens qu'il avoit eus avec M. le ducdéMantoûe, depnièson retour de France^ il
«nroit trouva ce prince dans les meilleures dispositions du iBoode pour faire rëussir rafTâire dans le temps qui aroil été fixé avec vous, et qu'il s'éloit même donné Thonneur de vous le mander par une lettre qu'il vous avoit écrite. J'ai vu aussi depuis deux jours, M. don Joseph Tarano, qui m'en a encore assuré de la part de son maître. Ainsi , Monseigneur , il y a tout lieu d'espérer que le roi aura bientôt la satisfaction qu'il attend de ce côté-là. Quand M. d'Asfeld et moi verrons le comte Matthioli, nous lui représenterons la diligence qu'il est nécessaire d'apporter dans cette affaire , d'autant plus que la marche des troupes vers Pignerol commence à donner de l'inquiétude aux. Espagnols dans le Milanob, bien que jusqu'à cette heure ils soient persuadés qu'elles ne vont dans cette place que pour travailler aux fortifications. M. d'Asfeld, à qui le retardement de M. le comte Matthioli donnoit beaucoup d'inquiétude^ aussi bien qu'à moi^ avoit résolu vendredi au soir de l'aller trouver à Padoue pour lui parler, et de prendre le prétexte d'aller voir quelques villes de terre ferme; mais nous avons fait réflexion que deux jours plus tôt ou plus tard n'étoîent pas d'une grande conséquence , et qu'outre rimitiHté de ce voyage, puisqu'il est nécessaire que M. le comte Matthioli parle encore à M. le duc de Mantoue avant que de rien arrêter avec nous, il poi^rroit donner quelque défiance dans son auberge où il y a plusieurs étrangers, si on le
voyoit sortir de Venise peodanl le temps qae les diveriissemens y sont les plus grands , pour s'aller promener dans des villes où il n'y en a point. Ain^ nous avons cru qu'il valoit mieux attendre l'arl'i vée du comte Matthioli en cetle ville y pour ne rien risquer par trop de précipitation , dans une a autre où le secret est si nécessaire et datii laquelle 90 ne sçauroit assez prendr« de précautions. . . .
DePinchesnc (i)«
A M. SAINT-MARS
Dn 7 férrier 1679, k Saint-G^maîo.
Je vous envoyé un pacquest pour celuy auquel vous debvez remettre les deux ballots (a) que le nommé Barrère doibt vous avoir remis présentement. Je vous prie de le luy rendre ^ et de m'en^ voyer par le retour du mesme courrier qui vous rendra ce pacquest^ la response qu'il y fera. Geluy
(1) Archires des affaires étranger es.
(1) Cette personne était chez le capitaine Saint-Mars le 1,5 fcTrter, sons le nom de Richemonl. Voyez la lettre de liOUvois à M. deS*int<-MarSy du i5 lérrier 1679.
cpii dëpesckera ce courrier de Lyon, a ordre de luj dire que ce sont des lettres de madame Foucquet. U" sera bon que vous luy disiez- la mesme chose en lie redépeschant. Vous observerez^ s'il vous platf, de mettre pardessus mon enveloppe une pour le sieur du- Bois, commis des postes étrau* ^res,. à Lyon.
Si celuy à qui vous devez rendre ce pacqucst, n'estoît pas arrivé (i) , vous me le manderez par le retour du courrier, et garderez le pacquesl jusqu'à son ajrivée.
D&Louvois (a)c
A BI. I>E POMPONNE
J Terrier i6^
Noos avions espéré, M. d*Asfe1d et moi, suivant fes paroles que nous en avoit données- M. le comte
(i) Riclieinotit était encore à Pignerot lë 8 nvriT. Voyez une antre lettre de M. de Louvois à Saint-Mars, du i«r. jm'n.
{i) Archhref du royaume, section histoririue , K. lag.
Matthioli par M. Giuliani^ toutes les fois que non» Tavions euvoyé à Padoue^ que nous pourrions dis- );oser M. le duc de Man^oue de se rendre à Casai le 35 de ce mois; suivant Tintention du roy; mais nonobstant tout ce que nous avons pu alléguer au comte dans deux conférences que nous avons eues avec luy jeudy dernier et aujourd'huy matin ^nou»* n'en avons pu venir à bout, et nous avons esté obliges de différer le jour de l'échange des ratifications du traité jusqu'au lo du mois de mars prochain, auquel jour M. le duc de Mantoue promet de se rendre très assurément et sans aucune remise à Casai.
Nous vous dépeschons ce courrier extraordinaire^ Monseigneur, pour vous en donner ad vis, et nous luy avons si fort recommandé la diligence que nous espérons que nos 1 étires arriveront encore assez à temps à la cour pour que le poy aye le temps de donner les ordres que Ça Majesté jugera nécessaires pour le retardement de la marche des troupes vers Pignerol.
M. d'Asfcld escrît dans cette conformité à Monîe'gneur. de Louvois; mais je prendray la liberté de vous supplier. Monseigneur, qu'en cas que le roy eût de nouveaux ordres à nous donner sur celte afpaire, de me les faire directement mander à moy, parce que, comme il pourra estre que M. d'A^ feld Sera obïigédé partir auparavant qu'ils arrivent, \e ne pourrois pas le Sçavoir si on les mandoit k
luy , le cbifTre qu'il a de Monseigneur de Louvois estant différeat de celui que yous m'avex envoyé. Nous croyons cependant. Monseigneur, vous pouvoir assurer que dans ce retardement de temps , nous ne voyons aucun lieu de douter de la sincérité des sentimens de M. le duc de Mantoue, qui nous a encore fait a»9ureir^ par M. le- comte Matthioli, qu'il es toit plus que jamais dans le dessein d'exécuter le traité qu il venoit de faire avec Sa Ma* jesté, et détenir 1» parole qu'il luy a donnée»
M. le comte Matthioli vous avoit escrit; mais comme sa lettre n'estoit point en chiffres et qu'elle ne contient que ce que je vous mande par celle-cy, je n ai pas cru devoir vous l'envoyer.
FlJfGB£SlfE (l).
(») ArcfaÎTee «lee «iTaircfi étrangcrc».
A M. SAINT-MARS
Saint-6«miaiii, oe i;5 téwneir 1679,
Lorsque les aifaîres pour lesquelles le sieur de Ricbemont est chez vous^ seront passées^ vous pourrez , . ^ ». • . »
Dx Lovrois (i).
A M. DE PINCHESNE
Du 17 février 167^
Tdl rendu compte an roi de ce que vous m^avez hiarqu<$ dan» votre dernière lettre du a8 janvier,
(i) Cette lettre se trouTe imprimée en entier dans Toaiwai^ intitulé : les PJUlosophes et Ut gens de kttrei des XYU*. ek XV m', siéeles, etc.
A relûmes du ro jaune, K. 1^9.
de ce que vous aries ùAx toachanl l'aflEure qui vom est ccHifiëey et que tous attendiez bientôt le comte Haubîoli , anr F atsurance que le sieur Gialkni vont en avoit donnée. Sa Ma jesté a été bien aiae de Yoîr Fespéranceqne toos conaernei toajoon et da iocoès de l'afEtice-y et de faire partir M. le duc de Mantone de Venise aa 20 oo aS de ce mois..
Je tt'ai rien dé particulier à tous faire sçayoir «u-delà dece qui vous est déjà oonna. Vous continueresy. s^tl vous plait, à m'avertir exactement de ce qui se passera sur œ- sujet , mime par un cour* rier exprès , selon que vous jugeriez' que la ehose k cecpensoit;.
PoMPOlflfE (l).
A M. DE POMPONNE
YtniM^ 1« 18 Uwnn 16791
MoVSUGVSUAy
li-'abligation où nou»nous trouvimes, M . d'Asfeld et (i) ArdÛTes des aUres étranfirei.
moi, il y a ati)Ourd*hui huit jours ^ de £ttre partir en toute diligente le courrier que nous dépêchâmes^ à la cour y m'empêcha ^ Monseigneur , dé pouvoir vous mander^ dans la lettre que je me donnai Thon^ neur de vous écrire , les raisons que M. le <^omte Matthioli nousavoit alléguées pour nous faire connoître que M. le duc de Manioue ne pouvott être à Casai le 25 de ce mois, conune le roi nous avoit ordonné de lui tonoigner qu il le sonhàitoit. Il nous en dit trois: la première , que ce prince voulant faire vMiir.àXasal^ sitôt qu'il j sera arrivé^ ses gardes et quasi toute sa cour^ dans le dessein qu'il a d*y faire quelque séjour après là oosichisfon de TafTaire, il avoit besoin pour cela d'avoir de l'argent qu'il ne pou voit pas trouver en si peu de temps.
La seconde y qu il étoit d'une nécessité absolue de disposer auparavant don Vicenzo Gonzagues^. qui est présentement à Mantoue y de faire ce voyage avec Son Altesse, puisqu'étant le présomptif héritier de M. le duc de Matitoue , il seroit très-dangereux de le laisser à Mantoue dans le temps que ralTaire de Casai éclatera, parce qae les Mantouans le regardant comme pouvant être un jour leur souverain, il y auroit lieu de craindre qu'ils ne se laissassent pers^uader par lui de se soulever contre M. le duc de Mantoué, ce qu'il ne manqueroit sans doute pas de tâcher de leur faire faire lorsqu'il verra que Son Altesse s'attache, au parti de la
France^ et abandonne celui db la maison d^ Autriche, à laquelle don Vincent est absolument dévoué; et la troisième, l'obligation dans laquelle M. le . duc de Mantoue se trouvoit de faire ici une espèce de. carrousel avec plusieurs gentils-hommes vénitiens auxquels il en avoit donné sa parole, qu'il ne pouvoit plus retirer sans donner ici quelque soupçon. Cette dernière raison, Monseigneur, quoique la moins considérable de toutes, me paroi t pourtant plus véritable que les autres, parce que ce prince est tellement attaché à tous les plaisirs, de quelque nature qu'ils soient, que les plus importantes affaires ne L'en peuvent détourner, quand il trouve occasion de les prendre. Ce petit carrousel se doit faire sans faute un des jours de la semaine prochaine , après lequel le comte Matthioli oous a assuré que M. de Mantoue partira indubitablement d'ici pour se rendre à Casai le lo du mois prochain, comme il nous l'a promis; ses gens doivent même partir aujourd'hui pour retourner a Mantoue. Nous devons demain avoir encore une conférence avec le comte Matthioli pour régler de quelle manière M. d'Asfeld doit s'aboucher à Casai avec M. le duc de Mantoue pour y faire réclmngc des ratifications du traité. Cependant, Monseigneur, je crois être obligé àe vous donner avis que là marche des troupes à Pigncrol, les munitions et l'argent qu'on y a fait porter, donnent beaucoup de crainte à toute l'Italie , et qu'on y dit publique-
aient que le roi a quelque graud dessein sans que f on puisse pénétrer quel il est ^ le soupçon tombant sur Casaï^ sur Genève , sur la Savoie, et particulièrement sur la république de Gènes , à cause de ce qui s'est passé depuis peu avec el4e; je sçais même que Mi. Gontarini en a écrit en ces termes à Venise. Il est aussi arrivé deux courriers dé Turin^ à Milan, depuis huit ou dix jours; Tun dépécltépar madame royate k son réûdent, et Tautre par lê dirade Gioninazze au gouvernement de Milan, pour^ leur donner aviis- de ces mouvemens. M. le comte ~ Matthiôli nous a dit que M. de Mantoue en prendroit le prétexte de son voyage à Casai , en disant que là. crainte qfi'iî'a des desseins de la France Toblige-djadler à cette place pour y donner les ordres nécessaires à sa sûreté; Je viens d'apprendre présentement qu*îl étoit arrivé un courrier de Milan & l'ambassadeur d'Espagne. Je crois bien que c'est pour les mêmes raisons».
De PiNGaESit£(i).
(i) ÂrolÛTes dei^affaires étrangères.
(i89) A M- LE COMTE MATTHIOLÏ.
Monsieur >
Tay reçeu les lettres que vous avec pris la peine de m'escrire, et je crois ne pouvoir mieux adresser la response que je vous y rends qu'entre les mains de M. l'abbé d'Estrades^ puisque vous dévies faire le voyage de Turin. Je n'ay point manque de rendre compte au roy de la peine que vous aviez du long retardement d'une affaire qui a este commencée et qui devoît estre achevée par vos soins. Sa Majesté veut toustours s'en promettre un bon succez, et ne veut pas douter que l'on ne luy tienne nue parole qui luy a esté si s<^emnellement donnée. Vous sçavez ce que vous avez droit de vous promettre de sa bonté lorsque vous contribuerez à ïaire réussir le projet dont vous avez jette les fondemens. C'est ce dont M. l'abbé d'Estrades vous parlera encore plus particulièrement ^ et je .ne m'étends qu'à vous assurer que je suis , etc.
Pomponne (i).
{1) Arcbires des affaires étrangères.
A M. DE POMPONNE
Veaise, le a5 de férrier 107g,
M0NSEIONEUB j
Je vous mandai^ Monseigneur, par ma dernière lettre , le bruit' que faisoit par toute Tltalie la marche des troupes à Pignerol; il y a de beaucoup ^ augmenté cette semaine par la nouvelle qu'on y a eue que M. de Vaubah y étoit allé par ordre du roi; ce qui fait croire plus fortement que jamais ^ q[ue Sa Majesté médrte assurément quelque grand dessein de ce côté-ci , quoique le plus fort soupçon tombe toujours sur Gènes, comme l'on doute ausi de Casai. L'ambassadeur d'Espagne et l'abbé Frédéric, résident de l'empereur, allèrent ensemble mercredi chez M. le duc de Mantoue, pour lui dire qu'ils avoient appris de Turin, qu'il voul oit donner Casai et le Mont- Ferrât au roi, et pour lui représenter les inconvéniens qui en pourroient arriver à toute l'Italie, et particulièrement à la maison d*Auirîche , à cause du duché de Milan. Ce prince
lear répondit qu'il s'étx)nnoit qu'ils pussent ajouter foi à des bruits de cette nature, qui n'a voient aucun fondement solide.... Cette réponse fut tout ce qu'ils purent tirer de lui sur ce sujet. Cependant , Monseigneur y comme il est toujours dans le dessein d exécuter le traité qu'il a avec le roi, suivant qu'il nous en a encore fait assurer par M. le comte Mat* thioli , M. d'Asfeld et moi avons encore eu deux conférences cette semaine avec ledit comte, doni la dernière fut hier au soir, dans laquelle nous avons arrêté que M. d'Asfeld et lui se trouveroient le 9 du mois prochain à Notre-Dame d'Incréa , qui est un village à dix milles de Casai, pour y faire réchange des ratifications, et que M. le duc tle Mantoue se rendroitsans faute à Casai le i5 au soir pour y attendre les troupes de Sa Majesté, et les mettre en possession de la place lorsqu'elles y arriveront le i8, qui est le jour que M. d'Asfeld a dit qu'elles y seroient, ayant, suivant l'ordre de M. de Louvois , demandé neuf jours depuis l'échange des ratifications jusqu'à celui de leur arrivée à Casai. M. d'Asfeld partit hier d'ici, après cette conférence, pour se rendre h Pignerol, et M. le comte MatthiolLdoit partir ce soir pour aller à Incréa; mais comme M. de Mantoue ne veut demeurer qu'un jour k Mantoue, et qu^il prétend faire le voyage de Casai en poste, il restera ici jusqu'au ii ou vx du mois prochain; il est même bon qu'il le fasse, parce 4jue tant qu'on le verra amuser ici à un carrouzel
et à de semblables bagatelles , Ton aura moins de soupçon de lui que si on l'en voyoit partir
De Pincbeuik (i).
A M. DE POMPONNE
Venise, le 4 mars lôfrg.
MoKSEIGNEUft^
Tous les avis qui viennent de France et de Turin disent si positivement que M. le duc de Mantoue a fait un traité avec le roi pour la cession de Casai et du Monl-Ferrat^ qu on commence à changer ici presqu'eu certitude les soupçons que je vous ai mandés y Monseigneur^ par mes deux dernières lettres qu'on en avoit^ sitôt que la première nouvelle en arriva à Milan par les courriers que ma* dame royale et le duc de Gioninazze avoieut dépéchés 'y le gouverneur de Milan en dépêcha aussitôt
(i) ArchiTes des affaires étrangères.
deax autres à Madrid età Vieime> pour en donner avis à l'empereur et au roi d'£$pagne. Celui qui ëtoit allé à Vienne retourna ici mercredi au soir avec des ordres exprès au marquis Ganozza , yî* Caire impérial dans l'Italie , de parler fortement à M. le duc de Mantoue pour tâcher à le détourner de faire une chose si contraire aux intérêts de tonte la maison d'Autriche^ et d'aller ensuite à Milan et à Turin pour y concerter les moyens deTempêcher, en cas que cela se trouvât véritable. Ce marquis Ganozza étant depuis cinq ou six mois dans les pri'» sons de Venise, accusé d'avoir fait assassiner un gentilhomme de Vérone, l'empereur a aussi écrit par ce même courrier, à la république pour lui de* mander son élargissement , ce qui fut fait jeudi au soir. Il n'a pu , jusqu'à cette heure , voir M. le duc de Mantoue, qui diffère autant qu'il peut de lui donner audience pour gagner du temps. La crainte que j'ai eue, Monseigneur, que ce qu'il a à dire à ce prince, de la part de l'empereur, ne fût capable de produire en lui quelque changement^ mi'a obligé .de charger M. Giuliani d'aller trouver de ma part M. don Joseph Varano, qui est présentement le seul confident de M. de Mantoue, depuis le départ de M. le comte Matthioli , pour tâcher de savoir de lui quels étoient les sentimens de son maître sur cet envoi. Il m'a fait réponse qu'il exécuteroit as« sûrement le traité qu'il a fait avec Sa Majesté^ nonobstant les oppositions qu'y apporte la maison
d'Autriche^ et qa'il partiroii d'ici mercredi oti jeudi pour se rendre a Gasal^ dans le temps qu il a promis d'y être* Tout ce qu'il y \^ cfaindre, c'est que les Espagnols, qui sont extr^l^ement sur la défiance, ne le fiissent épier et ne mettent opposition à son passage et à celui du comte Matthioli y de qui ils ne se défient pas moins.
DePiughesne (i).
A M. DE POMTPONNE.
Venise, le ii mars 1679 MONSEIÛNEVR j
Le courrier que nous vous dépêchâmes, il y a aujourd'hui un mois, n'ayant pas satisfait \ l'ordre que je lui avois donné de m'écrire aussitôt qu'il seroit arrivé à Lyon , pour m'apprendre s'il a voit passé par le Milanois sans qu'on Teûi arrêté > j'ai été dans une grande inquiétude jusqu'à xsq qUe f aie eu reçu la lettre par laquelle vous me faites la grâce
(1) Archives des Affairé» étrangères.
de me donner avis qne vous avez reçu la dépêche que je vous ai envoyée par lui. Vous pouvez bien croire , Monseigneur j que, lorsque nous fûmes obligés, M. d'Asfeld et moi, de difTérer le jour de l'échange des ratifications jusqu'au lo de ce mois, ce ne fut qu'après avoir vu qu'il étoit impossible de porter M. le duc de Mantoue à le faire dans le temps que le roi le soubaitoit
Tout le monde dit ici qu'il doit s'en aller ce soir ou demain sans suite , et il nous a toujours fait dire par le comte Matthioli, qu'en partant d'ici il ne feroit que passer par Mantoue, pour de là aller eu poste à Casai. Il a encore plus de temps qu'il ne lui en faut pour s'y rendre avant le 18 de ce mois, qui est le jour que les troupes du roi y doivent entrer, suivant que nous en sommes demeurés d'accord avec le comte Matthioli.
M. Giuliani a reçu une lettre de lui cette semaine, par laquelle il lui mande que M. d'Asfeld a été arrêté à la Canonica , qui est un bourg au-delà de Bergame , et qu'il a été relâché peu de temps après.
Je ne sçais^ Monseigneur, si cette nouvelle est bien véritable, m'ayant été impossible de la vérifier, et M« le comte Matthioli ne la mandant que sur ce qu'un voiturier, qu'il avoit rencontré par les chemins, lui avoit dît qu'un gentilhomme , qu'il avoit conduit depuis trois ou quatre jours, de Vérone à la Canonica, y avoit éié arrêté, et relâché
( igs )
depuis. En tout cas^ je ne doute pas que vous n^eii soyez déjà infonné puisque ce comte marque, par cette même lettre, qu'on l'a écrit à M. l'abbé d'Estrades, qui n'aura pas manqué^ sans doute, de vous en donner avis.
Je viens d'apprendre, tout présentement, Monseigneur , que M. le duc de Mantoue étoit parti hier au soir à quatre heures de nuit, et que le marquis Lanozze étoit aussi allé à Vérone , qui est sou pays, d'où l'on croit qu'il pourra bien aller à Milan.
De Pimghesme (i)*
A M. LE COMTE MATTHIOLL
SainNGrermain, du i4 mars 167g.
MoNsiBirit,
Le roi a été informé, par le sieur de Pinchesne, de toutes les mesures que vous avez prises avec lui
(i) Archives des afiaires étrangères.
et avec M. d'Asfdd pour l'exëcation de Taffaire qui a esté conduite par vos soins ^ et du temps que Itf , le duc de Mantoue avoit pris pour se rendre à GasaL II a sçeu encore qae M. d'Asfeld estoit parti quelques jours auparavant de Venise , selon le con* eert que vous en avez pris ensemble; mais comme il apprend , par les lettres qui luy arrivent de Piémont , quUl pourrait V>®n avoti! esté arresté k son passage dai^ le Milanois et conduit dans le clv^steau de Mil^ 9 il a jugé à propos de suppléer à son défaut pa^celayqui vous rendra cette lettre; c'est luy qu'il, a hqnoré principalement de sa confiance pour l'exécution et la conduite de tout ce qui sera à Caire i^vec vous, et avec M. le duc de Mantoue^ lorsque ce prince sera arrivé à. Casai* Ainsy, vous luy adjouJterei, s'il vousplaît, une créance entière, et particulièrement aux assurances qu'il vous donnera de la bonne volonté de Sa Majesté pour vous , et du gré qu'elle conserve du. service que vous luy rendez.
. Pour moy. Monsieur, je vous prie de me croire avec une entière vérité, etc.
Pomponne (i).
(i) Archives des affaires étrangères.
A M. LÉ COMTE MATTHIOLl.
Turin , le ^4 i^urfl 1679.
J'ai cm, Monsieur, vous devoir donner avis de mon arrivée en celte cour, afin que vous puissiez m'y faire sçavoir ce que vous jugerez à propos ; et que ce qui reste k faire pour terminer ce qui a déjà ëtë résolu , soit plus facile à exécuter, par la proximité des lieux où nous somnies. Vous ne doutez pas que ce ne soit dans cette vue qu'on a voulu que je me rendisse ici , et j'ai eu d'autant plus de joie d'y venir , que j'ai espéré que je ne serois pas long- temps sans voir l'effet des engage* mens que vous avez pris avec le roi. Si je ne connoissois votre probité et votre zèle pour les intérêts de Sd Majesté, et pour les avantages du prince auquel vous êtes attaché, j'aurois eu une terrible inquiétude du retardement de notre affaire , qui devoit sans faute, et tout au plus tard, être conclue au commencement de ce mois. Mais quoique nous soyons déjà au 24 f 6t que tout ce que vous pouvez désirer soit tout prêt, je ne saurois me persuader que les intentions de Son Altesse et les. vôtres ne soient toujours les mêmes. Vous avez si bien connu combien cette affaire lui seroit utile présentement, et glorieuse dans la suite , et vous le lui avez si
bien fait comprendre^ que je ne puis entrer en aucune défiance là-dessus; j'en ai encore moins quand je me représente l'intérêt si considérable que vous avez d'achever un ouvrage de cette importance ^ dont la conclusion vous fera un si grand mérite auprès du plus puissant et du plus généreux roi du inonde y qui vous a téipoigné lui-même le gré qu'il vous en savoit; qui vous a loué de l'adresse avec laquelle vous avez conduit cette négociation ^ qui a commencé de vou^ donner quelques marques die son estime et de sa libéralité^ et qui vous en a promis de si grandes qu'elles suffiroient pour établiv toute votre famille ^ et pour vous rendre heureux le reste de vos jours. G)mme sa parole a toujours été inviolable y vous y faites sans doutQ un fonds assuré; vous croyez bien aussi qu'il seroit dangereux de lui en manquer, et qu'après tontes les démarches qu'il a faites^ et les mesures qu'il a prises y vous exposeriez Son Altesse et vous à de très-grands malheurs , si Sa Majesté avoit lieu de juger qu'on eût agi de mauvaise foi avec elle, après im traité fait dans toutes les formes avec elle-même, et fondé sur un plein pouvoir, dont l'inexécution ne serviroit qu'à U ruine d'un prince qui s'abandonne à vos conseils , et qui seroit infailliblement dépouillé par les Espagnols, qui voudroient pour toujours se délivrer des alarmes que leur a donnés le bruit qui s'est répandu partout de cette affaire. Je vous ai déjà dit. Monsieur, que je vous croîs aussi
bien intentionné que vous l'avez été, et ce n'est paa pour vous exciter à reprendre ces bons sentimens., ou pour.les fortifier, que je vous parle de celte manière; c'est seulement afin qu'un plus long délai ne puisse pas diminuer la bonne opinion qu'on a de vous y et qu'on ne prenne pas ombrage de ce qu'une affaire, dont le secret étoit si important, a été publiée, quoique le roi et ceux qui ont l'honneur de le servir, l'aient si bien gardé qu'il nV pu être pénétré de leur part "j j'espère néanmoins que noua serons bientôt satisfaits, et que j'aurai le plaisir de vous voir dignement récompensé de votre zèle; je vous assure. Monsieur, que votre intérêt, plus que le mien, quoique j'y en aye beaucoup, me le fait souhaiter.
L'abbé d'EsTRADES.
A M. DE SAINT-MARS
» Saint-Germain, ce 26 mars 1679.
J*ai reçu votre lettre du ai de ce mois. Vous devez avoir veu, par mes précédentes, que le roy trouvoit bon que les officiers de la citadelle de Pi-gnerol rendissent visite à vos prisonniers^ et pas-.
( 20I ) •assent des matinées ou des après-dinées avec eux quand ils le désireroient , en présence de Ton de vos officiers. Je ne puis que vous répéter la mesme chose ; et vous dire qu'à Tesgard du gouverneur ^ des officiers et des habitans de la ville , vous en pourrez user de méme^ lorsque vous le jugerez à propos, après y néanmoins, que l'affaire pour laquelle le sieur de Richement est à Pignerol, sera faite ou manquée.
Je vous adresse im paquet pour M. l'abbé d'Estrades, que vous lui envoyerez s'il vous plaît, par vn de vos officiers, avec une suscription de votre main; et lorsqu'il vous en aura adressé la response, vous me la ferez tenir par le retour de ce courrier , que vous tiendrez cependant caché dans le donjon.
r :^ - De Louvois (i).
A M. DE PINCHESNE
SÂnt-GrermaiD , du 29 mars 1679.
Le roy est extrêmement dans l'attente du succès de Vaffaire de M. de Mantoue. On n'a point de nou-
(1] Cette lettre se trouvera imprimée dans Touvrage intitu
voiles de M. d'Aifeld, et on ne peal guère douter qu'il ne ^oît prisonnier dans le Mîlanois. La nouvelle que vous aviez eue qu'il a voit esté arresté à la Ganonica ^ estoit sans doute aussi véritable que celle qu'il avoit esté relasché; ne l'estoit pas. Il faut voir si la fermeté de M. de Mantoue^ qui avoit résisté jusqu'à cette heure aux efforts du comte Carrosse et de la république de Venise^ ira jusqu'au bout; l'on ne peut estre long- temps sans en estre éclairciysiy comme vous le marquez par vostre lettre du 1 1 ^ il estoit parti la veille pour se rendre à Casai. Vos premières lettres nous en apporteront de nouvelles cognoissances.
Pomponne (i).
A M. DE PINCHESNE
Saint-Grermain ^ du 5 ayril 1679.
J'ay reçu vostre lettre du 18 de mars y qui a fait voir le mauvais estât où le comte Mattbioli vous
lé : les Philosophes et les gens de leUrts à la BasUUe. ( Archives du royaume/ K. 129. )
(i) Archiyes des afEaires étrangères.
avoit fait dire luy-mesmequ'estoit Taffiiirede Manloue; il pourroi( bien estre^ tomme vous dites, le seul ouvrier de tous les accidents et incoavéniens qu'il mandoit y arriver, par sa lettre à Giuliaoi. Vos premières nous eclairciront encore mieux làdessus^ mais il y ti beaucoup de sujets d'appréhender qu'une négociation poussée, cesembloit, si avant, ne vienne à échouer lorsqu'on estoit à la veille d'eii voir une heureuse conclusion.
Pomponne (i).
A LOUVOIS
BePignerol^ le 5 avril 1679.
Comme j'ai reconnu , Monseigneur , depuis le dernier ordinaire, que M. le marquis d'Herleville ( gouverneur de Pignerol ) avoit connoissance que M. de Bicbemout (a) étoit incognito dans la cita-
(1) Archives des affaires étrangères.
(i) C'est-à-dire Gatinat.
( ao4 )
délie de cette ville, et qu*il savoit effectivement 80D nom f je me donne rhoaneup de vous en donner avis. M. de Saint- André même , assure qu on lui a dit à Turin que M. de Gatinat le devoit mener à Casai. Je ne sais pas d'où ils en peuvent tant sçavoir y si ce n'est que l'absence de M. de Gatinat ait donné lieu à quelques«uns dos gardes (i) d'écrire de Paris, qu'il étoit dans ces quartiers. Ces aires savent aussi les jours qu'il est sorti de la citadelle et le lieu où M. l'abbé d'Estra^doa lui est venu parler la dernière fois de Turin. Je n'ai rien répondu quand j'ai entendu parler de ces sortes d'af-. faires, sinon que j e ne connoissois personne à la xi-" tadelle, et que je ne sa vois rien.
M. le marquis de S^ÎQt-Maurice (2) a dit à plusieurs personnes que M. l'ambassadeur de France faisoit le fin; qu'il savoit très-bien qu'il y avoit eu un traité de fait entre le roi et le duc de Mantoue, pour Casai; mais qu'il savoit bien aussi que depuis, dix jours tout étoit rompu absolument. La rétrocession des troupes logées dans le Briançon et vallée de Cbaumont, du côté du Daupbiné et Provence, semble confirmer le dire de M. le marquis
(1) Officiers aux gardes françaises, corps daos lequel servait alors Catinat.
{1) Piémontais.
( ao5 )
àe Saint-Maurice; mais l'arrivée du bataillon dii régiment de Piémont en cette ville , depub deux jours, fait suspendre le jugement aux gens de ce pays, qui aiment à philosopher sur toutes choses; leur raisonnement ne produira rien , si la volonté du duc est toujours bien disposée, car entre ici et Casai ^ il n'y a aucun lieu fermé, ni aucun obstacle qui puisse retarder la marche des troupes du roi.
Je suis toujours avec un profond respect , etc.
De Chanois (i).
À LOUVOIS
De Pignerol, le 8 ayril 167^.
Monseigneur ,
Les chemins étant beaux et les Ijours aussi longs qu'ils sont présentement, un corps à cheval peut aller, en moins de trente heures , de Pignerol à Casai. Il n'y a aucun lieu fermé par lequel on soit obligé de passer, et je ne connois nulle difficulté
(1) Commissaire.
que l'on puisse trouver sur le passage ^ en surprenant le pays par cette marche. J'ai cru devoir demander cela à Monseigneur, parce que c'est une assez grande diligence pour qu'elle puisse aider aux mesures que l'on voudroit prendre. M. de Mantoue n'a jamais été à Casai ^ ce qui me paroît un obstacle à trouver de bons prétextes d'y venir, dans un temps où il est si ëpié et soupçonné dans sa conduite. Mais Ton s'y passeroit bien de lui y s'il est toujours bien intentionné et maître d'une bonne partie de sa garnison. Le gouverneur est de Mantoue, son véritable sujet } ce peut élre une circonstance favo*> rable.
Je suiS; etc.
Catinat.
A LOUVOIS
i5 Arril 1679.
MoV SEIGNEUR;
Il faut que M. d'Herleville ait reçu quelques lettres de Paris, par le dernier ordinaire^ qui lui aient donné soupçon que je pouvois être ici ; an naokis a-t-il donné des indices asFez pressans à M. du Chaiioîs; il n'est pas homme sans curiosité; il a cm.
par ce moyen ^ se donner là^essuB quelqu'ëclaircissement. Gomme il y a long-temps que je suis absent, et que Ton n'a point ^utë à Paris qu'il n'y eût quelque dessein de ces côtés-ci , à cause des troupe qui s'en sont approchées, quelque raisonneur du régiment des gai^des, ou autre, lui auroit bien pu donner cette idée.
Je me suis donné l'honneur de mander à Monseigneur tout ce qui s'étoit passé à mOn voyage êi Incréa; j'ai reçu des lettres de M. l'abbé d'Estrades, par lesquelles il m'a mandé que les troupes se sont un peu reculées pour tomber dans des quartiers où elles pussent subsister plus commodément, et les avis qu*il a reçus sur le retardement de l'exécution de ratfaire que vous savez. Je suis ici traité avec tant d'honnêteté et de civilité, qu'un long séjour, en attendant des nouvelles, ne me doit donner nulle impatience, et je ne puis étie à plaindre que de celle que me donne la passion et le zèle que j'ai de voir achever une affaire que Sa Majesté souhaite, et dans laquelle Monseigneur a cru me pouvoir honorer de sa confiance. J'aurois quelqu'inqniétnde d'être si long-temps à charge et incommode à M. de Saint-Mars; mais il exécute aVec tant de plaisir les ordres qu'il a reçus de Monseigneur, que tous les soins quTil a de moi , ne me font nulle peine, tant s'en faut; je les reçois comme des marques bien sensibles de la bonté avec laquelle Monseigneur lui en a écrit, dont je lui suis infmiment
( âo8 )
obligé) et de Thonnear qu'il veut bien que )*aîd d'être , avec tout le respect qui lui est dû ,*son trèshumble et très-obéissant serviteur.
De Righemont (i)^
A M. DE PINCHESNË.
Saint'Germaixi, du 18 airril 1679.
Le compte que vous m'avez rendu , par vostre lettre du a5 du mois passé; de la conversation que vous avez eiie avec M. le comte Matthioli^ ne pouvoit être plus exact. Il est bien difficile de démes- 1er encore ce qui peut estre de cette affaire^ et si la bonne foy y est telle que l'on la peut désirer. Tascbez de le découvrir adroitement , mais sans tesmoigner aucune deifiance^ et ayez soin de m*informer de tout ce qui viendra à vostre cognoissance sur ce suject.
C'est tout ce que j'ay à respondre à vostre lettre. Le reste ne demande aucune response particulière.
Pomponne (a).
(i) G^est-à-dire CatiruU.
(q) Archives des affaires étrangères.
( *-«09 ) A M. DE SAINT-MARS
âaint-GermaÎDj ce i8 ayril 167^^
Tay reçeu vostre lettre du 8 de ce mois. Le temps qae M. de Richemont doit demeurer au lieu où il est^ estant incertain , je vous conseille de le faire promener avec vos prisonniers^ quand ce ne seroit que dans le donjon. Tous pouveis mesme luy permettre de leur rendre des visites et de s'entretenir avec eux^ ce qui Taydera à passer un temps que je ne puis vous dire s'il sera long ou court. . « . « * é . . «
De Louvois (i).
A M. DE PINCHESNE
Saint-Germain, du 19 avril 1679*
Le compte que vous avez rendu par votre lettre du premier de ce mois, de l'entretien que vous
(i) Extrait d^une lettre (jai se troave imprimée dans Tonvrage intitulé : Us Philosophes et les gens de lettres à la Bastille, (Archives da royaume, K. 139.)
( IIO )
avez eu avec le comte Matthioli; des assurancèfs qu'il vou&avoit dosnées de ses bonnes intentions et du voyajge qu'il faisoit estât de faire auprès de M. l'abbé d'Estrades, n'empêche pas qu'on ne le soupçonne, avec beaucoup de rai son, de son peu de fidélité. Ne luy faites point connoistre toutefois , ea cas que vous le tevoyéï , la connoissance que l'on en Si, iDJÔs tëmoigifez luy toujours que l'on ne peut doat«r "que M. ie d«€ de IVfentoue ti'erëctite les paroles qu'il a fait donner sofemnellement "par luy. En effet , oe prince lie doit pas croire qu'il biy soit toui-à'fait libre de manquer k un trahé qu'il a avec Sa Akijesté ; et, si roccasion s'eft présente, faîtes luy paroistre que vous ne doutez pas qu'on ne luy tienne ses paroles, que l'on n'exécute les engagemens que l'on a pris une fois avec elle. Prenez soin d'informer exactement, ainsi que vous avez desjà fait, de tout ce qui se passera dans cette affaire, et de la manière dont elle continuera à estre regardée à Venise.
Je suis , etc.
1V>MP0NN£ (i).
(i) Ârcbtres des affaires étrangères.
A M. DE SAINT-MARS
StmUïerziMiiiiiCQ-Lajft» ce 97 «Irrtl i^^
Le ray envoyé présentement ordre k M* VabW dfscrade» , d^esiayer de faire arrester on homoMi de la conduite duquel Sa S|a)eité n'a pfis su^el d'esue aM»»&ite; de quoi elle m'a commande de vous donner advis^ afin que vous ne fassiez point de difficulté de le recevoir lorsqu'il vous sera envoyé, et que vous le gardiea de manière que non-seule- .ment il n'ayt commerce avec personne, mais encore qu'il ayt lieu de se repentir de la mauvaise conduite qu'il a tenue, et que l'on ne puisse point pénétrer que vous ayez un nouveau prisonnier,
O ^^ Lorvois (i).
A M. DE PINCHESNE
Saint-Gfrmainy du 3maj 1679.
La lettre que vous m'avez écrite le i5 du mois
(1) Archiyes du royann*, IL 199.
( 2ïa )
passé, a confirmé au roy la trahison du comte Mai-» thioliy qui n'es toit desjà que trop avérée.. Il n'y eut jamais de perfidie si signalée. Il faut espérer que les sentimens de son maistre ne seront pas les mesmes, et qu'il ne voudra pas manquer aux paroles qu'il a données à Sa Majesté. Cependant; nous apprenons que ce comte est arrivé à Turin , où il croit sans doute en imposer de nouveau à M. ràbbéd'£&* tiades; Il importe, toutefois, de ne point témoigner que l'on soit informé de toute sa conduite.
Pomponne (i).
LETTRE DE CATINAT , SOUS lE NOM DE BICHEMONT, A M. DE LOUVOIS.
De Fignerol , le 3 mai 1679.
J'arrêtai hier, à trois milles d'ici, sur les terres du roi, Matthioli, dans une entrevue que M. l'abbë d'Estrades avoit adroitement ménagée pour en Ùl-
(i) Archires des affaires étrangères.
(ai3)
cîliter les moyens ^ entre lui, Matthioll et moi. Je me suis seulement servi ^ pour l'arrêter^ du chevalier de Siint-Martin et de Villebois^ officiers de M. de Saint-Mars , et de quatre hommes de sa compagnie: cela s'est passé sans aucune violence, et •personne ne sait le nom de ce fripon , pas même' les oflBciers qui ont aidé à l'arrêter; il est dans la chambre qu'occupoit le nommé Dubreuîly où il sera traité honnêtement, ainsi qu'en a prié M. l'abbé d'Estrades, jusqu'à ce que l'on cfionoisse les volontés du roi sur son sujet. Je ne mande rien à Monseigneur de la conviction certaine ou l'on est des friponneries de cet homme-là, M. l'abbé d'Estrades en ayant déjà informé Sa Majesté. Dans l'entrevue que nous eûmes ensemble devant que de l'arrêter, nOus parlâmes de plusieurs choses, mais entr'autres du lieu où il a voit les papiers essentiels et originaux de l'affaire dont il s'agit , qui consistent en une lettre du duc de Mantoue au roi, le plein pouvoir qu'il a eu de traiter ; le traité de Sa Majesté fait par M. de Pomponne; la ratification dudit traité signée du duc de Mantoue; une lettre du duc de Mantoue au gouverneur de Casai , portant ordre d'y recevoir les troupes du roi, en exécution du traité. Tous ces papiers sont dans une cassette à Boulogne, entre les mains de sa femme ^ qui est retirée dans le couvent des filles de Saint- Louis. M. l'abbé d'Estrades a jugé qu'il n'y avoit point de temps à perdre pour avoir les papiers.
domme )e n'ooietiai hier ici qae fort taid cel bomme-là^ et qw k poste ptri anaijininl'iitti de htm Itiatin^ je n'ai point eiia>ne eu de conversation ^yec iiii y peat ravoir les pi^pîers; nmis dans àtax heunes cl'ici> j'irai dnm aa tch«mi)i«, cm je ne doute potm ^pe ks meziROCs que je liii fem, «^ne <f^ ccmdirite «rinnnelte lui rctidra fort CKtoyablet^ne FoUi^eni 4e feiii» tout ce qm ft voeidni. fti dioisi M« de Blainyiilieini^ ce q«i «st anaû mu ^osàt 4e M. de Saim-Mars^ poor «lier à Bologne , comme ca«^ pabie de «e bien oondeire on paxeilles affiiipea* }é Terrai à iui poirn>ir destaer une foete par laqneDe il évite de passei^sur ks terres dA roi d'ËJapagoe* le ffondraii coaapte k Monioi^eîir , ou premier ordinaipe^ de tcmi ce que j'aurai fait là-dessus avec liaiUïieli^ à qui j'ei deuné ici le nom de Lçsumgy, pervenne ne sachant ici qui ii est.
'Je tvàiiy etc.
BiÊQSKDirar (t).
A M. DE liOUVOIS.
!@le Bigaerol, le t$ mai <i6^^ MoMSfilONEUR .y
Depuis que je me svis donné i*honnear de vtAia
■■— — *— * — ■ 1 . ui. a
(î) CVst4-dirç Catik AT.
(ai5)
écnrey \*9À pris tominairemenl par ^cril tout ce ^pie )'ai pa tirer du »iear de Lestang. Je l'ai rédiiti en iui fiiiiant œnnoitre^ et rudement , les malheurt où aia mauYaîae conduite l'expoioîti à chercher leB moyens de les éviter en faisant ^ sans supercherie, tout ce que l'on pouvoîc désirer de lui. Je ne iui ai lien dit «jui puisse iui faire connottre les voies par lesquelles Ton a été sisArement informé de sa four*berie; mais je lui ai parlé de manière, U-dessus, qu'il ne peut pas douter que l'on ne la connoi«se> «t que l'oa n'en soit persuadé» C'est un fripon; mais je le crois de bonne foi sur l'enyie de remettre les papiers, soit à cause de la peur que l'état où il est lui donne , eu par la vue de rendre un service qui soit agréable au roi , et qui lui donne les moyens de faire oublier le passé. Les papiers originaux sont à Padoue, caches dans un trou de muraille d'une chambre qui est au logis de son père, qu'il dit ^tre connu de iui seul. Ces papiers sont ie traité fait par M. de Pomponne, signé de iui et de Matthiolt, signé au bas par M. de Mantoue^ laissant du blanc pour écrire la ratification lorsque l'échange s'en seroit fait avec celle du roi; un blanc, signé de M. de Mantoue , pour écrire au gouverneur de Casai de recevoir les troupes du roi ; Le plein pouvoir donné k M. de Pomponne pour traiter avec lui de Casai ; aa mémoîne des troupes destinées à l'euécution de cette affaire. Si l'on a une {ois ces papiers, c'est vme affaiiie au moins ache-
vée^ quant à ce qui regarde la négociation; et ce sera une vérité que l'on ne fera connoitre que loi^ que l'on le jugera à propos. Comme je connois de quelle conséquence il est d'avoir ces originaux^ j'ai mandé à M. l'abbé d'Estrades les expédiens dont on se pourroit servir pour les retirer^ pour m'aider là-dessuB de ses avis; je ne les mande point à Monseigneur^ parce que j'attends aujourd'hui le sieur Giulianiy qui m'est envoyé par M. l'abbé d'Estrades, avec l'abbé de Montesquiou y son parent y pour «tre confronté avec le sieur de Lestang. Cette entrevue devant me donner des moyens bien plus surs pour retirer ces papiers , je ne manderai encore rien à Monseigneur de ceux que j'avois proposés. Il y a encore d'autres papiera à Bologne , qui ne sont que des lettres et des papiers dont il me paroît que l'on a peu de besoin^ connoissant pai* le mémoire de ceux qui sont k Padoue, que ce sont les seuls qui regardent particulièrement l'afiaire dont il s'agit. Je me donnerai l'honneur de mander à Monseigneur, au premier ordinaire , quelle aura été l'issue de l'entrevue du sieur de Lestang et de Giuliani.
M. l'abbé d'Estrades, par ses soins et son adresse^ a trouvé moyen d'envoyer à Pignerol le valet du sieur de Lestang avec ses hardes et tous ses pa* piers. J'en ai fait un inventaire ; cela consiste dans des tables de chiffres et des lettres, que j'ai cotées çX dont j'ai écrit la substance; elles ne soqt de nulle
conséquence. J'enverrai à- Monseigneur, au pre« mier prdinaire, une copie de ce que j'ai fait là<* dessus^ et un petit extrait de ce que j'ai pu apprendre du sieur de Lestang, dans les conversations que j'ai eues avec lui , dont il m'a dit avoir déjà in-^ formé le roi y ou M. l'abbé d'Estrades , ce qui a diminué l'impatience que j'aurois eue d'en informer Monseigneur. M. de Saint-Mars traite fort honnêtement le sieur de Lestang , pour ce qui regarde la propreté et la nourriture; mais bien soigneusement pour tout ce qui peut lui 6ter tout commerce.
Je suiS; avec tout le respect^
Ins^entaire des petits papiers que le sieur de Lestang avoitsur lui, ein^ojé par M. de Catinat.
i^. Un mémoire de ce qu'il avoit k faire à Tu« rin, à l'endroit où il devoit recevoir des lettres de Carbonini.
20. Un petit mémoire des papiers de conséquence qu'il a à PadouO; parmi lesquels sont ceux que
(i) Gatihat.
(ai8)
le roi souhaite avoir, et que le sieur Giuliaiiî eal allé prendre,
3o. Mémoire du chemin quHl doit tenir pour aller à Casai.
40. Un autre mëmoire portant qu'il a envoyé quatre blancs^ signés de M. le duc de Mantoue, au gouverneur de Casai, les dates du départ de Vei uise <le M. d'AsIiedd, et du jour qvie lui sieur de Le^aog et sieur d'A^feld se devoieni rendre à Incréa.
50. Un billet pour se ressouvenir du nom d'ui^ homme demeurant à Plaisance, auquel il a engagé une lettre pour 5oo liv.
60. Un petit mémoire d'endroits où il avoit acheté quelques petits tonneaux de bon vin , pour en faire présent à M. de Varangeville, nouvel ambassadeur à Venise ( i) ; et qu'il devoit écrire au gouver^ neur de Navarre des nouvelles de co qui se passerait sur les affaires touchant Casai.
70. XJn mémoire portant que le marquis de Rebouf peut donner des intelligences au roi dans Gènes^ et à M. le marquis de Cavetto des raisons pour prétendre sur Savone.
80. Un autre disant que M. de Mantoue a pris du poison le 22 février à Venise, que l'on soupçonne lui avoir été dcumé par un nonuné Georgea
"»»»^w"s«wnp""^"^
^1) Il Ait nommé à la place de Fabbé d^Estittdea,
( ai9 )
{iacqiiet^ bomme demeuram auprès de lui , et le yervaut h ses plaisirs.
g*. Un autre mémoire^ par lequel il parott que M. de MaulDue a reçu de madame sa mère^ le i4 janvier, deux miUe chiq cents pîstoles^ le lo ftfvrîet; trois mille pistoles de l'abbé Frédéins , résident de l'empereur à Venise; et l'intelligence que lui sîenr de Lestang a avec le gouverneur de Casai.
100. Mémoire par lequel il parott qu*îl a vu , proche Moncalvo^ le gouverneur de Casai ^ le ^6 uvTÎl } qu'il hoà a dit qu'il (klloit qu'il retournât encore une fois à Mantoue ou à Venise , parce qu'3 lui avoit écrit qu'il se rendroit auprès de lui le jour de l'Ascension; que ledit gouverneur étoit content des expédiens qu'il lui avoit proposés de livrer la place au roi, par lesqueb £ou honneur lui paroissoit être à couvert. Que pour cet effet ; au reteur du «ieuît de Lestang, il faudroit qu'il se fît une entrevue de lui sieur de Lestang, du gouverneur, et d'un homsoe de la part du roi , pour exécuter odte affiiire et convenir des moyens pour qu^elle ne pât pas manquer ; qu'il livreroit la porte de •campagne de la citadelle; à quoi Panissa , qui en est go a v <3 mp m' , ni'apporteroit nulle opposition. Que le comt« Vialardo , gouverneur du château, est entièi^ement aux Espagnols; que le gouverneur de Cassd demande que cela s'acliève promptement, craignant concinuellement qu'x)n ne le change; qu'ij
fera savoir audit gouverneur ce qu'il aura fait au^ près de M. de Mantoue, par le père Viveti, jaco^ bin, demeurant à Padoue. Écrira toujours dans toutes les cours que l'affaire de Casai est manquée, et qu elle ne s'achèvera point.
I lo. Un petit papier, grand comme une carte ; sur lequel il a écrit quatre ou cinq raisons pour être insérées dans un manifeste lorsque les troupes du roi seront introduites dans Casai ; que l'on a agi en vertu des ordres du duc , sur un traité signé et ratifié par lui ; qu'il en a voulu faire un autre avec les Espagnols contre sa parole donnée^ et qu'il en si inéme reçu de l'argent.
A M. DE LOUVOIS
DePigneroly le lomai 1679.
J'ai remis à M. l'abbé d'Estrades , par les mains de M. l'abbé de Montesquiou , son parent y toutes les lettres et les papiers du sieur de Lestang, qui consistoient en plusieurs lettres , dont j'ai gardé uu mémoire qui contient succinctement ce qu'il y a dans chaque lettre. Ces lettres ne marquant rien que ses allées et venues^ quelques-unes où l'on lui donne avis de prendre garde à lui; une entr'autres, des ministres de Mantoue^ qui marque la joie que
(lit ) .
M. le duc de Mantoue a de son heureux retour dd France ; et qu'il lui a envoyé une barque à Plai-^ sance^ pour qu'il se rende auprès de lui plus sûrement et plus commodément. Il avoit plusieurs au^ très papiers 9 parmi lesquels je n'ai vu de conséquence qu'un chiffre espagnol qu'il a avoué être de M. le comte de Melgat.
Je lui ai fait contet devant moi y à l'ahbé de Montesquiou^ tout ce qu'il avoit fait depuis son retour de France ^ sans l'interrompre ^ lui ayant néanmoins fait connoître auparavant que de lui donner audience^ que l'on étoit parfaitement bien informé de sa friponnerie, pour voir les couleurs qu'il donneroit au méchant pas qu'il a fait. Il dit, à son retour de France, avoir passé k Turin, où, par des raisons de reconnoissance de ce que cette cour lui a fait l'honneur de se servir de lui en plusieurs affaires, il s'est cini obligé, par civilité, de voir M. le président Turki ; qu'il est vrai qu'en causant de nouvelles et des affaires présentes, il lui est échappé de faire connoitre qu'il s'alloit passer quelque chose de nouveau en Italie, et que ledit sieur président, dans la suite de la convei*sa« tion qu'il a eue avec lui , a fait connoître qu'il ne doutoit point qu'il n'y eût un traité fait pour Casai. Voilà comme le sieur de Lestang conte ce qu'il a fait à Turin, pour prétexter la fourberie qu'il y a faite, dont Monseigneur est d'ailleurs parfaitement informé, et de l'argent qu'il en a touché. C'est la
( ail )
preiuière découverte qui a été faite de cçtte àâEiiii&i conduite si secrètemebt.
De Turin y il est allé par PUisance à Mantouie, joindre son maître qu'il a trouvé toujom^s biea in^ tentianné pour achever l'afEadre. Même deux jour» après son retour^ étant tombé majadéj, M. le àxm de Mantoue le vint voir^ et il prit cette occasion > pour hii &ire signer la latificatton^ écrire une lettre au gouverneur de Casai ^ par laquelle il kn recom^iandoit de faire tout ce qui lui seront dit p9t le sieur de Lestang. Une autre lettre en cowmaa*dément audit gouverneur de recevoir les troupes du roi; en un mot^ il fut muni datis ce moquent de toutes les choses n^ssairea pour consommer eatièrement cette affaire. Sous peu de jours après , il fut averti que son maître avoit changé de r^so^ lution> et que m^mie son intenUod éloit de retirer 4^entre ses niiains ce qu il avoit fait et signé , et qui pouvoit (aire foi de son traité. Que M* de Itfantoue commençoit à dire qu'il ne s'é^oit rien fait dans cette affaire de sa participation, et qu'il désavouoit hautement tout ce que Iui| âeur d^I^^esxangi avoit pu &ire. Ce prince ne pouvoit gguère faire autrement, les Espagnols et madame sa mèie étant si particulièrement informés de ^tte affaire , qu'ils lui moBtrèreut des copias pnslef d^ tout le traité. ( Ce qu'ils avoienl eu padP une seconde &iponnerie du ^ieur de LesiUngi ou pajr la cour de Savoie. ) Le sieur de Iiestang dit que, sous divers
)>irëlex^te9; il ëluila toujours de rendre leâ originaux il M. de Mantoue, pour demeurer maître de Faffaire^ et qu*en cherchant des expédions pour sur* Inouter les obstacles survenus y il n'avoit point dé* «espéréde pouvoir achever cette affaire , par Tinteltigence qui étoit entre lui et le gouverneur de CaBal:
Il dit que les Espagnols le sachant maître des papiers y lui ont fait des offres considérables pour Jes avoir. Que les Espagnols étant si particulière^ ment informés^ il a cru être obligé de leur en faire 11 lie favsse confidence , pour les amuser , en leur disant que c'étoit Jine affaire absolument manquée^ pottr^ dans cette confiance; diminuer leurs soupçons et les précautions qu'ils auroient pu prendre pour empêcher qu'il ne profitât des moyens que l'intelligence qu'il avoit avec le gouverneur de Casai; lui donnoit pour achever cette affaire. Qu'il prit même ce chiffre ; dont j'ai parlé ci-dessus ; de k part de M. de Meigar ; pour entretenir plus sûrement de son côté cette fausse confidence. Voilà èomme ce fripon prétend échapper à l'accusation que l'on lai fait sur ce chiffre espagnol ; dont il a ëté trouvé saisi.
Il nous a dit positivement que M. de Mantoue avoit été 'empoisonné chez un nommé le Romain ; à Venise; oà il alloit boire des eaux à la glace; que le coup avoit été fait par les Espagnols ; et le poisson domié par un de ses domestiques Inême; que
te prince ne ponvoit pas vivre plus de trois oii quatre mois; il dit avoir appris cela des Espagnols^ avec qui il entretenoit commerce pour les amuser. Dans toutes ces conjonctures^ il dit avoir pris le rendez-vous dlncréa, où il devoit se rendre le sep* tième mars avec d'Asfeld, pour l'échange des ratifications; ensuite de quoi il ne do'utoit poiiit qu'il n'eût achevé l'affaire^ ayant tous les ordres nécessaires ^ joints avec l^ntelligence qu'il avoit avec le gouverneur, pour que l'on n'y trouvât nul obstacle, ni nulle difficulté. Qu^en venant audit Incréa, il avoit été fouillé et volé sur les frontières du Bressan et du Milanez; que néanmoins étant demeuré maî« tre de ses papiers, qui étoient cachés dans une selle , il avoit ensuite continué son chemin jusques k Buffacore, où la prison de d'Asfeld lui fut confirmée de manière à n'en pouvoir douter. Que M. de Villars , étant encore ambassadeur à Turin ^ qui n^avoit nulle connoissance de cette affaire, et doutant, venant h Pignerol , que je prisse confiance en lui, il prit la résolution de s'en retourner à Venise, donner avis à M. de Pinchesne de tout ce qui étoît arrivé , et pour voir à prendre de nouvelles résolutions; que sur une simple lettre de M. Fabbé d'Estrades, qui lui mandoit qu'il étoit nécessaire qu'ils eussent une entrevue, il n'avoit pas perdu un moment de temps à se rendre à Turin; que de la participation dudit sieur abbé d'Estrades,' il avoit été à Ast, pour se pratiquer une entrevue
( aà5 )
secrète avec le gouverneur de Casai ^ à un mille de Montcalvo, pour^ en lui prometlant de grandes récompenses , l'engager à recevoir les troupes^ lorsque^ pour sauver son honneur, on lui auroit donné un ordre de son maître, et montré qu'il avoii fait un traité avec le roi. Il dit l'avoir laissé dans une fort bonne disposition. Qu'ensuite il étoit revenu à Turin, ou M. l'abbé d'Estrades lui a proposé une entrevue avec moi, dans laquelle je l'ai arrêté.
Voilà , Monseigneur , un narré simple et véritable de ce que m'a dit le sieur de Lestang, qui me confirme dans la croyance que c'est un franc fripon, ne m'ayant su dire aucune bonne raison pourquoi il avoit donné à connoître cette affaire à M. le président Turki , en passant à Turin. Pourquoi il avoit caché à M. de Pinchesne le commerce qu'il avoit avec les Espagnols, l'acceptation de leur chiffre, et ses eptrevues avec un inquisiteur de l'état de Venise, puisqu'il ne le faisoit que pour mieux acheminer l'affaire dont il s'agit.
Je lui ai fait faire trois lettres pour retirer les papiers originaux qui sont à Padoue, lesquelles ont été mises entre les mains du sieur Giuliani , par le sentiment de M. l'abbé d'Estrades, qui prend une entière confiance en lui ; il se servira de ces trois lettres, comme il jugera à propos, selon l'esprit 011 il trouvera le père du sieur de Lestang. La première est seulement une lettre du sieur de Lestang'
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à son père y "par laquelle il lui maiide des raison» qui Tobligenl de demeurer à Turin ou aux environs^ mais qa'il peut prendre une entière confiance au sieur Giuiiani, en lui remet lant eu main tels et tels papiers y dont je lui ai fait donner le mémoire à Giuliani. La seconde apprend à son père le véritable état où il est y et qu'il y va de sa vie et de son honneur y que ses papiers soient incessamment re* mis entre les mains du sieur Giidiani.Par la troi* sième^ qui est la dernière dont il se servira , si les deux premières ne font rien y il lui mande dé venir à Turin; que chez M. l'abbé d'Estrades il saura oit il esty ei les moyens de lui pouvoir parler. Le sieur de Lestang.ne doute pas que dans cette entrevue de lui et de son père^ il ne lui persuade tout ce que l'on voudra. Je lui ai inspiré une si grande crainie sur les châtimens que sa mauvaise conduite lui devroit attirer y qiie je ne lui trouve nulle répugnance à fa\re tout ce que l'on lui demande , et il paroît de bonne foi sur l'envie de faire remettre les papiers ^. lesquels sei'ont portés à Venise^ à M. de Pinchesne y pour éviter le^ accidents qui pourroient en arriver y en étant si long^témps sur le chemin , pour venir de Padoue idi où à Turin.
Je n'ai nulle confiance dans tout ce que me dit ce fourbe-là ; cependant )e crois devoir dire à Monseigneur, qu'il assure positivement que le gouverneur de Casàl est de ses amis; qu'en lui promettant quelque récompense UQ peu forte^ et lui fournis-
saut un prétexté qui mette son honneur k couvert, ce qui se peut en lut donna ni l'ordre dé son maître, que le sieur de Lestang dit être à Pàdoue, de recevoir les troupes du Roi , on lui fera faire ce que l'on voudra. Qu'il peut livrer la ville, et que le gouverneur de k citadelle est entièrement de ses amis, à qui il fera faire tout ce qu'il lui ordonnera» Pour le cMteau, que j'ai vu en passant; lorsque je fus k Casai, c'est plutôt une espèce de petite citadelle qu'un simple château. Le sieur de Lestang dit qu'assurément lie gouverneur ne se soumettroit point aux ordres du gouverneur de Casai, quoiqu'il ait le commandement sur lui , parce que ledit gouverneur, que l'on appelle Vialardo , est absolument aux Espagnols; que c'est une chose qu'il a su par les Espagnols mêmes, et que sur le moindre changement à Casai , ou de marche de troupes de ces côtés-là , les gouverneui*s de Yalence, de Novarre et de Pavie , ont ordre d'envoyer des dëtachçmens de leurs garnisons audit Casai ^ et qu'ils y seront infailliblement reçus par le château. Ce Vialardo est frère d'un secrétaire de M. de Mantooe, qui porte le même nom. que lui , qui est aussi tout-à^àil de la faction espagnole.
Cependant y quand on aura les papiers^ il n'est point impossible que Ton ne pût pratiquer quelque chose avec le gouverneur de Casai, s'il est dans les sentimens que dit le sieur de Lestang, et qu'il soit maître de recevoir des troupes dans la
( aaS )
ville et citadelle j celte affaire menée fort secrètcfment, la marche diligente d'un régiment ou deux de dragons, pourroit sui-prendre les Espagnols de manière qu ils nauroient pas des avis assez prompts pour y remédier. Étant maître de la ville et citadelle , et ayant un aussi grand nombre de troupes que celui que Ton avoit destiné à l'exécution de cette affaire, je ne doute pas que le château dût empêcher les résolutions que l'on pourroit prendre. L'on recevroit là-dessus de grands éclaircissemens dans une entrevue avec le gouverneur de Casai. La difficulté est de se la pratiquer pour pénétrer ses sentimens, sans passer par les mains de notre fripon, en qui l'on ne peut prendre nulle confiance. Mais, que l'on aitles papiers, si cette affaire éloit désespérée du côté de M. de Mantoue , et que le roi pût croire que ce fût une voie à tenter, que celle que îe mande à Monseigneur, je verrois à agir, de concert avec M. l'abbé d'Estrades , suivant les ordres que je recevrois là-dessus. Je demande pardon à Monseigneur de l'importuner d'une si longue lettre, mais je ne pouvois guère lui mander en moins de paroles la conduite du sieur de Lestang, et de ce qui s'est passé entre lui et moi.
Je suis, avec tout le respect qui vous est dû, etc.
A M. DE PINCHESNE
Saint-Gennaiii, ce lo nufy 1679.
Vostre lettre y Motlsieur, du ai du mois passe, sert encore à confirmer la fourberie du comte Matthioli^ dont nous n'avions desjà que trop de preuves. Il estoit en effet arrivé en Piedmont^ et avoit vu M. l'abbé d'Estrades. L'on ne peut guère comprendre avec quelle insolence il ose se présenter lorsque toute l'Italie est remplie de sa mauvaise foy. Cependant^ il seroit à souhaiter qu'il remît la ratification de M. le duc de Mantoue, s'il est vrai^ ainsi que ce prince l'a tesmoigné, qu'ill'ayt retenue entre ses mains. Si le sieur Tarani a plus de fidélité que lui , on peut désirer qu'il ayt la confiance de son maître, et qu'il pust le disposer à satisfaire Sa Majesté, en luy faisant cognoistre qu'il est dangereux de manquer à des paroles que l'on luy a si solemnellement données
Je suis, etc.
Pomponne (i).
(1) Archives des affaires étrangères.
À M. KE POMPONNE
Venise, le t3 mai 1^79.
Moi«3£iGN£17R;
Je VOUS supplie très humblement d'estrè persuadé que ]e ne manquerai pas d'exécuter^ avec touCe Texactitude et tout le zèle possibles^ les ordres qu'il Vous a plu de me donner par la letti^ que vous m'avez fait l'honneur de ni'escrire du 76 du mois passé, de vous informer de tout ce qui viendra à îna connoissance sur l'affaire de Casai, el sur le sujet du comte Matthiolî, Le déplaisir que l'avois de n'avoir pu descoiivrir ce que M. le duc de Mantoue estoit Venu faire àYënlse, dans le dernier voyagé que je vous ay mandé qu'il y a fait, ni'a obligé de redoubler mes soins pour tascher à en apprendre quelque chose ^ et enfin je ne les ay pas perdus, puisque je sçais présentement, sans en pouvoir douter , que ce prince a çu , pekïdaitt ce temps-là, deux longues conversations dans les Capucins, avec M. Foscarinî^ sage, grand, qui est celuy que la république a nommé pour continuer l'histoire que faisoit M. le procurateur TUani , et qui est un des plus habiles hommes de cet estât;
dbns InqncUei ce sénaietir haj reprëBeata très vivement le danger qu'il y atiroit paur lai et fiour toute riUliey si il cédoit Gasal ta roy, comme on disoît qa'il en avtnt le dessein, et qu'il en avoit mesme fiait le traite avec Sa Majesté, et que la rë-~ publique espéroit qu'il ne feroit point une dë-t marche si préjudiciable à tous les princes d'Iti^lie ; à quoi je sçais que M. le duc de Mantoue respondit qu'il connoissoit ses intérêts, et qu'assurément il ne céderoit jamais volontairement Oisal au roy; mais que Sa Majesté estoit le plus puissant prince de l'Europe, et en estât de tout entreprendre, sans qu'il soit presque possible de l'en empescher; qu'il fatlott chercher les moyens les plus propres pour le faire, ce qu'on ne pouvoit espérer, à moins que d'avoir des troupes considérables pour opposer aux siennes, en cas qu'elles voulussent faire quelqu'en- Ireprise; que par lui-mesineil n'estoit pas assez fort pour résister à Sa Majesté; que c'estoit à eux, qui avoient autant d'intérest que luy dans la conservation de cette place, à trouver les voyes de la conserver, sans quoy il ne respondoit pas de ce qui pouvoit arriver , et que l'on nepourroit pas mesme luy en a|;tribuer la faute, mais à sa mauvaise fortune et au défaut d'assistance.
Je sçais de plus, que la république tient pour assuré que Casai doit estre attaqué par le roy, et quelle dit le sçavoir de si bonne part, qu'elle n'en peut douter i.
■ Je ne puis. Monseigneur ^ m'empescher dé vous tesmoîgner la joye que fai eue en apprenant cette semaine y par une lettre de M. l'abbé d'Estrades ^ que le comte Matthioli estoit arrestë prisonnier à Pignerol, et qu'ainsi ce fourbe ne sera plus en estât de faire tous les jours de nouvelles trahisons. . . ,
Je suis avec une soumission très respectueuse, et tout l'attachement possible ,
Monseigneur ^
Votre très hninbld et trè& * obéissant serviteur,
De Pinghesne (i).
A M- DE SAINT-MARS
Saint-^jrermain , ce i5 may 1679,
J'ay reçeu vostre lettre du 6 de ce mois, laquelle ne désire de response que pour vous dire que vous aurez connu par mes précédentes que l'intention du roy n'est pas que le sieur de Lestang soit bien
(i) Archives des affaires étrangères.
traite; et que Sa Majesté ne veut pas qne^ hors les choses nécessaires à la vie, vous luj donniez quoy que ce soit de ce qui la luy peut faire passer agréablement.
Je vous adresse un pacquet important pour M. de Richemont; que je vous prie de luy rendre en main propre, et de dire au commissaire du Channoy de ne point renvoyer le courrier qui luy porte celiiy-cy^ que vous ne luy en ayez donné la response,
t)i Lovvois (i).
A M. DE LOUVOIS
Pignerol, le i6 mai 167g.
J'envoyeà Monseigneur un second interrogatoire fait à M. Matthioli^ sur Tordre que j'en ai reçu par le courrier exprès qu'il a dépéché ici. Il le trouvera peu différent du premier. Je lui ai donpé toutes les appréhensions possibles de tourmens^ s'il ne di-
(1) Archives du royaume , S. H., K. 199.
soit pas la vérité. L'on voit bien, pajr ses r^ioQseS;^ que sa couduite a été fori méchante. Je n'y vois nulle bonne raison qui puisse l'excuser d'avoir eu des commerces si étroits avec la cour de Savoie ^ Tabbé Frédéris^xésident de l'empereur à Venise, et avec don Francisco Yisconti^ partisan de l'Fs^ pagne, sans aucune participation ni correspondance sur cela avec M. de Pomponne, M. l'abbé d'Estrades et M. de Pinchesnç } cela m'ôte toute confiance en lui. Cependant il persiste, avec la der^ nière opiniâtreté, que le gouverneur de Casai est bien intentionné; que ce gouverneur voit bien que M. de Mantoue est un homme perdu ; qu'il voit bien qu'il ne peut point arriver de changement dans cette petite cour^ que l'on ne le retire de Ca> sal, et que c'est un homme qui sera sensible aux offres que l'on lui fera; ce que lui, Matlhioli, répond sur sa tête ; que lui fournissant un prétexte spécieux de recevoir les troupes du roi , il le fera assurément, ce qui est facile, ayant les originaux que son père doit remettre entre les mains de Giuliani; que pourvu qu^il ne découche poiiit de Casai, il trouvera moyen de pratiquer une entrevue entre ce gouverneur, moi et lui Matthioli; que je toucherai au doigt et à V<eï\ les moyens de rendre le roi maître de Casai. Comme je suis prévenu que c^est un fripon qui me parle , et qu'il faut presque de nécessité y par ses propositions^remeltie en danse dans celle affaire; je ne puis me résoudre de lé-
^ ij35 ) -
pondre en r^ jMrar lui ; cependant j'ai cru devoir donner cel avis à Monseigneur. Le roi ayant les papiers y c'est une tentative qui ne conrmettrbit rien que l'enti-évue que j'atirois avec ce gouverneur ; je n'y Vois d'inconvéniens que de hasarder que le siénr de Matthioli ne se sauvât dans les démardies qu'il faudroit bien lui permettre , quelque surveiN iant que jefbsse auprès de lui ; il faudroit que j'allasse avec lui à Ast^ où ii connoit un dominicain qui iroit k Montcalvo porter un billet à un mëde^ cin que V'ob appelle Yiveti; ce Yiveti iroit à Casai pour dii^ au gouverneur le rende£-vous que nous aurions pris pour pailler à lui. Mais il est comme impossible dans toutes ces démarches de répondre, de la periBdnne de Matthioli ; comme ce me^en ne peut pais être sans cet inconvénient, M. l'abbé d'Eè-* trades , s^il est au goàt du roi de faire faire quelque proposition à ce gouverneur, pourroit, sur les ordres qu'il ^en recevroit, lui faire parler par quelqu'un, et sonder ses intentions. Je supplie, Monseigneur, d'être persuadé que je mets dans cette affaire mon îiHérét sous les pieds , et que je ne hasarde de Iftî £ûi:e ià-dessus des propositions , que par l'envie que j'aurois que cela réussit à la satisfaction du roi.
Gomme les papiers qui sont à Padoue doivent élre portés, au moins à ce que je crois, à M. de Pinchesne, pour éviter les accidens qui pourroieut
en arriver en les apportant en droiture ici ou à Turin ; je prendrai mes noiesures pour partir d'ici , lorsque je saurai qu'ils sont remis à M. de Pinchesne. Gomme Monseigneur pourroit me mander de nouvelles r^olutioos que Ton auroit prises dans cette affaire^ dans lesquelles je pourrois être de quelqu*utilité ici, je prends la liberté de lui mander que je serai jusqu'au 9 ou 10 de juin à Pignerol. Si Monseigneur ne m'honore d'aucun ordre; entre*ci et ce temps-lii, j'exécuterai celui qu'il m'a donné de passer eu ITrance. Je lui serois bien obligé de me.faire savoir où je dois me rendre, si c'est droit à la cour ou à Dunkerque, où est ma .compagnie, ou tout autre part où il lui plaira m'ordonner. J'aurai de grandes précautions à me cacher et à ne point paroître devant les parens de . MM. Foucquet et Lausuu. Je ne puis répondre à Monseigneur qu'ils ne diront à personne du monde que je sois ici. Je n'ai pris nulles mesures avec M< l'ambassadeur pour ce dernier interrogatoire, parce que j'avois été partioilièrement informé par lui de toutes les convictions qu'il y ayoit contre Matthioli.
Je suis avec tout le respect, etc.
(1) G^est-à'dire Catiktat.
Mémoire de tout ce quadit M. MatthioUy dans V interrogatoire qui bd a été fait.
Interrogé y le sieur comte de Matthîoli , de ce qui lui est arrivé en passant à Turin , dit : avoir été chez M. le marquis de Saint-Thomas pour le saluer; que l'ayant trouvé malade, il n'a pu le voir; qu'ensuite il est allé chez M. le président Turki,' lequel il trouva fort défîant sur le voyage qu'il ve- Qoit de faire en France; et que comme c'est un homme souple et adroit, qu'il l'engagea insensiblement à parler des affaires de M. de Mantoue et de Casai ; qu'il est vrai que, surpris par la subtilité de l'esprit dudit sieur président, et par l'affection qu'il faisoît paroîti*e pour les intérêts de la France, il s'ouvrit assez avec ledit président pour qu'il ne doutât plus qu'il y avoit quelque traité pour Casai; qu'il est vrai qu'il a reçu deux mille livres de cette cour, mais que ça été plutôt une reconnoissanco de quelques services qu'il a eu l'honneur de lui rendre, qu'une récompense des choses qu'il a dites.
Il dit : que le président Turki l'a prié, lorsqu'il est parti de Turin, de lui écrire soigneusement tous les progrès de cette affaire ; qu'il lui a écrit depuis cela plusieui*s fois de Venise, lui en deman-
dant des nouvelles; sur quoi il a toujours répondu qu*elle ne se feroit point; pour diminuer la certitude dam laquelle il lui aroit répondu qu'il y avoit un traité pour cette place.
Interrogé où il est allédeXuriu; a dit : avoir tenu le chemin de Plaisance ^ où il a trouvé des lettres de DonNevani et deCabriani^qui lui témoignaient seulement la joie de son retour; que M* de Mantoue Tattendoit avec impatience y et qu'on lui avoit envoyé au-devant de lui uji bateau pour s'embarquer sur le Pô.
De Plaisance il est allé droit à Mantoue; il y trouva M. de Mantoue , lequel même jour de son arrivée ^ prit la peine de l'aller voir chez lui où il étoit couché^ étant fort malade; il lui fît seulement des honnêtetés sur son incommodité ; deux jours après il i^touroa le voir y et lui demanda une copie de tout ce qu'il avoit Caiit en France, ce qu'il lui donna fort exactement , mais avec beaucoup de peine, à cause de sa maladie. Ce même jour, il lui fit signer tous les originaux nécessaires pour que le traité fût entièrement achevé^ pour ce qui regarde la forme. Trois ou quatre jours après , ayant reçu des avis du sieur Carbonini , qu'on te vouloit empoisonner, et que même il s'étoit ap» perçu qu'on lui avoH mis^ du poison dans une médecine qu'il avoit fait semblant d'avoir prise, ayant trouvé moyen de la jetter , ce qui lui avoit fait prendre la résolution , sous prétexte dé recouvrer
^ santé y <te s'en aller à Padoue, où il aroit emporte tous- les papiers origînacix avec hii. '
Le ^4 ^^ i5|anriery M. dé Mantoue passa par Padoue en allant à Venise, où 11 alla Voir le sieur
die Matthiolî qui-étoh malade , où il dit au sieur -de MatthîoU, qu'il fa'bvoit pas pu se dispenser de par* 1er de cette affiiire à madame sa mère; que c'ëtoit une affaire qu'il ftilloit trouver moyen de rompre ^ parce qu'elle ne lui écoit point avantageuse. A quoi ledit Mat thioU répondit pliisîeurs clioses, mats, eutr'autres , qu'il avoit encore écrit tout nouvelle^ ment à la cour; qtie tout étoit signé, quecfétoient des engagemens dont il ne lui élott pas aisé de se départir. M. de Msnaftotte' lui demanda ensuite les papiers originaux , à quoi 11 répondit qu'ils étoient serrés , et que ce lui seroit une grande incommodité de les aller chercher, étant aussi malade qu'il étoit; qu'il' se rendroîi le plus t6t qu'il pourroit à Verrise, où il lui remettrait tout entre les mains.
Il dit que le sieur Giuliani le vint trouver à Padoœ, de la part de M. de Mantoue^ pour lui don< ner avis que les inquisiteurs de l'état de Venise le fnsoienc che^her, et qu'il prit ses mesures làdessus, poiîr n*étre pas pris avec les papiers , ce quT l'obligea, les naélant avec beaucoup d'autres, de les metti^e dans ttne antre maison que la sienne.
Apres avoir été trois semaines à Padoue, il est
( 240 ) parti pour aller à Venise; . laissant les papier^ originaux et ne les portant point avec lui. Il arriva malade à Venise; il se mit au lit en y arrivant, où il demeura trois jours; ensuite il alla voir M. de ' Mantoue> qiii lui dit que Fabbé Fréd^ris,. résident de l'Empereur, à Venise, sayoit toute l'affaire d© Casai; à quoi ledit Matthioli répondit qu'il ne s'en* ëtonnoit point, et qu'assurément madame sa mère^, ayant tout su de lui-même, n'avoit eu aucune réserve sur ce sujet avec ledit abbé Frédéris. Il lui demanda ensuite les papiers originaux, lesquels il dit ne lui pouvoir donner, les ayant Is^issés à Padoue, sur l'avis que Iniavoit domié Giuliani ^ de sa part,. de prendre garde que les Vénitiens le faisant chercher, ne l'en pussent pas trouver chargé. M. de Mantoue lui dit quil Calloit absolument rompre cette affaire; à quoi il répondit .qu'il, prît bien garde à sa conduite à l'égard du roi ; qu'il étoitdans des engâgemens à ne s'en pouvoir lirer qu'en manquant de parole, ce qui étoit bien dangereux avec un prince si puissant. M. de Mantoue l'obligea ensuite d'avoir une entrevue en tiers avec lui et l'abbé Frédéris, laquelle il eut dans la chambre d'un religieux de Saint-Georges; ils y furent masqués pour n'être point connus. M. de Mantoue dit au sieur de Matthioli : « Je vous laisse avec M. l'abbé Frédéris , avec lâq[uel vous vous entretiendrez; il faudra faire tout ce qu'il vous dira.» JjCdit abbé Frédéris lui montra une copie du traité,
^tlui parut si particulièrement iastruity qu*il ne Yit ' nulle apparence d'm pouvoir disconvenir. Ledit sieur abbé lui dit que c'étoit une affaire qu'il falloit rompre ; que c'étoit la perle de Vltalie et de sott maître méme^ et qu'il £dloit absolument chercher les jnoyens de s'assurer que cela ne put pas être; qu'il pouvoit s'attendre à de grandes reconnoissauces de la maison d'Autriche^ s'il s'y conduisoit bien. Il confesse avoir paru entrer dans ses sentimens y ne pouvant pas faire autrement; mais que demeurant maître des originaux ^ il a toujours cru avec cela pouvoir achever l'affiàire^ ce qu'il prétendoit en celte manière*
Le gouverneur de Casai étant de ses amis^ il ne doutoit point qu'il ne lui fit faire tout ce qu'il voudroit. Pour cet effets il fit un paquet de quatre blancs y signés de M. de Mantoue^ qu'il lui avoit lait signer à Mantoue lorsqu'il y arriva^ et que ce prince étoit encore bien intentionné; que' pour donner 'p\us de foi au gouverneur de Casai > qu'il ne feroit ^ien^ lui^ sieur de Matthioli.^ qu'avec l'ordre de son maître, il lui avoit fait adresser ce paquet par un autre secrétaire de M. de Mantoue, jque l'on nomme Magous , qui a pour département les affaires du Mont-Ferrat, lui disant : Voilà un paquet qj^e Son Altesse m a dit d'envoyer à Casai. Comme vous faites les affaires de ce pays-là, écrivez une lettre au gouverneur de mettre à exécution tout ce qui sera porté par ce paquet, ce qui
lui attiroit une entière confiance du gouverneur , lui faisant voir par-là qu'il ne lui demanderoit rien qu'il ne pût exécuter avec "honneur; qu'il avoit fait partir de Venise^ deux ou trois jours après^ d'Asfeld^ pour arriver à-peu-près en m^me temps k Incrëa^ oii il auroit pria toutes les mesures avec ledit gouverneur pour consommer l'affaire.
Interroge pourquoi il agissoit avec cette surprise^ puisqu'il étoit convenu dans Fentrevué que lui , M. de Pinchesne et d'Asfeld avoient eue ensemble, le 24 février^ que M. de Mantoue se rendroit le i5 mars à Casai, ce qui étoit bien une marque des bonnes intentions de son maître, dit : que son maître étoit véritablement bien intentionné, sur la crainte qu'il lui aVoit donnée des ressendmens du roi; mais que^ connoissant l'incertitude de son esprit, il avoit voulu prendre ses mesures {)our achever l'affaire, au cas qu'il ne fut pas venu à Casai.
Interrogé pourquoi il ne faisoit pas cette confidence aux sieurs de Pinchesne et d'Asfeld, a dît : n'avoir voulu découvrir l'intelligence entre lui et le gouverneur, et leur donner aucune incertitude sur cette affaire, qui leur en avoit peut-être (ait suspendre l'exécution ; que lui la regardant comme sa fortune, s'il en venoit à bout, et que ne doutant point de l'événement par les mesures qu'il avoit prises, il vouloit éviter tout ce qui en pouvôit retarder l'exécution; que lé sieur de Pinchesne pedt
iire que si lui , siear de Matthioli , ne lui a pas toojours réponda que l'afifaire se feroit, ne liri en ayant cependant jamais voulu dire les moyens.
Interrogé s'il n'a pas parlé de l'affaire de Xllasal avec quelques Vénitiens ^ a dit : qu'ils en étoient si informés , qu'il a bien pu en causer avec quelques-uns sans façon; mais en leur disant que c'étoit une affaire rompue et manquée; qu'il a vu le chevalier Comaro; inquisiteur de l'état ^ seulement une fois^ pour lui demander permission de porter des armes ^ M. de Mantoue le voulant faire assassine^ pour mieux autoriser le désaveu qu'il faisoîtde tout ce que lui , sieur de Matthioli , avoit fait en France, ce qui étoit une raison bien injuste de la part de son maître; pour le faire périr; que comme il étoit d'un esprit changeant/ ses sentimens changeroient •sur cela comme sur antré^ chose; qu'usant pendant quelque temps -de précaution , il s'échappe roi t à ce tnalheur; laquelle permission lui fut promise; mais ne lui a point été donnée.
Interrogé s'il n'a point parlé à Venise; à quelque partisan d'Espagne : a dit que non; qu'il en est parti le a8 février ; deux jours après M. d'Asfeld ; pour venir à Incréa.
Interrogé s'il n'avoit rien su que le' sieur d'Asfeld dût être arrêté : il dit n'en avoir eu aucune comioissance ^ et n'avoir même pu savoir avec certitude sa détention qu'à Buffacorc; jusqu'où il est venu pottï le rendez-vous d'Incréa^ avec tous les paie..
picrs nécessaires pour consommer l'aiFaire de Casal^ qu'il avoit si bien cachés dans une selle qu'on ne les trouva point ^ quoiqu'il eût été fort exactement fouillé sur les frontières du Bressan et du Milanez; que, de Bufifacore^ il étoit retourné droit à Venise, .ne doutant de la prison d'Asfeld, par les nonvelles qu'il en avoit apprises ; qu'il n'y avoit demeuré que deux jours, pour informer M« de Pin- .chesne des accidents qui étoient arrivés.
Interrogé s'il parla avec d'autre^ k Venise: a dit que non.
Il partit de Venise et s'en revint à Padone, où il a toujours demeuré, hors quelques petits voyages qu'il a faits à Venise, d'nn jour au plus, pour parler avec M. de Pinchesne.
Interrogé si à Padoue il n'a pas eu commerce avec quelque partisan .d'J^pagne: a dit que oui ; avec le nommé don Francisco Viscomti , fils naturel du comte Viscomti , commissaire-général du Milanez, lequel lui a parlé de la part dé son père et du comte de Melgar, étant porteur d'une copie du traité, et parfaitement instruit de tout, ce qui lui avoit Ole tout moyen d'en disconvenir ; mais il en parla comme d'une affaire manquée, et s'attira la confiance dudit Francisco, lequel lui offrit nii lie pistoles et un fief en Milauez^, s'il vouloit remettre a M. de Melgar les papiers orignaux qu'il avoit entre les mains. Il lui répondit que cette affaire lui ayant paru manquée, qu'il les avoit donnés à M. de
PSnchesne, et quil v!en «toit plus le maUre. Ledit FFanciseo lui persuada d'avoir intelligence avec M. de Mel^r, pour éviter à l'avenir que cette af* &ire ne pût s'exécuter^ etpiûtàvec lui des mesure^^ vers le 10 ou i a mars^ pour avenir de tout M. le comte de Melgar^ et prit pour cet effet le chiffre espagnol trouvé dans ses papiers. Il dit qu'il ne faisoit le tout que pour les surprendre et les emp^ cher de prendre d'autres mesures que par fui , pour être informé des résolutions- que le roi pren^ droit dans» celte affaire.
Interrogé s'il n'a passu^, pan don Francisco ^ la prison d'Asfeld : a dit que oui , et que ledit Francisco lui a dit qu'il avoitété arrêté à Canonicque^^iV?^ à Vingt-cinq milles de Milan ^ du coté de Bergame^ et que l'on y avoit attendu plus de quinze jours.
Interrogé s'il sait quels gens l'ont arrêté, il.dit Bc le pas savoir précisément ^.mais que don Fran^ eisco lui a dît que c'étoient des gens de la part de M. Melgar^ et que l'on en avoit mis sur plusieurs chemins pour ne le pas manquer. Don Francisco lui' a dit de pîuS; qu'il étoit prisonnier au château de MiJan; qu'il y étoit fort honnêtement traité ^ et qu'il nWoit été ni interrogé; ni trouvé chargé d'aucuns papiersr
Interrogé s'il n'a donné à personne copie du traité : a yiré afErmativemeotn'en avoir donné à personne du monde ^ et que celles qui ont couru n'ont pu
venir d'autre pari que de la mère de M. le dac de Mantoue^ à qui son fils avoit confié toute l'affaire.
Il est venu de Padoue à Turin ^ sur la lettre de M. Tabbé d'Estrades^ pour se pratiquer une entre* vue avec le gouverneur de Casai ^ ce qu'il avoit fait y et avoit trouvé le gouverneur dans de bons sentimens pour contribuer à l'achèvement de cette affaire. Il est delà revenu à Turin ^ où M. Vabbé d^Estrades lui a persuadé une entrevue avec moi, dans laquelle je l'ai arrêté. Je mande cette fin & Monseigneur^ sommairement y parce que je lui ai déjà mandé avec assez d'exactitude.
A M. DE SAINT-MARS
SàLnt-Gennain , ce qo may 1679.
Vostre lettre du lo de ce mois m'a esté rendue^ je n'ay rien à ad jouter à ce que je vous ay mandé de la dureté avec laquelle il faut traiter le nommé Lestang.
A l'égard de Tfaomme qui a mené M. de Riche-
iliont en Piedmont^ vous pouvez le laisser aller^ après l'avoir satisfait honnêtement^ observant de me mander ce que vous luj aurez 4onné.
De Louvois (i).
A M. DE LOUVOIS
Fignérol , le ai- mai 1679.
Je n'envoyé à Mcmseigneur que les réponses que le sieur deLestangm'a faites sur les chefs qu'il m'a ordonné de l'interroger^ les interrogatoires précédents^ que )'ai pris la liberté de lui envoyer^ Vinfprmant de tous les autres^ et généralentent de tout ce que j'ai pu apprendre dudit sieur de Lestang. C'est un homme dont la conduite est si mati-< vaise^ que l'on ne saurait répondre en rien pour lui sur tout ce qu'il 'dit; je le crois néanmoins de bonne foi sur l'envie qu'il fait paroître que les papiers originaux soient remis au pouvoir du roi. Il voit bien qu'il n'a que cette porte-là pour sortir
(1) Archives du royaume, K. 129.
cTaffaire; j'ai d^à iHandé à Monseigneur lestïKfyeM dont on se servoit pour les retirer: je suis aussi' persuadé qaû a des liaisons étroites avec legou'- Yerneur de Casai; peut-être que la détention du sieur de Lestîang aura changé la situation de soi» esprit. Le sieur de Lestang m'a dit qu'à leur dernière entrevue proche Montcalvo, ledit gouver-neur le pressoit d'achever celte affaire^ disant que^ l'éloignement de l'exécution en étoit dangereuse^ que les quatre blancs signés qui liû aveient été envoyés y étoient sufBsans p y écrivant ce qui convenoity pour que lui agît suivant des ordres ; qu'il ne fallbit que le faire aboucher avec quelque homme de confiance de la part du roi, avec lequel il conviendroît de tout; il lui dit menue que les égards qu'il avoit eus pour moi , lorsque je fus à Casai , n'étoient que parce qu'il me crut homme ayant part à cette affaire, quoique je me dise offièier allant à Verceille, et qu'à tout hasard il avoit voulu en user extraordinairement bien avec moi. Lestang m'a dit avoir conté tout cela exactement à M. l'abbé d'Estrades; je lui ai demandé pourquoi le gouverneur, étant de si bonne volonté, il avoit ëhidé une exécution prompte, qui lui éloit propesée; il répond à cela qu'il s'étoit engagé par' feure à- M. de Mantoue, d^étre à- Venise à TÀscension, où il espéroit encore le pouvoir assez gouverner pour tirer un dernier consentement de lui. Qu'il ser oit aussitôt reparti avec les originaux , ei.
qtt^ayant dëfà pri» ses mesures arec les gouvemeun de larille et de la citadelle^ c'étoit une affaire dont Texécudon ne recevroît aucune difficulté; que Yialardo, gouverneur du château^ étant de la faction espagnole, auroit pu étre^un petit obstacle, mais que ce n'étoit pas une ailaire, étant maître de la ▼ille et de la citadelle. Je mande à Monseigneur tout ce que m'a dit cet homme-là , sans être sa: caution. Je partirai le deuxième du mois prochain^ comme je me suis donné l'honneur de mander k Monseigneur^ si entreH:i et ce temps-là j'apprends' que les papiers soient remis à M. de Pinchesne«
Je sub avec tout le respect, etc.
Sîgn^ C.
»ii mm
Interrogatoire Jait au sieur de Lesiang^
le 21 mai 1679.
Interrogé s'il n'a pas va M. le Président Turki à son retour de France, a dit : qu'il est vrai qu'if lui a ditqu'ily avoit un traité pour Casai , et qu'il lui en avoit même dit les conditions, mais qu'il ne' lui en a pu donner une copie juste, parce qu'il n'àvoitpas les papiers qu'il avoit envoyés de Lyon à
Plaisance, et adresse» àun de ses amis iioBunë M.Rigueti-Cannevavi y cbaQcelier général des postes, pour éviter de les avoir sur lui en traversant l'Italie.
Interrogé pourquoi il faisoit cette confidence au, sieur président Turki, dit : qu'il connoissoit le président depuis quatre ou cinq ans ; que dans le cours de la conversation, par indiscrétion et volubiiitQ de langue, il s'étoit laissé aller à lui en trop dire.
Interrogé sur ce que lui dit ledit sieur président, en apprenant de lui qu'il j avoit un traité pour Casai, dit : que M. TurU lui fit voir que cela alloit troubler toute Tlialie, et que cela y amèneroit la guerre; que ledit sieur président lui en dit plusieurs bonnes raisons •
Interrogé pourquoi, lui, qui avoit l'honneur d'être le chef d'une si grande et belle négociation, l'avoit commencée sur le pied d'en traverser l'exécution, ainsi qu'il avoit dit à Turin, a dit : que ce n'a jamais été son dessein. Qu'il est bien vrai qu'il a dit au président Turki qu'il n'y avoit point d'apparence que ce traité s'exécutât , parce que cela dépendoit de la paix, et que si la guerre finissoit , il étoit persuadé que l'on n'en viendroit point à l'exécution. Ledit pr^ident, là-dessus, lui dit. que la paix alloit assurément se faire } mais , en tout cas , que s'il devoit arriver quelque changement à Casai , il souhaitoitplusqueles Français en fussent maîtres que les Espagnols-.
Interrogé pourquoi il écrivoit de Venise et de
Padoue si exactement audit préBident sur cette af^ &ire^ dit : que ledit président le pria en partant de Turin y de le faire ^ et de l'avertir exactement de tout ce qui seferoit touchant cette affaire; qu*en exécution de la promesse qu'il lui en avoit fadte, il lui en avoit toujours rendu compte^ mais sur le pied qu'elle ne se feroit point ^ la paix étant présentement faite; et l'affaire de Guastalle accommodée, ce qui étoit un des puissans motifs qui avoient poB4sé M* de Mantoue à se mettre sous la protection du roi. Qu'il persuadoit exprès audit président que cette affaire né se feroit point; pour que les avis qu'il lui donnoit fussent conformes à ce qu'il disoit au duc de Mantoûe même, et à l'abbé Fré* déris; résident de l'empereur à Yenise, entretenant cette confiance dans l'esprit de tout le monde; pour mieux venir à ses fins; et parvenir au dessein qu'il avoit de mettre les troupes du roi dans Casai; par rintdligénce qu'il avoit avec le gouverneur. Que ce dessein ne l'a pas quitté un moment ; et que ce qui faisoit son crime; paroi troit. un tour de la dernière habileté; si l'on vient jamais à bien connoitre le fond de tout cela. Que l'opiniAtreté qu'il a eue à garderies originaax; et l'intelligence qu'il a avec le gouverneur de Casai; en est une vérité constante; que s'il n'avoit pas eu une volonté bien assurée de servir le rei ; il n'auroit point gardé des papiers dont la conservati<m lui a attiré l'indignation de son maître ; et l'a m<ême exposé k des périls
frès pressons de sa vie; et que l'iateUigence secrète avec M. le gouverneur^ lui étoii fort - inutile ^ s'il n'avoit eu un bon et fidèle dessein.
Interrogé de ce que portoient le^ lettres qu'il recevoit du président, a dit : entr'autres qu'il en avoil^ reçu une par laquelle ledit sieur^résideat lui man* doit qu'il l'amusoit de lui mander toujours que l'affaire de Casai ne se feroit point ; qu'il étoit avancé des troupes dans des quartiers derrière Pignerol^ ce qui ne pouvoit être à autre dessein que pour l'affaire de Casai.
Interrogé si le président Turki ne liù< a point Élit paroîlre d'envie que cette affaire manquât: a dît que non, et qu'il lui a voit ton jours, tenu là-des* sus des propos de conversation, lui faisant néan^ moins paraître beaucoup de curiosité d'être informé exactement de tout ce qui pourroit regarde» cette affaire.
Interrogé s'il a vu M. le marquis de Saint-Mau.lice : a dit que non.
Interrogé par qui la cour de Savoie a pu être si particulièrement infoiTuée, a dit : qu'il faut que ce soit par le comte de Juvenasque, résident d'Espagne à cette cour, qui a grand commerce avec le père Bulgarini , et que ledit Bulgarini a tout su par la mère du duc de Mantoue.
Interrogé pourquoi il a averti le comte Hercules Viscomti , du départ de Venise duf sieur d' Asr feld^ a dit : qu'il n'a eu aucun commerce avec l.uif
qu'à son retour deBnffbcore a Padoue^ après la détention du sieur d'Asfeld , où don Francisco^ le fîls naturel du comte Hercules Yisconiti, l'a vu , et a eu le commerce avec lui , qu'il a avoué dans les premiers interrogatoires.
Interrogé si les papiers originaux sont à Padoue^ a dit affirmativement qu'oui ^ et qu'il est de bonne foi a ce qu'ils soient remis au roi , voyant bien qu'il n'y a que cette voie pour rectifier sa conduite.
Interrogé si en arrivant à Turin il n'a pas demandé à M. le président Turki ; de parler à Madame royale , ayant des aifaires de grande conséquence à lui communiquer : a dit que non y et n'avoir souhaité et demandé à parler qu'audit sieur président.
Interrogé s'il n'a pas écrit de Padoue à Madame royale^ qu'il lui fût envoyé un homme à qui il pût dire l'état de toutes choses ^ ^ dit affirmativement que non , et qu'il le diroit aussi librement ^ si cela éioit^ que d'avouer qu'il a toujours eu sur cette affaire commerce avec le président Turki y voulant i*amuser en lui mandant qu'elje ne réussiroit point.
Son interrogatoire élude ^ mais ne détruit point tout ce qui a été dit de lui^ il fait servir d'un continuel prétexte^ aux intelligences qu'il a eues^ qu'il a été obligé de les avoir pour amuser et pai*venir à faire l'affaire par surprise ^ se servant de l'intelligence qu'il avoit avec le gouverneur.
A M. DE SAINT-MARS
Saint^^Germain , le a a may Î67Q.
J*ay reçeu vostre dernière lettre sans date. Il faut tenir lo nommé Lestang dans la dure prison (pie je vous ay marquée par mes précédentes, sans souflfrir qu'il voye de n^decin que lorsque vous connoistre^ qu'il en aura absolument besoin.
L'on ne peut qu'approuver le projet que vous faites pour empescher que le sieur de Pressigny np puisse avoir connoissanceduséjourdeM. de Richemont; auquel je vous prie de remettre la lettre cyjointe.
De Lotrvoïs (i).
(1) Archives du royaume, K. 139.
A M. DE LOUVOIS
Pignerol , le 3 jaiD 1 679.
MoifsErcifEUR,
Les papiers originaux ont été remis k Giuliani ^ qui les a portés à Venise^ à M. de Pinchesne; qui consistent dans le traité que ledit Lestang a fait à la cour^ signé de lui et de M* de Pomponne. Une instruction que l'on donna^ en partant de la cour^ audit Lestang; le plein pouvoir donné à M. de Pomponne de traiter avec lui y qui est signé de la main de Monseigneur; une lettre de Sa Majesté à M. de Mantoue. Tous ces papiers étoient dans une botte qui avoît été portée dans un couvent de capucine^. Giuliani a bien fait son devoir^ et a si bien persuiidé le père dudit Lestang ^ qu'ils lui sont remis entre les mains avec confiance. La ratification de M. de Mantoue ne s'est point trouvée , quoique le sieur Lestang eût dit qu'elle y étoit : sur quoi je l'ai interi'ogé; mais prenant auparavant sur lui de grands avantages^ de paroles injurieuses , et ayant fait entrer des soldats comme prêts à lui donner la question ; ce qui lui donna une grande frayeur^ et lui fit promettre de dire la vérité. Interrogé si M. de Mantoue avoit ratifié : a dit qu'il n'a jamais
'Souscrit tous les articles, mais bien qu'il a tire de lui quatre blancs signés, dont un est sur un blanc de deux feiiilles , à la tcte duquel il avoit écrit : Ratification du traité fait avec le roi très-chrétien. Trois autres blancs signés, d'une feuille, desquels il se vouloit servir pour écrire de la part de son maître aux trois gouverneurs de la villç ^ citadelle et cbâteau, de recevoir les troupes du roi. — Inter-» rogé ou sont présentement ces blancs signés : a dit qu'ils sont entre les mains du gouverneur de Casai, auquel il les a envoyés dans le temps que d' Asfeld est parti de Venise. — Interrogé pourquoi il les a envoyés au gouverneur de Casai , en blanc : a dit les lui avoir fait tenir par une lettre de Magnus , secrétaire de M. de Mantoue, par laquelle il lui étoit ordonné de faire, sans difficulté, tout ce qui lui seroit dit touchant l'exécution de ce que pour-
roit porter ce paquet que ce]a étoit en blanc,
parce qu'il vouloit faire cette ratification sur celle du roi, ne sachant point, à ce qu'il dit, comme cela devoit être dressé.— Interrogé pourquoi, dans son premier interrogatoire, il avouoitque cette ratification étoit à Padoue : a répondu n'avoir point voulu dire devant Giuliani y pour ne lui faire connoitre en aucune manière qu*ii eut intelligence avec le gouverneur; a dit n'avoir eu jamais d'autre ratification que celle-là; et que quelques maux que Ton lui fasse, il ne peut dire autre chose. Il ne m*a non plus rien dit de nouveau, touchant la pri-
-Bond'Asfeldy il dit n'en avoir d'autres oonnoifSixioes que celles -que j'ai déjà mandées à Monseigneur.
J'ai pris congé de M. l'abbé d'Estrades ; et nous sommes convenus de l'inutilité dont j'étois présentement ici; j'en partirai le six pour me rendre à la cour y comme Monseigneur me Ta ordonné^ où j'aurai l'honneur délai témoigner la vive recoonoissance que j'ai des grâces que sa protection m'at- Jtire, et de la bonté avec laquelle il m'a mandé L* dernière qu'il m'a procurée.
Je sais> avec tout le respect qui vous est dû^ Monseigneur;
Yotre très4kumbley etc«
A M, DE POMPONNE
Venise, le l'i*. jaillet 1679.
MoNSIEtTR,
Pour répondre à la lettre qu'il vous a plu de m'écrire du i4 du mois passé, je me donnerai l'honneur âe vous dire que , bien que \e sache que
Giuliahi . dèyervices qui ont été agréables
au roi; ' je sois persuadé de sa fidélité et de
son incli tibn poui* ' la France y qui le peuvent rendre jore très utile i'f *'•, je ne puis m'em, -ner de vous représ la récom-
pense que M. l'abbé d'Estrades voui A procurer ne lui convient pas^ et je m'y sens d'autant plus obligé; que vous me faites l'honneur de me mander que Sa Majesté désire de recevoir de nouvelles informations sur ce qui le regarde. Je prendrai donc. Monsieur; la liberté de vous dire que c'est un petit gazetier ; dans la boutique duquel on écrit des feuillets de nouvelles ; parce que l'usage n'est pas ici de les imprimer ; il y travaille lui-même ; aussi bien qu'à copier pour le public , et il est à-peuprès en cette ville ce que sont à Paris les secrétaires de Saint-Innocent. Ainsi ce seroit une chose très mescéante que de donner le secrétariat d'une ambassade à un homme de cette profession ; qui y d'ailleurs^ ne me paroît ? propre à soutenir di-
gne. nent un tel e if rœtmémede pouvoir
donner des avis, des *^a il seroit publiquement r'&onnu attaché à la France ; parce que les personnes avec qui il a commerce ; ne le voudroient et ne l'ose- - —roient plus pratiquer. Mais comme c'est un furet f îqui va déterrer tout ce qui se passe y j'estime qu'il est nécessaire de fomenter son zèle par quelques gratifications qui pourroient ét^e de 4o ou 5o pis* tôles par an^ ou telles qu'il plairoil à Sa Majesté.
Je erois même que cette rëcon\,f.'. ^ ^ toucheroit davantage f et le feroitagir ave* (^^^ «jme chaleur qu'il a fait jusqu'à, présent dans les ^^oses dont il se mêle. ,;, /,. ,. » .
• • • • ^1 r»*n3fT • • • • • j. ff • • • •
'ulu- '•■' ^ <<* Varenoeville (i).
A M. DE SAINT-MARS
/ •^- Sainl^Cermain , le a5 jaillet 1679.
J'ay reçeu vostre lettre du % de ce mois. J'ay escrit par l'ordinaire d'hier à M. de Rissan, que l'intention du roi est qu'il fasse ouvrir la porte de la citadelle de Pignerol^ quand vous en aurez besoin.
Vous pouvez donner au sieur de Lestang du papier et de l'ency par compte^ pour mettre par escnt ce qu'il vç . , * ""r. e^, j)uis me renvoyer, et je vyus feray^sç^iOiA..w. ^cpL. méritera quelque considération.
De Louvois (2).
(1) Archives des affaires étrangères. On a déjà vu que areogeville fut nommé à TambasMide de Venise, à la pl».e ck i!abbé d'Estrades.
(a) Archives durojaumey.Ktiag. '
A M. DE SAINT-MARS
Saînt^Geràiain , ce ai août 1679L
, A l'égard du ^ieur de Lestang, vous pouvez lui donner du papier toutes les fois qu'il voudra escrire^ et après me l'envoyer.
De Louvois (i).
A M. DE LOUVOIS
Pfgnerol , le 34 férrier 1680.
Le sieur de Lestang, qu; est depuis près d'un an à ma garde^ se'plaint de ce que l'on ne le traite
(1) Extrait dVne lettre qui sera imprimée dans Tourrafçe intitulé : les Philosophes et les gens de lettres à la -Bastille,. ( Archiires du royaume, K> 1 29*)
pas eu homme de sa qualité et miontre d'un grand prÎBGe. Cependant y je suis les commandeniens de Monseigneur y sur ce sujet, au pied de la lettre , ainsi -qu'en toutes choses; je crois que la cervelle lui a* tourné par les discoursqa'il m'a tenus, me disant qu'il parle tous les jours à Dieu et à ses anges; qu'ils lui ont appris la mort de M. le duc de Mantoue et de M. le duc de Lorraine; et pour vérifier sa folie ^ c'est qu'il dit qu'il a l'honneur d'être proche parent du roi, à qui il veut écrire et se plaindre du traitement que je lui fais. Je ne lui ai pomi voulu donner du papier ni de l'encre pour cela, ner le voyant pas dans son hon s^is.
Je suis;.etc^
De. Sauit-Maas».
jl m. de saint-mars;
Saint-Germ^rm , ce lo jnillet i68ô^
Tay reçeu f avec vostre lettre du 4 de ce moîâ ^ ce qui' y esloit joint , dont je feray l'usage que je dois. 11 suffira de faiie confesser une fois l'aniiéeies habitans de la tour d'en bas.
A Tesgard da sieur de Lestaiig ^ j'admire vosfrr patience y et que vous attendiez un ordre pour traiter un fripon comme il le mérite, quand il vous manque de respecta
Mandez-moi comment il est possible que le nommé Eustache ayi fait ce que vous m'avez envoyé, eh où il a pris les drogues nécessaires pour le faire*, ne pouvant croire que vous les luy ayez fournies.
De Louvob (.i).
nrfk
A M. DE SAINT-MARS
PhilippeTille , le i6 août 16S0J
J*ay Veu , par vostré lettre du 7 de ce mois , Xx {proposition que vous faites de mettre le sieur de Lestang avec le jacobin pour éviter Tentretien de deux aumosniers. Le roy approuve ce que vous projetez sur cela, et vous navez quà l'exécuter.
De Louvois (2).
(1) Archires du royaume, K. 129.
(^3) A M. DE LOUVOIS
' 7 Septembre 1680--
Depiiis que Monseigneur m'a perjnis de mettre Matthioli avec le jacobin dans la tour d'en bas, ledit Matlhioli a été quatre ou cinq jours à croire que le jacobin étoit un homme que j'avois mis avec lui pour prendre garde à ses actions. Matthioli, qui est presque aussi fou qujs le {acobin^ se promenoit à grands pas , son manteau sur le nez, en disant qu'il n'étoit pas un dupe; qu'il en savoit plus qu'il n'en vouloit dire. Le jacobin, qui est toujours assis sur son grabat, appuyé les deux- coudes surses genoux, le regardoit 'gravement sans l'écouter. Le signor Matthioli étant toujours persuadé que c'étoit un espion qu'on lui avoit donné, fut désabusé, lorsque le jacobin un jour descendit de son lit tout nud , et se mit k prêcher tant qu'il pouvoit des choses sans rime et sans raison. Moi et mes lieutenans avons vu toutes leurs manœuvres par un troa au-dessus de la porte.
De Saiiît-Mars.
A M. DE LGUVOIS;
Du 9 octobre i68be-
n me reste à rendre compte à Monseigneur d'une Bague que le sieur Mathioly (sic) a donnée à Biaiu*» TiilierSy lequel me l'a remise aussitôt. Je la garderai jusqu'à ce qu'il plaise à Monseigneur m'brdonner ce que j'en ferai. >
Jesuis^etc-
Be Saint-Maas^
36 Octobre 1680;
Pour expliquer plus amprement, que jet n'ai fait à Monseigneur, ce que c'est que la bague de diamant que le sieur Mathioly a donnée à Blainvilliers, je prendrai la liberté de lui dire que je crois que ça été autant par peur qu'il lui a fait ce présent ^ que pour aucune autre chose, ce prisonnier lui ayant dit de très fâcheuses paroles, et en avoit écrit encoi e de très méchantes avec du charbon sur la muraille de sa chan^bre; ce qui àvoit obligé celw
( aes )
officier à lui Eure des menaces d'une rudedtscipline> »'il n'étoit plus sage et modéré dans ses parole» à Vavenir. Lorsque l'on l'a mis dans la tour avec le jacobin, j'ai chargé Blainvilliers de lui dire , en lui» faisant voir un gourdin, qu'avec cela l'on rendoit les extravagans honnêtes, et que, s'il ne ledevenoit,l'on sauroit bien le mettre à la raison. Ce compli-^ ment lui fut fait, jBt quelques jours après, comme Blainvilliers lui servoft à dîner , il lui dit : Monsieur, voilà une petite bague dont je vous Jais présent ^ et que je vous prie d'accepter, Blaibvilliers lui répliqua qu'// ne la prenoii que pour me la remettre ^ et quil ne prenait rien des prisonniers. Je crois qu'elle vaut bien cinquante ou soixante pistoles.
De Saint-Maas.
■tea
A M. DE SAINT-MARS
Versailles, ce } novembre 1680.
J'ay reçeu Vostre lettre du 26 du mois passé, J'escris au sieur du Channoy de faire faire les réparations nécessaires aux casernes de la citadelle de Pigncrol^ à l'égard des ronces qui sont dans les n\u-
jTaiUes^ je crois qu'il vaut mieux attendre au printemps à les faire arracher , parce que cela les fera mourir plus sûrement , et que l'on pourra en mesme temps couler du mortier dans lés joints.
Il faut garder la bague que le sieur Matthioli a donnée au sieur de Elainvilliers, pour la ]ui rendre^ si jamais le roy ordonnoit qu'il fût mis en liber té,.
De Louyois (i).
A M. DE SAINT-MARS
Tersailles, co ii noyembre i6S&.
Le roy a esté informé qtie le gouverneur de MP ]an a reçeu le plan de la ville et de la citadelle de^ Pignerol^ des mains d'un nommé Quadro^ qui a esté quelque temps au donjon à montrer les fortifications à un de vos neveuxf et comme il importe au service de Sa Majesté que les Italiens ne puissent jamais avoir aucun commerce dans la citadelle de Pignerol^ non plus que dans le donjîon, Sa Ma-« Jesté m'a commandé de vous faire sçavoir qu'elle ne veut pas que vous y retiriez qui que ce soit ,
(?] Archives du royaume, K. 13g»
sans sotL ordre exprès^ et que si vous avei des sol-, dats oti.dés domestiques qui soient Piémontais^ Savoyards ou Italiens^ son intention est que^ sans faire semblant de rien^ vous voib en deflfassiez^ en les congédiant sous prétexte de leur mauvais ser- •vicor
De Louvois (i).
A M. DE SAINT-MARS
Saint-Germaia, ce 5 décembre 1680;
Vostre lettre du 27 du moi«^ passé m'a esté ren^ due. Le roy ne veut point que vous ayez dans ' Vostre compagnie , de soldats Piémontais y Savoyards^ Italiens^ ni natifs du gouvernement de 'Pignerol. A Tesgard des trois domestiques de cette nation, que vous avez depuis six ou sept ans, vous pouvez les garder, puisque vous en estes assuré*
; De Louvois (2).
(i) Archives du royaume, K.. laQ.
{2)Ibid.
«xpédier. L^inlen^iMi d^Sa Majesté est qu'aussitost que le lieu que vous aurez jugé propre audit Exiles .pour garder seuren^eût les deux prisonniers de la tour d'en-jMS; sera en e&tsit de les recevoir^ vous les fassiez sortir d^ la citadelle de, Pignerol dans une litière, et les y fassiez conduire sous l'escorte devostre compagnie, pour la marche de laquelle les ordres sont cy-joints; et aussitost après jie despart, desdits prisonniers, l'intention de Sa Majesté est. que vous alliez audit Exiles p<mr prendre possession du gouvernement et j faire , k Favenijr^ vostre. résidence»
Et parce que Sa Majesté ne. désire pas que le reste des prisonniers qiii estoient k vostre garde , lesquels doivent rester dans la citadelle de Pignerol, demeurent sous celle d'un capitaine de l>ataillon , qui peut changer de jour en jour, je voi» adresse un ordre du roy pour faire reconnoistre le sieur de Yillebois en qualité de commandant dans ladite citadelle de Pignerol , jusques au retour de M. de Rissan, ou à l'arrivée de celuy que Sa Majesté commettra pour commander dans ladite citadelle. En c^s que la santé dudit sieur de Rissan ne luy permette pas d'y revenir, vous en avertirez s'il vous plaist ledit sieur de Yillebois, auquel le sieur du Ghannoy a ordre de faire payer deux escus par jour, pour la nourriture de ces trois prison* niers. -
Vous verrez, par les ordres. du roy ci-jointe ^
qae vostre compagnie doit estre réduite à quarante-cinq hommes , à commencer du quinziesme de ce mois y et par Testât qui les accompagne^ le pied sur lequel elle doit estre payée ^ aussy bien que ce que le roy vous a ordonné pour la subsis* tance des susdits deux prisonniers y que Sa Majesté s'attend que vous garderez avec la mesme exactitude que vous avez fait jusques à préient. Ainsy^ il ne me reste qu'à vous recommander de me donner de temps en temps de leui*s nouvelles.
A l'esgard des bardes que vous avez au sieur Mattbioli y vous n'avez qu'à les faire porter à Exiles pour les luy pouvoir rendre ^ si jamais Sa Majesté .ordonnoit qu'il fàt mis en liberté.
Vous recevrez ces ordres-là au premier jour.
De Louvois (i).
A M. DE SAINT-MARS
Versailles, ce ii juin i68r.
J'ay rendu compte au roy de vostre lettre du dernier du mois passé ^ et du mémoire des répara^
(i) Archives du rojatune, K. 1 29.
tiens à faîrek la lour d'Exilés , que vous jugez propre à piettre les prisonniers que Sa Majesté laisse à vostre garde. Le roj a trouvé bon de vous accorder mille escuSy tant pour lesdites réparations que pour celles que vous jugerez à propos de faire à vostre logement; à quoy^ moyennant cela, vous prendrez soin de faire travailler incessamment^ comme si cette despense se iaisoit à vos despens; et lorsque la prison sera en estât y l'intention de Sa Majesté est que vous y transfériez lesdits deux prisonniers y conformément à ce que je vous ay mandé par ma dernière lettre , et qu'en conséquence d'icelle^ et de l'ordre qui y estoit jointe vous remettiez en ce temps-là au sieur de Yillebois le com-^ mapdement de la citadelle de Fignerol.
«De Louvois (i).
A M. DE SAINT-MARS
Versailles , ce 9 juiUet 16B1:
Jl'ay reçeu vostre lettre du 29 du mois passé. Tous pouvez faire faire à Exiles les portes dont
(1) Ârchiyes da royaume, R. 129.
vous àrez besoin pour la seureté de vos prisonnieiis, sans vous charger d'y en faire transporter de
INgnerol.
J'éscrîs au père de Lachaïse, pour le bénéfice que vous demandez au roy pour un de vos enfans âuquei Je sôuhaile que Sa Majesté l'acçoide.
De'Louvoïs (i).
A LOUVOIS
De Pignerol, le ïa juillet 1681, moment d^aller à Eiileg.
au
Pour qate Ton ne voie poitttlesiw'isbnniers ( à Exiles ) , ils ne sortiront point de leur chambre pour entendre la messe; et pour les tenir en plus grande sùvelé, f iln dé mes lieutenants couchera audessus d'eux, et il y aura deux sentinelles jour et raxï^ qai verront tout le tour de la toui", sans qu'eux et les prisonniers se puissent voir nî parler, tû pas iâém:e entendre; ce seront des Soldats dié ma èt)iiipagn!ê qui seront toujoiits poâés en faction atit.
(1) Archives dh i^oyiiurhè, jK.. ïftt^.
prisonniers. Il n'y a qu'un confesseur qui m'inquiète un peu; mais si Monseigneur le juge à propos ^ je leur donnerai le curé d'Exilés, qui est un homme de bien et fort vieux, auquel je lui pourrai défendre^ de la part de Sa Majesté, de ne point sçavoir quels sont ces prisonniers-là , ni leurs noms^ et ce qu'ils ont été, et de ne parler jamais d'eux en nulle manière du monde, ni de recevoir de vive voix, ni par écrit, aucunes communications ni billets.
Je suis, etc.
Dz Saint-Mars..
A M. DE SAINT-MARS
Tenailles, ce aa jiuUet 2681.
Tai reçea voslre lettre du i a de ce mois, par laquelle je vojs que les réparations que vous faites faire à Exiles ne vous permettront pas de partir de Pignerol avant la fin du mois prochain; comme le service du roy pourra requérir que vous y demeuriez encore tout le mois suivant, il sera bon que vous diUgentiez assez peu lesdites réparations
d'Exilés pour que vous ayez prétexte de ne partir de Pigaerol que vers les premiers jours du mois d'octobre; observant de vous condttire.de manière qu'il ne paroisse point d'affectation au séjour que vous y ferez.
Je vais faire expédier Tordonnance nécessaire pour le remboursement de la dépense que vous avez faite pour vos prisonniers ; et vous la recevrez au premier jour.
Vous trouverez ci-joint un paquet pottr M. de Pianesse^ que je vous conjure de lui faire rendre seurement.
De Louvois (i).
A M. DE SAINT-MARS
Foiitaiiid>lean, ce 3 aoust 1681.
Vostre lettre du a3 du mois passé m'a esté rendue. Le roy trouve bon que vous alliez voir M. le .marquis de Pianesse à sa maison de campagniB^ et faire un tour à Turin, si vous le désirez, pourveu
(9) ArekîTM dn royanme, K. 199.
q^ vous ne àécowikm pas plus d'une nuifet id siiit^ de la citadelle de PigoevoL A l'esgaiHt du voyage d'ExUeft, et du cp9g^ <{»e vous demandez pour le $leur Tourtebat^ que vous s^^uhaîiiterieE mener avec vous, vous aurez veu par mea préeé^ de»te$. cpi^ l'intemioft diu roy » est pa» que youi y alliez.
De tiotrvofs (j).
A M, DE SAINT-MARS
FoBUÛP^hbiV > le i3 août i6Si.
Le» roy ayant ordonné à M. de.Catipat de se rendre au premier jour à Pîgnerol, pour la mesme affaire qui l'y avoit mené au commencement de l'année ijS7^ (:») ^ }9 \qu» fins ces lignes par ordre
(i) Archiites du ?Qj«am9» IL. 1^9»
(p) On ftfut (jpe la dua 4e Mantoœ vendit; Gtsal- aU' roird» France en 168 t. Cotte |br.tere$se fiit reitdue,, démantelée, en 1695, ayant été prise par les alliés. Les Français b reprtrent-et ht for t ifièient de u o u T eau » mai s le l o i d e Saidaigue s''en rendit maitre en 1 706^ et^.
de-Sa Majesté, pour vous en donner ad vis afin que vous lui pr^ipariezun logement danslecfiiel il puisse demeurer caché pendatit trois ^eittaineis ou un mois; et aussy pour vous dire que lorsqu'il vous enyojrvra advertir qu iV sera arrivé au lieu pu vous Tallastes trouver en ladite année 1679, l'intention de Sa; Majesté est que vous l'y' alliea prendre, et lé conduisiez dtfns le donjon de la citadolte dudît Vi* gnerol y aveo tonte» le^prëcautioiàs néceemireéfwà ffue penonne ne sache qu'il sôil aveo vini6% Je ne TVtts rBcommande point de l'ayder de vos gens, dé vos cheVàun et des voitures îotxt il pMry* avoir besoin, ne doutant pas que vous ne fassiez avec plaisir, suir cela, ce qu'il vous demandera.
Si d'ici à son arrivée on vous adressoit de Piémont ou d'Italie quelque paquet pour luy, vous le garderiez, s'il vous plaist, pour le luy remettre.
- Dit LotJVois (i).
(1) Archives du royaume , K. Jag^
(...8) A M DE SAINT-MARS
Fontainebleau, e« 23 aoiut 168 r.
J'ay receu vostre lettre du 1 3 de ce mois, qui ne 'désire de résponse que pour vous dire que'j'ay doBoë ordre que Ton envoyast un commis frauçoit pour avoir la direction du bureau de la poste as Pigneroly moyennairt quoi Ton sera assure qu'il ne se commettra plus d'abus à l'esgard des Ifsttres.
De LoTJvpis (i).
AU MÊME
Fontainebleau , ce 3o septembre 1681.
Ce mot est seulement pour accuser la . réception de vostre lettre du 16 de ce mois. Le roy ne trouvera point mauvais que vous alliez voir de temps en temps le dernier prisonnier que vous avez entre
(i) ÂrchÎTet du^royaume, K. lag.
les mains, lorsqu'il sera estabf^r ^ns sa nouvelle prison y et dès qu'il sera parti de celle o^ vous le tenez; Sa Majesté désire que vous exécutiez Tordre qu'elle vous a envoyé pour vostre establissement à Exiles. Je vous prie de rendre le paquet cy-joint en mains propres à M. de Richemont (i).
Ds Louvois (a).
A M. DE LOUVOIS
D^ExilMy b II mars i68a.
MoNSElOMEVRy
J'ai reçu celle qu'il vous a plù me faire l'honneur de m'écrire le 27 du passé , par laquelle vous me mandez , Monseigneur, qu'il est important que mes deux prisonniers n'aient aucun commerce. Depuis le commencement que Monseigneur m'a fait ce commandement-là, j'ai gardé ces
(1) Ce nom veut dire 3f. de Cotawi, ^ueje tenois pouF lors enferma à PigneroL (Note de la miib de Saint-Mars. )
(a) ArcliiTes du royaume , K. 109.
daux prisoqniersuqui sotkX, à, oaa g%r4e (i V Aussî sé^ vèrement et exacteioAiDi qjoe )i*ai fmt autcdbiai MJiL Foucquet et Lauzua^ lecpiel ne se peut pa& vanter d'avoir donné ni reçu- de» inmv^Ueg ^ tant qu'il a été enfesiDiS. Ceux-ci peuvent entendre^ par-» 1er le monde (gû passe au chemin <fui est au. han è& la tour où ils sont ; mais eux, quand ils voudroient^ ne sauroient se bv^e entendre ; ils peuvent voir les personnes qui seroient sur la montagne qui est devant leurs fenêtres, mais on ne sauroit les voir, à cause des grilles qui sont au-devant de leurs chambres. J'ai deux sentinelles de ma compagnie nuit et jour des deux eâtes de la tour, d'une distance raisonnable, qui voient obliquement la fenêtre des prisonniers. U leur est consigné d'entendre si peraotmeneiear parle, et s'ils ne crient point par leurs fenêtres, et de faire marcher les passans qui s'ar* rêteroieht dans le chemin oii sur le penchant de la montagne. Ma chambre étant jointe à la tour, qui n'a d'autre vue que du côté de ce chemin, fait que j'entends et vois tout, et même mes deux sentinelles^ qui sont toujours alertes par ce moyen-là.
Pour le dedans de la tour, je l'ai fait séparer d'un& manière où le prêtre qui leur dît la messe ne les peut v-oir, à cause d'un tambour que j'ai fait faire, qui couvre leurs doubles portes. Les domestiques^
(i) De Lestang ou Matthioli, et le Dominicain on Jacobin^
qui leur portent à manger^ mettimt ce qui fait de besoin aux prisonniers ^ sur une table qui est ià^ et mon lieutenant la prend et le porte. Personne ne leur parle que moi, mon officier ; M. Vigneron ( le confesseur) y et un médecin qui est de Pragelas, à six lieue» d^ici, et en' ma présence. Pour leur linge et autres nécessita^ niâmes précautions que je faisois pour mes prisonniers di* passé. '
Je suisj etc.
AtJ MINISTRE.
D'Exilé», h aSdécaiobvei rOaS.
• Mes prifionmers sont toujours maliSMliesi et dans k» remèdcB^i dit veste y ib sont dans use grande quiétude*
De SAiifT-MARs*
A M. DE LOUVOIS
D^xilef , le ao )«DTier 1(^87.
MoifSElGNBVR f
Je suis pënëtré de la nouvelle grâce que je viens de recevoir de Sa Majesté (le gouvernement des îles Sainte-Marguerite). Si vous m'ordqiviez d'y aller dans peu, je vous supplie de permettre que ce soit par le Piémont y à cause ée la grande quantité de neige qu'il y a d'ici à Embrun; et à mon retour, qui sera le plus prompt que faire se pourra , de trouver bon que j'aille , en chemin faisant, prendre congé de M, le duc de Savoye, de qui j'ai tonjours reçu mille honneurs. Je donnerai si bien mes ordres, pour la garde de mon prisonnier, que je puis bien vous en répondre, Monsei^eur, pour son entière sûreté, et même pour l'entretien que j'ai toujours empêché d'avoir avec mon lieutenant, à qui j'ai défendu de Jui jamais parler, ce qui s'exécute ponctuellement. Si je le mène aux^iles, je crois que la plus sûre voiture seroit une chaise, couverte de toile cirée , de manière qu'il auroit assez d'air, sans que personne le pût (voir ni lui parler pendant la route, pa^ même mes soldats que
je choisirois pour . être {^roches de la chaise ; qui serolt moins embarrassante qu'une litière qui peut souvent se rompre.
Je suiS; etc.
De SAIMT-MABSé