AU ROI
Yenîfe , le ao août 1678.
Sire »
Le comte Matthioli arriva avant-hier ici , et il en doit partir ce soir pour Mantoue. Il n'y est venu qae pour m'assurer qu'il partiroit in&illiblement dans la première semaine du mois prochain pour se rendre auprès de Votre Majesté^ comme il s'est donné l'honneur de le lui mander lui-même } que M. le duc de Mantoue ëtoit toujours ferme dans le dessein de le ^lettre sous la protection de Votre Majesté ; que tous ceux qui avoient quelque commandement dans Gasal^ étoient dévoués aux volontés de ce prince et d'inclination françoise^ et qu'on faisoit une garde d exacte dans cette place; que rien ne pouvoit y entrer ni en sortir que par l'ordre des commandants. Je l'ai exhorté à ne point différer son départ au-delà du temps qu'il avoît pris , et je lui ai dit qu'il seroit aussi bien reçu de Votre Majesté qu'il le pouvoit désirer
L'abbé d'Estrades (i )•
(i) Archives des afiktret éirapi^èrei^
( i5. ) A M. DE POMPONNE.
A Veoiseylc 3 septembre 167$:.
Monseigneur^
M. le comte MatthioH a fait sçavoir à M. l'ambassadeur; par le sieur Giuliani, qu'il lui avoit envoyé à Padoue pour apprendre des nouvelles de sa santé; que sa maladie commençoit à diminuer, et qu'il espéroit qu'elle le laisseroit bientôt en état de se mettre en voyage pour se rendre à la cour, dans. !e temps qu'il a résolu avec lui ^
Db Pinghesne (i)^
AU MÊME
Ycuise, le 17 septemj^re 1678^.
MoNSEIGNEtJR;.
Le sieur Giuliani étant allé un des jours de cette
(') Archives des afiaires étrangères.
semaine pour apprendre des nouvelles de la santé de M. le comte Matthioli^ il a apporté à M. l'ambassadeur la lettre qu'il se donne Thonneur de vous écrire^ et qaéje^^tenêi hi liberté; Monseigneur ; de vous envoyer. 11 a lait assurer en mesme temps Son Excellence que présentemrent^ qu'il n'a plus de fièvre; il s'en retournoi t à Mantoue pour satisfaire à l'empressement qu'avoit M. le duc de Mantoue de le voir, et que dès qu'il auroit un peu repris ses foices^ il ne manqueroitpas de se mettre en voyage pour se rendre à la cour le plus tôt qu'il lui sera possible.
De PlNCUESNE (i)..
A M. DE PINCHESNE
Fontainebleau, du 6 octobre 1678L
J'ai reçu. Monsieur, cette semaine , votre lettre du l'y, avec les deux autres qui y étoient jointes ^ de M. Matthioli; mais je ne pourrai vous y répondre que par l'ordinaire prochain , n'ayant pu
(i) Arcbives des affaires étrangères.
encore en rendre compte au roi. On attendra Tarrivëe dudit sieur Matthioli , pour sçavoir quelles^ propositions il a à ikire^
Je suis; etc.
POMPONNZ (l).
A M. DE PINCHESNE
Paris, du i4 octobre 1678L
Depuis le dernier ordinaire^ j'ai trouvé le tempa de lire au roi votre lettre du 1 7 de septembre, qui me paroît approuver le compte que vous lui rendez de ce qui regarde «es intérêts au lieu où vous êtes.
Sa Majesté a appris, avec plaisir, que le comte Matthioli fût bientôt en état de se rendre ici où elle l'écoutera agréablement. •.•.........«
Pomponne (2).
(i) Archives des affaires étrangères, (a) Ibid.
A M. DE POMPONNE
Venise, le i5 octobre 1678L
Monseigneur^
Je vous mandai il y a quelque temps y Monseigneur ; que M. Tabbé d'Estrades ëtoit allë à la campagne d'où il devoit continuer son voyage en France. La peine que lui faisoit le retardement que M. le comte Matthioli apportoit à son départ, bien que cela ne provint que de sa maladie et des affaires qu'il avoit auprès de son mattre^ et l'envie qu'il a eue de le voir partir avant lui, ou du moins en même temps, sont cause qu'il a toujours différé de s'en aller; mais ayant eu, il y a quatre jours, une conférence avec lui , dans laquelle M. le comte Mattbioli l'a assuré qu'il partiroit aujourd'hui, sans faute, pour France, et qu'il en avoit même l'ordre de M. le duc de Mantoue
De PllfCHESNE (1).
(i) Archires des affaires étrangères.
A M. DE POMPONNE
TviiiM, le aa octobre 167&
Monseigneur^
Lorsque je croyais M. le comte Matlhioli parti pour la èour ^ suivant la promesse qu'il eu avoifc faite à M. Tabbë d'Estrades dans la dernière conférence que je vous ai mandé , Monseigneur^ qu'il» avoient eue ensemble^ j'ai été surpris d'apprendre dans ce moment, par une lettre qu"il a écrite au sieur Giuliani qui vient de me l'apporter, que quelques affaires^ qu'il a eues depuis avec M. le duc deMantoue, l'avoient obligé de différer son départ jusqu'aujourd'hui. Il a écrit audit sieur Giuliani d'être demain au soir à Vérone, pour de là çon-^ tinuer son voyage à la cour. Il a j|ugé à prqpos^ pour t,enir l'affaire plus secrète, de le mener plus tôt qu'un autre, parce qu'il en est déjà informé^ M. l'abbé d'Estrades s'étant servi de lui pour tousles voyages qu'il a été nécessaire de faire pour la conduite de cette affaire. C'est un fort bon homme^ qui est déjà tout-à-fait Français, et qui est fort af-^
fectionné au service et aux intérêts du roi.
DePinghesne (i).
A M. DE POMPONNE
Venise , le 39 octobre 1678.
Monseigneur y
Je reçois dans ce moment. Monseigneur , une lettre de M. le comte Matthîoli qu il m'écrit de Berheta, du 16 de ce mois , par laquelle il me mande qu'il continuera incessamment son voyage à la cour, avec le sieur Giuliani, où peut-être seront-ils arrivés avant que vous receviez cette lettre
De Pinchesne (2).
(1) Arthires des affaires étrangères, (a) Ibid.
A M. DE PINCHESNE
Versailles, 4 noyembre 1678.
Selon les apparences, M. l'abbé d'Estrades sera bientôt ici de retour, et avec lui M. le comte Mattbioli> par qui l'on pourra connoître plus distinctement les sentimens de M. le duc de Mantoue. . . .
Pomponne (1).
AU MÊME
Da II noreiubre 1678.
J'ai reçu votre lettre du 22 , qui a appris principalement au roi la raison pour laquelle M. le comté Matthioli n'étoit pas parti aussitôt qu'il l'avoit promis à M. l'abbé d'Estrades. Il faudra attendre son arrivée , pour sçavoir ce qu'il a à proposer au roi.
POMPOIINE (a).
(1) Archives des affaires étrangères.
(2) IbiJ.
A M. DE PINCHESNE
da iStiofeinbn 1678.
M. le comte Matthiolî| ni le sieur Giuliani^ ne sont point encore arrivés.
Pomponne (i).
A M. DE POMPONNE
V«mfe , le 19 noTembre 1678.
MoifSElONïlïR;
Je viens de recevoir tout présentement une lettre de M« le comte Matthioli^ écrite de Zorie^ le 5 de
(i) Archives des affaires étrangères.
ce mois y par laquelle il me donne avis que leê mauvais chemins ont été cause qu'il n'a pu faire toute la diligence qu'il souhaitoit pour se rendre à la cour^ mais qu'il espère y élredans p<eu de jours, et peut-être sera-t-il arrivé avant que vous receviez celle-ci
D£ PiNGHESNE (l).
A M. DE POMPONNE
Venise, le a6 novembre 1678.
Monseigneur y
l'ai reçu cette semaine les deux lettres que vous m'avez fait la grâce de m'ëcrire du 4 et du 7 de ce mois. Je vois dans l'une et dans l'autre , les dispositions où est le roi de bien recevoir M. le comte Matthioliy et d'écouter volontiers ses propositions quand il sera arrivé à la cour ; je crois qu'il y sera présentement^ ayant encore reçu aujourd'hui une
(1) ÂrchÎTCâ des affaires étrangères.
de ses lettres de Soleurra, dat^ da gde ce mois, par laquelle il me demie avis qu'il fait toutes les diligences possibles pour s'y rendre au plus tAt*
DS PXKCHISVB (l)^
À M. DÉ iPINCHESNE-
Da 3 décembre 1678.
:.tii&4.«.«««.
Je vous envoyé seulement un paquet de M. le comte Matthioli| qui est arrivé ici depuis quelques jours et qui en donne part à M. le duc de Mantoue. Il faudra que vous preniez soin de faire tenir seurement les lettres qui sont dans le paquet.
JesuiSy etCé
POMPOITNX (a).
(i) ÂrclÛTes des affaires étrangères, (a) Ilnd,
M. le duc de Mantoue ayant fait témoigner à Sa Majesté; par le sieur comte Matthioli ^ le désir extrême qu il auroit de lui faire cognoistre son zèle pour ses intérêts y et de s'acquérir^ par les liaisons plus particulières qu'il pourroit prendre avec elle , la même amitié et la même protection que ses prédécesseurs ont reçeues de la France ^ dans de grandes et importantes occasions^ Sa Majesté^ qui a toujours conservé une affection véritable pour la maison dudit sieur duc et pour sa personne ^ a reçu av.<9e plMÀi^.lM seniimens qu'il lui a fait paroistre; et pour prendre avec lui des mesures d'une alliance plus étroite «t avantageuse -audit sieur* duc ^ elle a* dqnn^plçia pouvpis t# siesgr de-Pomppi^»3,. eonsjsil^r ord,inajc€|.e|^to^f .«lj9ç çoni^il^ , secreliftiire dl& tal et d£ 9es^ cof^^^ga^^^inq^ip^ et finai^cftj^ JpWf avec le^t sieur, comte lV!|a,tiliip)ii.; çonvj^s^ tfiftitsc.ieL signer tels a^ti^cleS' q^'il «vi^ero^ bon éite pouit cetbs particulière alliance avec ledit sieur duc de Mantoue; promettant; en foy et parole de roi, d'avoir agréable; ferme et sîable^ et toujours ; à tout ce que ledit sieur de Pomponne aura été... à cet effet, conclu et arrêté, sans y contrevenir ni permettre qu'il y soit contrevenu en quelque manière que ce soit; et d'en fournir sa ratification en bonne Corme dans le temps qui sera stipulé par le traité. En témoignage de quoi Sa Majesté a signé la présente
de sa jnaîn^ et y a fait apposer le scel de son secret.
Fait à Versailles, le 5«. jour de décembre 1678.
Louis (i).