‹ Histoire de l'Hospice-Général de Rouen, 1602-1840Chapitre 17 sur 21 · BOTTA · texte numérisé non relu

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à 5,805 francs, fut porté au budget de 1822 avec adjonction de 300 francs pour un mur d'entourage. Ils furent édifiés sur remplacement actuel de la cour des garçons et détruits vers 1870. On lisait dans Tamphithéàtre la devise suivante : « Hic locus est ubi mors gaudet succurrere vitae ». L'adjudication des travaux eut lieu le 22 juillet 1822.

Les internes de Blanche étaient alors : Tinel, Gueroult et Lallemand. Il existait toujours un oculiste officiel, Luzardy, dont on décline les bons offices devenus inutiles, puisque le personnel médical et chirurgical des hôpitaux donnait aux indigents tous les soins nécessaires.

Cette même année 1822, nous trouvons pour la première fois mention du baccalauréat ès-sciences qui, par ordonnance royale du 5 juillet, deviendra exigible de tous ceux qui se feront inscrire dans les Facultés de Médecine, à partir du 1®' janvier 1823.

L'élève Sevry, de THospice, reçoit un prix consistant en 79 francs d'instruments de chirurgie, en témoignage de la satisfaction de l'Administration pour sa très bonne conduite.

Le 23 janvier 1853, la Commission met en vigueur un nouveau règlement pour le service de santé de THospice-Général, dont le principal considérant est que la nomination des internes offre un puissant moyen de police intérieure et d'encouragement pour les élèves, si c'est l'Administration qui fait directement le choix des candidats.

Dispositions générales .

« Art. I. — Les maladies qui donnent seules droit à être admis à THospice Général sont les maladies de peau, la maladie vénérienne, la folie, Tépilepsie, la scrofule, le scorbut, les dartres, la paralysie et autres indispositions chroniques graves.

» Art. 2. — Le service de santé est confié à un chirurgien en chef aidé d'un chirurgien-adjoint, ayant sous leurs ordres trois internes et douze élèves.

» Art. 3. — Les visites des malades de la maison se font tous les matins à sept heures et demie et le soir à quatre heures.

» An. 4. — Les ouvertures de cadavres se font toute Tannée en se conformant d'ailleurs au règlement de 1822. Quant aux opérations anatomiques, elles ne peuvent avoir lieu que depuis le r'"" octobre jusqu'à la fin d'avril.

» Les articles 5, 6, 7 et 8 réglementent les devoirs du chirurgien en chef, qui fait la visite le matin et a la haute main sur les élèves. Les suivants, ceux de l'adjoint et des internes. Ces derniers ne peuvent être mariés et sont de garde par semaine, avec adjonction d'un, deux ou trois externes au besoin. Ils font l'appel des externes, leur font déposer le chapeau et prendre le tablier dans la salle de chirurgie où ils remisent les boites à pansements. Ils doivent porter le plus grand respect à la religion, aux chapelains et aux religieuses.

» Art. 21 et 22. — Pour être admis comme élève, il faut appartenir à V Ecole provisoire de Médecine et

justifier de son inscription. Une carte spéciale est délivrée au secrétariat et permet Taccès des salles.

» Art. 23. — Les élèves qui aspirent à Tinternat sont d'abord soumis à Texamen public d'un comité de médecins et de chirurgiens dont sont membres de droit les médecins et chirurgiens en chef des deux hospices. L'objet de cet examen est de faire connaître à la Commission administrative d'une manière précise et détaillée le degré de capacité et d'instruction de chacun des concurrents, qui doit en outre présenter des certificats de MM. les chapelains, de M"® la supérieure, du chirurgien en chef et du directeur, constatant son exactitude et son honorabilité. (Le Préfet demande une modification à l'examen probatique.)

» Art. 24. — Les candidats sont choisis par l'Administration, de préférence parmi les plus anciens et ceux qui ont donné le plus de preuves de leur capacité à soigner les malades.

» Le chirurgien fait un rapport trimestriel sur les progrès des élèves que l'Administration pourra récompenser à la fin de Tannée si elle le juge à propos. »

Au courant de l'année 1824, l'Administration se préoccupe du traitement à donner aux professeurs de l'Ecole provisoire près des hôpitaux. Elle écrit à ce sujet au Maire, au Recteur et au Préfet, en demandant en même temps une chaire de médecine légale pour Couronné. Le Recteur répond qu'il s'occupe de la chaire de Couronné, et que pour le traitement des professeurs il est assuré dans les autres villes par la

Municipalité. Les inscriptions des étudiants étaient délivrées gratuitement, parce que TEcole n'était que provisoire.

Pour remplacer Tinel, interne, arrivé au terme de sa mission, se présente devant le jury, et est nommé, Parchappe, originaire de Darnétal, qui Tannée précédente, sur un rapport élogieux de Blanche, avait été, en témoignage de satisfaction, logea THospice-Général.

L'année suivante, Gueroult fut ainsi remplacé au concours par Lallemand jeune, et les internes, sur la demande de Blanche, furent autorisés à dîner à part à quatre heures dans le cabinet du médecin en chef, afin de pouvoir suivre les cours. Blanche, dont le traitement avait été porté à 3,000 francs, recevait encore chaque année du Ministère de la Guerre, comme avaient reçu ses prédécesseurs, et recevait le chirurgien de THôtel- Dieu, une gratification qui pouvait aller jusqu'à 300 francs, en dédommagement des soins donnés aux militaires hospitalisés.

Le Maire de Rouen étant décidé en 1825 à demander au Ministre la création dans sa ville d'une Ecole de Médecine analogue à celles que Ton se disposait à créer dans les principaux centres, écrit à la Commission des Hôpitaux pour savoir d'abord dans quelles conditions se trouve TEcole actuelle, et, ensuite, si les Hôpitaux sont décidés à prendre à leur charge le logement des cours et le traitemens des professeurs. Autrement, il devrait en saisir le Conseil municipal. En même temps, le Recteur demande si Roussel accepterait d'être nommé dans cette nouvelle organisation profes-

seur de clinique, parce qu'il trouve juste de proposer les professeurs actuels. Roussel accepte.

Au cours des pourparlers pour Torganisation de cette Ecole secondaire de Médecine, son existence même paraît menacée; aussi TAdministration, afin de garder les élèves nécessaires au bon fonctionnement de ses services, écrivit-elle au Ministre et se fit-elle appuyer dans sa demande par le Recteur et les Députés du département : Ribard, deGirardin, Péton et Faure.

Le fonctionnement de l'Ecole provisoire près des hôpitaux devait laisser un peu à désirer, en effet, si nous en jugeons par le document suivant qui date de 1827, et qui dénote un état dont le Ministre était probablement informé.

« Les professeurs de TEcole provisoire de Médecine de Rouen écrivent donc en 1827 qu'ils sont informés d'une décision du Conseil royal d'instruction, en vertu de laquelle M. le Recteur de l'Académie leur demande de délivrer, dans une forme déterminée, les certificats d'assiduité aux élèves qui suivent leurs cours. Cela les met dans une situation embarrassante, attendu que découragés par l'espèce d'abandon où on les a laissés et convaincus qu'ils ont donné une preuve suffisante de leur zèle et de leur dévouement à la chose publique en professant gratuitement pendant cinq ans, ils ont dès l'année dernière cessé leurs leçons pour donner à leurs occupations personnelles le temps que leur devoir du professorat les obligeait d'en distraire. Ils prient l'Administration d'user de toute son influence pour que l'Ecole secondaire de Rouen reprenne le

caractère qui lui appartient, et pour obtenir une rétribution en leur faveur. »

La Commission fut d'avis que cette demande paraissait de toute justice et décida d'écrire au Recteur pour réclamer son intervention près du Ministre des affaires ecclésiastiques et de l'instruction publique. Il lui ferait connaître la cause de l'impossibilité où on se trouve de satisfaire à sa demande, bien que les élèves ne dussent pas perdre le fruit de leur stage dans les hôpitaux en étant privés de leurs inscriptions. En même temps, il le prierait de s'entendre avec le Préfet et le Maire pour obtenir une allocation de fonds destinés à rétribuer les professeurs.

Le Recteur consulte l'Administration pour savoir :

P S'il ne conviendrait pas d'ajouter aux cours déjà existants un cours de botanique ;

2** Si elle pense que tous les professeurs devraient avoir le même traitement ;

3** A quel taux semble-t-il convenable de le fixer.

Il conseille aussi de saisir de la question, non pas le Ministre, mais le Conseil municipal et le Conseil général. On voit combien l'Ecole était alors dans la dépendance de l'Administration qui l'avait créée, contrairement à ce qui existait presque partout ailleurs, où les Ecoles, Ecoles secondaires il est vrai, fondées en dehors des hôpitaux, par l'ordonnance du 10 mai 1820, dépendaient de la seule Université, puisque l'article d« cette ordonnance mettait professeurs et étudiants sous la seule autorité du Ministre de l'Instruction publique.

On arrive ainsi jusqu'en 1828, où on obtient de la

Municipalité 1,500 francs pour collaborer au traitement des professeurs ; Tannée précédente, en 1827, le Conseil général, sur la demande du Préfet, avait voté 2,500 francs dans le même but.

La démission de Roussel à THôtel-Dieu faisait que Hellis était nommé médecin en chef, ce qui le conduisait à professer le cours de clinique interne. Blanche, qui professait à la fois à THospice-Général la clinique externe, la matière médicale et la thérapeutique, demanda à continuer la clinique externe et à être chargé de la pathologie interne que professait Hellis.

Depuis longtemps Couronné, adjoint de THospice- Général, demandait une chaire; l'Administration, afin de lui témoigner sa reconnaissance pour les soins qu'il donnait gratuitement aux pauvres dans cet établissement, proposa au Ministère la répartition suivante des cours :

P A THôtel-Dieu : Hellis, médecin-chef, professeur de clinique interne;

2*" A THospice-Général : Blanche, médecin et chirurgien en chef, professeur de clinique externe et de pathologie interne ;

3^ A THospice-Général : Couronné, adjoint au chirurgien en chef, professeur de matière médicale, de thérapeutique et de médecine légale.

Enfin, le 21 septembre de cette année 1828, le recteur Desmichels annonce que TEcole de Rouen a été réorganisée par le Ministre, conformément à la

«leinaïuie de rAdmini.^tralion des Hôpitaux, et prendra le nom d'Ecole secondaire de Médecine, avec :

Flaubert, directeur, professeur de clinique externe, d'anatomie et de physiologie.

Blanche (qui avait été mis en ligne comme directeur), professeur des cliniques de THospice-Général et de médecine légale.

Hellis, professeur de clinique interne à THôtel-Dieu, en remplacement de Roussel.

Leudet, adjoint de Flaubert, professeur de pathologie externe et d accouchements.

Le Roy, pharmacien à THôtel-Dieu, successeur de Robert, démissionnaire en 1822, professeur de pharmacie clinique et d'histoire naturelle des médicaments.

Les cours de chimie et de botanique institués par la Municipalité continuaient à être obligatoires pour les élèves. Pouchet professait la botanique et Girardin la chimie. A partir du P' novembre, et pour Tannée scolaire 1828-1829, les inscriptions ne furent plus gratuites comme auparavant, mais taxées à 15 francs.

Desmoulins, médecin à Rouen, avait demandé à faire un cours d'anatomie n THospice-Général, ce qui lui fut accordé; niais il n'en fit rien et s'excusa bientôt de ne pas venir, à cause de Téloignement.

Le directeur Flaubert proposa à T Administration une affiche des cours de l'Ecole secondaire, qui fut acceptée et exécutée conformément au modèle déjà établi en 1822.

Il demanda en même temps que l'Administration des Hôpitaux voulût bien se charger de l'entretien des

locaux nécessaires aux cours, ainsi que de leur mobilier, de leur chauffage et de la fourniture des quelques substances nécessaires, le budget de TEcole étant insuffisant pour tout cela. En effet, il n'était pour 1829 que de 7,000 francs. L'Administration se décida à contribuer à la dépense pour 300 francs et à fournir les quatre stères de bois pour le chauffage. Elle décida encore, sur la plainte du Directeur de l'Ecole, que tout élève qui cesserait de prendre ses inscriptions trimestrielles serait considéré comme ne faisant plus partie de TEcole, ni des Hôpitaux. On ne pouvait être élève des Hôpitaux de Rouen qu'à la condition d avoir été inscrit par le Recteur à l'Ecole de Médecine de la Ville. Aussi, pour les quelques années qui suivent, les registres sont-ils pleins d'admissions d'élèves nouveaux, de radiations d'élèves n'ayant pas pris d'inscriptions en temps voulu, et de réadmissions de ceux qui finissaient par les prendre au bout d'un certain temps. Elles avaient été longtemps gratuites ; on s'habituait difficilement à les payer.

C'est aussi cette même année 1829 que Flaubert, directeur de l'Ecole secondaire de Médecine, demanda à l'Administration, au nom des professeurs, qu'à la fin de chaque année scolaire un concours ait lieu entre les élèves divisés en deux séries, suivant leur temps d'études. Chaque série aurait deux prix consistant en médailles et livres appropriés. Le concours serait public et composé a'une épreuve verbale et d'une écrite.

La distribution des prix se ferait avec celle des prix

de dessin et de chimie, ou tout autrement, si TAdministration hospitalière qui en ferait la dépense le préférait.

II demandait en même temps que les internes fussent admis à pratiquer les accouchements sous sa direction (juin 1829).

La Commission, considérant que le principe des prix aux élèves avait été déjà accepté depuis longtemps, accorda volontiers ce que Flaubert demandait, en votant 300 francs par an à ce propos, tout en spécifiant cependant que 100 francs seraient spécialement affectés à récompenser dans chaque Hospice celui des élèves qui se serait le plus distingué par son zèle, sa conduite et ses capacités, sur rapport des chefs de services et des Administrateurs.

La première distribution eut lieu à la séance de TAdministration, à THospice-Général, le 26 aortt 1829. Les médecins et chirurgiens en chef et adjoints des deux Hospices s'y étaient rendus, et les prix furent décernés :

P A M. Richer, pour le service chirurgical de l'Hôtel-Dieu ;

2* A M. Leclerc, pour le service médical du même Hôpital ;

3"* A M. Savoye, pour le service de THospice- Général .

A cette même séance, on décida qu'au jury de l'internat pourraient siéger les adjoints, ainsi qu'un médecin de la ville, en plus des deux que prescrivait le règlement à ce sujet.

Blanche avait obtenu dès cette année-là que le nombre des élèves de THospice- Général qui était toujours de 12 depuis 1823, fût porté à 18.

Pendant ce temps, les internes s'étaient régulièrement succédé h THospice-Général. Nous avons laissé en 1825 premier interne H. Lallemand, deuxième Parchappe, troisième A. Lallemand jeune. En 1826, Lallemand part et Dajon est nommé, puis Parchappe démissionne et Rabasse arrive au concours. En 1828, Lallemand jeune démissionne, G. Dayral est nommé. En 1829, arrive Puchot, fils d'un médecin de Bourgtheroulde, et qui, depuis trois, ans était logé et nourri dans l'Hôpital, moyennant 300 francs de pension.

C'est en 1829 que l'Administration demanda aux médecins et chirurgiens un compte-moral médical.

En 1830, le Conseil général ayant accordé 1,400 francs pour l'organisation de la clinique d'accouchements de l'Hôtel-Dieu, le budget de l'Ecole monte en recettes à 9,555 francs, l'Administration ne contribuant en numéraire que pour 220 francs. Chaque professeur touche 1,455 fr. 17.

En 1831, les étudiants sont divisés en deux catégories : les élèves externes en nombre déterminé, et les aspirants en nombre indéfini. Seuls, les externes sont attachés aux services; les autres ne sont qu'admis à suivre la visite. Il y aura vingt externes à THospice- Général .

Les élèves en activité ou externes peuvent seuls concourir pour l'iniernat, s'ils sont externes déjà depuis deux ans et depuis six mois dans l'Hôpital

pour lequel ils concourent. La permutation des internes d'un Hôpital à l'autre, qui ne s'est pas encore produite, ne pourra avoir lieu que par délibération spéciale de l'Administration, et le concours aura lieu en présence d'un Administrateur. Couturier est nommé interne à l'Hospice-Général .

Le choléra menace la ville; on arrête d'avance les mesures à prendre. On est d'abord d'avis de n'admettre aucun cholérique du dehors, et d'isoler ceux qui seront pris dans Thôpilal dans les greniers de la tour du Vieux-Colombier.

En 1832, l'épidémie de choléra désorganise tous les services. Les élèves sont envoyés dans les bureaux sanitaires des communes voisines, comme Darnétal, Oissel et Gueures, par exemple, et les autres sont rappelés par leurs familles. On est obligé de noipmer externes ceux des aspirants qui restent. Blanche, débordé, demande qu'on lui adjoigne Parchappe et le docteur Dubuc. Le maire Henri Barbet préside les séances .

Parchappe, autorisé par le Ministre à ouvrir un cours d'histoire de la médecine à Rouen, demande à l'Administration de l'autoriser à professer dans l'amphithéâtre de l'Hospice-Général. Celle-ci refuse, d'abord parce que ce cours n'est pas dans le programme de l'Ecole, puis parce que Parchappe n'appartient pas au corps des médecins ou chirurgiens des Hôpitaux, et qu'elle n'admet que ceux-là à professer dans ces locaux, ce qui est le cas de tous les autres professeurs de l'Ecole.

Pour les mêmes raisons, Foville, médecin en chef de Tasile des aliénés, nommé la même année 1832 professeur de physiologie appliquée à la médecine, se voit refuser le même amphithéâtre.

Desalleurs, qui était adjoint à THôtel-Dieu, ayant été seulement autorisé par le Ministre à faire un cours en payant un droit de 100 francs, l'Administration proteste en demandant une chaire pour son adjoint.

Pendant toutes les années suivantes dont nous avons encore à nous occuper, l'Ecole n'eut pas d'autres locaux que ceux de l'Administration des Hospices de Rouen. Les réunions de ses professeurs se faisaient à l'Hôtel-Dieu, dans la salle de l'Administration, qu'ils chauffaient à leurs frais, et les distributions annuelles des prix des Hôpitaux et des prix de l'Ecole, dans la salle des séances de THospice-Général, en présence des Membres de l'Administration.

En 1833, ce fut Marchand qui eut le prix de l'Hospice-Général, et Blanche prononça un discours qui fut imprimé.

L'Administration entra alors en lutte avec l'Université, représentée par le Recteur, à propos d'élèves qu'elle expulsait des Hôpitaux. Le Recteur voulait qu'ils puissent y entrer pour les cours, et l'Administration soutenait que cela n'était pas possible, parce qu'ils étaient obligés alors de traverser des locaux d'où elle entendait les expulser, puisqu'elle était maîtresse chez elle, et que c'était elle, d'ailleurs, qui avait fondé l'Ecole. II y eut à ce propos un rapport très documenté de l'administrateur Legris de la Chaise. Il concluait

que si TEcole ne voulait pas se soumettre au règlement intérieur des Hôpitaux, elle n'avait qu'h s'installer ailleurs. Le ton du rapport est un peu celui qu'aurait un homme ayant réchauffé un serpent dans son sein. Le différend s'apaisa, mais ce fut le point de départ de la séparation qui s'accentua plus tard et aida à l'émancipation de l'Ecole des lisières dans lesquelles la tint l'Administration pendant ses premières années.

Ces démêlés étaient survenus à propos des réclamations d'un étudiant de l'Hospice-Général, nommé Lemire, qui, se mettant à la tête d'une bande de mécontents, refusait de payer les 2 fr. 50 imposés à tous pour la tenue de l'amphithéâtre de l'Hôtel -Dieu. Il avait été expulsé pour un mois, et comme on lui refusait l'entrée du cours avant ce terme, il avait fait constater ce refus par ministère d'huissier. Puis il fit citer l'Administration à comparaître devant le Tribunal de première instance pour s'entendre condamner :

P A lui payer 1,200 francs de dommages et intérêts ;

2"* A lui rembourser 17 fr. 85 pour les frais d'actes nécessités par le refus que l'Administration opposait à ses demandes qu'il croyait fondées. Mais il perdit son procès, et devenu rédacteur de journal à Dieppe, puis insolvable et en fuite, il fut condamné à payer au Tribunal 67 fr. 95, que l'Administration dut débourser sur réclamation de l'avoué Jorre.

Les internes nommés avaient été : en 1831, Couturier; en 1832, André Pellerin, révoqué en décembre 1833, pour s'être absenté un mois sans justification, puis

Bouffart. En 1833, THospice-Général avait reçu 26 élèves externes; il y en avait 52 à i'Hôtel-Dieu.

Nouveau règlement sur le service de santé en 1834, ayant demandé plusieurs séances extraordinaires à la Commission et comprenant 136 articles.

Pour THospice-Général, il est spécifié qu'il y aura un chirurgien en chef réunissant les services de médecine et de chirurgie et un pharmacien en chef. Ce chirurgien aura deux adjoints, dont le second fera la visite du soir en cas d'empêchement du chef. Il y aura des élèves internes, externes en activité de service, et des aspirants. Tous seront des étudiants de TEcole de Médecine de Rouen admis en qualité d'élèves des Hospices.

Le chirurgien de THospice-Général a sous ses ordres 3 internes et 26 externes en activité de service. Les aspirants ne font ni service, ni pansements, mais sont à la disposition de l'Administration.

Les jours d'audience, le chirurgien se trouve à son cabinet pour donner ses avis à la Commission. Il fait la consultation .

Le règlement donne la règle à propos des décès et des autopsies. Il spécifie que le nombre des externes en activité est limité en tout à 78 pour les deux Hôpitaux, pouvant suivre indifféremment les cliniques de l'un ou deTautre Hôpital. Les aspirants sont en nombre illimité.

Les internes, au nombre total de 7, sont nommés pour quatre ans, après un concours auquel les externes seuls peuvent prendre part. Le jury sera composé de

neuf membres : médecins et chirurgiens en chef des Hospices avec leurs adjoints et trois médecins de la ville nommés par TAdministration. Les examinateurs interrogeront les candidats sur une question tirée au sort.

Tous les ans, il sera distribué 300 francs de prix : 200 francs pour les prix de l'Ecole, et 100 francs pour ceux des Hôpitaux. Un retard de deux inscriptions entraîne la radiation de la liste des élèves des Hôpitaux. En cas d'exclusion pour plus d'un mois, l'Université avertie décidera si l'élève doit encore pénétrer darîs les Hôpitaux pour les cours. (Approuvé par le Ministre.)

Avant la promulgation de ce règlement, les adjoints demandèrent à être entendus. De là débute leur

campagne pour une pluâ grande division des services dans les deux Hôpitaux, question qui passionna les contemporains, fut Tobjet de mémoires imprimés et aboutit à une solution conforme à leur demande en 1837.

W fut décidé dans la séance extraordinaire du 30 août 1837, après enquête sur ce qui existait dans les autres grandes villes, que la division des services était désirable pour des raisons multiples, bien qu'elle lésât momentanément les droits des titulaires actuels.

En conséquence, à Tavenir, le service de santé dans les deux Hôpitaux sera divisé par salle et fait simultanément par plusieurs médecins et chirurgiens.

A THôtel-Dieu, le service de médecine se composera de trois divisions, et celui de chirurgie de deux.

A THospice-Général, le service sera partagé en deux divisions.

Il sera nommé autant de médecins et de chirurgiens adjoints qu'il y aura de services.

En cas d'épidémies ou de circonstances graves, on pourra créer des divisions provisoires.

Les titulaires actuels continueront à jouir du logement et du traitement comme auparavant. Suit la division de THôtel-Dieu. Pour THospice-Général, la première division comprendra tous les malades du côté des femmes et des vénériens, galeux et douloureux militaires.

La deuxième, tous les malades du côté des hommes, les vénériens galeux et douloureux civils, les enfants malades ou scrofuleux et les épileptiques.

Nous verrons bientôt comment le service fut réparti.

Parchappe. — Les candidats pour la place de deuxième adjoint étaient Parchappe, Manoury et Pillore. Parchappe, nommé, fut installé le 18 février et autorisé le même jour à faire son cours de rEcole dans Tamphithéàtre de THospice-Général en qualité d'officier de santé de cet Hôpital, chose qu'il avait auparavant demandée à plusieurs reprises sans obtenir satisfaction.

Le 1^*^ juillet suivant, il était nommé médecin en chef de Tasile d'aliénés et donnait sa démission d'adjoint à l'Hospice-Général. Cependant, à cause de cet antécédent, on l'autorisa en 1838 à faire à l'Hôtel- Dieu son cours de physiologie, mais provisoirement,

pour sauvegarder les principe». Ce fut une lolérance ^^H qui s'étendit à Morin. professeur de chimie, et à ^^Ê Godefroy, qui purent faire leurs cours à rHospice- ^^H Oénéral sans faire partie du personnel de la maison. ^^|

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- Pour la place laissée vacante par le ^^M 'chappe, TAdministrâlion présentait trois ^^H

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PILLORE

candidats suivant la règle : Pillore, Dubuc et Puchot. Blanche demandait Puchot, et le Préfet écrivit à ce sujet; mais TAdministration s*obstina à présenter Pillore en première ligne. Le Préfet demanda à réfléchir, il ajourna la nomination en prétextant des raisons d'ordre élevé, pendant que de son côté Blanche écrivait encore en faveur de Puchot. Cependant, sur les instances réitérées de TAdministration, Pillore fut nommé le 28 décembre. En 1836, nommé professeur d'anatomie, il fut autorisé à faire son cours dans THospice-Général.

Le préfet Dupont-Del porte signa le 26 février 1840 l'arrêté qui établissait dans l'Hospice- Général deux divisions ainsi organisées :

Première division : Blanche, chirurgien en chef, avec treize salles :

Deuxième division : Couronné, adjoint, avec dix salles, un interne, quatre externes et un étudiant en pharmacie suivant la visite. Il avait même responsabilité administrative que le chirurgien en chef, mais pas de traitement.

L'Administration demandait des adjoints en second nommés pour cinq ans, prorogeables et sans traitement, jusqu'à soixante ans pour les médecins, cinquante-cinq ans pour les chirurgiens. Il en fallait six •pour les deux Hôpitaux, dont deux pour l'Hospice- Général. Pillore, déjà adjoint, fut affecté aux deux services de Blanche et de Couronné, pour le cas où ils s'absenteraient plus de trois jours. Puchot fut nommé

alors adjoint spécial de Blanche, et Dusseaux adjoint de Couronné.

L'Ecole de Médecine ayant été réorganisée en 1840 en Ecole préparatoire de Médecine et de Pharmacie, rinstallation en eut lieu le 19 avril 1841, dans la salle des séances de THospice-Général, et les cours d'analomie, pour lesquels on apportait même des sujets de THôtel-Dieu, continuèrent à être professés à THospice- Général, préparés par Mélays, nommé chef des travaux anatomiques.

Comme Tordonnance du Roi du 13 octobre 1840 sur les Ecoles de Médecine portait (art. II) que les comptes du Directeur seraient vérifiés par une Commission composée, avec le Maire, d'un Conseiller municipal, d'un Conseiller général et de deux Administrateurs des Hôpitaux, ce furent Bouctotet Lepicard que l'on désigna en séance pour cette fonction.

Plus tard, Pillore passa h la gésine de l'Hôtel-Dieu. L'originalité de l'Hospice- Général disparaissait aussi peu à peu. Le registre des délibérations de 1841 est intitulé pour la première fois : Délibérations des Hospices de Rouen, Nous sommes don'c obligé d'arrêter là nos citations, d'autant plus que nous arrivons à la période contemporaine, dont l'histoire ne pourra être écrite que plus tard.

Il ne nous reste plus qu'à citer les internes jusqu'au moment où eux aussi firent partie, non plus exclusivement du personnel de l'Hospice-Général, mais du personnel des Hôpitaux de Rouen, avec affectation indifféremment à l'un ou à l'autre des deux Hôpitaux.

En 1834, Vivefoy et Hulard sont nommés internes,-»- •» puis Toulza. C'est à cette époque qu'on leur accorda un réfectoire particulier. Vivefoy ayant demandé en 1836 à passera THôlel-Dieu, se vit refuser celte faveur par TAdministration, qui l'admit seulement à concourir avec les autres candidats pour l'internat de l'autre Hôpital. En 1838, Cave est nommé à l'Hospice-Général ; mais la spécialisation disparaît au concours de 1840. Cette année-là, Gressent, Blondel et Andrieu furent nommés au concours de l'Hospice-Général ; mais il fut arrêté (ce qui coïncidait avec la réorganisation de l'Ecole) que les internes auraient le droit de choisir leur service et ne seraient plus classés en premier, deuxième et troisième interne, qu'ils pourraient passer d'un hôpital h l'autre en cas de vacance, et que tous les élèves pourraient concourir à l'internat sans stage préalable. Cette fois, c est bien la fin. Tous les rouages de la maison de la Maresquerie lui sont communs avec THôtel-Dieu et inlerchangeables : administration, budget, registres, chefs de service et élèves.

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