‹ Histoire de l'Hospice-Général de Rouen, 1602-1840Chapitre 21 sur 21 · RELIGIEUSES HOSPITALIÈRES · texte numérisé non relu

RELIGIEUSES HOSPITALIÈRES

Les Administrateurs, les médecins et les chirurgiens eurent pendant toute celte période , qui va de la création de l'Hôpital jusqu'à la Révolution, des collaborateurs précieux dans les officiers et offlcières, c'est-àdire dans les personnes chargées de diriger chacun des offices de rétablissement, offices dont le nombre et l'importance s'accrurent avec le développement de Tœuvre. Aujourd'hui ce sont des religieuses d'un ordre spécial qui remplissent cette fonction et que l'on nomme encore des sœurs officières ; mais il n'en fut pas toujours ainsi.

Au début, les maisons de la Maresquerie ne reçurent que quelques vieillards infirmes qu'on y logeait simplement; les autres bâtiments acquis par le Bureau étaient donnés à loyer à des particuliers , et on peut voir sur le plan primitif que nous publions qu'une de ces maisons, au moins, est encore habitée par un bourgeois. Mais en 1645 une délibération du Bureau, en date du 17 décembre, prescrivit d'avertir à Noël les locataires de ses maisons de la Maresquerie de prendre leurs mesures pour laisser ces maisons libres à Pâques 1646, afin qu'on y puisse renfermer, à partir de cette époque, les jeunes filles de la ville et faubourgs, outre les filles trouvées, qui étaient inscrites à l'aumône.

En effet, à Pâques 1646, ces jeunes filles y furent introduites et enfermées depuis Tâge de six à sept ans jusqu'à dix-huit; une chapelle avec deux prêtres fut accordée par TArchevêque. Le Bureau errant à travers la ville s y fixa définitivement , avec l'approbation de la Cour.

Les hommes avaient un supérieur nommé par TAdministration. Aux filles on donna : P des maîtresses pour les instruire en la religion , la lecture, l'écriture et le calcul ; 2** des maîtresses pour les former au travail ; 3*" une maîtresse première chargée du gouvernement de la maison, sous lautorité de l'Administration. Toutes ces maîtresses étaient des laïques, filles pieuses dont c'était la vocation , et que leur costume sévère faisait appeler les dames noires. Voici les noms de ces maltresses premières, depuis leur création jusqu'à l'apparition des religieuses :

De 1646 à 1653, M"*» de Hotteman.

De 1653 à 1690, M"^ Grandsire.

De 1690 (août) à 1698 (3 juin), M"*» Vieillard.

De 1698 à 1705 (20 juin). M"*' Bigue.

De 1705 à 1714 (août), M»« Chirois.

L'accroissement de la population de l'Hôpital-Général et l'extension des services exigeaient de plus en plus une direction efficace et la collaboration d'aides plus nombreux sur le zèle desquels l'Administratioi) pût compter. C'est alors que l'archevêque d'Aubigné, voyant M"° Chirois avancer en âge, et poussé par un Conseiller, résolut de créer une communauté religieuse

destinée spécialement à rHôpital-Général. Il y avait tf ailleurs l'exemple de i-hôpital Saini-Louis, de Caen, où pareille institution rendait les plus grands services. Justement , une de ces religieuses de Caen était fille d'un ancien Maître des comptes de Rouen ; c'était M"'' Marie-Barbe Pellerin de la Coudraye, baptisée en Téglise Saint-Godard le 15 novembre 1686. Elle était entrée en 1712, à vingt-six ans, dans la communauté de r Hospice-Général de Caen, fondée vingt-cinq ans auparavant, et s'était déjà fait remarquer par ses qualités d'organisatrice. Ce fut elle que Mgr d'Aubigné désigna pour donner corps à son projet. Appelée à Rouen, elle commença à bien choisir le personnel de sa communauté. Elle fit venir de la communauté do Caen une digne maîtresse des novices qui fut en même temps chargée de la pharmacie, ce qui ne portait aucun préjudice ;\ Tapothicaire, destiné à donner ses instructions, comme le spécifie, le 29 mars 1715, le Procureur général du Parlement.

M"^ de la Coudraye donna à sa communauté Thabit et la règle de la communauté de Caen. M""® Saint- Simon, supérieure à Caen, lui fournit plusieurs sujets pour Taider dans ses débuts. Elle était d'une activité étonnante, surveillant jour et nuit, inspectant les enfants en nourrice , remettant de Tordre partout , donnant l'exemple des plus sévères vertus chrétiennes. Plusieurs livres de la bibliothèque de la communauté portent en tête ces mots : Communauté de iW"® de la Coudraye. Sa renommée s'étendait au loin, et l'Evêque de Lisieux lui demanda de venir poser aussi dans sa

ville [es bases d'une communauté hospitalière. Ce fut le sujet de quelques absences qui déplurent à l'Administration. De plus, elle avait créé entre temps, dans la rue du Gril , un refuge pour les jeunes filles pauvres et leur faisait donner l'inalruction par quelques- --'ï, unes dfi ses sœurs ; elle arriva même, à l'instigation de ,f quelques prOires, h loger, coucher et gai-der ces filles perdues, grâce à ses revenus propres et à des fond» fournis par les curés et par ses sœurs. On l'accusa de voler l'Hôpital -Général au profit de son refuge, et les choses s'envenimèrent au point que la populace menaça de mort M'" de la Coudraye et ses sœurs. L'Archevêque fut obligé d'intervenir, et pour lui faire quitter son supériorat, la remplaça par M"" Le Massif, son assistante, le 30 avril 17Ô0, et lui défendit de remettre les pieds dans l'Hôpital -Général. Elle se réfugia dans sa maison de la rue du Gril, et bientôt fut rappelée à Lisieux par l'Evèque de cette ville, qui la fit supérieure de son Hospice-Général. Elle mourut dans cette charge à soixanle-dix-neuf ans, en 1763, après avoir été à Rouen pleinement justifiée el remise en complet honneur. Elle avait encore fondé à Lisieus, avant sa mort, une maison-mère de quatre établissemenis : l" i'Hospice-Général des valides; 2° l'Hospice des malades; 3" le Bon-Pasieur; 4" l'Hospice de la congrégation des Enfants-Pauvres'.

1. Notice puhlitH cho?. Flrory, place Sainl-Ouen, 1 lumAnier de rilospice-Uénérat, d'aprùs

i/"*" Le Massif, originaire aussi de Rouen, fut supérieure jusqu'à sa mort, survenue en août 1778.

Elle fut remplacée par M"* Bordel de Saint-Germain, qui sortit en 1793 de THôpital, avec sa communauté, pour refus de serment.

Celte communauté étant restée jusqu'à nos jours telle qu'elle fut fondée par M"*^ de la Coudraye, il nous paraît plus simple de n'en pas scinder l'histoire, qui continue encore sans modifications, en dépit de l'éclipse assez courte quelle subit pendant la tourmente révolutionnaire.

Les religieuses furent rappelées en 1803, dix ans après leur départ. Plusieurs vacances s'étaient produites alors dans le personnel civil, tant par décès que par démissions. De plus, il fallait faire des économies en changeant d'organisation. On considéra qu'il était avantageux de rappeler les anciennes dames hospitalières dont le zèle, les soins et le dévouement étaient connus. On les invita à rentrer. M"' de Saint- Germain est nommée provisoirement supérieure, sauf des vénériens et des galeux (27 pluviôse an XI [17 février 1803]). Elles rentrèrent les unes après les autres. La première fut la supérieure, qui revint le 30 mars

Le 26 février , rentraient M^^^' Jamet , Valière , Sinoquet, Leboulanger, Thinel, Tardif, Gouinville ; dans le courant de mars, M"** Simon, Bulard, Huby et Barbé; enfin, en mai. M"*' Lamy; en tout, treize religieuses.

M"" de Saint-Germain mourut le 28 juin 1807; mais depuis le 18 fructidor an XII (30 août 1804), elle n'é-

tait plus que supérieure honoraire, à cause de son grand âge et de ses infirmités. Les religieuses lui avaient nommé comme remplaçante M*^® Jamet , avec M"® Simon comme assistante.

M"*' Jamet lui succéda jusqu'en 1822 (octobre).

M"^ Simon, de 1822 à 1831.

M"^ Caqueray do Beaumont, de 1831 h 1849 (14 juillet).

M"® Coté (sœur Marie- Jésus) ; ce fut elle qui inaugura, sans cause connue, les prénoms religieux. Elle mourut en 1864.

M*^° Foliot (sœur Saint-Charles), décédée le 23 février

M"* Lehuédé (sœur Saint-Louis de Gonzague) lui a succédé et dirige actuellement la communauté comme neuvième supérieure depuis la fondation.

Les religieuses de THospice-Général ne relèvent d'aucun ordre et ne desservent que T Hospice-Général de Rouen et THospice de Caudebec-en-Caux, où elles sont quatre. Leur nombre est actuellement de quarantetrois , en voie d'accroissement , tant professes que novices. Elles passent un an comme postulantes et deux ans comme novices avant de devenir sœurs professes.

La Tour (lu Colombier sY-levalt sur le milieu du ■empart allant rie la porte Saim-Hilaira à la porte Manainville. C'est dans aes paiagcs gue fut blessé

Bourbon, ptre do Honi'i IV.

Mootausier qui la donna vers cette époque à l'HospicK-Général. En 1683, un moulin à vont avuil été établi sur sa plalv-furme.

iCliché de M. FUiHonJ

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