Relations, p
Pères nouvellement arrivés quelques néophytes, dont Madame de la Peltrie fut invitée à être la marraine.
‘t Au sortir de la chapelle elles visitèrent les familles arrêtées et les cabanes voisines. Madame de la veltrie qui conduisait la bande, ne rencontrait petite fille sauvage qu’elle n’embrassât et ne baiïsât, avec des signes d'amour si doux et si forts, que ces pauvres barbares en restaient d'autant plus étonnés et édifiés, qu'ils sont froids en leurs rencontres ; toutes ces bonnes filles faisaient de même sans prendre garde si ces petits enfants étaient sales ou non, ni sans demander si c'était la coutume du pays, la loi d'amour et de charité l’emportant par dessus toutes les considérations humaines. ” Les sauvages stupéfaits devant ce mystère de la charité chrétienne qu’ils ne comprenaient pas encore, ne pouvaient revenir de leur étonnement en entendant dire que ces filles Vierges n'avaient point d'hommes, qu’elles n'avaient d'autre époux que le Grand- Esprit, et d'autre amour que celui de leurs âmes. :
1. Lorsque cinq ansauparavant (1634), le P. Lejeune avait annoncé, pour la première fois aux sauvages le projet qui venait d’être formé en France, de fonder un hôpital destiné au soin de leurs malades, ils avaient refusé de le croire, ei n'avaient répondu aux promesses du missionnaire que par un sourire d’incrédulité : ‘ Je leur ai fait entendre qu'une grande dame allait faire dresser une granle maison où on recevrait tous leurs malades, qu'on les coucherait dans de bons lits, qu'on les
De retour à Québec après cette journée si féconde en émotions, les Hospitalières et les Ursulines se séparèrent après s'être embrassées et s'être juré nne amitié qui ne devait jamais se démentir. On dressa des autels dans leurs chapelles improvisées, et les deux communautés commencèrent les exercices de leurs fonctions respectives.
nourrirait délicatement, qu’on leur donnerait des médecines et des onguents nécessaires pour les guérir, et qu'on ne leur en demanderait aucune récompense. Ils me répondent avec étonnement que cela va bien; mais, néanmoins; je connais par leurs sourires qu'ils ne croiront point ce miracle que par leurs yeux. En un mot, ils ne sauraient comprendre la grandeur de cette charité. ”?