Voir à l'appendice le texte de cette ordonnance
L'inauguration solennelle de cette réforme se fit sous les yeux de l'archevêque de Rouen qui se rendit à Dieppe le 16 juin 1630, pour y faire procéder à l'élection triennale d’une Supérieure et des autres officières du monastère.
Cette heureuse date ouvrit une ère de prospérité merveilleuse pour l’Institut des Filles de la Miséricorde.
Le souffle d’en haut, descendu dans ce cloître privilégié, y répandit une rosée de grâces et de benédictions qui y fit germer les plus sublimes comme les plus aimables vertus : l'esprit de détachement et de pauvreté, l'amour de la perfection, le zèle pour l'observation des règles, l'exactitude jusque dans les plus petites observances, l'union parfaite entre tous les membres, la céleste charité pour les malades, en un mot cette exubérance de vie divine qui se manifeste avec tant d'éclat à la naissance des ordres religieux. !
Par leurs nouvelles constitutions qui avaient pour base la Règle de $Saint-Augustin, les Hospitalières s’obligèrent par vœu à la clôture, au célibat, à la pauvreté, à l’obéissance, au
1. Ces constitutions avaient pour titre : Les Conslilulions des Religieuses Hospilalières de l'Ordre de Saint-Augustin, diles Filles de la Miséricorde, élablies à Dieppe.
Elles furent imprimées en 1631. Les Religieuses Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Québec en conservent un exemplaire dans leurs archives.
service des malades, et adoptèrent l’habit blanc des chanoinesses de Saint-Augustin. :
Ravis de l'excellence de cet Institut, l’arche- .Yêque et les administrateurs de l'hôpital postulèrent auprès du roi Louis XIII des lettrespatentes approbatives, qu’ils obtinrent dans le mois de septembre 1638.
Ces constitutions furent rédigées de nouveau, complétées et enrichies de plusieurs articles pratiques par le Révérend Père le Jeune, de la Compagnie de Jésus. 2 Les Hospitalières changèrent alors leur titre de Filles de la Miséricorde pour celui de Religieuses de la Miséricorde de Jésus, qu’elles portent encore aujourd’hui.
Quelques personnes envieuses de leur prospérité voulurent contester leur titre de professes régulières, ce qui pouvait occasionne: quelques inconvénients, et peut-être même causer la ruine de leur ordre. £iles s’adressèrent donc au Pape Alexandre VII qui voulut bien acquiescer à leur humble supplique en décrétant par une bulle, dounée à Rome le 19 juillet 1664, que toutes les professes de cette Congrégation étaient véritablement religieuses, faisant les vœux solennels de religion. Sa Sainteté mit le sceau de l'autorité suprême à leurs constitutions en
‘1. Elles avaient porté jusqu'&lors l’habit noir des Ermites de Saint-Augustin.