‹ Histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec [microforme]Chapitre 5 sur 86 · Ranke, tome IV, Chap. IT. Jlisloire de la Papaulté · texte numérisé non relu

Ranke, tome IV, Chap. IT. Jlisloire de la Papaulté

prodigue de ses trésors surnaturels que pour la petite colonie naissante de la Nouvelle-France. La Compagnie de Jésus lui offrit ses plus vaillants apôtres ; celle de Saint-Sulpice ses prêtres les plus exemplaires ; les enfants de Saint- François, d'admirables missionnaires ; le séminaire des Missions Etrangères, des hommes pleins de science et de zèle ; la piété du peuple, de grandes fondatrices, destinées à créer des ordres nouveaux adaptés à de nouveaux besoins. Enfin, tandis que les filles de Sainte- Ursule lui fournissaient des anges de vertu, d'immortelles héroïnes, elle recrutait d'incomparables ouvrières parmi les vierges de Saint- Augustin, cette famille si pure, et à la fois si humble, si cachée, dont la vie de charité et de dévouement trace un lumineux sillon à travers nos annales, et dont nous avons entrepris de raconter la merveilleuse histoire.

Ce fut à l’époque la plus brillanie de cette rénovation religieuse, dont nous venons de tracer une rapide esquisse, que fut réformé le monastère de Dieppe, d'où sortirent, quelques années plus ‘ard, (4 mai 1639), les illustres fondatrices de l’Hôtel-Dieu de Québec.

L'origine de cet Institut se perd dans la nuit du douzième siècle. !

1. Son antiquité est telle, au témoignage de l’auteur qui a rédigé les constitutions, ‘ qu'attendu les grandes révolutions des temps, l’on ne peut scavoir au vray l’année de sa fondation, ny s'il y avait déjà des religieuses l'an 1195, quand Philippe

Durant les deux premiers siècles de leur existence, les IHospitalières desservirent l'Hôpital de Dieppe conjointement avec les Frères de la Charité, qui, de temps immémorial, en avaient la direction. : Ce ne fut qu’au commencement du quinzième siècle que l’Hospice fut confié exclusivement à leurs soins.

Chassées de leur monastère en 1562 par les calvinistes qui venaient de se rendre maîtres de Dieppe et de livrer ses édifices religieux au pillage ei à la profanation, elles y furent réintégrées l’année suivante (18 novembre 1563) par l'ordre de la reine-mère Catherine de Médicis, régente du royaume pendant la minorité de Charles IX.

En 1609, le cardinal de Joyeuse, archevêque de Rouen, y établit latriennalité des supérieures.

Auzuste, roy de France, poursuivant Henri, roy d'Angleterre, qui avait désolé la ville de Dieppe, la vint assiéger, rt la saccagea pour la seconde fois; vû que les plus anciens monuments de la piété et libéralité des habitants da cette ville envers les pauvres malades ne sont datés que de l'an 1250, Mais il est très-assuré qu'elles sont établies avant l'an 1285, ainsi qu'il se peut voir per la Bulle de Notre Saint Père Honoré IV, donnée à Sainte Sabine, l’an serond de son Pontificat, le9 dejanvier, lesquelles Religieuses faisaient dès lors profession solennelle des vœux de religion et de servir les pauvres sous Ja Règle de Saint-Augustin.” Constilulions de la Congrégalion des Religieuses Hospilalières de la Miséricorde de Jésus, ». 40.

1. En 1155, disent les mémoires chronologiques de Dieppe, los Frères de la Charité admirent avec eux les Sœurs Hermites de Saint-Augustin, pour les aider dans le service des pauvres malades, (Mémoires chronologiques pour servir à l'Histoire de Dieppe.) Tome second, p. 91.

En 1625, Monseigneur de Harlay, alors archevêque de Rouen, entreprit la réforme de leur institut, qui n'avait pas encore reçu cette organisation régulière et définitive, d'où naissent la fécondité des œuvres et la persévérance dans les vertus claustrales. Il vint à Dieppe dans ce dessein, et voulut leur imposer la clôture perpétuelle, conformément au décret du saint concile de Trente, et la règle des hospitalières de Pontoise; mais, comme il arrive souvent dans ces questions délicates où il est d'autant plus facile de se faire illusion que chaque parti croit agir pour le plus grand bien, le prélat rencontra d’abord une vive résistance. Cependant après bien des discussions et des démarches, plusieurs des religieuses d’une rare énergie et d’une plus rare vertu, se mirent à la tête du mouvement de réforme. Encouragées et aidées par des personnes expérimentées, elles compilèrent soigneusement et mirent en ordre les statuts, règlements et usages alors en vigueur. Elles en firent des constitutions, et en proposèrent l'adoption à l'archevêque.

Après un assez long délai, le prélat convaincu de la sagesse de cette nouvelle législation par l'édifiante régularité qui en avait été le fruit, y reconnut l'œuvre de Dieu, et lui donna son approbation par une ordonnance datée du 38 janvier 1629. :

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