Les principaux donateurs furent
Monseigneur Denaut, évêque de Québec... NAT $500.00 Monseigneur Plessis, coadjuteur et curé de Québec... 60.00 Le Séminaire de QUÉDEC sucres mesnnssse voue veeveoue rune 100,00 Le Révd. Père Casot, 8. Joss sssces vonnooose ouvooose 200,00 Le Révd, M. Chenèt, curé de Saint-Augustin.....…. sos 200,00 Plusieurs membres du Clergé sus sesse sevous sonore sons 742.00
De plus, M. le curé Chenèt fit don des tabernac!cs du maitreautel et de la chapelle de la Sainte-Vierge, avec leurs autels faits à la romaine, et d'une garniture de chandeliers argentés.
M. Robert, prêtre du Séminaire, donna le tabernacle et l'autel de la chapelle de Saint-Antoine ainsi que le tableau qui en fait le fond.
Le tableau de la chapelle de la Sainte- Vierge fut envoyé, en: présent, de Paris, par M. l’abhé Louis-Philippe Desjardins.
Dieu, où les prières de la bénédiction furent dites par M. Gravé, prêtre du Séminaire de Québec et vicaire général du diocèse.
Une inscription commémorative, gravée sur une plaque de plomb, fut scellée dans la pierre. :
Les Hospitalières ayant toutes leur voile baissé et agenouillées dans les embrasures des fenêtres d’où l’on avait une vue sur les fondations, prirent part à cette cérémonie qui réalisait pour elles quarante-cinqg années d'attente. L'allégresse de la nature à cette radieuse époque de l’année répondait à l’allégresse de leurs âmes. Il faut l'avoir observée à pareille heure, et de ce même endroit de la cité, d’où l’on jouit d’un point de vue incomparable, pour comprendre les sentiments que cette scène faisait naître en elles. A Jeurs pieds, le vaste bassin de Québec avec le mouvement de sa navigation ; au delà, fermant l'horizon, l'Ile d'Orléans avec ses falaises boisées, avec ses côteaux
1. Voici le texte français de cette inscription : ‘* En l’honneur de Dieu et de la Vierge Marie, la première pierre de cette église dédiée à la sainte-Croix, a été posée par F. H. Gravé Vic. Gen, du Diocèse, le jeudi, jour de l’Ascension de N. &S. 22 mai de l’année 1800. La 40e de Sa Très-Gracieuse Majesté le Roi George III, Son Excellence Robert Shore Milnes, Lieutenant - Gouverneur, L'illustrissime et Révérendissime Pierre Denault, Evèque, Messire J. O. Plessis coadjuteur élu, curé, La Révde. M. Geneviève Parent de Saint-François, Sup.
Cet édifice, entrepris par la foi sur les seuls fonds de la Providence, sera un monument de la charité des fidèles invités à y contribuer.”
vermeils couronnés de bocages, en face la côte de Beaupré qui rappelle le rivage de Naples, au couchant la fertile vallée de la rivière Saint- Charles ; tout cela éclairé par un soleil de mai qui achevait sa journée, et inclinait doucement la tête pour l’appuyer sur l’oreiller des Laurentides : voilà le monde de ravissantes choses qui s'offraient à leurs regards ou s’imposait à leurs esprits, pendant que les prières et les chants de l’église montaient jusqu’à elles, avec les parfums de leurs jardins en fleurs sous leurs fenêtres. C'est ainsi que s’annonçait l'aurore du dix-neuvième siècle qui allait être si fécond en bénédictions et en joies de la terre et du ciel, comme une juste compensation des épreuves dont avaient été semés les deux siècles précédents. Dans la vie des institutions comme dans celle des individus, il y a les jours du Thabor, comme il y a les jours du Calvaire.
Trois ans après cette heureuse date, la même foule se pressait dans l’enceinte de l’église conventuelle toute fraîche sortie des mains de l’architecte, et ouverte pour la première fois au culte divin. Le sanctuaire, orné avec ce goût exquis dont les religieuses possèdent le secret, avait cet air printannier qui donne tant de charmes à tout ce qui est jeune. On l’eût comparé à l’une de ces vierges, prête à franchir le seuil du cloître et qui arrive parée de sa plus fraîche toilette à la cérémonie où elle doit la déposer pour prendre le voile des novices.
La nef de l’église ne pouvant contenir toute l'assistance, les dames avaient été placées dans le chœur des Hospitalières dont la grille n'était pas encore posée. Ce fut un des bienfaiteurs et des promoteurs les plus zélés de l'œuvre, Mgr. Plessis, dont le souvenir est arssi cher à la communauté qu'il est illustre dans toute l’étendue du pays, qui fit les prières de laconsécration et qui officia à la grand’messe durant laquelle le chant fut exécuté alternativement par le chœur de la cathédrale et par celui des religieuses,
Il aurait fallu remonter par la pensée jusqu'à un siècle auparavant, pour trouver dans les annales du monastère une fête aussi solennelle et aussi délicieuse en célestes émotions. Les anciennes d'aujourd'hui en gardent encore le souvenir tout vivant, transmis par la génération précédente qui en a été le témoin.
Nous avons vu jusqu’à présent les Filles de la Miséricorde de Québec, uniquement occupées au chevet de leurs malades, les veillant jour et nuit, les consolant, les exhortant, les sanctifiant, d'âge en âge, toujours avec la même foi, le même amour, la même constance, le même dévouement. Il nous faut dire maintenant par quelles circonstances, elles ont été amenées à joindre, pendant quelques années, à l’œuvre essentielle de leur vocation unc autre œuvre de miséricorde non moins attendrissante, celle des enfants trouvés.
Nous allons voir ce qui les a engagées à ouvrir
leurs bras à ces petits infortunés, à les accueillir, à les protéger et à devenir ainsi les anges du berceau, sans cesser d’être les anges de la tombe. Comme si la Providence eût voulu qu'ici tous les âges à la fois leur fussent redevables de quelques dettes de reconnaissance.
Au commencement de ce siècle, Québec était devenu une ville considérable, et en avait pris la physionomie avec ses contrastes de vertus et de désordres. Parmi ces désordres, un des plus déplorables et qui avait pris des proportions alarmantes, était l'exposition des enfants nouveaux-nés. En 1801 le parlement canadien avait pris en main cette grave question, et avait accordé des subsides pour venir en aide à ces pauvres.petits êtres victimes de la honte ou de la pauvreté.
Aucune institution ne parut mieux en état de ‘se charger de ce soin que l’Hôtel-Dieu de Québec, et la commission nommée par le gouvernement en fit la proposition à la communauté. Quoique cette œuvre ne fût point dans les attributs de l’ordre, les Hospitalières crurent cependant, après avoir pris conseil des autorités ecclésiastiques, devoir accéder à la demande du gouvernement, à la condition toutefois que le trésor public se chargerait de toutes les dépenses : c'est-à-dire de l'entretien de chaque enfant, du logement et de la subsistance de quelque personne chargée de leur donner les premiers soins en attendant qu'ils fussent placés en nourrice.
L’allocation faite pour chaque enfant était de quarante piastres par année pendant dix ans.
En 1822 cette somme fut réduite à trente piastres par année, pendant sept ans seulement.
Le premier enfant fut reçu le 15 mai 1801. Ces enfants étaient déposés dans un tour muni d’une cloche destinée à avertir la femme de garde. Après avoir été portés au baptême ils étaient ramenés à l'hôpital et gardés juqu’à ce qu'on leur eût trouvé une nourrice qui était presque toujours choisie à la campagne. Elle devait être reconnue pour sa bonne conduite et munie ordinairement d’un certificat du curé de sa paroisse. La plupart de ces enfants finissaient par être adoptés dans les familles où ils avaient été reçus.
Cette organisation dura quarante-quatre ans c’est-à-dire jusqu’en 1845, que l'Hôtel-Dieu fut contraint d'abandonner cette œuvre, le gouvernement ayant retranché l'allocation qu’il avait
faite.
Pendant cet espace de temps, 1375 enfants furent reçus à l’Hôtel-Dieu, sur lesquels 102 furent reclamés par leurs parents, 537 placés en différentes familles ; 736 ne vécurent que peu de temps.
L'œuvre de ces petits proscrits de la société reporte naturellement notre pensée vers un autre proscrit que la révolution française avait jeté sur nos rivages, et qui, depuis 1807, était devenu l’hôte de l’Hôtel-Dieu où il a laissé un souvenir plein d’édification et de suavité. Mais pour faire
connaissance avec lui il nous faut remonter jusqu’à l’année 1792 où nous le trouvons enveloppé dans la proscription qui frappait alors le clergé de France, et attendant l'heure de l’échafaud sous les verrous de la Conveation. Dans la même prison où était incarcéré l’abbé Louis- Joseph Desjardins, était détenu, avec trente autres prêtres, son frère aîné, l’abbé Philippe Desjardins qui fut plus tard vicaire général de Paris. Les deux frères étaient natifs de Messas près de Beaugency, au diocèse d'Orléans. Echappé providentiellement à la mort ils prirent le chemin de l'exil et vin‘ent se réfugier au Canada où ils trouvèrent une seconde patrie.
L'abbé Louis-Joseph Desjardins eut d'abord à desservir les vastes et lointaines missions de la Baie des Chaleurs, où pour mieux exercer son zèle, il se rendit familières les langues sauvages. Rappelé à Québec en 1801, jl fut nommé vicaire à la cathédrale, puis curé d'office en 1805. Deux ans plus tsd, il accepta la direction spirituelle de l’Hôtel-Dieu, dont il fut le premier chapelain résidant.
Au-dessus des parloirs actuels, lui avaient été préparés des appartements qu’il occupa jusqu’à sa mort (31 août 1848).
La vie de cet homme de Dieu avait été une suite de dangers, de pérégrinations et de labeurs. Il n'avait semé que dans les larmes, et il espérait maintenant recueillir dans la joie. Il croyait, en entrant dans la retraite solitaire et sereine du
monastère, goûter un peu de ce repos qui avait été exilé de sa vie. Mais le repos est une plante qui ne croît guère que dans les climats éternels. Quelque temps après son installation à l’Hôtel- Dieu, une chûte qu'il fit le rendit infirme pour le reste de ses jours. Il ne put depuis lors que se traîner péniblement à l’aide de béquilles. Mais cette nouvelle croix, au lieu d’assombrir son front, ne fit que mettre un sourire et une bénédiction de plus sur ses lèvres. Jusqu'à son dernier moment il fut la lumière, le conseil, l'ami et le soutien de la communauté qu'il desservit pendant vingt-neuf ans, sans vouloir accepter d'honoraires, si ce n’est pendant les dix dernières années. Œst-il nécessaire d'ajouter qu'il était aimé comme un père et vénéré comme un saint ?
Plusieurs églises du Canada gardent la preuve de son zèle pour lasbeauté de la maison du Seigneur : particulièrement la cathédrale de Québec, la chapelle du Séminaire, l’église des Ursulines et celle de l'Hôtel-Dieu qu'il a enrichies de superbes tableaux anciens apportés de France. Son digne frère qui s'était consacré pendant huit ans à l’œuvre de nos missions, était retourné au pays natal où de hautes distinctions l’attendaient. Lui ne voulut point quitter sa patrie adoptive. Ses restes reposent sous les dalles du chœur des religieuses, dans cette même église où il leur a distribué tant de fois le pain de sa parole et le pain des Anges. La carrière
TROISIÈATE ÉPOQUE. 499
du juste, a dit l'Esprit-baint, est comme une lampe brillante dont la clarté ne cesse de croître jusqu'au grand jour (Proverbes IV, 18.) :
1. Un ancien ami de l'Hôtel-Dieu et de M. Desjardins, M. Charles Hamel, a fait placer près de sa tombe, au-dedans du chœur des religieuses, un marbre sur lequel il a fait graver l'épitaphe suivante :
Ici repose Messire Louis-Joseph Desjardins, Prètre, Premier chapelain résidant dans cette maison, Né à Beaugency, Diocèse d'Orléans, Le 19 mars 1766, Ordonné prètre le 20 mars 1790, Exilé de France pour la foi Et Venu au Canada en 1794.
Il dirigea cette communauté depuis 1807 jusqu'à 1836. Son aménité, sa douceur, sa bienveillante générosité A l'égard de tous Furent les preuves toujours actives De son ardente charité.
Plein de jours et de mérites,
[ mourut dans la paix du Seigneur,
Le 31 août 1848,
A l’âge de 82? ans.