RICARD
Lettres patentes de Louis XIV par lesquelles il est accordé à titre d'indemnité àTHôtel-Dieu trois mesures de bois pendant trois ans à prendre dans les bois du Boulonnais, 1643.
Louis par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre aux grand maistre et maistres particuliers et autres officiers des eaux et forests de Boullenois, Salut. Nos chères et bien amées les religieuses de Ihostel Dieu de la ville de Montreuil Nous ayant très humblement supplié et requis quil nous pleut leur accorder et faire don de trois mesures de bois pour chascun an à prendre es forests dudict pays de Boullenois pour le chauffage des mallades et pauvres dudici hostel Dieu estans situez sur la frontière du pays d'Artois en telle sorte quelles ont esté depuis en très grande nécessité et à cause du grand nombre de soldats malades et blessez qui se sont venus réfugier dans ledict hostel Dieu notamment durant les sièges de Saint Omer, Hesdin et Aire pour la nourriture, médicamens desquels ont esté obligéez demprunter grandes sommes de deniers dont elles sont encore redevables, en outre le feu Roy nostre très honoré seigneur et père ayant résolu de faire fortiffier ladicte ville, il a esté enfermé dans lesdictes fortiffications p usieurs terres sur lesquelles elles auoient cens et rentes surcensières desquelles elles sont aussy à présent priveez, Nous aurions renvoie la requeste des exposantes en nostre conseil pour nous donner son advis sur le contenu dicelle et icelluy veu et rapporté estre ordonné ce que de raison, et voulant gratiffier lesdictes exposantes autant que la nécessité de noz affaires le peut à présent
(i) A 10 Case i.
permettre. A ces causes, après avoir faict veoir en nostre conseil le certifOcat du S'" comte de Lannoy, gouuerneur de ladicte ville et du niayour et eschovins dicolle do la non jouissance des biens et revenus dudicL liosLel Dieu, à cause d(i la ;^uerre et desdictes fortilTications du XXI juillet dernier et trois dudict présent mois, de ladvis des Messieurs du Conseil où estoit la Reyne H6i,^ente notre très honorée dame et mère. Nous avons accordé, accordons par ces présentes sij^nées de nostre main aux dictes religieuses de Thostel Dieu de Montreuil, durant ti'ois années seuUement ladicte quantité de trois mesures dô bois i)ar chascun an pour le chaullage des pauvres malades dudict hostel Dieu à prendre dans les forestzde nostre domaine de Boullenois en lieux les moins dommageables dont dellivrance leur sera faicte ainsy quil est acoustumé. Sy vous mandons et ordonnons par cesdictes présentes de taire jouir les suppliantes de l'effet dudict arrest et leur faire tenir ladicte dellivrance conformément à icelluy, commandons au premier nostre huissier ou sergent sur ce requis de faire pour son entière exécution toutes signiffication, commandemens, sommations et autres actes et exploits nécessaires sans demander aucune permission, car tel est nostre plaisir. Donné à Paris, le vingt sixiesme jour d'Aoust Tan de grâce mil six cent quarante trois et de nostre règne le premier (1).
LOUIS
Lettres de Sauvegarde accordées par Louis XIV à l'Hotel-Dieu
A tous nos lieutenans généraux, gouverneurs de nos provinces et villes, mareschaux de France, luareschaux et maistres de nos camps et armées, colonels et cappitaines, chefs et conducteurs de nos gens de guerre tant de cheval que de pied, de quelque langue et nation quils soienf, mareschaux et fourriers des logis diceuxet tous ceux aux quels ces présentes seront montrées, salut, Désirans gratiffîer les relligieuses de Ihostel Dieu de Montrœul en considération de grande pitié et dévotion et sur la recommandation qui nous en a esté faicte par aucun de nos plus spéciaux serviteurs, Nous, de ladvis de la Reyne Régente nostre très honorée dame et mère vous défiendons très expressément de loger ny souffrir estre logez aucun de nosdicts gens de guerre en leur maison et monastère dudict Monstrœul en leurs maisons et fermes Sainct Nicolas aux Champs proche dudict Montrœul et en leurs fermes soizes aux villages de Clanleu et Saint Michel en Boulenois ny en icelle prendre ou enlever aucuns bleds, vins, foings, avaisnes, pailles volailles, bestial, eu autres vivres et commoditez quelconques sans leur gré et consentement les ayants prises et mises, prenons et mettons par ces présentes signez de nostre main en nostre protection et sauvegarde spécialle. Et affïn qu'aucun nen prétende cause dignorance. Nous leur avons promis de faire mettre et apposer aux lieux et endroicts plus éminents de leurs dictes maisons et fermes nos armoiries, panonceaux et bastons royaux, voulons que des contrevenances il en soit faict par le premier prevost de nosdicts cousins et mareschaux de France telle et sy sévère punition quelle
(i) A I Case i.
serve dexemple à contenir tous autres, Car tel est nostre plaisir. Et dautant que ces présentes Ion pouroit avoir ailaire en cliacune des- I dictes maisons et fermes nous voulions quy la coppie dicelle deument collalionnée ioy soit adjoustée comme au présent original. iJonné à Paris IIP jour d Avril mil six cens quarante sept (1).
LOUIS
Exemption du droit de paille accordée par Charles de Lorraine
gouverneur de Montreuil
Nous Charles de Lorraine, prince d'îlarcourt, gouverneur ot lieu- i tenant général pour le Roy au gouvernement de Picardie, Boullenois, Arthois et pais reconquis, gouuerneur pour Sa Majesté des ville et ci- : tadelle de Monstreuil sur la Mer, Désirons autant quil nous est possible gratifier l'hostel Dieu de cette ville, Voulons et entendons que leurs fermiers soient exemptés de toultes leveez qui pourroient estre faictes ci après pour la subsistance de nostre régiment de cavalerie ou d'infanterie aveucq deffenses à toultes personnes d'imposer ou contraindre lesdits fermiers den paier aucune chose. En foy de quoy nous avons signé ces présentes ce 6 Décembre 1652 ('2).
le prince d'HARGOVRT.
Donation de la Maladrerie du Val à l'Hôtel-Dieu
Louis par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre à tous prôsens et à venir Salut. Nos bien aimés les administrateurs de l'hostel Dieu de la ville de Montreuil nous ont fait remontrer que par nos édits et déclarations des mois de Mars, aviil et août mil six cens quatre vingt nous aurions désuni de l'ordre de Notre Dame du Mont Carmel et de Saint Lazare les maladreries, aumoneries et léproseries qui y avoient été joincte, et incorporées eticelles réunies aux hospilaux desquels elles avoient été désunies, ce que, par arrêt de nostre conseil du treize juillet dernier, rendu en exécution de nos dits édits et déclarations et suivant l'advis des sieurs commissaires par nous députés pour l'exécution diceux nous aurions unis à l'hostel Dieu de ladite : ville de Montreuil les biens et revenus des maladreries mentionnées audit édit pour l'exécution duquel toutes lettres nécessaires seront ex pédiées lesquelles les dits sieurs administrateurs nous ont tous huniblement fait supplier leur vouloir accorder. A ces causes, de l'advis ■ de notre conseil qui a veu les arrests dudit jour treize juillet dernier | dont l'extrait est cy attaché sous le contre scel de notre chancellerie, i Nous, conformément à icelui et de notre grâce spécial, pleine puis- f; sance et autorité royale avons par ces présentes signées de notre i main uni et unissons à l'hostel Dieu de la ville de Montreuil les biens et > revenus de la maladrerie du Val dudit Montreuil et les maladreries de
(i) A I Case i.
(2) A I Case 1.
Verton, Waben et Monti^mi les Nempont pour en jouir du premier dujit mois de juillet dernier et lesdits revenus être employas à la noiir- [•itui'o et enti'olien des pauvres malades dudit hostel l)i(îu à la cliar^^e le satisfaire aux prières et sei'vices de londations dont peuvent être .enues lesdites maladreries et de recevoir les pauvres malades de l'erton, Waben et iMontijj^ui les Nomi)ont à i)ropoi'tion des revenus jesdits lieux et en coiisé([uence ordonnons que les titres, les papiers concernant lesdites maladreries, biens, revenus en dépendances qui 3euvent être en la possession de maistre Jean Baptiste Macé cy devant oificier de la chambre royale aux archives de l'ordre de Saint Lazare et entre les mains des commis et préposés par le sieur Intendant .8 commissaire par Nous député en la f^énéralité d'Amiens môme en celles des chevaliers dudit ordi'e, leurs agens, commis et termiers ou lutres qui jouissent desdits biens et revenus avant notre édit du mois le mai^s mil six cent (juatre vingt treize seront délivrés aux adminis- ,ratcui*s dudit hospital, à ce faire les déposiiaires contraincts par tou- :es voies, ce faisant ils en demeureront bien et valablement déchargés >! donnons en mandement à nos amez et féaux conseiller les gens telans notre cour de Parlement de Paris que ces présentes et lesdits ar- -ests ils fassent registrer et du contenu en icelles jouir et user lesdits 3xposans et leurs successeurs audit liostel Dieu pleinement, paistblencnt et perpétuellement cessant et faisant cesser tous troubles et 3Dipeschement contraires. Car tel est notre plaisir. Et affin que ce soit chose ferme et stable à touiours nous avons fait mettre nostre scel à :.es présentes. Donné à Versailles au mois de Janvier lan de grâce mil seize cent quatre vingt seize et de nostre règne le cinquante troisième. (1).
LOUIS
Enregistrées par le Parlement le 13 février 1697.
Note sur la Maladrerie de Waben
Ce que possède aujourd'hui l'Hôtel-Dieu à Waben, 2 hectare^ 27 ares, aux lieux dits ï Arbre à Geai et \Si Pierre A Ûaqui, semble provenir de la donation faite au commencement du xv*" siècle par Pierre de Roussent, bourgeois de Montreuil, d'un fief considérable situé à Waben et aux environs. C'est du moins ce qui appert d'un aveu cendu pour cette terre par l'Hôtel-Dieu à Jacques d'Ostove, possesseur, par suite de son mariage avec Marie de la Ghaune, de la seigneurie de Fauquembergue, en Montreuil le 18 janvier 1619.
On ignore complètement ce que fut la maladrerie de Waben, des titres étaient perdus dès le xvii^ siècle et il ne restait alors que bien peu de chose de son patrimoine.
Le 2 Août 1632, André Poisson, sergent royal à Abbeville, se rend ■adjudicataire pour neuf ans, moyennant 54 livres de revenu, de la Maladrerie de Waben, à charge de payer les rentes et d'acquitter les fondations auxquelles cette maison est tenue. Ladite adjudication est payée à la requête de Jacques Saumon, chanoine de Saint-Wulfran d'Abbeville, prieur de Sainte-Croix et grand vicaire du cardinal de la
(i) A I Case i.
Rochefoucauld, grand aumônier de France. Sous Jean-Barthelemy, doyen de la collégiale de Saint- Wulfran et vicaire du cardinal de Lyon, André Froissart en 1039 et après lui Honoré Froissart en 1047, devinrent adjudicataires de ces revenus moyennant 56 livres.
Les Archives hospitalières de Montreuil, conservent un compterendu par les adjudicataires à la Chambre de Réformation des hôpitaux de France des revenus et recettes de la Maladrerie de Waben du 1®"" janvier 1640 au V 1645. En voici le résumé :
Recettes 180 1.
Dépenses :
Payé pour 9 mois de pension de Jean Flahaut,
lépreux à la Maladrerie d'Abbeville 30 1.
Payé pour l'année 1642 40
Id. pour 9 mois de l'année 1643 30 Id. pour 6 mois de pension de Marie Lhermite,
lépreuse 20
Id. Pour 3 mois 10
Pour rédaction et expédition du présent compte 3 10 ,
1331.10cil331.10
Excédent 146 10
En souffrance 170 10
En 1657, Philippe Delépine, mayeur de Waben, se rendit adjudicataire des revenus de la Maladrerie de Waben moyennant 70 livres et la célébration d'une messe chaque semaine. Les revenus consistaient alors en 2 muids d'avoine et 52 sous d'argent à prendre sur la recette du domaine de Ponthieu.
Exemption du droit de paille accordée par Henry de Lorraine gouverneur de Montreuil
Henry de Lorraine duc d'Elbeuf, Pair de France, gouverneur et lieutenant général des provinces de Picardie, Artois, Boulennois, pais conquis et reconquis, des ville et citadelle de Montreuil-sur-Mer et lieutenant général de ses armées. Les dames religieuses de l'hostel Dieu de Montreuil Nous ayant remontré la nécessité dudit hostel Dieu supplient leur faire la charité et aux pauvres leur donner et remettre une rente et redevance annuelle qu'on leur fait paier pour paille qu'ils doibvent audit gouverneur de Montreuil à cause de la maison et métairie du Val, Avons donné et remis audit hostel Dieu ladite rente et redevance de vingt livres à l'avenir au profit dudit hostel et défense^ de leur en faire paier aucune chose à commencer du premier janvier, dernier. Fait à Paris le quatre mars 1698 (1)
Le duc d'ELBEUF.
Par S. A. R. Monseigneur, GHATTELLAIN.
(i) A I Case i.
Exemption de logement de gens de guerre accordée à l'aumônier
de l'Hôtel-Dieu
A M. de Seiineville, aumônier de l'IIùpital de Montreuil,
Arras 17 mai 1711.
J'ai receu, Monsieur, la lettre que vous avez pris la peine de m'éîrire le 13 de ce mois avec le placet qui estoit joint au sujet des lof^^ei:emts de jj^ens de guerre qu'on vous a donnés. Je mande au S"" de la .^resnais qu'il ne convient pas d'en donner à un aumônier d'hôpital et e luy marque de faire oterceux que vous pouvez avoir* et d'empescher [u'il vous en soit donné à l'avenir.
Je suis, Monsieur, votre très humble et très aflèctionné serviteur.
de BERNAGE.
A M. de la Fresnays,
Arras 17 Mai 1711.
Je vous envoyé, Monsieur, le placet cy joint du S'' de Senneville, Dfêtre et aumoniée de l'Hôpital de Montreuil, qui se plaint des logeuents qu'on luy a donnés. Il ne convient point d'en donner à un auiiônier d'Hôpital et je vous prie de faire oter ceux qu'il peut avoir et l'empêcher qu'il luy en soit envoyé à l'avenir (i).
Je suis votre très humble et affectionné serviteur.
de BERNAGE.
Lettres royales contre les détenteurs de papiers et de titres concernant
l'Hôtel-Dieu 1720
Louis par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre, à Notre Raiily Lieutenant Civil et criminel des ville, banlieue et baillage de Waben en Ponthieu. De la partie des prieure et religieuses de l'Hôtel-Dieu de Montreuil-sur-Mer, Nous ont fait remontrer 5u'à cause dudit Hôtel-Dieu ils ont tous droits de justice, haute, moyenne et basse ; plusieurs domaines, fîefs et arrière fiefs ; foy, hommages, cens, rentes, terrages, champarts et autres droits et devoirs seigneuriaux qui sont dûs par plusieurs personnes tant nobles qu'autres dont les exposantes ont de tout temps jouy, mais comme elles craignent que leurs livres titres et papiers terriers, aveux et dénombrements et titres nouveaux venant à se prescrire, elles ne perdent leurs droits pour la mauvaise foy d'aucuns détenteurs, débiteurs, redevables et autres la plupart desquels sont refusant dépasser titres nouvel, bailler aveu et dénombrement s'ils n'y sont contraints et ne leur est pourvu de nos lettres sur ce nécessaires qu'elles nous ont très humblement fait supplier de leur accorder. A ces causes, voulant favorablement traiter les exposantes, les maintenir et conserver en tous leurs droits. Nous vous mandons et enjoignons par ces présentes qu'à leur requête vous fassiez scavoir tant par publications
(i) A I Caïc I,
ik
à prônes des grandes messes, à cris publics et par affiches es lieu: accoutumez desdites terres, et où sont scituez les biens, immeubles! tant en fiefs qu'en cotterie appartenant audit hostei scituez en Artois Boulonnois, Picardie et Waben au comte de Ponthieu, à tous vasseu} détenteurs, amphitéotes, tenanciers des héritages sujets aux droit: que pardevant un ou deux notaires ils aient dans le temps qui leui sera préfix à faire les foy, hommages dûs, bailler par écrit aveu e dénombrement, et fidelle déclaration des noms, contenances tenant} et aboutissants, redevances et charges tant en fiefs que rotures det lieux qu'ils possèdent, redevables des droits, rapporter titres nouvel^ en vertu desquels ils jouissent, se purger par serment sur la vériU d'iceux aveu et dénombrement et déclarafions, payer les arrérages dus nt échus ; A ce faire voulons les détenteurs et autres estrc contraints par les voyes accoutumées et en cas de refus, oppositior ou delay, Notre main suffisamment garnie ; Quant aux choses tenues noblement, voulons les parties estre par lesdits notaires renvoyé; ou assignez pardevant vous, et où les exposants voudroient maintenir les aveux, dénombrement et desclaration n'estre véritables, vous avez dépens de quy il appartiendra ; faites arpenter et mesurer les lieux parties présentes ou duement appelées ; faites planter bornes; et limiter ces endroits nécessaires ; permettons en outre aux exposantes s'approprier toutes et chacunes des terres, prez et autres héritages vacants en toute l'étendue des terres et fiefs dont ne leui apparoitront aucuns détenteurs et icelles faire cultiver si bon leur' semble pendant trois années durant lesquelles tous les légitimes possesseurs pourront les réclamer en payant les frais des cultures et après icelles en demeure pleins possesseurs et propriétaires et de tout faire par lesdits notaires registrer et papiers terriers dans le^quuels pourront être par eux transcrites les déclarations de toii et chacun les autres fiefs, maisons, cotteries, terres, prez rt autrehéritages à elles appartenants, et audit Hôtel-Dieu et possédez ces susdits lieux, pour le tout délivré aux exposantes leur servir et valoir ainsi que de raison, ce mandons au premier notre huissier, sergent ou autre sur ce requis ce faire pour l'exécution des présente> dans toute l'étendue du ressort de notre cour de Parlement séant à Pontoise tous exploits de commandements, assignations et autres actes requis et nécessaires. Car tel est notre plaisir. Donné à Paris sous le scel de notre chancellerie le vingtième jour du mois de novembre l'an de grâce mil sept cent vingt et de notre règne le sixième (1).
Par le Conseil.
CtERVAIS.
(i) B 41 Case 5.
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