‹ Histoire de l'Hôtel-Dieu Saint-NicolasChapitre 9 sur 36 · niaistresse · texte numérisé non relu

niaistresse

« avons incontinent

« faict proct^der par les voies de justice et affin que les choses soient 4c faictes selon le droict, avons faict veoir, veu et entretenus les an- « tiennes ré^4es de vostre maison et icelles corrigées, augmentées et « diminuées selon la forme que nous vous envoions présentement(l).» Comme on le voit par ce préambule, les nouveaux statuts, à l'inverse de ceux précédemment en vigueur, sont rédigés en français, mais ils n'en difîérent guères quant au fond. En effet toutes les dispositions anciennes s'y retrouvent jusqu'à celle d'après laquelle, contrairement à ce qu'on a pu dire depuis, il était loisible encore au personnel dirigeant l'Hôtel-Dieu de se constituer en communauté mixte bien que depuis un temps immémorial il eut cessé de l'être.

Sceau de l'Hôtel-Dieu au XVI' siècle

(Communication de M. Eugène Duval)

Sceau dont les sœurs servent encore actuellement

(i) A 10 Case I. — A. Braquchay a lu de ce passage, endommagé par l'hu^ midité, tout ce cjui était lisible. (H. P.)

Oudart Roze parait n'être resté à THôtel-Dieu comme gouverneur que très peu de temps après la réception de ces statuts dont le préambule accuse un profond dissentiment entre le maître et la maîtresse au sujet de l'administration intérieure de la maison. Ainsi le voit on remplacé par

Antoine COCHON

désigné comm.e « maistre par provision » de l'Hôtel-Dieu dans un bail de la ferme de Glenleu daté du 12 février 1592 et dans lequel est prévu le cas où le fermier ne pourrait « faire sa demeurance en ladite mai- « son et labourer lesdites terres par raison de gens de guerre (1). »

Alors Catherine Pérache était maîtresse de la Communauté composée des sœurs Françoise de Huppy, Marie de Poilly, Marie Pérache, Madelaine Vasseur et Françoise Framery.

Philippe BEAUGRAND 1594- 1603

Philippe Beaugrand ou de Beaugrand, né à Wailly près Montreuil du légitime mariage de Jacques et de Jossette de Fiocque, fut vraisemblablement comme Oudart Roze un ancien élève du célèbre Denis Lambin. Au moment où les sœurs de l'Hôtel-Dieu de Montreuil l'appelèrent à l'administration de leur maison, il résidait encore à Paris où il occupait le poste de « chantre de la chapelle, musicque du Roy» alors sous l'habile direction du maître de chapelle François Eustache du Caurroy.

Témoin des derniers désordres de la Ligue, Philippe Beaugrand s'efforça d'en effacer jusqu'aux moindres traces dans sa maison et aussi de réparer autant que possible les dommages que l'Hôtel-Dieu eut à ressentir dans ses possessions à la suite de la déclaration de guerre de Henri IV à l'Espagne.

L'Hôtel-Dieu était alors en procès dans l'abbaye de Saint-Andréau-Bois pour le non-paiement de 25 setiers et d'un plein quarteron de blé qui lui étaient dus annuellement à cause de la censé de Brunehautpré. Les sœurs peu disposées en faveur de l'abbé Jacques Vainet qui venait de proposer aux Espagnols l'attaque de Montreuil quand il ne rougissait pas de demander le lendemain au roi de France aide et protection, avaient fait procéder à la saisie des biens de son abbaye. Pour le moment, disaient elles avec raison du reste dans une de leurs suppliques, elles ne pouvaient « subvenir à la nécessité de la grande « quantité dudits malades tant de gens de guerre que aultres sy elles « ne estoient payées de leur petit revenu et que ce en estoit le partie « le plus clair et liquide qu'elles ayent, le reste estant en totale ruyne « tant au moyen des troubles cy devant passez en ce pays que par « acte d'hostilité de ceulx dudit pays d'Arthois qui depuis naguères « ont consumé par feu et réduit en cendres la censé de Saint Nicolas « aux champs près de la dite ville.

;i) B 98 Case 3.

Les (^vcuiciucnls simplifiôrcnt siii^^iilièreincnt les procédures. L'abbaye de Saint-Aiidi'é ayant ôtô mise à sac par les troupes du maréchal ie Humiôres, les s(rurs eu i)ro(ltèrent pour réclanuM* ce qui leur était dû ce fi (luoi Henri de la Toui', duc de Bouillon s'empressa de consentir en leur dC^livrant l'ordonnance suivante :

« H est ordonné aux ofliciers du Uoy qui ont faict les susdites sai- « sies de deslivrer aux suppliantes ce quy se trouveroit leur apparte- « nir, ce dont elles ont droit sur ladite abaye Saint-André afin que « d'aultant mieux elles ayent moyen de vivre et traictier et panser « les pauvres malades qui sont à l'Hôtel-Dieu de ceste ville.

« Faict à Monstreul ce XV^ Aoust 1505.

« Henry de la TOUR (1). »

A cette époque, la peste exerçait à Montreuil les plus grands ravages. Les sœurs de l'Pïôtel-Dieu « usans de charité et faisans plus « que leurs moyens et facultez se pœuvent estendre » avaient peine à subvenir aux besoins des victimes de ce fléau dont l'intensité se faisait sentir de plus en plus. Or, le 3 novembre 1595. Simon Gaumortel, de Lépinoy, payait de sa vie un court séjour à Montreuil où Nicolle le Tourbier, sa mère, avait succombé quelques jours auparavant. « Fort « débile et agité de maladye, » vainement il avait « offert tout ce quil « luy pouvoit appartenir en ce monde tant mœubles qu'immœubles, à « tous et un chascun quy le vouldroient recœullir et solliciter en sa « nécessité extresme en laquelle il se trouvait estant délaissé et ha- « bandonné de tous ses parens et amys... Pour l'air corrumpu et pour « la véhémence de la maladie ou plustost mortalité laquelle pour lors « régnoit en icelle dicte ville nulle personne l'avoit voulu recœuillir « ny recepvoir moins solliciter en ceste dicte si sienne extrémité. II « fust demeuré sur le pavé, » lit on dans un certificat délivré par l'abbé Quentin Liesse, curé de Lépinoy, et signé de nombreux habitants de cette paroisse, si les maître et sœurs « aians par plusieurs fois faict « refus » de l'admettre « parce quil avoit de quoy se subvenir » n'avaient enfin consenti « à le prendre et recepvoir en la salle des pauvres « malades. » Pour la courtoisie qu'il y avait reçue, Gaumortel, dans son testament du 29 octobre passé devant Jehan Bellin, notaire à Montreuil, avait déclaré donner « pour Dieu et en aulmosnes à toujours et « à jamais audict liostel Dieu dès le jour de son trespas, aussi pour « estre comprins aux bienffaictz qui se font et feront en ce dict lieu, « tout ce qu'en ce monde luy pouvoit appartenir tant mœubles qu'im- « mœubles et, au cas qu'il revint et se retrouvast en convalescence et « santé quil bailleroit audit hostel Dieu honeste contentement davoir « esté subs tante et alimenté du bien des pauvres. » Gaumortel étant décédé, Philippe Beaugrand pour l'exécution de ses dernières volontés, acquitta le 10 décembre les droits de relief entre les mains de François Salle, receveur de la Seigneurie de Lépinoy, pour des terres à Lépinoy et Jumel, et, le 12 suivant, Louis du Gay, sieur de la Picqueterye en Marquenterre, notaire à Montreuil et bailli d'Isaac de VVauldray, seigneur de Mouy, Haute Avesne, Lespinoy, etc envoya l'Hôtel-Dien en possession desdits biens par acte passé en son « hostel « de Monstrœul, terre empruntée à messieurs les maieuret eschevins « de la dicte ville pour et à cause des injures et calamitez du tems,

(i) B 89 Case 7.

« des guerres et incursions des ennemis ayant pour le présent cours « et reignans en ce pays. »

Malgré l'accomplissement de cess formalités, dès la cesations de la peste et la signature de la paix avec l'Espagne, un certain Thomas Saubry, du village de Saint Remy, se disant allié par sa femme à Simon Gaumortel vint réclamer la possession de ces biens à rencontre de l'Hôtel-Dieu qui pourtant en avait été reconnu comme légitime possesseur par sentence du bailli d'Amiens du 13 septembre 1598, mais qui jusqu'alors n'en avait fait aucune appréhension « tant à rai- « son des guerres, calamitez du tems et incursions des ennemis na- « guères aiant cours et qui ont régné en ce royaulme signamment « audit Lespinoy qui est limitrophe, proche et contigu au pays de « Bourgogne que de leur simplicité et inadvertance. »

L'affaire portée devant le Parlement, Philippe Beaugrand remit à M® Lhotelîier la cause de l'Hôtel-Dieu. Quant à Saubry, sur son refus réitéré d'élire domicile à Paris et de fournir le caution indispensable « attendu qu'il est subject au roy d'Espaigne et non au roy de France » un arrêt du 5 août 1600 prononça défaut contre lui et donna complètement gain de cause à l'Hôtel-Dieu.

De la correspondance échangée entre Philippe Beaugrand et M" Lhotelîier en cette circonstance, il ressort que ce procès coûta bien des « escus soleil » à PHôtel-Dieu sans compter les espèces consistant en < bœurre et poix que vous m'avez promis et que jespère « avoir plustost aujourd'huy que demain daultant cela mempesche « davoir mes provisions de Garesme. » Moyennant quoi le bon maître Lhotelîier après avoir fait part des sentiments affectueux de MM. de Glely, Mauduit et de « M^ Lambin, huissier aux requestes du Pallais « de Paris » envers les maître et sœurs priait « Dieu le créateur vous « donner une parfaicte santé, bonne, longue et heureuse vie. »

Paré, le maître clerc, n'oubliait pas de son côté, de réclamer sa petite part. « H vous plaira, met il en post scriplum à l'une des lettres « de son patron, pour les despenses que nous avons faictes de vos « affaires et que nous ferons par cy après, envoier quelque chose « adfîn davoir souvenance de vous, ce que je crois que vous ferez et « que M. Dieu nous a tousjours promis (1). »

Débarrassé des ennuis de ce procès, Philippe Beaugrand profita du repos que la paix de Vervins ramena en Picardie pour donner une plus grande extension à l'Hôtel-Dieu. A cet effet, par acte du 23 août 1600 passée devait Antoine Baudelicque, notaire à Etaples, en présence de Jehan Fiérard mayeur de cette ville, il acheta au gouverneur de Montreuil, Charles des Essars de Meigneulx et à François de Heghes, secrétaire en la chambre du roi et ancien mayeur de Montreuil, alors demeurant à Enocq, deux maisons sises place Saint- Saulve, à l'une desquelles « soUoit pendre pour enseigne les Escu- « reulx >. L'une de ces maisons provenait de François de Heghes, père du vendeur et frère d'Antoine de Heghes, aussi ancien mayeur ; l'autre, celle des Escureulx, de la sœur du gouverneur comme légataire de Marguerite aux Anneaulx. L'Hôtel-Dieu s'acquitta ce cet achat avec le produit du remboursement de quelques rentes, d'une entre

(i) B 26 Case 3.

os

autres que lui (UaiL duo sur la maison de Jehan Ganibier d'Ktaples (1). J.e l*""" d(3conil)i'e de celte même ann^e, Pliilippc Heau^i'and obtint main-levée (1(^ la saisie du tempoi-el de rH(Hel-I)ieu pratirpiée surcette niaison depuis j)lusioui's aniK'es à la requête de la UéCormation générale des Hôpitaux et maladreries de France à cause du refus des sœurs de ])r()(luire hMirs titres, celles-ci prétendant qu'ils avaient été perdus ou détruits ])en(lant les guerres (2)

Un bail de la ferme de Saint-Nicolas passé en IGOl relate à peu de différences ])rès les mômes conditions que celui de 1579 : 00 setiers de blé, iO setiers de mars, 200 gerbées et autant de feures d'avoine, un demi-cent de « pezas » et de « vescherons, » jouissance de la moitié des fruits, réparation des bâtiments tous les trois ans, amendement des terres, charrois de 25 setiers de blé dûs par l'abbaye de Saint André et de 5 auti*es setiers par la maison du Val, fourniture de deux porcs, entretiens en pâture de deux vaches depuis la mi-mars jusqu'à la Toussaint. Enfin l'IIôtel-Dieu se réserve le droit de dispenser le fermier du diner annuel moyennant le paiement de trois écus. Le fermier s'engage en outre à payer un écu à chacune des sœurs (3) et de « fournir nourrir et allever espace de trois ans » un poullain « cau- « troye » pour le maître (4). »

Selon toute apparence, Philippe Beaugrand mourut vers la fin de l'année 1002. Dans son testament du 14 octobre de cette année il déclara vouloir être inhumé dans la chapelle de l'Hôtel-Dieu et donner aux pauvres ses meubles et 23 livres 10 sous plus 4 livres pour la célébration d'un obit annuel. Il lègue à l'église de Wailly près Montreuil un calice, deux burettes, deux chandeliers, le tout d'étain ; une aube pour 40 sols tournois de rente à charge d'un obit. Il recommande le paiement d'une somme de 13 livres dont il est redevable envers «M. le « Bel, chanoine de Chartres, docteur de Paris ». Enfin il « fait don à « Monsieur du Caurroy, maistre de la chapelle musicque du Roy, « d'une monstre de cuivre doré où il y a pour figure limage de Nostre « Seigneur portant sa croix, avec sa bourse de velours noir qui lui « sera deslivrée par François de Beaugrand son frère. Item faict don « aux chanstres et chanoysnes de ladicte chapelle de deuxescus pour « une fois qui leur seront délivrés par ledict de Beaugrand incontinent « après quils auront chanté le service en musicque quil leur prie de « faire à son intention, lequel fait, devront estre despensés par lesdits « chanstres et chanoysnes et, après le repas, estre dict un de profun- « dis en musicque (5). »

(i) A 2 Case i.

(2) A I Case i.

(3) Eq 1577, le fermier de Blovillc s'engage à payer aux prieur, sous*prîeUf, chantre, sous chantre de Saint André à chacun 20 sols aux autres jeunes religieux pour leur récréation le jour des Innocents, 30 sols, plus un pâté, Uû noble à la rose, etc.

(4) B 29 Case 4.

(5) B 97 Case 7.

François MARTIN 1603-18

François Martin, prêtre clerc de l'église du Saint Sépulcre à Abbeville en 1602 (1), comparait comme gouverneur de l'Hôtel-Dieu d^ Montreuil dans un acte du 28 mars 1G03 concernant l'exécution d^ dernières volontés de Philippe Beaugrand, son prédécesseur (2).

Le 6 mai 1604, l'Hôtel-Dieu reçut à Toccasion de l'entrée en religion de Marie Mulier, l'une des deux filles de Gabriel Mulier, maître corroyeur à Montreuil, et de Guillemette Douay, native de Feuquières (3), 5 journaux 68 verges et demi de terre relevant des seigneurier de Fressenneville et des abbayes de Saint-Valery et de Saint- Riquier. Ces terres ont été vendues le i9 août 1863 (4).

Le 24 novembre 1605, THôtel-Dieu acquit d'Antoine Leroy 2 mesures de terre à Glenleu (5).

Enfin, le 6 mai 1606, Marie Lejeune, à son entrée en religion fil l'abandon en faveur de cet établissement, d'une ferme de 36 mesures de terre à Humbert et Saint-Michel qui s'accrut d'un legs de Marguerite Gavel en 1640 (6), d'acquisitions faites en 1737 avec les deniers de Madame Heuzé de Rangueil (7) et tout récemment d'un legs de M. l'abbé Danel, curé de Réty.

Zélé défenseur des privilèges de l'Hôtel-Dieu, François Martin s'at-; trcha surtout à maintenir le droit qui de tout temps avait été reconnu: a cette maison sur les biens des personnes qui y décédaient sans avoir fait de testament : « Au mois de juing mil six cens six, dit-il, un nom- « mé Jacques Guvillon, berger de la maison de Sainst Nicolas aux « Champs, mourut en la salle dudit hostel sans faire de testament. Et « avoit quelque somme et argent et bons habillemens et aultres mœu- « blés chez un nommé Aspre Bourgerin, tisserant en toille, lequel sej « disoit héritier et ne vouUoit bailler lesditz mœubles. Pourquoy il « fust mis en cause par devant le juge de Monstrœul où il fut con- « dempné de rendre audit hostel tous lesdictz mœubles et aux des-' « pens du procez (8). »

Le 29 janvier 1609, Pierre Dusagnier, en religion frère Marc de France, récollet au couvent de Sarragosse, légua à l'Hôtel-Dieu une ™ mesure de pré et 3 journaux de terre à Verton, son pays natal (9). J

Jusqu'à cette époque, François Martin gouvernait l'Hôtel-Dieu sans avoir été reconnu par l'évêque d'Amiens ni même fait de profession religieuse. A son arrivée dans la maison, Montreuil et les environs

(i) E 37 Case 9.

(2) B 97 Case 7.

(3) Anne, leur autre fille était mariée à Lambert Thorcl, maître cordier i Montreuil.

(4) B 18 Case 3.

(5) B 98 Case i.

(6) B 28 Case 4.

(8) A 5 Case 10.

(9) B 26 Case 3.

ôtaionl cependant rendus au calme ; dans le lîoulonnais les (^^iises étaicnL l'onverLes an culte si l)ioii ([ne les sciînrs avaient pu remettre à Jehan Navelier, cni'e de Clenlen, les reliques et les ornements de son éiiiise que pendant les troubles de la Lij^ue, il avait déposés à rilôtel-l)ien(l). Malgré ce retour à la paix, le pays était parfois encore exposé aux incursions do bandits qui y causaient de bien <^rands dommages, entretenant ainsi l'état de gène résultant de la guerre et neutralisant les ellbrts de cliacun pour réparer les désastres qu'elle avait causés. Les einl)arras financiers où se trouvait l'IIôtel-Dieu, la restauration des bâtiments de la maison et des Termes ayant absorbé tous les instants de François Martin, bien malgré lui il dut attendre un temps plus propice pour se préparer à entrer dans la vie monastique.

En 1G12 seulement, il put sortir de cette situation anormale et, le 20 février, devant Jean Hubert, notaire apostolique, curé de Saint-Eloi à Abbeville, et la Communauté de l'IIôtel-Dieu de cette ville composée des sœurs Augustine Iluet, supérieure, Marie Dargnie, Marie Marage, Antoinette de Ponthieu, Anne Thomas, Jeanne Leaue, Catherine Accard, Marie Sanson, Catherine de Vimme, Catherine Gaignerel, Marguerite Le Vecq et autres, il recevait des mains de Pierre Boulanger, maître de cette maison, l'habit de l'ordre de Saint Augustin. En même temps, il prononçait les vœux suivants :

« Je voue et promets à Dieu, mon Créateur, à la benoiste vierge « Marie, à Monsieur Saint Nicolas, patron de céans, à Monsieur Saint « Augustin, père de relligion, obédience tenir et garder soubz mon « pasteur souverain, tel que Dieu et la relligion ordonnera et soulz « les règles de l'ordre.

« Je voue promets à Dieu, mon créateur, à la glorieuse Vierge « Marie, à Monsieur Saint Nicolas, patron de céans, à Monsieur Saint « Augustin, père de relligion, chasteté d'ame et de corps garder et « tenir toute ma vie.

« Je voue et promets à Dieu, à la glorieuse Vierge Marie, à Mon- « sieur Saint Nicolas, patron de céans, à Monsieur Saint Augustin, « père de relligion, de vivre vie chrestienne sans propriété maintenir « et ne recepvray, ne donneray rien sans la. licence de mon maistre « et souverain. »

Le 20 avril, en présence de Dom Bertrand Richard, abbé de Saint Wastà Moreuil, les sœurs de l'Hôtel Dieu de Montreuil procédèrent à de nouvelles élections ; elles n'aboutirent qu'au maintien de François Martin comme gouverneur. L'évèque d'Amiens Geoffroy de la Marthonye ratifia ce choix le 15 mai suivant (2).

Le 11 novembre de cette même année 1612, Jean Taleva, l'un des curés de Notre-Dame laissa par testament une somme de 20 sols à l'Hôtel-Dieu, pareille somme aux Carmes et aux sœurs de Saint François et 10 sols à l'Hôtel-Dieu de Paris et aux Quinze Vingts « comme « aussi pour racheter nos pauvres frères chrestiens captifs. » H ordonna que son corps, porté par ses confrères à l'église Notre-Dame, serait inhumé près du siège qu'il y occupait. Six pauvres portant

(i) B 98 Case 8.

(2) E 37 Case 9.

chacun une torche de cire allumée devaient en outre assister à ses fumerai les. A titre de rétribution ils reçurent chacun une aune de di'ap noir.

Le 26 juillet suivant, Noël Taleva, frère du précédent, et marchand à Montreuil, légua aussi à l'Hôtel-Dieu un moulin sur la rivière de Canche « du costé du Bascon et qui faict le dernier vers les marais, » à la charge de servir une rente de 60 sols et de dire un obit mensuel son intention. Ce moulin fut baillé par l'Hôtel-Dieu àJoachin Roussel, suivant acte du 24 août 1617 passé devant M"" Bellin, notaire à Montreuil, moyennant une rente annuelle de 22 livres 11 sols 11 deniers(l).

Benoit MAGNIER

Benoit Magnier, précédemment curé de Saint-Quentin au « païs de « Marquenterre sur la Mer » gouverna l'Hôtel-Dieu du 13 février 1618 au mois d'Avril 1622 (2).

H eut certain différent avec Pierre de Boulogne, propriétaire de la femme de Beaurepaire, qui s'était emparé de 12 journaux de terre et de la pièce dite Pêrionval dépendants de la ferme de Saint Nicolas. Boulogne fut condamné à la restitution desdites terres par sentence du baillage du 28 avril 1620 confirmée par arrêt du Parlement du 30 avril 1621 (3).

Le 20 mai 1620, Jacques Cousin, prieur de l'abbaye de RuisseAuville, consentit, au nom de l'abbé, Philippe de Lannoy, à la cession, au profit de l'Hôtel-Dieu, de 4 mesures de terre à Alettes (4).

Le 8 novembre 1621, Benoist Magnier acquit de Nicolas de Campagne trois mesures de terre attenant à la ferme de Saint-Nicolas (5).

A cette époque, Marie de Poilly était supérieure, Marie de Tumbe, Marie Lejeune, Marie Emilie Charlotte Raimbert, Marguerite d'Enquin, Catherine Moullart, Gabrielle de Boullongne, Anne Ducrocq et Marie Mulier composaient la Communauté.

Eloi CAUCHON 1622-37

Le 13 avril 1622, l'abbé Eloi Cauchon, curé de Saint Pierre à Montreuil, fut reconnu comme gouverneur de l'Hôtel-Dieu par l'évêque d'Amiens François Le Févre de Caumartin (6).

A cette époque, l'Hôtel-Dieu était en contestation avec l'abbaye de Saint-Josse-sur-Mer au sujet d'un journal de bois au Molinel qui lui avait été légué en 1458 et dans les religieux s'étaient emparé pendant les guerres, ce petit bois se trouvant enclavé dans les leur. Il était

f i^ B 97 Case 7.

(2) E 37 Case 9.

(3) B 29 Case 4.

(4) B 98 Case 9 et B 22 Case 3.

(5) B 29 Case 4.

(6) E 37 Case 9.

^ iir le poiuU (rentrer en {^l'aiid procès » avec eux quand l'abbf* Etienne ^^J oreau reconnut la i)ropri(Hé du bois ù l'Hôtel-Dieu le 17 juin 1G22. 'toutefois, dans la crainte de l'evoir surgir des diiïicuU/'s, le 15 juin lG2i. Eloi Cauclion et les sœurs crurent prudent de bailler ce bien à rente ù Louis Saunier moyennant ^2 sous de surcens (1).

Le 11 janvier 1027, les samrs vendii-ent à Jacques de Campagne, abbé de Saiut-André-au-Hois, le fief de Traners situé à Heaurain. Cette seigneurie étant mouvante de celle de Merlimont, il fallut obtenir le consentement de Robert de Forceville, baron de cette terre, pour opérer le transfert de celle de Traners à l'abbaye de Saint-André (2).

Les sœurs acquii*ent, par contre, diverses autres terres telles que, le 21 mars 1C.S(), le Chan^p de r Aumône provenant de Claude de Rambure, pour l'augmentation de la ferme de Saint Nicolas (3) et trois mesures de terre k Clenleu provenant de Nicolas Garbe (4).

L'interdit que fulmina l'évèque d'Amiens François Lefévre de Caumartin contre Montreuil et ses faubourgs au sujet d'une émeute occasionnée par l'enlèvement par ce prélat d'une parcelle des reliques de Saint Wulpliy ne porta nulle atteinte à LHôtel-Dieu en vertu de ses privilèges (5). Mais dès le débuts des hostilités de la France avec l'Espagne, il vit se tarir la principale source de ses revenus : Au mois de janvier 1630, la ferme de Saint Nicolas fut livrée au pillage par les Allemands de la garnison d'Hesdin (6) et la plupart des terres res èrent en friche. La situation de l'Hôtel-Dieu n'était guère brillante lorsque l'abbé Eloi Gauchon mourut le 2 juillet 1637 (7).

Religieuses contemporaines : sœurs Hélène de Gailly, Anne le Pothier, Perrine Lequien, Madelaine Maréchal.

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