‹ Histoire de l'hydroscopie et de la baguette divinatoireChapitre 13 sur 17 · SES SUCCÈS CONSTATES PAR SES BÉTRACTEDBS · texte numérisé non relu

SES SUCCÈS CONSTATES PAR SES BÉTRACTEDBS

Dans le Dictionnaire pittoresque d'histoire naturelle , à l'article Hydroscope , on lit : « Le dernier de ces imposteurs, l'abbé Paramelle, a trouvé, en 1834, des dupes nombreuses, non-seulement dans son département , mais encore dans ceux de la Dordogne , 4e la Gorrèze , du Cantal , de l'Aveyron , de Tarnet-Garonne , de Lot-et-Garonne , de la Charente , et autres circon voisins. Qui croirait qu'il obtint le suffrage de plusieurs maires instruits et de cinq sociétés d'agriculture ? »

M. AMY. — Etant à Genève le 18 septembre 1849, j'ai rencontré M. Amy, de Lons-le-Saulnier. Il a passé une partie de l'année dans le canton de Vaud , où il a donné de nombreuses indications ; ses attestations de réussite, et les lettres de félicitations qu'il m'a montrées , prouvent ses succès.

M. Amy est très maigre , a les yeux petits , bleu clair, très enfoncés, toujours clignotants, les côtés des tempes sont garnis de rides profondes et nombreuses, provenant de l'habitude de tenir les paupières à moitié fermées , comme le font un peu les myopes pour y mieux voir ; son chapeau a des bords assez larges, et il le place sur ses yeux; ses favoris sont grands et redressés en avant, comme pour servir d'écran et empêcher le rayon visuel soit de s'écarter soit de se déperdre. J'entre dans tous ces détails, parce que diverses circonstances m'ont fait présumer que chez M. Amy, la sensation hydroscopique se portait sur la vue ; je ne puis pourtant rien assurer.

Tout d'abord , M. Amy , qui se dit élève de labbé Paramelle , a prétendu connaître les sources au moyen de l'étude des terrains ; mais en dehors de toute autre considération , son peu de savoir géologique ne permettait pas au moins clair-voyant d'admettre cette explication. Aussi, ne m'a-t-il pas été difficile de lui faire avouer qu'en effet il se servait d*une sensation naturelle. Laquelle? il ne me Ta pas dit.

M. Âmy m'a donné quelques détails curieux qu'il a constatés par de nombreuses expériences. Suivant lui, on ne peut fixer d'une manière très exacte la profondeur et le volume d'une source, que jusqu'à sept mètres. Ces indications peuvent être d'une exactitude mathématique sur les pentes faibles qui ne d^épassent pas quelques dégrés , mais sur les pentes rapides de quarante degrés et au delà, on ne peut plus répondre des indications , il arrive souvent qu'elles sont erronées. Je ne puis pas certifier complètement la vérité de ces observations , mais les résultats que j'ai obtenus viennent les confirmer en partie ; sauf pourtant pour ce qui concerne les profondeurs : ainsi , à Gotheron, près de Valence (Drôme), chez M. deFrancocnières , j'ai indiqué , dans une pente faible , ujie superbe source à vingt-un ou vingt-deux mètres de profondeur, elle s'est trouvée à vingt-un mètres et demi. L'abbé Paramelle avait précédemment indiqué la même source, mais à dix-huit mètres.

ÉCRITS DE M. BIOT SUR LA BAGUETTE. LcS articles Baguette et Aymar de plusieurs dictionnaires publiés à notre époque , ont été écrits par M. Biot, de l'Institut. Ce savant distingué ne croit pas à l'hy» droscopie , n'ayant jamais vu d'expériences , et surtout n'ayant pas pu en faire de précises ; mais il reconnaît que le fait peut fort bien être vrai : « Il est possible ^ dit-il , qu'il s'échappe des corps fluides

ou métalliques des émanations qui agissent sur le système nerveux de quelques individus, de manière à les avertir de la présence de ces substances. ^ »

Page 1