‹ Histoire de l'hydroscopie et de la baguette divinatoireChapitre 6 sur 17 · AYMAR DÉCOUVRE LES PARENTS D*UN ENFANT · texte numérisé non relu

AYMAR DÉCOUVRE LES PARENTS D*UN ENFANT

Malgré les échecs qu'il avait éprouvés , malgré ses aveux, Aymar , de retour en Dauphiné, » occupa encore de la baguette , comme le prouve le fait suivant qui se trouve dans Bayle. *■ En 1697, le prieur des chartreux de Villeneuve-lès-Âvignon , passant ^av Orange avec Aymar , fut visité par le directeur de rhôpital , qui désirait connaître les parents d'un enfant exposé , devant le couvent des capucins , trois jours auparavant. Aymar se rendit au lieu où l'enfant avait été exposé , sa baguette en tournant le mena tout droit dans un village nommé Gamaret , et là, dans une métairie où il assura que l'enfant était né. En route, il avait rencontré un cavalier que la baguette désigna être le père de l'enfant. On ne punit pas les parents, mais ils reprirent le nouveau-né.

' Rajie a puisé ce fait dans le Mercure historique et politique ^ arril 1697.

C'est le dernier fait connu sur Aymar.

Deux ouvrages assez importants ont été écrits sur la découverte extraordinaire que ce paysan avait faite du meurtrier de Lyon.

PHYSIQUE OCCULTE PAR l' ABBÉ DE VALLEMONT.

i^ La Physique occulte , ou Traité de la Baguette divinatoire, ouvrage anonyme de Tabbé de Vallemont , qui eut plusieurs éditions en un ou deux volumes in-1 8 et in-12 : Paris, 1692, 1709 ; La Haye, 1722, 1747, 1762. Il est orné de gravures ; dans les dernières éditions, elles sont au nombre de 24. La Physique occulte eut une très grande vogue , elle est encore estimée par les amateurs de livres. L'inquisition la prohiba et la condamna par un décret du 26 octobre 1701. Le pape Clément XI ne voulut rien laisser imprimer à Rome, en faveur de l'usage de labaguetle, et il fit supprimer des livres italiens qui avaient été faits pour l'autoriser.

L'abbé de Vallemont , que Leibnitz ^ trouve digne d*uno meilleure matière , croit le phénomène de la baguette naturel et réel, même dans ses effets les plus surprenants. Il l'explique par l'émanation des corpuscules ; suivant lui , les sources et les mines dégagent des masses considérables de vapeurs , de

' Lettres de Leibnitx , troisième lettre à Tenzelius. Ce philosophe célèbre parle encore de la baguette dans sa dix-hnitième lettre à Magiiabcchius.

même les voleurs et les assassins , bourrelés par le remprds et la crainte d*étre découverts , ont le sang agité ; ils transpirent beaucoup. Les corpuscules de ces vapeurs ou de cette transpiration ne se mêlent pas facilement à Tair , ils restent en place » et s'insinuent dans certaines personnes plus délicatement constituées ; ils pénètrent jusque dans la baguette , ce qui détermine le mouvement. Ce système est sa^ . vamment, fortement et adroitement développé, pour ce qui concerne les eaux ; il est fâcheux que l'auteur ait voulu aussi expliquer physiquement la découverte des voleurs , des assassins et des limites. Bien que faux , ce système séduisit beaucoup de personnes.

Dans plusieurs dictionnaires biographiques , à l'article Vallemont, on lit : a Physique occulte, ouvrage qui montre que l'auteur n*entendait rien en celte matière , non plus que le père Le Brun qui Ta réfuté. »

LETTRES QUI DÉCOUVRENT l'iLLUSION DES PHILO- SOPHES , PAR LE PÈRE LE BRUN. — 2^ LeUfcs qui dé-couvrent Villusion des philosophes sur la baguette , et qui détruisent leurs systèmes, ouvrage anonyme du père Le Brun, de l'Oratoire; Paris, 1693, 1 vol. in- 12 ; réimprimé à Amsterdam en 1696, et dans l'/Zt^toire critique des pratiques superstitieuses^ , ouvrage du

* Histoire critique des pratiques superstitieuses qui ont séduit les peuples et embarrasé les sçavants , avec la méthode et les principes

même auteur, contenant aussi de grands détails sur la baguette. Ua bel esprit du temps comparait le père Le Brun à un médecin qui est lui-même malade : pour guérir l'opinion publique , ce religieux range' la baguette parmi les effets dus à la puissance et à la malignité du démon.

SENTIMENT DE BATLE, HALEBRANGHE , FONTENELLE.

— Le sentiment de cet oratorien est appuyé par celui du sceptique Bayle, qui dit, après avoir raconté le fait de Lyon : « Nous voilà plus en état qu*on n*y fut jamais de décider , par des phénomènes incontestables , que les démons produisent cent choses. »

Malebranche, qui avait écrit contre les sorciers , les devins , les magiciens, et les avait (raités de

pour ditcerner les effets naturels d'avec ceux qui ne le sont pas y par an prêtre de l'Oratoire. (Anonyme.) Paris (imprimé à Rouen), 1702 f 1 Yol in-li divisé en trois parties : les deax premières sont la reproduction des lettres sur Villusion des philosophes , mais entièrement refondues ; la troisième , aussi volumineuse que les deux autres , ne contient rien sur la bavette.

ld,y par le R. P. Pierre Le Brun , prêtre de TOratoire ; Paris , 1732, 3 yol. in-8°» entièrement refondue , très augmentée; sur huit livres que contiennent les deux premiers volumes, un seul, le septième , traite de la baguette. Le troisième volume contient une réimpression des lettres sur l'illusion des philosophes y et de plusieurs opuscules sur la baguette , di^s à divers auteurs.

En Hollande , on a donné deux éditions de V histoire critique en 1732 , 3 vol. in-8« ; et 1736, 4 vol.

Comme suite à cet ouvrage, on a publié un volume qui ne renferme rien sur la baguette.

cerveaux malades, se trouve du même avis que Bayle, dans une leilre qu*il adresse au père Le Brun, dit , en parlant de la baguette , y compris la re* cherche des sources et des filons : « Rien de cela ne se peut faire sans le secours de l'action d'une cause intelligente , et cet(e cause ne peut être que le dé-

mon. * »

Le père Le Brun ayant demandé le sentiment de l'académie des sciences sur son Histoire des pratiques superstitieuses, compilation assez mal digérée , obtint le curieux certificat suivant , extrait des registres de l'académie du 17 décembre 1701.

c( Nous sommes convenus, tous ensemble

( les membres de la commission : le père Malebranche , du Hamel , Gallois , Dodart , de la Hyre et Fontenelle ) , que le livre était plein de recherches curieuses , et bien raisonné ; que les principes qui y sont établis , pour démêler ce qui est naturel d'avec ce qui ne l'est pas , sont solides , et que les pratiques qu'on y combat sont de pures impostures des hommes, ou doivent avoir des causes qui ne peuvent être rapportées à la physique , supposé la vérité des faits dont on n'a pas entrepris la discussion. En foi de quoi j'ai signé le présent certificat. « Fontenelle,

secrétaire de Vacadémie royale des sciences. »

* Mercure galant, janvier 1693; el dans les ouvrages du père Le Bruu.

Le merveilleux , heureusement , ne survécut pas au paysan de St-Véran. Après lui , parurent plusieurs tourneurs de baguette , mais ils firent peu de bruit, et se contentèrent de rechercher les sources et les filons métalliques.

ZAHURIES, VOYEURS d'eAÛ. Eb 1772, UH hj-

droscope, Parangue,mit encore le monde curieux et savant en émoi. Il ne se servait d'aucun instrument ; il prétendait voir couler l'eau dans le sein de la terre. Cette prétention n'élait point nouvelle : Del- Rio ^ auteur espagnol , parle ^ d'hommes nommés Zahuries qui jouissaient de la même faculté ; ils pouvaient même apercevoir les cadavres enterrés. Cet auteur raconte qu'étant à Madrid, en 1575, il vit un petit garçon présentant ce singulier phénomène; ses yeux étaient fort rouges.

Page 1