‹ Histoire de l'hydroscopie et de la baguette divinatoireChapitre 8 sur 17 · PARANGUE VOIT LES SOURCES DANS LA TERRE · texte numérisé non relu

PARANGUE VOIT LES SOURCES DANS LA TERRE

Jean- Jacques Parangue est né au village d'Ânseome, près de Marseille; c'est à tort que plusieurs auteurs l'ont dit Dauphinois.^ Â l'âge de 5 ans , étant assis auprès du foyer chez son père, il se leva vivement en s'écriant :

— Je suis perdu, je vais me noyer !

Et il ne voulut plus se remettre à sa place. Plusieurs fois, en ramenant des bestiaux du pâturage, on le vit faire de grands détours, bien qu'il n'y eut aucun

* Journal des savants j in-4 » 1773, août, pag. 565; décembre, Il'voL, pag. 873.

Mercure de France y 1772, juin, pag. 219; juillet, I**^ vol., pag. 137, 143; II* vol., pag. 169; septembre, pag. 51, expériences sur la baguette, pag. 177 ; octobre , l" vol., pag. 166.

Introduction atix observations de physique y 1772, pag. 231, 255, 257, 261 et 263; baguette, 431.

Gazette de France, 1772 , n"» 41, 45, 47, 48, 52, 54.

obstacle devant lui; il disait que c'était pournepasse mouiller. Ce fut ainsi qu'on découvrit sa singulière faculté.

0*abord , il confondait les eaux souterraines avec celles qui coulent à la surface du sol ; mais avec l'âge il parvint à les distinguer fort^ bien. Ses parents songèrent alors il tirer profit de son talent ; sous la con^ duite d'un frère aîné, il parcourut la Provence , le Dauphiné et le Languedoc, et partout il eut beaucoup de succès. Il faisait payer ses indications 3 livres et demandait à diner.

 14 ans , il s'était acquis , dans le sud-est de la France, une très grande réputation. Aussi écrivit-on à l'académie des sciences, et lui proposa-t-on de faire des expériences pour vérifier le fait. Elle refusa, traitant tout cela de chimères. Le célèbre Lalande écrivit sur Parangue une lettre qui eut beaucoup de retentissement, et dans laquelle il traite Thy^ droscope de petit charlatan^ et les habitants du midi de dupes*. En voici des fragments : ^

LETTRE DE LÂLANDE SUR PARANGUE. « Il

ost surprenant , Monsieur , qu'une personne qui a des lumières et de l'esprit ait pu donner dans le piège qu'un petit charlatan a tendu à votre bonne foi. « Votre candeur n'a pu résister au témoignage et à

* Mercure de France , 1772, juillet , II« vol. , p. 1C9.

l'assurance de plusieurs personnes dignes de foi , et vous avez fait prêter à la persuasion qu'ils vous avaient inspirée les faits mêmes dont vous avez été témoins ; vous n'étiez pas aussi accoutumés que nous le sommes ici à voir des preuves de l'étrange crédulité et même de la stupidité du peuple; et vous avez pensé qu'une chose attestée par beaucoup de personnes devait être vraie , sans examiner si la fourberie , le préjugé, l'amour du merveilleux , n'étaient pas les sources ordinaires des prodiges attestés dans tous les temps et dans tous les pays ; mais que jamais les physiciens ne croient quand ils choquent les idées nettes que nous avons des forces de la nature.... »

Quand on a étudié les hommes , ajoute-t-il , il est des faits sur lesquels « on n'a pas même la complaisance de suspendre son jugement. » Aussi , lorsqu'un magistrat, homme très sensé, a proposé à l'académie de faire venir Parangue, « nous l'avons prié de n*en rien faire , ce serait accréditer des bruits ridicules et leur donner un air d'importance qu'ils ne méritent pas.... y>

FABLE CONTRE PARANGUE. — D'a\itres personucs ont attaqué le petit provençal par des vers qui couraient les salons. Voici une de ces pièces due à Leclerc de La Motte : '

* âlercure de France, 1772, septembre , pag. 51.

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