Histoire de l'Ile-aux-Coudres [microforme]
L'intérêt que le public a paru prendre à la série d'articles que nous avons publiés dans Z’Opinion Publique seus le titre de : Pèlerinage à l'Ile aux-Coudres, nous porte à croire que le travail dont nous commençons aujourd'hui la publication ne sera pas accueilli avec moins de faveur : c’est une histoire complète de l’Ile-aux-Coudres, avec ses traditions, ses légendes, ses anecdotes, ses scènes de mœurs, etce., etc., depuis l'origine de son établissement jusqu'à nos jours, écrite par un de nos vétérans du sanctuaire dont la carrière, pleine de mérites, s’est achevée il n’y a guère plus d'un an. M.
Mailloux a consacré quelques-uns des loisirs de ses dernières années à raconter ce qu'il a vu et ce qu'il a appris de sa paroisse natale ; et il l’a fait avec le soin consciencieux d’un bibliophile, et avec l’amour filial d’un enfant de l’île.
Le mérite de cette longue étude est surtout dans l'abondance et l'exactitude des faits. M Mailloux n’était pas écrivain, et son style n’a guère de remarquable que la clarté et la simplicité : c’est celui d’un vieux conteur, tranquillement assis à son foyer, entouré d’un cercle d'amis, qui se laisse aller au courant de ses souvenirs.
Nous ne doutons pas que ceux qui aiment tant soit peu notre histoire ne suivent avec intérêt les récits de ce bon vieillard qui narre avec tant de bonhomie, de franchise et de naïveté ; qui parle de l'abondance du cœur, parce qu'il dit ce qu’il a aimé le plus pendant sa vie ; qui ne trouve rien à dédaigner de ce qui lui vient
à la mémoire, et qui voit tant de choses à admirer dans ce petit coin de terre où il est né, où il aimait si souvent à revenir, où il est allé mourir, et où il dort du sommeil des justes après une vie d’apostolat qui rappelle les travaux des premiers missionnaires de notre pays.
Après avoir terminé son travail, M.
Mailloux recula devant les difficultés de le faire imprimer en volume, et il légua son manuscrit à sa paroisse natale, M. le curé de l’Ile-aux-Coudres a bien voulu nous confier ce manuscrit pour le faire publier, en nous autorisant à faire disparaître quelqueslongueurs et certaines négligences de style que l’auteur aurait pu corriger lui-même, s’il eût pris la peine de mettre la dernière main à son ouvrage.
Il scrait grandement à désirer qu'il se rencontrât dans chacune de nos paroisses quelque annaliste comme M. Mailloux, qui fit revivre son passé avec cette foule de traditions et d'épisodes qui donnent de la couleur et du charme, en un mot, de la physionomie à l’histoire ; ce serait la réponse la plus victorieuse qu'on pourrait faire aux ennemis de notre race, qui seraient heureux de trouver quelques flétrissures dans notre passé,
On ferait par là voir jusqu'à l'évidence qu'il n'y à pas un seul peuple en Amérique qui ait plus de droit que nous d’être fier de ses origines. S'il était nécessaire de faire parler une voix plus autorisée que la nôtre sur l'importance de ces études monographiques, nous citerions ce qu’en dit un des amis les plus sincères et les plus