PRÉFACE
actifs que possède le Canada en France, M. Rameau, qui écrivait récemment à un de ses amis de Québec :
Ces travaux seraient de ia plus grande utilité pour rétablir la chronique primitive du Canada sur sa véritable base, en lui restituant le caractère original et pittoresque qu’elle possède par elle-même. Non-seulement ils exerceraient la plus salutaire influence sur les études historiques au Canada, mais sur celles de l'Amérique entière ; car on peut dire qu'aux Etats-Unis, au Mexique, etc., etc., la physionomie des temps primitifs est généralement très-mal saisie et souvent défigurée.
La vieille histoire solennelle, académique, philosophique, et parfois un peu déclamatoire, a certainement son utilité et son mérite, mais elle est insuffisante, surtout lomqu'elle vit exclusivement sur l'étude des grands personnages et des intrigues qui s’agitent autour d'eux. C'est en pénétrant dans le fond même de la population, en analysant les familles populaires, leurs progrès et leurs défaillances, que l'on saisit complè-
tement la physionomie réelle et les mystères de l'histoire du passé, On connaît alors le secret véritable de la force et de la faiblesse des nations, parce que l’on pénètre dans leurs mœurs, dans leurs idées, dans leurs croyances, dont l'influence est bien autrement forte sur leur destinée que celle de leurs institutions et constitutions.
Cette pensée, si bien exprimée par M.
Rameau, était venue depuis longtemps à l'esprit de M. Muilloux, et c'est pour la mettre à exécution qu'arrivé à l’âge de près de soixante et dix ans, il a pris la plume pour écrire l’histoire de son île natale. Ne serait-on pas en droit de dire que celui qui ne comprendrait pas ce qu'il y a de touchant dans ce testament patriotique du saint vieillard, n'aurait pas de sang Cana:
dien dans les veines ?
L'ABsé H.-R. CASGRAIN.
Rivière-Ouelle, 15 octobre 1878.
PO
DEPUIS SON ÉTABLISSEMENT JUSQU’À NO3 JOURS, AVEC 8ES TRADITIONS, SES LÉGENDES, SES COUTUMES.