M. MARTIN-LÉON NOEL, TREIZIÈME CURÉ DE L'ILE-AUX-COUDRES
M. Martin-Léon Noël avait été ordonné prêtre le 27 du mois de juillet 1834. Il vint prendre possession de la petite cure de Saint-Louis de l’Ile-aux-Coudres vers le 5 d'octobre 1839.
A son arrivée, M. Noël eut le malheur de trouver, à l’Ile-aux-Coudres, des tisons encore mal éteints de ce feu allumé du temps de son prédécesseur par la question des écoles qui, on ne le sait que trop dans un grand nombre de paroisses, avait suscité contre les curés de si déplorables persécutions. Il dut, lui aussi, avoir une part des déboires de son prédécesseur, M. Noël n'était pas homme à lutter contre ce torrent, que le temps seul et le bon sens canadien pouvaient arrêter. Il était réservé au successeur de M. Noël de faire revenir ce petit peuple dans les voies de la conciliation et de la paix.
M. Martin-Léon Noël”était d’un caractère doux, paisible et même timide. Il était d’une grande délicatesse de conscience, et ne se mêlait dans les conversations de ses confrères que pour leur faire plaisir ou les leur rendre plus agréables.
S'il se trouvait dans quelquasconcours, il semblait n'avoir qu’une pensée, c'était d’obliger ses confrères. Dans ces circonstances, il se levait de grand matin, afin de pouvoir vaquer à ses exercices de piété avant le temps des confessions, et jamais alors il ne dérangeait le sommeil de ses confrères, ayant un soin tout spécial de ne faire aucun bruit quelconque.
M. Noël avait un cœur extrêmement compatissant. D'une singulière piété qui prenait sa source dans une foi profonde, il possédait une âme bonne et saine qui convient si bien au prêtre et surtout au curé, Il n'avait rien à lui qui ne fût au service de tous ceux qui se trouvaient ‘dans le besoin. Avec cette grâce et cette bienveillance qui sont les fruits de la charité de Jésus-Christ, il savait rendre service en faisant comprendre qu'il était redevable envers ceux qu’il obligeait,
M. Noël était d'un caractère gai et jovial, mais sa profonde vertu savait conte-
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nir sa gaieté dans les bornes de cette modestie sacerdotale qui ne dégénère jamais en paroles impétueuses ou en éclats de rire immodérés.
Ce digne curé fut un ange de douceur, de bonté, de charité et d’une modestie bien propre à laisser sur l’Ile-aux- Coudres les précieuses semences d’une solide piété, qu'il travailla avec beaucoup de zèle à inspirer aux âmes dont il avait la conduite,
Comme curé, M. Noël continua à instruire ceux que M. Asselin avait eu tant de zèle et de courage à pénétrer de l’esprit chrétien. La manière de prêcher de M. Noël était de pénétrer les âmes par des paroles douces et pleines de charité, qui ont un si puissant effet sur les personnes animées de l'esprit de foi. Il s’occupa beaucoup de l’instruction chrétienne des enfants qui fréquentaient les catéchismes ; il savait se mettre à leur portée en leur rendant attrayantes la connaissance et la pratique de la morale de l’évangile.
M. Noël fut un des nombreux bienfaiteurs auxquels je suis si grandement redevable : voici comment.
Ayant subi une maladie très-grave pendant que j'étais curé de Sainte-Anne de la Pocatière, plusieurs des habitants de l’Ile-auxg{'oudres eurent la charité de me venir chercher pour me traverser à ma paroisse natale. J’allai prendre mon logement chez le bon et charitable M.
Noël, qui me reçut avec ce charme de bienveillance que lui dictait un cœur de séraphin. Dans ce presbytère, où régnait une si grande paix, je reçus, tant de la part de M. Noël que de sa vertueuse sœur, les soins les plus empressés comme les plus délicats. Pendant six longues semaines, je fus sous les soins de l’un et de l’autre, et Dieu sait quels témoignages
de charité ils me prodiguèrent ! De jour |
et de nuit, la bonne et sainte sœur de M.
Noël fut à mon service et eut soin de moi avec cette attention dont les cœurs vraiment chrétiens sont seuls capables. Si je
revins à la santé, je le dois, après l’aide
de Dieu, aux soins intelligents et dévoués qu'ils prirent de moi. Et pour mettre le comble à leurs bienfaits à mon égard, ils ue voulurent rien accepter pour se dé-
dommager des sacrific imposés pour me ramer On me pardonnera, quelques mots de cett tant contribué à me rap
J'ai rencontré, pend coup de personnes vert:
| dis comme je le crois, ; petit nombre du mérite cette bonne sœur de ] moindre prétention, 1 remplissait tous ses dev de recueillement parfai toujours douce, toujou aimable, elle faisait « bruit, sans trouble, san présentait le plus part fille de presbytère par habits, par sa réserve, F sa bonne conduite. E que, par la raison qu' d’un curé, elle pouvait autre condition que cel l'avait "fait naître. Et qui se passait ou se disa elle ne voyait que ] qu’elle édifiait par sa pi versations, pendant les mot contre la charité nc lèvres.
Le plus bel éloge que mademoiselle Noël, c'es fit croire à la vertu ur qui n’y croyait guère était de censurer la con et des personnes qui av de les éconter.
Après avoir été © Coudres pendant envin Martin-Léon Noël laisse septembre de l’année 18