‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 12 sur 317 · Études de M. Rufe, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Études de M. Rufe, 1. 1, p

2. Actes de la paroisse de Saint-Louis de Fort-Royal, du 10 juin 1760. (Greffe du tribunal de cette ville.)

ci, qui avait vu de près la conduite du gouverneur général, le défendait à la Martinique, comme son père et sa sœur, heureusement arrivés en France, le faisaient auprès de ceux qui voyaient les ministres. Désireux de donner au jeune lieutenant des marques de son estime et de son amitié , M . de Beauharnais chercha à lui faire épouser une femme qui pût accroître la fortune déjà rentrée dans cette maison. Il la trouva dans une famille ancienne aussi, et ayant bravement contribué à la défense de la Martinique, où elle possédait de beaux biens. M. Tascher de La Pagerie fut facilement agréé, et, le 9 novembre 1761, il épousa au bourg des Trois -Ilets, près de Fort -Royal, Mlle Des Vergers de Sannois, née le 27 août 1736, et par conséquent à peu près du même âge que son époux ^ M. et Mme de Beauharnais n'assistèrent point

1 . Nous avons retrouvé I*acte de célébration du mariage des père et mère de Timpéralrice Joséphine. Nous le reproduisons textuellement tel qu'il se trouve couché aux registres des Trois-Iiets , conservés dans les archives du greffe du tribunal de Fort-de France :

c Aujourd'hui, 9 novembre 1761, je soussigné, missionnaire apostolique, curé de la paroisse de Saint-Jean-Baptiste de la Rivière- Salée , lie Martinique , desservant en même temps la paroisse de Notre-Dame de la Purification des Trois- Ilets, après la publication des trois bans faite sans qu'il se soit trouvé opposition quelconque, ayant vu aussi le certificat du curé de la paroisse de Saiot-Louis du Fort-Royal , qui certifie avoir également fait cette publication ; vu le certificat de M. le général, j'ai conjoint en légitime mariage messire Joseph-Gaspard de Tascher, chevalier, seigneur de La Pagerie, natif de la paroisae da Saint-Jacques du Carbet, de ladite lie , lieutenant des canonniers et bombardiers, fils, en légitime mariage, de messire Joseph-Gaspard de Tascher, chevalier, seigneur de La Pagene, et de dame Marie-Françoise Boureau de La Chevalerie, demoiselle, demeurant en la ville de Fort- Royal de cette Ue, et demoiselle Rose-Glaire

DE L'IMPÉRATRICE JOSÉPHIIfE. S7

à cette union qu'ils avaient préparée: après avoir installé M. Levassor de La Touche, son présomptueux successeur, le marquis avait quitté la Martinique avec sa femme, au mois d'avril précédent, Tâme ulcérée de se voir rappelé au moment où son poste allait devenir le plus périlleux. Craignant pour son jeune enfant les fatigues de la mer, il le laissa à Fort* Royal, aux soins de Mme de La Pagerie, la mère, qui habitait plus particulièrement cette ville ^

Nous devons compléter ces préliminaires obligés de l'histoire de Joséphine, par quelques mots sur sa famille maternelle, peu connue de tous ses biographes.

La maison de Sannois ou Sanois, à laquelle appartenait la jeune épouse de M. de La Pagerie , ainsi appelée du bourg et de la seigneurie de ce nom près

Des Vergers de Sannois, native de la paroisse des Trots-Ilets, fille, en légilime mariage, de messire Joseph Des Vergers de Sannois et de dame Marie-Catherine Brown , natifs et habitants du quartier des Trois-Ilets, le tout fait en face de notre mère la sainte Église, du consentement unanime des parties assistées de leurs proches, parents, amis et témoins, qui sont : M. Ganteaumc, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, commandant au quartier des Trois-Ilets; M. d*Audifrédy, capitnine de cavalerie; M. Girardin, ancien officier; M. Assier fils, major de la compagnie de volontaires. Fait ce même jour et an que dessus. Signé : Tascher de La Pagerie et Sannois de La Pagerie; Rose de La Pagerie, Brown de Sannois, La Chevalerie de La Pagerie, Elizabetb Doëns, Des Vergers de Sannois, Girardin, d'Audifrédy, Ganteaume, Assier fils et frère Yves, capucin, curé. » 1. Dans une lettre de Mme de La Pagerie à sa fille, Mme de Renaudin, du 29 mai 1763, on lit à cet égard : c Amitiés à M. et à Mme de Beauharnais ; dites-leur que le petit chevalier se porte bien et est fort joli enfant. > (Archives de famille.) Il ne tarda pas à être envoyé à ses parents.

i8 HISTOIRE

Paris I était originaire du canton d'Anet-sur-Marne \ Elle avait été transplantée à la Martinique dans la personne de FIorimond-Dominique de Sannois, lequel y aborda, vers le commencement du xviii* siècle, vingt-cinq ans avant le chef de la maison de Tascher. Ce Fiorimond de Sannois n'arrivait pas directement de France; il venait de l'île voisine de Saint-Chrislophe, où son beau-frère, le fameux baron de Poincy , commandeur de Tordre de Malte et gouverneur général des îles d'Amérique, l'avait attiré pour faire partie du conseil souverain de cette colonie-mère des Français*. Mais, en 1690, les Anglais s 'étant emparés de Saint-Christophe, malgré la défense la plus énergique, dans laquelle Fiorimond de Sannois se fit remarquer, celui-ci, comme beaucoup d'autres Français, s'était retiré à la Martinique avec ses enfants qui, lui décédé , s'adressèrent au conseil supérieur de rîle, en même temps que M. de Tascher, afin d'obtenir aussi et pour des motifs semblables, l'enregistrement de leurs titres. Comme un présage de la future union des deux familles, le même rapporteur, M. Rahault de Choisy, fut chargé de l'examen des deux requêtes. Les Sannois lui remirent également leur généalogie et leurs pièces historiques qui se trouvent transcrites dans les registres de la cour souveraine de la Martinique, à côté des productions fournies par la famille de La Pagerie. On y lit, entre autres documents, un arrêt du conseil d'État de Paris,

1. Registres du conseil supérieur de la Martinique, année 1731.

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