‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 143 sur 317 · Ibid., t. P% p. ^6, et t. 11, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. P% p. ^6, et t. 11, p

DE L'IMPÉRATBIGE JOSÉPHINE. 71

quatre personnes. (( Joséphine , dit-il y avait reçu de Constantinopk un châle magnifique qu'elle mettait pour la première fois : (( Permettez, lui dis-je, que je a vous en fasse Tobservation , votre châle n'est pas a mis avec celte grâce qui voub est habituelle ». Elle me pria, en riant, de le ployer à la manière des dames égyptiennes. Pendant cette singulière opération, on entendit Napoléon qui s'éloignait, u Dépèce chez-vous, ma sœur, dit Mme Murât, impatiente d'arriver au spectacle ; voilà Bonaparte qui s'en va. » Nous montâmes en voiture, mais nous étions à peine sur Ja place, que la machine fit explosion'. » '

En même temps que cette détonation terrible se faisait entendre , une sinistre clarté remplit le Carrousel. Les chevaux, ei&ayés, refusent d'avancer; les glaces de la voiture avaient été entièrement brisées. On juge de TeCTroi de ces trois femmes! Joséphine, ayant le pressentiment que c'était à la vie de son mari qu'on en voulait, et voyant, en outre, sa fille blessée au bras d'un éclat de verre, fut sur le point de s'évanouir. Pendant ce temps, sur le Carrousel et dans les rues adjaieentes, ce n'étaient que cris et confusion. Tout le monde fuyait avec les signes de la plus grande épouvante. Rapp, sur le coup de l'explosion, avait aai£lé en bas de la voiture, et s'était mis à courir de vaut y passant sans s'arrêter au milieu des blessés et des décombres de larue Sainir-Nicaise, pour se rendre plus vite à l'Opéra, et voir si son général y était par-

1. Mémoires du général Rapp, écrits par laHnème, et publiés par sa famille. Paris, 1823, p. 20.

venu sain et sauf ^ Mais au bout de.quelques minutes, un garde de Tescorte étant venu donner à Mme Bonaparte Tassurance qu'il n'était rien arrivé au Premier Consul I et que celui-ci l'attendait dans sa loge, Joséphine continua sa route par une autre rue, et, en peu d'instants, elle fut rendue au Théâtre-Français, où jouait rOpéra.

Rapp venait d'y pénétrer. Il trouva le Premier Consul assis dans sa loge, calme , impassible, et occupé à lorgner les spectateurs, tout en échangeant quelques paroles avec le ministre de la police Fouché, qui, probablement déjà dans la salle, s'était empressé d'accourir auprès de lui. Joséphine? dit Bonaparte à son aide de camp en l'apercevant : à ce moment elle entrait, suivie d'Hortense et de Mme Murat\ Le Premier Consul les accueillit avec un sourire qui indiquait toute sa satisfaction après ses craintes. Mme Bonaparte qui se doutait de la vérité sans rien savoir encore de précis, avait conservé toute son émotion. Son mari chercha à la rassurer, disant que cette explosion n'était, sans doute, que le résultat d'une imprudence. Mais au même instant, survint le préfet de police, Dubois , apportant les affreux détails qu'il venait de recueillir sur les lieux : plus de quinze personnes tuées, un bien plus grand nombre grièvement blessées, et une quarantaine de maisons fortement endommagées, tels étaient les effrayants résultats qu'avait causés l'explosion d'un baril rempli de poudre el

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