‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 142 sur 317 · Mémomi et 49netf9nàmc9 du roi Joseph, 1 1**, p · texte numérisé non relu

Mémomi et 49netf9nàmc9 du roi Joseph, 1 1**, p

au moyen d'une négociation à la fois ferme et conciliante, amené la soumission de la Vendée, le Premier Consul tourna ses regards vers Tétranger, et de sa main si souvent victorieuse, il offrit la paix aux gouvernements d'Autriche et d'Angleterre qui, depuis dix ans, s'étaient donné pour mission, en Europe, de fomenter et de soutenir la guerre. L'Empereur et le cabinet anglais se méprenant sur les motifs élevés qui dictaient la conduite de Bonaparte, repoussèrent ses propositions. Il ne restait plus qu'à se préparer à combattre. Le Premier Consul charge Moreau de pousser vigoureusement Tennemi en Allemagne, et il prend pour lui le commandement de l'armée d'Italie, démoralisée par les précédents soecès des Austro-Russes, et aujourd'hui menacée par une nouvelle et formidable armée autrichienne. Le général Bonaparte quitte Paris le G mai 1800; il exécute, à travers les précipices, ce passage si admiré du Saint-Bernard , tombe à l'improviste sur les forces de l'empire, et, le 14 juin 1800, gagne la magnifique bataille de Marengo, à laquelle Moreau, son émule alors et non son rival, répond, (juclques mois plus tard, par sa plus belle vicloire, celle de llohenlinden, qui force T Au triche à la paii et rompt l'union de cette puissance avec l'Angleterre.

De retour à Paris, avec ce renom d'invincible Je plus en plus justifié, et environné d'acclamations et d'amour, le Premier Consul se remit avec un nouveau soin à son œuvre intérieure, qui devait être

pour lui le complément de sa gloire, et pour le pays, le couronnement de sa grandeur.

Mais par cela même qu'il rendait la France grande et paisible, le Premier Consul se trouvait désigné à la foreur de ceux qui ne voulaient à aucun prix d'un gouvernement durable, en dehors de leurs utopies ou de leurs regrets. Une fois la conviction acquise que le vainqueur de Marengo prétendait développer à son profit cette forte autorité que son génie et les périls de la patrie lui avaient donnée , les terroristes et les royalistes effrénés, quittant les voies d'une op« position légale, se lancèrent dans les entreprises désespérées, dans les complots, et enfin dans Tassastinat politique, cette lèpre hideuse des civilisations avancées comme de la barbarie sauvage. Coup sur coup la France fut effrayée par les tentatives révolutionnaires de Cerrachi, d'Aréna et de Chevalier. Mais ces entreprises , heureusement déjouées par la vigilance de l'autorité, furent bientôt dépassées en gravité et en scélératesse, par la machine infernale due à la satanique invention de la portion criminelle du parti royaliste. Nous allons fournir quelques détails précis sur cette épouvantable affaire dans laquelle Joséphine faillit périr, et, comme son époux, ne dut la vie qu'au plus grand des hasards.

Le 3 nivôse, veille de Noël 1 800, on avait affiché à rOpéra l'Oratorio de Haydn, la Création^ récemment approprié à rorchestre de ce théâtre. Tout Paris attendait avec impatience l'exécution de ce chef-d'œuvre, où devaient figurer les cTiœurs réunis de l'Opéra et

deFeydeau^ Mme Bonaparte^ toujours soigneuse de la popularité de son mari , et sachant combien sa présence était agréable aux Parisiens , pensa que le Premier Consul ne pouvait s'empêcher de paraître i cette solennité^ Il ne s'en souciait pas trop, mais il finit par donner son consentement, el le bruit se ré> pandit dans Paris qu'il y assisterait.

Après le dîner auquel, outre la famille du Premier Consul et sa sœur Caroline, Mme Murât, aTaieot pris part Lannes , Bessières et les aides de camp Lebrun et Rapp , Bonaparte ayant beaucoup traTaillé ce jour-là, s'était endormi sur un canapé. Sa femmele réveilla, lui rappelant qu'il était temps de partir. Le Consul hésitait encore; mais pendant que Jo8é[diiiie renouvelait ses instances , l'un lui apporte son épée, l'autre son chapeau , et le général , avec sa promptitude accoutumée, sort en disant à Lannes, à Bessières et à Lebrun de venir avec lui , laissant Rapp pour conduire les dames dans une seconde voiture*. Pressée de suivre son mari, Mme Bonaparte jette à la hâte un châle sur ses épaules, et s'apprête à desceodr? avec sa fille et sa belle-sœur. Au moment de sortir, Rapp , qui ne brillait point précisément par sa galanterie et son goût de Télégance, hasarda une critique sur la toilette de Mme Bonaparte. C'est lui-même qui nous a conservé le souvenir de ce bizarre incident, si futile en apparence , mais qui fut le salut de ces

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