‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 150 sur 317 · Mme d'Abrantès, t. III, p · texte numérisé non relu

Mme d'Abrantès, t. III, p

2. Souvenirs de M. Stanislas de Girardin, t. 111, p. 192. Sa/oni'^' Paris,i. V, p. 32. Mémoires du duc de Rovigo, t. ï\\ p. ^0%. notoire de Napoléon, par Salgues, t. III, p. 443.

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oagas, les matas hifioivtdllants: toutefois,, de Thistoii» de rimpératriee Xoséphine K

Rentré en France sous le Directoire ^ non de Témigratânn, mais de Texil volontaire et prndent qu'il s'était imposé et qui le conduisit jusqu'en Amérique, Tancien évèque d'Autun avait offert avec éclat ses services à ce gouvernement, et, grâce au crédit de son influente et remuante amie, Mme de Staël, il avait été asaes fisicilement porté au ministère des relations exté^ rieures^ Avec sonadmirable instinct pour deviner la £aillleseacachée des gouvernements qui Tout employé et sondirésistible penchant pour les pouvoirs du. lendemain, dès son entrée en fonction M. de Xallejrand ft'était mis en rapport avec le jeune général de Tarmée d'Italie d'une manière à la fois respectueuse, ad^ miiative et pleine d'effusion, que celui-ci put croire ftinoère et qui. devait l'être, car entre les intérêts réels et les sentiments exprimés du ministre il y avait concordance parfaite. Cette première impression produisit chez Bonaparte un goût très-vif pour l'ancien prélat que ne partagea jamais Joséphine plutôt par instinct que par raison , et qui , à travers plus d'un orage et malgré les tortueuses allures de l'adroit serviteur, persista dans l'esprit du Consul et de l'Empereur presque jusqu'à la fin, comme une faiblesse incurable et une dangereuse erreur. Au lendemain du 18 brumaire^ le Premier Consul l'avait pris pour un

1. Comme intermédiaire auprès des royalistes, il ne faut pas omettre non plus le troisième Consul, Lebrun, ancien collaborateur du chancelier Maupeou.

de ses ministres, en même temps qu'il choisissait aussi Fouché : l'ancien grand seigneur lui servait d'intermédiaire auprès des restes de raristocratie, le conventionnel auprès des hommes de la Révolution. Mme Bonaparte avait pour ce dernier une préférenee marquée , tenant surtout à des raisons que nous indiquerons plus tard; elle lui accordait surj son collègue le prix de la franchise, singulier mot pour désigner les rangs dans ce concours de la duplicité.

Parmi les plus exacts dans le salon de Joséphine, n'oublions pas les deux autres Consuls, Cambaoérès et Lebrun, ainsi que la femme et les filles de ce de^ nier; et, pour en finir, rappelons ici le nom de deox femmes fort importantes quoique dans un monde différent, Mmes de Montessonet Campan que Mme Bonaparte recevait en amies et qui venaient , trop peu souvent à son gré, lui apporter Taffectueux concours de leur expérience. Son âge et ses infirmités ne pe^ mettaient guère à la première de sortir ; mais Joséphine s'en dédommageait en lui faisant de fréquentes visites. Quant à Mme Campan, quoique retenue loin de Paris par ses devoirs et aussi par une louable réserve de caractère, on peut dire qu'elle était sans cesse présente aux Tuileries par la correspondance qu'elle entretenait avec Hortense, et, sous ce couvert, la chose est manifeste, avec sa mère.

Près de Mme Bonaparte on remarquait sa fille et son fils, ses deux adorations, devenus les propres enfants du Premier Consul qu'ils s'étaient aussi habitués à considérer comme un père. L^appartement de

Mlle de Beauhamais se trouvait à côté du cabinet de toilette de sa mère ; il D*était composé que de deux pièces : sa chambre à coucher donnant sur le jardin et un petit cabinet de travail d'où s'échappait une forte odeur d'huile qui trahissait son goût assidu pour la peinture que cultiva , longtemps encore après les leçons de pension, son maître Isabey. La fille de Joséphine est un personnage trop important de son histoire pour ne pas lui accorder sa juste place. Au lieu de recomposer nous- même , en groupant des traits pris çà et là, la figure d'Hortense de Beauharnaisy et de retracer ainsi (avec le désir de rester en deçà de la vérité, mais avec la crainte d'être accusé d'aller au delà) Téclat de cette charmante et , pour peu de temps encore, heureuse jeunesse, nous aimons mieux copier ici le portrait qu'en a fait une femme placée pour en bien juger, et dont Tesprit caustique n'a guère l'habitude de louer. Il y a là, d'ailleurs, des observations toutes féminines , que nous n'aurions pu ni saisir ni rendre ainsi.

a Hortense de Beauharuais , raconte Mme la duchesse d'Âbrantès ' , avait dix-sept ans à l'époque où je la vis pour la première fois. Elle était fort remarquable sans avoir cependant une beauté positive, mais elle était fraîche comme une fleur, avait les plus beaux cheveux blonds du monde , et puis , ce qui fait le charme d'une femme, une tournure gracieuse. Toute la nonchalance créole et la vivacité française étaient

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réunies dons une taille svelte comme celle d*un |ial» mier ; elle était alors ronde et menue , ce qui eil le complément d'une jolie taille. Elle avait de jolis piedi, des mains très-blanches, avec des ongles bien bombés et rosés , dont la beauté lui avait: mérité l'attentioB spéciale de M. le chevalier de Livry. J'ai déjà parlé de ses cheveux qui accompagnaient à merveille, de lean grosses boucles soyeuses, des yeux bleus d'une don* ceur infinie et d'une grande puissance de regard. Son teint était celui d'une blonde; elle n'avait pas beau* coup de couleurs, mais ses joues reflétaient asseï ds rose pour qu'elle eût de la fraîcheur, et cela d'une mar nière élégante : sa fraîcheur sentait bon , aans portar à la tète. Sans être grande, elle paraissait d'une taille élevée, parce qu'elle avait un maintien de femme bisi apprise.... Mlle de Beauharnais, que je oonnuaakxt assez particulièrement pour faire le portrait de soi moral comme je fais celui de sa personne, me parot, aussitôt que je pus l'apprécier, une personne remarquable sous tous les rapports qui se présentent ordinairement pour faire juger une femme. Elle était gaie, douce, parfiiitement bonne, d'un esprit fin qui rés* nissait cette gaieté douce avec assez de malice pour être fort piquant et rendre sa conversation désirable; possédant des talents qui n'avaient nul besoin d*èti« vantés pour être connus. Sa charmante manière de tkt siner, l'harmonie de ses chants improvisés, son taleat remarquable pour jouer la comédie , une instructioo soignée, voilà ce qui se trouvait dans Hortense Jf Beauharnais en 1 800, à l'époque de mon mariaj.'e.

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Alors elle était une charmante jeune fille; depuis elle e»i devenue nne des plus aimables princesses de l'Europe. M C'est enfin Mme d'Abrantès , qui flatte si peu la mère, qui a dit de la fille ce mot énergique et vrai pour toutes les deux : elle plaisait impérativement.

C'est à la même plume que nous allons demander le portrait suivant du fils de Joséphine : (( Eugènepromettait d'être ce qu'il fut , un charmant et aimable garçon. Toute sa personne offrait un ensemble d'élé^ gance d'autant plus attrayant qu'il y joignait une dioee qui se trouve rarement avec elle , c'était de la franchise et de la gaieté dans toutes ses façons. H était rieur comme un enfant, mais jamais son hilarité a'eût été provoquée par une chose de mauvais goût. n était aimable y gracieux ^ fort poli sans être obséquieux, et moqueur sans être impertinent, talent perdu* 11 jouait très-bien la comédie, chantait à ravir, dansait comme avait dansé son père, et était enfin un fort agréable jeune homme*. » D'autres parlent de sa taille élevée et bien prise, de son air avenant et de sa physionomie franche et ouverte , vrai miroir de son âme, quoique ses traits n'eussent rien de remarquable : on rend pareillement justice à la simplicité , au parfait naturel de ses manières, à son esprit et à son affabilité constante*. C'en est assez pour pouvoir affirmer qu'Eugène de Beauharnais devait être l'un des plus par&its cavaliers du salon de sa mère, où il

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