‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 187 sur 317 · Ihid · texte numérisé non relu

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DE L'IMPËRATRICE JOSÉPHINE. 187

sans ménagemeDt comme sans autorisation , la proposition formelle du divorce, bien avant que Napoléon s'v fût résolu.

Quelques jours après, Mme Bonaparte eut une dernière conversation avec son confident ; c'est du moins la dernière que nous trouvions dans ses précieux et trop courts Mémoires : « Soyez sûr, lui dit-elle, qu'ils n'ont pas renoncé à leur projet d'hérédité, et que cela arrivera un peu plus tôt, un peu plus tard. Ils veulent que Bonaparte ait un enfant de qui que ce soit. Ils voudraient ensuite me le faire adopter, parce qu'ils sentent bien que Bonaparte se ferait tort s'il renvoyait une femme qui s'est associée à lui dans un temps où il n'avait aucune puissance, et avec la fille de laquelle il a marié son frère. Mais jamais , je le leur ai déclaré, je ne me prêterai à une pareille infamie.... lis commenceront' par faire tout leur possible pour éloigner Bonaparte de moi. Ils ont parlé d'une forte pension à me faire s'il divorçait, mais je lui ai bien dit que si cela arrivait je ne voudrais rien de lui. Je vendrais mes diamants et j'achèterais une campagne où je vivrais heureuse, si ces messieurs voulaient m'y laisser tranquille....* »

1. Relativement à ces propositions faites par un zèle coupable ù Joséphine, de simuler une grossesse, on trouve dans les Mémoires de Tbibaudeau (p. 272) , la note suivante de son éditeur : c Las Cases faii dire à Napoléon , que lorsque Joséphine dut renoncer à Tespoir d'avoir un enfant, elle le mit souvent sur la voie d'une grande supercherie politique; qu'elle finit même par oser la lui proposer directement. {Mémorial, anc. édit., t. III, p. 35^.) On voit, par les conversations de Joséphine, que cette supercherie lui fut, au contraire, proposée, et qu'elle la repoussa avec indignation. » Pour le-

Contre ses ennemis, Mme Bonaparte avait une force qui devait encore souvent la protéger, car cette campagne du divorce^ ouverte dès la première année do Consulat, se renouvela bien des fois; c'est la teo: dresse d'un époux qui ne faisait pas un seul rêve de grandeur sans y associer la compagne de sa vie. Aussi» Bonaparte s'empressa de la parer de nouveaux honneurs, afin de lui communiquer quelque chose de li position exceptionnelle qui venait de lui être faite. En même temps qu'on établissait aux Tuileries quatre préfets^ une décision des Consuls accorda i Mme Bonaparte quatre dames, pour lui aider à fmn les honneurs du palais : c'étaient Mmes de Rémosat de Talhouet, de Luçay et de Lauriston '. Ce fut h deuxième phase de la cour consulaire , la transition entre la simplicité des premiers jours et le faste impérial. Depuis la paix, les étrangers, les Anglais surtout, commençaient comme avant la révolution, a affluer à Paris : il fallait paraître, et represenler dignement la France à leurs yeux*.

diteur, comme pour nous, il n'y a aucun doute à concevoir, toaseulemcnt sur la fidélité des souvenirs de M. le comte Thibaud«iL (l'Empereur, qui l'eslimail, lui donna plus tard ce titre), maiseoa'Tt sur la sincérité des paroles de Joséphine dont les con versai ioru> reproduites, le lecleur a pu en juger, offrent tous les caraclêreMif i plus confiante spontanéité.

1. Mémoires du duc de Rovigo, t. I, p. 455. Soutenir» de ï ^ Menneval, p. 120. Constant^ p. 152.

2. ce A l'occasion de la paix, ou plutôt de la trêve avec i'Ao£>^ terre, le Premier Consul donna l'ordre de parcourir tous le» àtçi^ publics et d'apporter dans les appartements du palais des Tuilcrrti tout ce que l'on trouverait d'élégant et de convenable pour m? ameublement. // voulait déployer ai*j yeux (/«s étran^t Ir* ^*

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Deux habitants du palais des Tuileries nous font connaître sa nouvelle physionomie. Voici dans quels termes M. de Menneval en reproduit l'organisation : ce II y avait un gouverneur du palais qui était le général Duroc. Ce général avait dans ses attributions l'ordonnance des dépenses, la police et la surveillance du palais. Il tenait table pour les officiers et dames de service, et pour les aides de camp. La maison militaire se composait alors de quatre généraux commandant la garde des Consuls, les généraux Lannes, Bessières, Davoust etSoult; de huit aides de camp, les colonels Lemarois, CaiTarelli, Gaulaincourt, Savary, Rapp, Fontanelli, officier italien, et le capitaine Lebrun, fils du troisième Consul. Il y avait quatre préfets du palais, MM. de Luçay, de Rémusat, Didelot et Cramayel, et quatre dames. Un des généraux de la garde était de service chaque semaine chez te Premier Consul, ainsi qu'un aide de camp et un préfet du Palais. Les préfets du Palais étaient chargés du service intérieur, du règlement de l'étiquette et de la surveillance des spectacles. Les dames étaient chargées d'accompagner Mme Bonaparte; les présentations des femmes des ambassadeurs étrangers et autres, étaient faites par elles. Une dame était de service chaque semaine auprès de Mme Bonaparte. Dans les cérémonies ou dans les circonstances extraordinaires, les préfets du Palais et les dames étaient

nources de VEtal qu'il gourernail, Co sont ses propres expressions. » (Mémoires anccdoliques sur l'inlérieur du palais, par M. de Baussol, t. IV, p. 96.) *

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tous présents, f^ général de la garde, de service, tenait table pour les officiers qui étaient de garde au Palais. Il y avait ainsi déjà à cette époque, dans la maison du Premier Consul, les éléments d'une Cour *. »

Le colonel Savary, depuis due de Rovigo, nous fait, lui, assister au premier grand cercle tenu alors par Joséphine ^ : « Cette cour , raconte-t-il , n'avait encore que quelques mois d'installation, lorsque les étrangers furent reçus pour la première fois. La réception eut lieu dans les appartements de Mme Bon»parte, sur le jardin. Elle fut nombreuse, composée de tout ce que nos voisins avaient de plus aimables femmes, qui y parurent avec un luxe de pierrerie dont notre cour naissante n'avait pas encore d'idée. Le corps diplomatique y assista tout entier. Enfin Tafflueiice fut telle, que les deux salons du rez-dechaussée purent à peine suflire au concours que cette ccrémoiiie avait attiré. Quand tout fut prêt, que chacun eut pris sa place, Mme Bonaparte entra, précédée du ministre des Relations extérieures, qui lui présenta les ambassadeurs étrangers ; elle fît ensuite le tour du premier salon, toujours précédée par le ministre, qui lui nommait successivement chacune des personnes qui se trouvaient sur son passage. Elle achevait de parcourir le second , lorsque la porte s'ouvrit tout à coup, et laissa voir le Premier Consul

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