‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 194 sur 317 · Collection Didot, t. H, p · texte numérisé non relu

Collection Didot, t. H, p

La Icllre dans ce recueil porte la date de l*an xij : c'efi une frrour, lo voyage de Rouen (effectué en Tan xi) ne se renouvela pas deux ans de suite.

2. Lettre autographe et inédite, en la possession de M. GuibMirt maire de Senlis, ancien notaire du roi Joseph, à MorfonUino.

3 Mme Joseph Bonaparte venait d'ac<:oucher de sa ?e\V?"J'* fille

Tembrasser pbur moi, et ma nouvelle petite nièce , que j'aurais désiré être un petit garçon; mais ce sera pour le premier, je compte là-dessus pour Tannée prochaine. Nous sommes encore ici jusqu'à vendredi. Nous allons au Havre, à Elbeuf, Honfleur, Beauvais. Vous voyez que notre voyage sera plus long que Bonaparte ne l'avait dit. Il a été reçu ici avec un enthousiasme difficile à exprimer ; on viept de dix à douze lieues pour le voir, et, sans exagération, il y a toujours devant les fenêtres vingt mille âmes qui. le demandent sans cesse. On ne sait de quel nom l'appeler. Il y en a qui l'appellent la pacificaiion du monde; d'autres le père du peuple; un homme s'avança et lui dit : « Après Dieu c'est vous! » Un autre lui dit : « Mon âme est à Dieu , mais mon cœur est à vous ! » Vous voyez, mon cher petit frère, combien votre frère a été heureux, et qu'il fait bien de sortir quelquefois de cette grande ville de Paris. J'entre dans tous ces détails , mon cher petit frère, parce qu'ils vous feront grand plaisir. Adieu; comptez pour la vie sur le tendre attachement de votre

bonne sœur.

«Joséphine Bonaparte. »

Au bout de cinq jours passés à Rouen en fêtes, en réceptions, en bals, en spectacles et en visites de manufactures, les voyageurs partirent pour le Havre, où ils arrivèrent dans la soirée du 5 novembre, après quelques heures consacrées à Caudebec et à Elbeuf. Ils trouvèrent la ville entière et tous les bâtiments qui remplissaient les bassins, illuminés en verres de

couleur. L'enthousiasme fut le même qu'à Rouen, et les trois journées que Bonaparte put donner à ce premier port commercial de la France, ne furent pe^ dues ni pour ses progrès, ni pour sa sûreté. Au Havre , Mme Bonaparte trouva des occasions pour la Martinique; elle s'empressa de les mettre à profit , pendant que le Premier Consul, dans une de ses promenades en mer, avait l'attention de charger loimème les capitaines de deux bâtiments qui passaient à sa portée faisant voile vers les Antilles , de donner à sa belle-mère des nouvelles de ses enfants. Voici la lettre de Joséphine, pleine surtout d'intimes détails de famille, qui de sa part ont le privilège d*in* téresser :

Du Havre, 16 brumaire. (7 novembre 1803'.]

« Bonaparte est venu visiter le Havre, Rouen, enfin toute la Normandie; je l'accompagne dans cette tou^ née. Jugez du plaisir que j'ai eu ce matin d'apprendre qu'il partait un bâtiment pour la Martinique; ma joie a été d'autant plus grande qu'il en était parti deoi^ matin, et qu'ignorant leur départ, je n'avais pu pp> fiter de leur occasion pour vous écrire. Opendaut Bonaparte, se promenant sur la mer, a fait appeler les capitaines et leur a dit de vous donner de nos nonvelles. Je suis maintenant plus heureuse , ma chi^ maman, je vous en donne moi-mOme, et vous assurf que vos enfants et petits-enfants vous aiment l»i«'n;

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