‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 195 sur 317 · Lellrc aulO};rc)phe et inédile (Archives de famille · texte numérisé non relu

Lellrc aulO};rc)phe et inédile (Archives de famille

D£ L'IMPÉRATRICE JOSÉPHINK. 207

que j'ai le plus grand désir de vous voir ; qu'il ne manque à mon bonheur que celui de vivre auprès de vous. Donnez-moi, ma chère maman, cette satisfaction et il ne me manquera plus rien. Vendez votre habitation de la Martinique et venez acheter une propriété en France. Vous devez désirer de vivre maintenant avec vos enfants : vous ne pouvez plus habiter les colonies, d'après le désir qu'ils ont de ▼DUS voir habiter avec eux.

c< Je vous ai mandé l'heureux accouchement d'Hortense : il y a trois semaines qu'elle nous a donné un gros garçon. Bonaparte le fera baptiser à son retour à Paris ; il en est le parrain et moi la marraine : il s'appellera Napoléon. Louis Bonaparte vous a écrit pour vous faire part de l'accouchement de sa femme; il est le plus heureux des hommes, d'être père et surtout d'un gros garçon. Je vous annonce avec plaisir que ce mariage est très-heureux et qu'ils s'aiment beaucoup.

w Vous devez avoir maintenant près de vous mon beau-frère Jérôme Bonaparte. Je suis sûre que vous l'aimez beaucoup. Je vous prie de l'embrasser pour moi sur une joue et de lui donner un petit soufflet sur l'autre pour ne pas nous donner de ses nouvelles.

« Eugène est avec nous au Havre ; il se porte bien ; Bonaparte vient de le nommer colonel. Tascher se fait aimer de tout le monde; c'est un modèle de sagesse ; Bonaparte Ta placé dans un régiment : il se trouve bien heureux. Vous pouvez assurer mon oncle que si son ûls* était mon enfant, je ne l'aimerais pas

énéral Bonaparte était moins pressé que sonentoue : il se décida à attendre. Six mois se passèrent 18 une sorte d*oisiveté qu'il promenait de Saintad à la Malmaison, où Joséphine allait encore plus iTent que lui fuir les fatigues de la représentation icielle. « Le Premier Consul vivait presque désœu- \, rêvant aux améliorations qu'il pourrait introire dans les diverses parties de l'administration , X encouragements à donner à Tagriculture , au mmerce , à l'industrie , aux travaux d'utilité et tDibellissement que réclamaient Paris et les villes «départements qu'il voulait aller visiter successiveant*. » Paësiello et Canova, mandés en France , veienty l'un par ses chants , l'autre par son ciseau , Etrmer et parer Saint-Cloud. Mme Bonaparte, mainlant sans craintes et pour son mari et pour elle, flageait sa vie heureuse entre cet époux admiré de Urope, adoré de la France ; son fils, pour qui l'afifec- D paternelle du Premier Consul ne faisait que >ître ; sa fille et ce petit-fils, aujourd'hui sa force et garantie; ses fleurs et ses collections, lorsqu'un dp de tonnerre, la rupture de la paix d'Amiens, ut de nouveau déchaîner les orages , rendre le ys à la lutte, Bonaparte à son génie , et Joséphine la destinée.

l. Souvenirs de M. le baron de Monneval, t. !•', p. 136.

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plus que je n'aime ce bon Ta8cher*.You8 feriez bien, ma chère maman^ de profiter des occasions qui arrivent au Havre pour m'envoyer les arbres et les graines que je vous demande : envoyez-m'en de toutes les espèces possibles, même celles qui viennent daos les bois.

« Je vous envoie des journaux ; vous verrez l'accueil qu'a reçu Bonaparte à Rouen; il serait difficile de vous peindre l'enthousiasme du peuple partout où Bonaparte s'est montré. Adieu, ma chère maman; nous vous embrassons tous de tout notre cœur et nous vous aimons de même. »

Le Premier Consul acheva son voyage au milieu des mêmes démonstrations, par Fécamp, Dieppe, Gisors et Beauvais, et, vers le 15 novembre, il rentra à Saint-Cloud avec la conviction qu'il était encore plus populaire en province qu'à Paris. Joséphine avait partagé tous ses lionneurs : en sortant de chez le Consul, les autorités allaient lui présenter leurs compliments ; le soir, elle tenait cercle ctuniii»' aux Tuileries; à son entrée dans les villes, les jeup.ts filles, vêtues de blanc , lui offraient des fleurs; daIl^ les théâtres on chantait des couplets où elle étai: désignée j)ar de flatteuses allusions. Le Promirr Consul avait permis ces hommages, afln de bien «Iip à tous, amis ou ennemis, qu'il ne voulait s"êlevtT que Joséphine à ses côtés.

Après ce voyage TEmpire était possible; mais

1. Il est ici question de l'aîné des cousins do Mme Borijf»cr.t' arrivé en France quelques années avant ses autres frères.

le général Bonaparte était moins pressé que son entourage : il se décida à attendre. Six mois se passèrent dans une sorte d'oisiveté qu'il promenait de Saint- Cloud à la Malmaison, où Joséphine allait encore plus souvent que lui fuir les fatigues de la représentation officielle. « Le Premier Consul vivait presque désœuvré, rêvant aux améliorations qu'il pourrait introduire dans les diverses parties de l'administration , aux encouragements à donner à l'agriculture , au commerce, à l'industrie^ aux travaux d'utilité et d^embellissement que réclamaient Paris et les villes des départements qu'il voulait aller visiter successivement*. » Paësiello et Canova, mandés en France, venaient ^ l'un par ses chants, l'autre par son ciseau, charmer et parer Saint-Cloud. Mme Bonaparte, maintenant sans craintes et pour son mari et pour elle, partageait sa vie heureuse entre cet époux admiré de l'Europe, adoré de la France; son fils, pour qui l'affection paternelle du Premier Consul ne faisait que croître ; sa fille et ce petit-fils , aujourd'hui sa force et sa garantie; ses fleurs et ses collections, lorsqu'un coup de tonnerre, la rupture de la paix d'Amiens, vint de nouveau déchaîner les orages , rendre le pays à la lutte, Bonaparte à son génie, et Joséphine à sa destinée.

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