Colleclion Didot. t. U, p
DE L'IMPÉRATRICE JOSEPHINE. Ii9
mier Consul arriva enûn à Bruxelles , où il se proposait de tenir sa cour, sûr d'attirer à lui , par la séduction de leur capitale, ces populations belges conquises, mais point encore entraînées. Quinze jours suffirent pour changer quelques dispositions qui se réservaient : l'ascendant de son génie , ses actes respectueux et protecteurs envers la religion et le clergé , y furent sans doute pour la plus grande part, mais l'aide de son épouse lui fut aussi fort utile. Les manières de Joséphine , son désir et sa facilité de plaire , sa piété simple mais sincère , firent, sur les habitants de Bruxelles , une impression qui lui valut leur sympathie.
En entrant dans le pays , à Anvers , elle avait déjà reçu du populaire archevêque de Malines, M. de Roquelaure, la bienvenue en termes faits pour la flatter et lui procurer un bon accueil : « Madame (lui avait dit ce prélat, homme d'esprit et de tact, car il devinait les deux grandes préoccupations de Joséphine), après vous être unie au Premier Consul par les nœuds sacrés d'une alliance sainte, vous vous trouvez aujourd'hui environnée de sa gloire. Cette situation est due aux agréments de votre esprit, à Taménité de votre caractère et aux charmes de votre société. Continuez, madame, à mettre en exercice ces aimables qualités que vous tenez de l'auteur de tout don parfait ; elles seront pour votre auguste époux un agréable délassement des immenses et pénibles travaux^uxquels il se dévoue chaque jour par amour pour la patrie. Si nos prières et nos vœux fixent vos
StO HISTOllK
mutuelleg destinées, tous serai faeuranx Toft ptr Tautre, et nous le serons nouft-mtedes de Yotremituel bonheur ^ » En faisant ainsi alliuioD à me union religieuse qui n'avait point en lien, mil après laquelle Joséphine soupirait de tout son cqbw, Tarchevèque de Malines, qu'il sût ou qu'il ignoiith Yéritéi pouvait contribuer à y décider NapoléoD; d, en souhaitant aux époux même exieteoce henraM dans un commun avenir, il semblait protester contoi ces idées de séparation qui s'étaient prodoitas Ion du Consulat à vie , et qui allaient snrgir de noiveau aux approches de l'Empire. A ce double tibei Mme Bonaparte voua à M. de Boquelaure ane iseosnaissance dentelle chercha à lui donner des preimii . Laissant la capitale de la Belgique éblouie rt charmée , le Premier Consul reprit le chemin di Paris par Liège , Namur et Sedan , et « dans la première quinzaine d'août , il se retrouva à SaintrCloodl avec plus de force morale , et surtout plus de ooafiance en son expédition gigantesque , dont les préparatifs déjà fort considérables, demandaient cependant encore six ou huit mois avant d'être ameoéi à leur perfection ; et le reste de Tannée fut employé par lui à cette œuvre mémorable , allant souvent i Boulogne, doiit il avait fait son quartier général, ets'oecupant en même-temps , par un travail diplomatique habile et suivi , à bien fixer et à assurer ses rapports avec les puissances du continent.