M. Thiers, t. IV, p
228 HISTOiBE
certaines pour lui assigner un nom) empêcha cet appel de parvenir à son adresse, et les fossés de Yincennes virent le sanglant sacrifice.
On a prétendu que Mme Bonaparte s^était jetée aux genoux de son mari pour lui demander la grâce du duc d'Enghien , et que cette grâce lui avait été refusée. « Non-seulement ce fait est faux, dit M. le doc de Rovigo , bien informé , mais il est hors de toute vraisemblance ^ » Yoici quelle fut la conduite de Joséphine dans cette circonstance.
Le 18 mars 1804, jour où le prince fut extrait de la citadelle de Strasbourg et dirigé sur Paris, le Premier Consul s'était retiré à la Malmaison, où il voulait être seul. En effet, excepté sa famille et les membres du gouvernement, il n'y reçut persooDe,parcourant le jardin et affectant un calme qui n'était pas dans son cœur '. « Sa femme , ajoute rhistorien du Consulat, qui était instruite , comme toute sa famille, de l'arreslation du prince; sa femme qui, a>ec cette sympathie dont elle ne pouvait se défendre pour les Bourbons, avait horreur de l'effusion du sang roval, qui, avec cette prévoyance du cœur propre aux femmes, apercevait peut-être dans un acte cruel desretours de vengeance possible contre sou époux, contre ses enfants, contre elle-même; sa femme fondant en larmes, lui parla plusieurs fois du prince, ne croyant pas encore, mais craignant que sa perte ne fût résolue. Le Premier Consul, qui mettait une sorte d'orgueil à a»ui-