‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 205 sur 317 · Mémoires de Bourrienne , t. IV, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Bourrienne , t. IV, p

elle accordait , ainsi que sa mère , au général Moreau tous les titres à un premier rôle, elle était froissée, et pour lui et pour elle-même, de le voir relégué au second. Il y avait chez Moreau assez de jalousie contre le Premier Consul, assez de mauvaise humeur de son étonnante fortune à laquelle il se reprochait d'avoir contribué au 18 brumaire, pour le jeter, par une pente naturelle , dans cet isolement , d'abord silencieux, devenu facilement une hostilité déclarée, que Ton a décorée , à tort , du nom d'opposition purir taine. Mais faible de caractère , quoique d'un courage intrépide , il ne serait peut-être jamais allé jusqu'au complot et à Talliance avec les ennemis de son pays , sans les perpétuelles incitations de sa femme et surtout de sa belle-mère, qui avaient fait de sa maison Tune des plus élégantes et en même temps des plus malveillantes de Paris, où tout ce qui était opposé au Premier Consul était accueilli avec faveur. On y donnait de très-beaux bals , que fréquentait avec empressement une partie du faubourg Saint-Germain, habile à brouiller*.

1. Voir pour toutes ces relations de la famille de Moreau avec celle da Premier Consul, M. Menneval, t. HI, p. 57; Tbibaudeau, p. 322; Bourrienne, t. IV, p. 250j et le Mémorial de Sainte- Hélène , t. I'', passim. Nous ne prenons, dans M. de Las Cases, que ce passage :

« Depuis longtemps, le Premier Consul avait rompu avec Moreau. Celui-ci était entièrement gouverné par sa femme, c malheur toujours funeste, disait l'Empereur, parce qu'on n'est alors ni soi ni sa femme; qu'on n'est plus rien, i Moreau se montrait tantôt bien, tantôt mal pour le Premier Consul ; tantôt obséquieux, tantôt caustique. Le Premier Consul, qui eût désiré se l'attacher, se vit obligé de s'en éloigner tout à fait, c Moreau finira, avait-il dit, par venir se casser la figure sur les colonnes du palais. » Il n'y était que trop

ne aiSTOiu

L'arrestation de Moreau caasa une Yfiritable douleur ; on était affligé de voir une telle ^om mêlée à de tels desseins. Mais la colère lot im contre le parti qui, trois ans sealement après h machine infernale , était de noaTeau trou^ h main dans des complots dont la mort de l*haBiiie indispensable devait être , qu'on le Touldt •■ non 9 nécessairement le premier acte. Boeapvto se reprocha alors tout ce qu*il avait eoooie fait pour les royalistes depuis l'attentat de la m Saint- Nicaise : amnistie complète , biens lendw, admission dans tous les emplois , même auprii de sa personne, sans compter ce que lui denil la religion. Devant cette ingratitude de parti f une réaction soudaine se produisit dans son esprit Lors du 3 nivêse son courroux irréfléchi t'en ëtà d'abord pris aux républicains ; aujourd'hui il était exaspéré contre les royalistes , et ce il était résda (ainsi qu'ille répétait à chaque instant) à ne leur accorder aucun quartier*. » Joséphine, qui STsit tant ménagé et protégé ce parti, partageait dosblement l'indignation de son époux ; car, avooenous dit, au sentiment que tui faisait éprouver l'ingratitude se joignait la douleur de voir rereoir

poussé par les inconséquences ridicules et les prétentioiis de a femme et de sa belle-mère. Celle-ci allait jusqu*à vouloir àapam le pas à la femme du Premier Consul. Le ministre des RdalîMSCitérieures avait été obligé une fois, disait Napoléon, d'employé b force pour l'arrêter dans une fête ministérielle. » (Jfémonfll, L K p. 260.) 1. Histoire du ConsukU et de l'Empire^ t. IV, p. 563.

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des épreuves et des périls qu*elle avait cru passés sans retour.

L'instruction du complot apportait tous les jours quelque nouvelle clarté. MM. de Polignac et de Rivière avaient été arrêtés venant d'Angleterre. On sut que les conjurés attendaient pour agir un prince , sans désigner lequel. A chaque révélation, le Premier Consul sentait sa colère redoubler. Il était sombre , agité , menaçant : « Les Bourbons croient , disait-il , qu'on peut verser mon sang comme celui des plus vils animaux. Mon sang, cependant, vaut bien le leur ; je vais leur rendre la terreur qu'ils veulent m'inspirer. Je pardonne à Moreaii sa faiblesse et l'entraînement d'une sotte jalousie, mais je ferai impitoyablement fusiller le premier de ces princes qui tombera sous ma main ; je leur apprendrai à quel homme ils ont affaire ^ » Hélas ! pour réaliser cette sanglante menace , il commit la faute d'étendre la main au delà des frontières, et d'y saisir un prince qui, malgré de déplorables apparences , n'était évidemment pas celui qu'attendaient les conjurés. Au milieu des débats contradictoires suscités, depuis un demi-siècle, par ce lamentable sujet, nous ne rechercherons pas à qui doit revenir la responsabilité directe de l'affreuse mort du duc d'Enghien. Il voulait faire, a-Uon dit, au Premier Consul un appel qui , à coup sûr , eût été entendu : la fatalité sans doute (nous manquons de données

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