Mémorial
3. Le général Rapp obtinl aussi la vie de l'un des condamnés, 1. de Russillon« (Voy. ses Mémoires, p. 10.)
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Mme Louis Bonaparte eut occasion aussi de donner consolation et assistance à cette ancienne amie de pension à qui il n'avait fallu que trois ans de jalousie et de folles provocations pour entraîner le glorieox mais faible vainqueur de Hohenlindeu dans le précipice où il venait de disparaître. Par un sentiment qui rhonore, et qui était en même temps justice rendoe au cœur de son ancienne compagne, Mme Morean alla lui porter son malheur et réclamer son appui. Elle demandait pour le général la conversion de la prisoo en un exil, Tautorisation de se rendre en Amérique et la faculté de réaliser sa fortune. Mme Moreau était malheureuse ; Hortense s'attendrit avec elle. Elle s'employa activement auprès de l'Empereur, qui accorda tout ce que demandait Moreau ; et même, comme les biens du général pouvaient être d'une réalisation difficile et coûteuse, lente surtout, il lui acheta luimême, au prix qui futdemandé, sa terre de Grosbois. qu'il donna à Berthier, et son hôtel de la rue d'Anjou, dont il fit présent à Bernadotte*.
Au sortir de ces émotions, on procéda à rentiViv qfganisation de TEmpire, c'est-à-dire à la réalisalii-D du Sénatus-consuUe qui dorénavant formait la con>> tution monarchique du pays. Cette constitution d":nait naturellement aux. frères et aux sœurs du ch^'* de la dynastie le titre et Tétat de princes et de princesses, avec chacun un million de dotation par an La Liste civile deTEmpereur était de vingt-cinq n\i'
1. jMémoiresûu duc de Roviijo, l, II, p. 98 ; Mrmotres de Mli^? ' " chelet, t. II, p. 226; Constanl, II, p. 249.
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lions. Les enFants de Tlmpératrice Joséphine furent d'abord inégalement traités. Comme belle-sœur du souverain, Mme Louis Bonaparte devenait Altesse Impériale; quant à Eugène, l'Empereur crut devoir réserver les faveurs que lui assurait inévitablement une affection dont jusque-là il s'était montré digne. Napoléon ménageait encore quelques susceptibilités et quelques jalousies de famille, mais en affichant la volonté de s'en débarrasser désormais. « Je ferai bien, avait-il dit au milieu des tracasseries d'intérieur que lui suscitaient les préliminaires de l'Empire, je ferai bien une loi qui me rendra le maître dans ma famille! » La Constitution, se conformant à ce vœu, lui donna l'autorité la plus complète sur tous les membres de la famille impériale : ils ne pouvaient ni se marier, ni rien faire d'important, ni sortir de France sans son consentement \
On avait créé autour du trône impérial de grandes dignités, empruntées , pour la plupart , à l'Empire germanique, et qui semblaient un pressentiment de cet Empire d'Occident qui apparut quelquefois depuis* à l'âme fascinée de Napoléon. C'étaient : un grand électeur, chargé d'assurer la régularité des élections à tous les degrés ; un archichancelier d'Empire et un archicancelier d'Etat , ayant la haute main , Tun dans la justice, l'autre dans la diplomatie; un architrésorier , un connétable et un grand amiral, lis formaient, avec l'Empereur, le grand conseil de