Aujourd'hui la rue Laffilte
DE L*IMPËRATRIGE JOSÉPHINE. 337
lesse. Le vénérable chef de la maison de Beauharnais qui , près d'un demi-siècle auparavant , avait heureusement défendu la Martinique contre une flotte anglaise y en compagnie de son aide de camp et ami y le père de l'Impératrice Joséphine , vécut assez pour pouvoir pressentir dans la personne d'Eugène, son petit-fils, l'illustration réservée à son nom. La marquise de Beauharnais, que nous avons vue si souvent figurer dans les premiers chapitres de cette histoire, sous le nom de Mme de Renaudin, survécut de deux années à son époux ^ et put, de son côté, entrevoir Tavénement au trône de cette nièce dentelle avait, à son insu, procuré Tétonnante fortune , en la faisant venir en France , vingt-cinq ans auparavant, pour épouser l'infortuné Alexandre de Beauharnais.
Devenue toute-puissante, Joséphine ne se montra point oublieuse pour la famille de son premier époux. Elle rendait des soins assidus à cette autre tante qui avait aussi guidé ses premiers pas, et qui était, de plus, la marraine de sa fille. La comtesse Fanny de Beauharnais sortait peu de chez elle, et, entourée de la littérature contemporaine, passait sa vieillesse dans ce culte des Muses qui avait été la passion quelquefois heureuse de sa vie. Sa fille, on le sait, avait épousé son cousin-germain, le marquis François de Beauharnais, frère aîné d'Alexandre : la fille unique de ceux-ci fut choisie par Tlmpératrice pour Tune des premières fonctions de sa cour. Au début de l'Empire, Joséphine fit nommer l'ancien député royaliste, II «2
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son L^au-frère , ambassadeur d'abord à Flontee, puis quelque temps après eu Espagne.
Mais la comtesse Fanny avait aussi un Gis, lercmk Claude de Beauharnais, ancien oflicier aux garda françaises, qui avait épousé la fille du marquis Lenj- Marnézia, député de la noblesse aux èlats géoéraui. De ce maria<i;e était née une fille appelée Stéphanie, nom emprunté à un roman de son aïeale, que soa père devenu veuf et t\ par la Révolution fàiHii ilever au fond de la Qce, à Mootauban. hsi-
pbine, après le Cens i ie, voulut que cctlf^enlul reçût une éducation plus i nforme à la situation pifsente de sa famille, et à destinée qui pouvait « lever pour elle; et le Pr> ler Consul, toujours dsposé à satisfaire sa femn lans les siens, deniaodib jeune Stéphanie, eu annonçant qu'il se charseaitit son éducatioQ et de son sort. Elle fut mis* rhfl Mme Campan où se tronTait déjà la filleule de Mme B>oaparte du même nom, Mlle Stéphanie de Tucber Dès la première année de l'Empire , le comte Cliudt de Beauharnais fut placé par Napoléon au Sénat.
L'Impératrice Joséphine voulut aassi faire resacottr les effets de son affectueux pouvoir aux parents &»■ gnés que son aïeul, en trausportant son étahlisacm^ aux colonies^ avait laissés en France, et qui fomiiial la seconde branche de lenr maison. Séparée de h tige commune dès le xv* siècle^ cette branche cvktt ne portait point le nom de La Pagerie, réserré au atnés de la famille ; elle ajoutait dans les actes au Doa de Tascher, celui de la seigneurie de Pourra; qoi in
appartenait. En arrivant en France , le père de Joséphine avait renoué avec ces parents de son nom, et Tun d'eux Tabbé Samuel de Tascher, aumônier du duc de Penthièvre, le remplaça même à la célébration du mariage de sa fille, où la maladie l'avait empêché de figurer. Le frère de celui-ci, chef de sa branche, riche et estimé, après avoir bien servi, de 1759 à 1785, s'était retiré à Orléans, capitaine au régiment de Pentbièvre et chevalier de Saint-Louis. Il y passa, sans s'émouvoir, tout le temps de la Révolution, et, au plus fort de la Terreur, il avait su, à la tête d'un corps de volontaires à cheval , protéger la haute Cour nationale, contre une émeute envoyée de Paris pour lui dicter ses arrêts \ Napoléon, qui aimait les preuves de courage, quelle que fût leur date, récompensa cette ferme conduite et la juste considération dont M. de Tascher jouissait dans une ville importante, en le nommant sénateur en octobre 1804, et, plus tard, comte de l'Empire.
L'Empereur, qui avait ainsi distingué un parent éloigné de Joséphine, allait, par quelque haute dignité, témoigner de ses sentiments personnels pour le propre oncle de l'Impératrice, qu'il avait, dans ce dessein, mandé lui-même à Paris. Mais l'influence d'un climat nouveau vint bientôt aggraver la goutte cruelle qui depuis si longtemps tourmentait le baron de Tascher. Après trois mois de soufiTrances ,
1. Généalogie de la Maison de Tascher dans l'ouvrage intitulé : Rueily le château de Richelieu et la Mahtiaison; pièces Justificatives, p. 199.
tsua conBolées par la présence de l'Imp^tricert de rincesse Louis, il mourut, le 25 février 18l>6, dans I lôtel de la rue de la Victoire, entoure Af a fille et de ses fils, qui, après avoir termiDÔ leur» tiudes militaires, avaient tous été Faits officiers daiu le» diverses armes qu'ils préféraient. A son lit de mort, il leur recommanda une inviolable fidélité eaven l'Empereur et une reconnaissance éternelle pourlfvr généreuse parente. L atrice Joséphine vouiul
qu'il fût inhumé dans . se de Kueîl qu'elle aiail choisie elle-même pour Sa jropre sépulture; elle lai fit élever un tombeau en rbre qui se voit à côté da sien, et dont l'inscription este sa respectueuse tendresse pour ce frère de lère *.
Cette année, qui suivu u. paix de Presbour^, M presque entièrement coDsai ée par Napoléon aui ri» blissements de famille deslmés à satisfaire en œèm temps son cœur et sa politique. Il avait nnmmmtà par le mariage d'Eugène. Arrivé à Paris, il s'occupa de remplir l'engagement pris par lui vis-à-vis do prince héréditaire de Bade, et il lui choisit pour femme, cette jeune parente de l'Impératrice qui, depuis trois ans, complétait chez Mme Campao UM éducation Jusque-là forcément négligée, Mlle Stéphanie de Beauharoais.
On peut suivre dans la correspondance de mi institutrice la marche de ses progrès, et y preodn une idée de son caractère, r Je suis très-conteolf