‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 248 sur 317 · Conespondanct de Mme Campan, l. I", p. 31S · texte numérisé non relu

Conespondanct de Mme Campan, l. I", p. 31S

(( Le grand-duc régnant , dit à ce sujet M. de Menneval *, éprouvait pour VEmpereur une reconnaissance sincère; mais les sentiments de sa cour étaient antifrançais; ils troublèrent pendant les premiers temps, l'union du prince avec la fille adoptive de Napoléon. Je me rappelle les minutieux détails que contenaient les bulletins de M. de Thiard, chambellan de l'Empereur, qui avait été envoyé à Carlsruhe, sur les termes méprisants dont la margrave, mère du jeune prince, et le margrave Louis, son beau-frère, se servaient pour désigner les beaux-frères et les bellessœurs de Napoléon, et sur les efforts employés pour semer la mésintelligence entre les deux époux. La vertu de la princesse et la sollicitude de l'Empereur, la préservèrent des embûches qui lui étaient tendues. Les époux furent réconciliés par ses soins, et la paix, une fois rétablie, ne fut plus troublée. »

La princesse Stéphanie fit tout ce que la déférence de famille prescrivait pour adoucir les dispositions de sa belle-mère et de son oncle. Mais ce qui lui valut peut-être mieux encore sa légitime place dans cette cour imbue de préjugés et esclave des traditions, c'est la juste fierté qu'elle y avait apportée de sa qualité de fille adoptive de Thomme si grand qui dominait TEurope, qui faisait des rois et dont elle portait le glorieux nom. Elle n'en rabattit rien; et ce sentiment qui venait, sans calcul, d'un cœur reconnaissant, fut encore pour elle la meilleure politique, car non-seu-

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