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Lacken amenée par la princesse Murât, Bfme la muéchale Ney , et la sœur de celle-ci, Mlle Adèle Angdé.qM la reine, depuis quelques jours, avait mariée au gnid maréchal du palais de Hollande, M. de Broc, et priie pour dame d*hoùneur. C'étaient là ses meilleures amiei d'enfance, et elles étaient accourues de Paris à la Haje pour la consoler. Cette stupeur, cette insensilMlili dans la douleur où la mort si imprévue de son eiiEui avait jeté la reine Hortense, était encore entière; aiud, lorsqu'en accourant les bras ouverts et toute en lu^ mes, rimpératrice se trouva en présence de sa fiDe. immobile et inerte, et n'ayant pour elle ni un mot, ■ un regard, cette mère épouvantée poussa un cri dé» chirant, la croyant pour toujours privée de sa raisea Cette voix des entrailles réveilla le cœur de la fém comme une commotion électrique. Pour la premièn fois des pleurs vinrent dans ses yeux ; elle se jeta ser le sein de sa mère en sanglotant , et cette crise fut son salut, caries médecins avaient déclaré que, si elle ne parvenait à reprendre sa sensibilité, elle succomberait dans cet étoufTement maternel.
L'Impératrice ramena sa fille à Paris, mais il fallot longtemps pour calmer cette légitime douleur. Appè« quelques mois de paix intérieure à la Haye, le roi et U reine de Hollande, par la pente invincible de leur «ractère, avaient vu reparaître ces mutuels chagri» qu'ils se donnaient si facilement, malgré leur désir sincère de les éviter. Mécontent des tribulations de si politique, entre son peuple et TEmpereur qui lui <k" mandaient des choses contradictoires, affligé de ^2^
croissement de ses souffrances, le roi était retombé dans ces accès de tristesse et d'humeur qui rendaient, en effet, la vie commune bien difficile. Aussi, lorsque le malheur qui venait de les frapper était arrivé, la reine Hortense, qui s'était prêtée de bonne foi à cette nouvelle expérience d'entente conjugale, se trouvait à bout de courage et d'espérances. C'était là pour un grand chagrin une disposition qui devait en doubler l'amertume. A la stupeur succéda chez elle une mélancolie obstinée que les soins de sa mère, l'affection ravivée de son#époux, et les paternels encouragements de TEmpereur, eurent bien de la peine à dissiper.
On en jugera par cette lettre de Napoléon , écrite le 2 juin de Dantzick , qui venait de capituler entre les mains du maréchal Lefebvre : « Ma fille, vous ne m'avez pas écrit un mot, dans votre juste et grande douleur. Vous avez tout oublié comme si vous n'aviez pas encore des pertes à faire. L'on dit que vous n'aimez plus rien , que vous êtes indifférente à tout ; je m'en aperçois à votre silence. Cela n'est pas bien, Hortense; ce n'est pas ce que vous nous promettiez. Votre fils était tout pour vous. Votre mère et moi ne sommes donc rien ! Si j'avais été à Malmaison , j'aurais partagé votre peine; mais j'aurais aussi voulu que vous vous rendissiez à vos meilleurs amis. Adieu , ma fille; soyez gaie ; il faut se résigner. Portez-vous bien pour remplir tous vos devoirs. Ma femme est toute triste de votre état; ne lui faites plus de chagrin. Votre atu 25
Fet \né père. Ni.POL£oN '. » Il y a là un mot canttériat {ue qui revienl souvent depuis le coinmeoc»' ment de la campagne, sous la plume de Napolnu. Sois gaie et cootente, répète-t-il dans presque touUt ses lettres à Joséphine, ce qui veut évidemment dire: Aies du calme, de la Torce et du sang-&oid; eticisvtout c'est le seos qu'il faut donner à cette expr» sioD. Quelques iours après, PEuipereur reçut enAtt une lettre de sa bi Vos peines me touclioii^
lui répond-il ', n ïoidraÎB vous savoir plofdi
courage : vivre c soi -ir, *t t'Iionnéte bomM combat toujours pour rester maître de lui. Je n'aiv pas à vous voir injuste envers le petit NapoléM- Louis *, et envers tous voi amis. Votre mère et t^ avions l'espoir d i us ]ue nous ne Mimmes iliii votre cœur. » consolation |iour l'Emii^i
reur, était ce second neveu, qui, s'il pe^^Î!*tait à repousser toute idée de divorce, pouvait, dans la ittseins de sa politique, remplacer le fils aîné du roi de Hollande.
Cette crise avait gravement altéré la santé de U reine Hortense. Les médecins lui ordonnèrent lesenu des Pyrénées, et l'Impératrice elle-même l'en^a^ fortement à exécuter ce voyage qui devait lai procurer des distraclions favorables à son état ; d'aDUi mieux que le roi Louis de son c6té, pour des raiso* de santé et afin de faire diversion à son clu^-