Correspondance y t. !•', p
l.0« HISTOIRE
cupés du préseiil en pensant au public, «le l'ârenir en songeant à l'histoire. L'Empereur Napoléon s dit avec autant de vérité que de jugement, dans iiof «if ses réponses aux harangues : « J'ai renonce aax deu- « ceurs de ta vie privée. «
(I L'élévation au premier rang d'un empire, pbw les grflnds sur un théâtre : le parterre porte toujonn les jugements les plus articulés, sifUe, applaadil, fiil tomber la pièce représentée ou la porte an\ nues. U critique raisonnée, le sarcasme plus fin, appartiennent aux loges; image exacte en cela des salon» et dei compagnies qui les meublent — Les grands, qui occupent si généralement el si journellement la soôHli, se trouveraient sourds el aveugles , et ignorenim totalement l'opinion publique, si, aidés par les cmseils de la raison , ils ne retenaient avec forr* b vérité près d'eux. La vérité est timide daus tes [»aUij. parce qu'elle n'est point là, comnie dans la fable, une espèce de divinité : elle réside dans des cœnit vertueux, mais ces cœurs appartiennent à des itm dirigés aussi par d'autres sentiments. La pradeiM porte les uns à se taire lorsqu'ils voient que la TÔiti ne plaît pas, et ceux qui ne peuvent garder le sileots, lorsqu'on ne leur permet plus de la dire, pour m pas trahir le sentiment de l'hooneur, se condamneil volontairement à la retraite. Malhenreux les pnoRs qui font ainsi fuir ou taire l'amitié et la vérité!
" T^ flatterie est a son aise dans les palais; rilt semble même y faire sa résidence habituelle; ellf » est heureuse ; on a toujours le temps de la recei'oirri
de Tentendre ; elle n 'ennuie jamais; elle trouve sans 'cesse un visage riant; elle favorise tous les goûts; elle applaudit à tous les plaisirs ; elle est invitée à toutes les fêtes; elle est comblée d'honneurs et de fortune. Elle fait, à la vérité, condamner le prince auquel elle s attache, par les seuls tribunaux qui existent pour lui, le public et la postérité; mais que lui importe? elle a travaillé pour elle; sa famille sera à jamais puissante, et la honte de sa conduite disparaîtra sous le titre flatteur de favori. Elle est difficile à éloigner; sa voix est si douce qu'elle plaît à Toreille comme la plus délicieuse musique : elle est diflicile à reconnaître; elle se déguise souvent et prend des traits de la vérité ; elle place quelques mots en apparence sévères, pour donner plus de charme à mille louanges non méritées. Elle ne s'introduit pas seulement dans le cercle et sous la figure des courtisans; elle s'insinue dans l'intérieur le plus intime et marche avec les artistes, les marchands et les serviteurs. Que de sagesse il faut pour s'en défier! Elle forme une telle barrière entre la voix publique et le prince, qu'Aroun al Raschild était obligé de se déguiser pour la connaître, en parcourant les rues et entrant de nuit dans les caravansérails. »
C'est surtout par des exemples empruntés à l'histoire de la cour qu'elle avait connue et de la Reine qu'elle avait servie, que Mme Campan cherche à frapper l'attention de ses lectrices; car on comprend qu'elle s'adresse autant à l'Impératrice Joséphine qu'à la princesse Louis. Un chapitre qu'elle traite à fond
DodMrtrH à I— éphiae, ast «hû BËBCtVBié à bqndle Mal (dil-cDe en di atjlt de d^se «uafln* d'impëratriee el d« mm ^ ■e Ainial Eûn w dettes oi «cononûes, ni \èâBma , ai préscnU mesqnios dÎ dons ronâwb Mal datés par Ur peuple; le peuple le ail eCoi parie mbs amt. Ik doîT^at donc re^sudcr lem tiéMis eoBtiDe des di bîen&isants fonots Aa
Txpean de b lerre, el qai s mt béais par le laboomir lonqD*ns y raloasbent à p pos. t'ne des nisona ifà proserirenl tonte acctimi Îod d'ajf^nt etdetnoen, c'est qoe les gnnds n'oot neo à eux, pas lufme ka fortune patrimouûle s'ils quill^nt le trÙDe, el qall n'ont besoin de rien s'ils y restenl. La maison Ai Bourbmif riebe de soccesaioiiset de dots qui oat floiveDt apporté à la France des pronncea eotiéns* et cela depais boit siècles, est un exem^de récent et ter rible de ce qne je viens d'avancer. Si rinftHtoDét Harie-Antoinette eût obteon l'exil an lien de la Docti elle o'eât trouvé dans son pays natal que ses ékmaots personnels, qu'elle avait ea la prudence d*j Taire passer dix-buit mois ayaot sa doDlourense fin: et ai ce foit, innocent en lai-mâme, avait été eanas, il eût été un des plus graves motifs dans un adi d'accusation où on oe lui a reproché qde des cbosa dont elle n'était pas coupable.
H L'avarice et la lésinerie sont donc des débatt
graves chez un prince; il doit éviter également la prodigalité et le désordre. Il faut toujours que ses dépenses soient plus relatives aux autres qu'à lui-même. Pourquoi range-t-on parmi les princes et les princesses prodigues des caractères qui n'étaient vraiment qu'avares ? C'est qu'ils dépensaient pour eux et point pour les autres. Le peuple est si fortement imbu de ridée vraie que toute la magnificence des grands est puisée dans ses trésors, qu'il ne murmure jamais contre les choses auxquelles il peut prendre part, et est toujours prêt à s'irriter contre celles auxquelles il n'est point admis. Jamais on n'a tant tiré de feux d'artifice, ni illuminé à grands frais des monuments que pendant le gouvernement populaire; c'était bien l'argent de la nation qui payait ces fêtes, en a-t-elle murmuré? Non, parce qu'elle y prenait une part active. La reine Marie-Antoinette a fait deux fois illuminer son petit jardin de Trianon ; quelques centaines de malheureux fagots furent brûlés dans les fossés pour faire ressortir les différentes nuances de verdure des arbres étrangers; mais la cour était seule admise à ces fêtes, et il semblait à entendre les étranges propos qui furent tenus, qu'elle avait brûlé toutes les forêts nationales et épuisé les fonds publics. Pourquoi? parce que le peuple n'était ni ne pouvait être admis à ces amusements. Occupée dans mes moments de loisir à peindre les qualités aimables et touchantes de Marie-Antoinette, je ne puis être considérée comme son détracteur, et je dois dire la vérité. Cette princesse était plutôt essentiellement avare, et sera dé-
signée dans Thisloire comme pro n'était pas généreuse. Jamais de sur le trésor royal une seule ordo prouve de la manière la plus évii semblée nationale , mattresse de I du trésor, n'a pu en trouver les p eût juré sa perle. Mais jamais t; un présent; je l'ai vue accorder t a été sévèrement reprochée, ani Azevèdo, pour n'avoir pas voulu, ; musique tout un hiver avec eux, un présent de deux cents lonis...
être généreuse, car sur les 300 0( sette, elle avait économisé plusie lui en ai connu de 200 000 franc!
des eHeis ou contrats d' aident pli venus? L'un a été emporté dans quidam qui devait le faire passer t-it remis à qui il doitappartenir'i a été changé en assignats pour considérable qui devait être don la journée du 7 août 1792, pt rable aux projets de défense de ofTicieux qui avait forgé l'histoire i garda la somme; c'était un boni pait Madame Elisabeth depuis qi connaissait pas même Péthiun.
quelques cent mille francs que I mules, en évitant soigneusement généreuse. »
DE l/IMPËRATRICE JOSÉPHINE. 411
Mme Gampan traite ensuite de la nécessité de la décence a la cour, et de l'influence des mœurs des grands sur celles de la nation. « Il est certain, ajoutet-elle, que les mœurs ont gagné à la révolution. Un moment de désordre extrême, une licence effrénée, l'exemple effrayant de la multiplicité des divorces, le besoin de vivre médiocrement et d'une manière rapprochée, la fuite de ces séducteurs brillants qui avaient érigé en principe l'art de corrompre toutes les femmes, et de brouiller tous les ménages, ont opéré un changement précieux et sensible; les maris ne sont plus disposés à rire de leur honte, et l'on peut assurer que le moment est favorable pour consolider un changement déjà remarqué par tous les étrangers. »
Parmi les devoirs des princes, Mme Campan n'a garde d'oublier cette bienveillance de cœur et de parole qui fait aimer, pardonner la puissance ; et sans avoir recours aux précédents historiques, un à-propos exempt de recherche et de flatterie amène naturellement sous sa plume le nom de l'Impératrice. Elle nous apprend ainsi de quelle manière Joséphine s'acquittait de son rôle de souveraine.
u L'affabilité dans la puissance n'a jamais été si nécessaire qu'après un espace de douze ans, où toute puissance supérieure avait disparu; mais ici nous n'avons point à rechercher d'anciens exemples. Qui plus que l'Impératrice sait réunir la dignité nécessaire pour donner une audience, à l'aimable simplicité de la conversation privée? Elle trouve à l'instant
ce qnH bat dire a lOBi, ce qui
leof» peinee a paras qa'cDe la plaça Jaaaaea mht. Oi crainil qae» bornée aa eeialè pen Mmbraai ie cii| oa MaiBii,dleeaertMneceaaaoouipée,eHBiW»
tiaMBt d'ialMt penoaad Ihmi paidonaabb p«ti diaqae iadmda à craire qa*il eat de ce petit wmtn d'âas. n saffit donc d'engiger toatae ke jeaaet fa^ flôanee de sa Cunille à la |nendrapoor moêlkdLk m défier d'aae corlaine pareaee d'aetiony qai aafaH ane indolence et an ton de firoideor que Ton tantU^ riee toii|onn de hantenr et de dédain, dans les p» sonnes d'nn rang âeré. *
Après a^oir encore recommandé la pralectioa saîdue et éclairée des beanx-artSy Mme r^mp^i tenisi par qndqoes jastes considérations sur rinflnene» fM peuvent et doivent exercer sur la mode toutes edla qui approchent du trône. « Je ne parlerai pas* dHelle, de la littérature, ni de la partie des manuEif* tures, ceci serait au-dessus de mes forces : la paii et les vues bienfaisantes du gouvernement assurent leur éclat. Que les princesses n'oublient pas leur i»* fluence directe sur les manufactures ; c'est leur foàt ou leur caprice qui les fait prospérer en France, li fichu d'une forme nouvelle porté par llmpératricr en fait faire six mille dans Paris, cent mille en France. Le point d*Argentan et celui d' Alençon ne sont pltf de mode ; que les princesses en portent cet hiver, cvs manufactures et ces villes vont renattre. Elles doivent aussi influencer les modes pour la partie re-
cmnmandable de la décence; Tessentiel est d'être pénétrée de son pouvoir pour en faire un salutaire usage, et Tesprit national doit se porter même sur le choix d'un ruban : c'est la manière réservée à notre sexe de faire la guerre à nos éternels rivaux.... »
On a pressenti, on a indiqué avant nous, cette intervention, cette influence de la première femme de Marie-Antoinette sous le Consulat et au commencement de TEmpire; mais on ne l'avait pas accusée avec ces détails que nous a paru comporter, réclamer même notre sujet. Nous ne pensons pas avoir accordé ici à Mme Gampan une importance et une place exagérées. Sa correspondance, ses relations suivies avec Tlmpératrice Joséphine et sa fille, avec la reine de Naples et la grande duchesse de Bade, ses autres élèves couronnées , prouvent cette importance et justifient cett-e place. La confiance et Testime de Napoléon ne tardèrent pas à lui procurer une position dans laquelle elle allait exercer uoe influence décisive sur l'éducation de son temps. En 1808, elle fut appelée avec le titre de Surintendante à la direction de la maison créée à Ëcouen pour élever aux frais de l'État les filles des légionnaires. Cette haute situation, ambitionnée par elle, offrait à Mme Gampan un attrait de plus, en ce qu'elle la mettait fréquemment en rapport avec la reine Hortense nommée princesse protectrice des établissements rivaux d'Écouen et de Saint-Denis.
Il nous reste à donner quelques détails sur la vie
kik HISTOIRE
intérieure de l'Empereur et de noua devons emprunter teiluellei de ceux qui en étaient les témo de leur conserver leur vérité et Voici, pour n'en citer qu'un, ce qi dans les Mémoires de M. deBeaua du palais :
« Tous tes matins, à oeuf hean tait de l'intérieurde sesappartemi il devait l'être toute la journée, I vice étaient les premiers admis, ses ordres pour la journée. Imméd grandes entrées étaient introduite saient des personnages du plus avaient droit par leurs charges, spéciale. Les officiers de la mai n'étaient pas de service avaient é\ d'y être admis. Bien des gens qu d'hui l'avoir oublié attachaient a prix à l'usage d'une si flatteuse dv.
heures et demie, le déjeuner de N I^ préfet du palais allait le prc dans le salon où it devait déjeune avec le premier maître d'hôtel, q les services de détail — Très-soi sais de recevoir pendant son personnes auxquelles il avait ace C'étaient en général des savants tels que MM. Monge , Berthollet, des bâtiments de la Couronne, e
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du Musée, qu'il avait emmenés avec lui pendant la campagne d'Egypte , et Corvisart. Parmi les hommes célèbres par de grands talents, c'étaient MM. David, Gérard, Isabey, Talma, Fontaine, son premier architecte, etc.
« Rentré dans son* cabinet, Napoléon s'occupait et recevait les ministres ou les directeurs généraux, qui arrivaient avec leur portefeuille. Ces différents travaux duraient jusqu'à six heures du soir, et n'étaient jamais interrompus que les jours de conseil de ministres, ou de conseils d'Etat. Le dîner était régulière» ment servi à six heures. Aux Tuileries et à Saint-Cloud Leurs Majestés dînaient seules, excepté le dimanche, où toute la famille impériale était admise au banquet. L'Empereur, l'Impératrice et Madame-Mère étaient assis sur des fauteuils, et les autres rois, reines, princes ou princesses , etc.^ n'avaient que des chaises meublantes. Jl n'y avait qu'un seul service, relevé par le dessert; les mets les plus simples étaient ceux que Napoléon préférait. Il ne buvait que du vin de chambertin , et le buvait rarement pur. Le service était fait par les pages, secondés par les valets de chambre, les maîtres d'hôtel, les écuyers tranchants, et jamais la livrée. Le dîner durait ordinairement quinze à vingt minutes. Jamais l'Empereur ne bu* vait ni vin de liqueur, ni liqueur. Il prenait habituellement deux tasses de café pur, une le matin après son déjeuner, et l'autre après son dîner. Tout ce qu'on a dit de l'abus qu'il en faisait est faux et ridicule.... Uentré dans le salon, un page présentait à
ut ^^ HISTOIRE
l'Eiaperear un plateau de vermeil sur lequel étaiïil Due tasse et un sucrier. Le chef d^olfice versait h café; l'Impératrice prenait la tasse de l'Ëuipereurill page et le chef d'oilice se retiraient; j'allendaisqu l'Impératrice eût versé le café dans lu aoucoupe (I , l'eût présenté à Napoléon ; il était arrivé si souvenll oe prince d'oublier de la prendre au moioeut coorf nàble, que l'Impératrice Joséphine, el après ell^ll» pératnce Marie-Louise, avaient imaginé ci^ galaflt lllO]W& de remédier à ce petit iDConvénienl. Je m jvtinùs ; peu de temps après l'Empereur renlnil dans 8ou cabinet pour y travailler encore, « car rare « meot, disait-il , il remettait au lendemain et qu'H « dorait faire dans le jour. » L'Impératrice desceoiliii daDS aea appartements par un escalier partieuUerfl Berrait de communication aux deu\ étagra el deux appartements; elle entrait dans son saloo, trouvait les dames du palais de serrice , qoelqiti autres dames privilégiées, et les officiers desaw- Bon ; des tables de jeu étaient dressées pour la fome et pour rompre le sérieux d'un cercle. Quelqwfeii Napoléon y venait par les appartements intérioanA l'Impératrice, et causait avec autant de simplicité fw d'abandon , soit avec les dames du palais , aoit vtt l'un de nous. Mais en général il restait peu de Im|>- Les officiers de son service remontaient pour atoM à l'audience du coucher et recevoir ses ordres foark lendemain. Telle était la vie habituelle que idmi^ l'Empereur aux Tuileries. Cette unironnité o'étel dérangée que lorsqu'il y avait concert, speetKleN
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chasse. Ces détails de la vie privée de Napoléon ne s'accordent pas, je le sais, avec ceux qui ont été publiés par des biographes qui n*ont jamais approché cet homme extraordinaire. Ceux que je présente ici sont de la plus grande exactitude.
a Pendant les séjours à Saint-Cloud, sa manière de vivre était la même; il n'y avait d autre changement que le temps employé , dans la belle saison , à des promenades en calèche. Le conseil des ministres avait lieu tous les mercredis ; ces messieurs étaient régulièrement invités à dîner avec Leurs Majestés. A Fontainebleau, Rambouillet ou Compiègne, lorsque Napoléon allait chasser, il y avait toujours une tente de dressée dans la forêt, pour le déjeuner, auquel toutes les personnes du voyage étaient invitées : les dames suivaient la chasse en calèche. Ordinairement huit ou dix personnes du voyage étaient invitées à dîner*.... »
Telle était Texistence ordinaire à la cour de Napoléon. Aux grands jours, qui revenaient souvent, tout ce que le luxe peut imaginer (l'Empereur le rappelait tout à rheure sans exagérer) s'y produisait avec un éclat qu on n'avait pas vu depuis les temps les plus brillants de la monarchie. Joséphine en donnait l'exemple et y apportait un entraînement, une profusion, qui allaient au delà des intentions de son époux. Cette splendeur, ajoutée au merveilleux des conquêtes, fascinait le peuple, enchantait le com-
1. Jiiémoires anecdotiques sur Tinlérieur du iialais, l. I, p. 2 0. II 27
merce et attirait les hautes classes. L'opposition à tant de grandeur, à la fois réelle et apparente, eiistait cependant dans quelques consciences républicaines et chez quelques fidélités royalistes. Les premiers s'isolaient dans le silence. Il n'en était pas de même du côté du faubourg Saint-Germain, resté pur, pour employer son langage. Là vivait, parlait, s'agitait cette fronderie des salons qui survit toujours i la liberté d'écrire , et qui est une satisfaction pour ceux dont l'obéissance est contrainte, sans être un dans^er poor les gouvernements créés et soutenus par le peuple. Ce fut la double erreur de Napoléon d'avoir trop tenu à rallier la portion militante du parti royaliste , et de s'être trop irrité de sa résistance. Fort comme il Tétait pendant les cinq premières années de lïmpire, il devait être sûr de la France, séduite, en véritable femme, par les deux choses qui Tenlraîne ront toujours, le génie et la gloire; et il n'avait [kis à s'inquiéter de ces conversations privées , de ces malices du grand monde, qui naissent, vivent ti meurent dans un cercle privilégié et restreint, ^au^ ébranler la foi d'un peuple pour un gouvernenieu: qui sait se garder des fautes essentielles. Mais !•bruit et la piqûre du moucheron fatiguent et irntdii le lion. Napoléon supportait mal ces bourdonnements de société, et il eut le tort, pourquoi ne pas le dirt, d'y répondre par l'exil, et surtout l'exil des femme? à qui il faut pardonner beaucoup de rancune et d*»'?prit. Joséphine n approuvait pas ces rudesses dr- '.^ politique; et si elle ne put faire révoquer les ordres
qui bannissaient Mmes de Staël, de Chevreuse et
Récamier, elle fit tout ce qui dépendait d*elle pour
leur rendre moins amer cet éloignement d*un Paris si regretté.
Mais il est temps de reprendre le cours de notre récit.
Après deux mois d'absence , Tlmpératrice revit sa fille, revenue enfln au calme et à la santé. Les deux époux n'avaient cessé de vivre dans la plus cordiale intimité , parcourant ensemble les Pyrénées , et , au retour, visitant dans un incognito tout à fait bourgeois, Toulouse, Sorèze, Nîmes, Marseille, Avignon etVaucluse, que la reine Hortense dessinait , peu* dant que le roi Louis, rappelé par cette poétique merveille à sa vocation littéraire , la décrivait en vers de son c6té. Au bout d'un mois de séjour à Sain t-Cloud, le roi de Hollande partit pour retourner dans ses États, laissant sa femme auprès de l'Impératrice, dans un commencement de grossesse qui lui faisait redouter le climat de la Haye, jusqu'ici peu favorable à sa santé. La reine Hortense garda son (ils , pour lequel elle craignait aussi le séjour de la Hollande, auquel elle attribuait la mort de son premier enfant.
Au commencement de septembre 1807, la cour se transporta à Fontainebleau et y resta trois mois. Cétait le plus long séjour que l'Empereur eût encore fait dans cette magnifique demeure à laquelle, depuis deux ans, on avait pratiqué de grands travaux de restauration'. Il y tint une cour brillante, y reçut