‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 274 sur 317 · Souvenirs de M. de Menneval , t. IH, p · texte numérisé non relu

Souvenirs de M. de Menneval , t. IH, p

on nombre infini d'étrangers, et y «Dt da ^uàm audiences diplomatiques. Des fdtes j fanot daaate pour le mariage dn nouveui nu de Wes^philw, Jérôme N^toléon , arec la prinoeaae Caflwtio» it Wurtendkerg, qui, semblable à la prinefliso dsli* ▼ière, épousait alors ms%r6 elle odni que la p|itique lui avait t^oisi , mais qui dvnît, eonmi II Tice-reine dltalie, se Mticitar btepodt ^mw na oontraelée contre son gré.

Praduit que dans ee féaU amIbeUi ton m léjouissaient de la magnifique pjoaitioB fiûtè à la txmm par la paix de Tilnt , llnapénUrioe Soaéfbim y n» Tut an eoBor nne première attnnla ren&ie pbspft» ble par la main qui la lui dmuiait. Le dnc d'Ottak (e'est maintenant le nwn de Fonehé) «nit vn w en voir, lorsque Napoléon âait enooxe en Pologne^ f» pinion amie de la stabilité s'alarmer de la mort b fils aioé du roi Louis, dans lequel on aimait à pnssentir l'héritier de l'Empire. Sans tenir compte di second fils du roi de Hollande , et des espérances que permettait en outre de concevoir la situation de b reine Hortenae, il prétendit que, dès lors, la Fnoot demandait que l'Empereur transmît à un héritier^ son sang le vaste empire créé par lui. Habite à lain parler ou taire l'opinion , il jçta dans le public k mot de divorce , qu'il croyait être, la pensée secriit de Napoléon. H se remua beaucoup, intrigua dandt Sénat et le conseil d'État, espérant au moyen de ettt agitation Taire trois choses ; disposer l'opinion à unxir aussi considérable, y pousser Napoléon et y prépirff

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Joséphine. M. de Talleyrand avait aussi adopté , dès cette heure hâtive , la même politique. Par un sentiment que nous n'avons pu nous expliquer, il s'était, depuis longtemps, posé en ennemi très-peu couvert de l'Impératrice , et , avec son adresse et sa malice connues, il s'ingéniait à lui rendre plus d*un mauvais oflice. Il ne pouvait lui reprocher, cependant, que d'avoir, sur sa demande, fortement insisté auprès de TEmpereur pour le faire consentir au mariage de son ministre avec Mme Grandt. Mais c'est peut-être ce que le prince de Bénévent ne lui pardonnait pas , d'avoir réussi lorsque probablement il ne voulait que paraître insister sans s'engager, aimant mieux garder à un autre titre celle qu'on le forçait d'épouser. Quant au duc d'Otrante , il affichait un grand dévouement , une parfaite reconnaissance envers l'Impératrice Joséphine, et c'est pour lui marquer sa gratitude, c'était, disait-il, dans l'intérêt de sa gloire et afin de lui procurer un triomphe où devait éclater sa grandeur d'âme, qu'il vint à Fontainebleau lui faire une proposition anticipée de divorce, sur laquelle les historiens de Napoléon ont peu insisté, mais qui demande de notre part quelques détails.

Il existe à cet égard un souvenir des plus complets, et qui doit dispenser le biographe de Joséphine de tout récit personnel et de la recherche de toute autre autorité. Il a été consigné dans ses véridiques mémoires, par M. de Lavaletle, parent par alliance, on le sait, de l'Impératrice Joséphine :

« L'impératrice, raconte t-il, me fit donner l'ordre de

me rendre, par un escalier dérobt tement. Je la trouvai abattue, et le par la plus profonde commotior I' chez moi, me dit-elle, et voici u — Il faut, Madame, que Votre '.

« France et à l'Empereur un gr « votre dévouement. L'Empereui « lui des enfants qui puisseot le c a àlaFranceuneliamillequiâtQau:

(( pérance de retour. Dixannées de « tent plus à la nation et à l'Emp a enfante de Votre Majesté. Vous i « sous ce rapport, à la consolidai n la France. Daignez suivre le ce « qui vous est dévoué. La situati B laquelle vous vous trouvez, vouï a votre gloire et de l'intérêt de to « ûce. Je sais combien il vousseï a âme élevée saura s'y résigner.

« consommera pas : je connais so u vous. Soyezplus grande qu'il n'i a ce dernier gage de votredévoue H l'Empereur; l'histoire vous en H votre place y sera marquée au-de u plus illustres qui ont occupé le « — Je fus si déconcertée de ce dis « que je ne pus que lui répondre (( à cette étrange proposition, etc » une ivponse dans quelques jou « doiu', me dil-elle, vous qui m'<

« parent et comme homme dévoué. N'est-il pas évif< dent que Fouché est envoyé par TEmpereur, et <i que mon sort est décidé? Hélas! descendre du (c trône est peu de chose pour moi; qui sait plus « que moi combien j'y ai répandu de larmes? Mais ce perdre en même temps Thomme à qui j ai consacré a mes plus chères affections, le sacrifice est au- (c dessus de mes forces! »

« Je pensai avec l'Impératrice que Fouché avait été envoyé par l'Empereur; mais cette étrange nouvelle m avait surpris autant qu'elle, et je lui demandai quelques heures de réflexion pour lui répondre. Il ne me fallut pas de longues méditations pour être con-* vaincu que, soit que la proposition eût été faite par ordre de l'Empereur, soit que Fouché voulût avoir la gloire d'opérer un tel changement, elle présentait trop d'avantages pour être abandonnée, et que le sa* crifice devait être consommé. Cependant je connaissais trop la tendresse de Tlmpératrice pour son mari, pour n'être pas persuadé qu'elle n'irait jamais au devant du sacrifice. Je lui étais dévoué depuis longtemps, j'étais l'ami de son fils et le mari de sa nièce. 11 n'était donc pas convenable que je l'encourageasse dans un projet qui pouvait bien n'être que celui d'un ambitieux, et que je rompisse tous les liens qui m'attachaient a cette famille ; etje ne parle pas ici des liens qui pouvaient m'être utiles, mais de ceux de Tamitié. J*engageai l'Impératrice à se taire sur cet objet, à voir venir l'Empereur, et à déclarer à Fouché que son premier devoir était l'attachement à l'Empereur, et le

second Tobéissanee; qu'ainsi elle ne voulait plus entendre parler de cette affaire que par l'homme qui était le maître de sa destinée. Ce conseil lui cooTenait, elle le suivit ^ »

A ce récit si complet, le secrétaire de Napoléon ajoute la preuve que dans cette inhumaine campagne le duc d'Otrante avait agi de son chef et à Tiosu de l'Empereur. «Dès la fin de 1807, dit-il *, Fouché avait essayé de sonder Topinion publique sur une éventualité de divorce, et il avait jeté en avant l'idée d'une alliance de Napoléon avec la grande-duchesse Catherine de Russie. Il savait que TEmpereur avait de la répugnance à séparer son sort de celui d'une j femme dévouée et aimante. Il voulut se donner le

f mérite de lui forcer la main ; il se plaça entre les

deux époux, parla à des sénateurs du divorce comme d'un projet arrêté, et se présenta à Joséphine comme un intermédiaire officieux. L'Impératrice, atterrée de cette ouverture, croyant Fouché envoyé par l'Empereur, répondit avec une résignation douloureuse, qu'aucun sacrifice ne lui coûterait pour obéira son époux. L'Empereur, qui ignorait ces menées, trouva un jour Joséphine en pleurs, et en obtint l'aveu de la démarche que Fouché s'était permise auprès d'elle. Outré de tant d'audace, il fit venir le ministre et le traita comme il méritait de l'être; il lui aurait même à l'instant ôté le portefeuille de la police s'il eût eu en ce moment quelqu'un sous la main. Fouché fit

l. Mémoires du comte Lavaletle, t. II, p. 39. i^il 2. Souvenirs de M. deMenneval , t. !•% p. 321.

'il

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agir Murât et les frères de rEmpereur, qui calmèrent son ressentiment. »

Fouché devait beaucoup à Joséphine. Il usa, dans cette circonstance , de cette ingratitude intrépide qui est le propre des ambitieux qui veulent à tout prix arriver ou se maintenir, race facile à la trahison, que les bienfaits ne gagnent point, car quoi que ce soit qu'ils obtiennent, c'est toujours peu pour leurs insatiables désirs. Le ministre de la police avait fait parler une opinion factice. On ne demandait nulle part, du moins à cette date, le divorce de TEmpereur. L'Impératrice Joséphine était plus que jamais populaire, et on ne pensait pas pouvoir en avoir une meilleure; aussi ce fut avec une satisfaction publique que l'on apprit les vives assurances données par Napoléon à son épouse qu'il ne songeait point à se séparer d'elle. La masse qui dans son affection et son enthousiasme pour le vainqueur de l'Europe, eût donné sans doute beaucoup pour voira Napoléon, sans divorce, un fils destiné à lui succéder, comprenait que la stabilité de la dynastie impériale était sauvegardée par l'existence du fils du roi Louis, que d'autres pouvaient suivre; et l'Empereur affichait la même pensée en empêchant lui-même sa belle-sœur de conduire ou d'envoyer à La Haye ce jeune prince que son père réclamait, et pour lequel les médecins de Paris redoutaient aussi le climat de la Hollande.

L'Impératrice Joséphine était entièrement rentrée dans son heureuse sécurité, et ne voyant devant elle qu'un avenir assuré, elle allait tenter une dernière et

plus pressante démarche pour amener sa vieille mère auprès d'elle , lorsque la Douvelle de sa mort vint bien cruellement troubler le bonheur dont elle josissait à Fontainebleau. L'Empereur, pour ménager sa sensibilité, lui avait laissé ignorer pendant quelque temps cette perte douloureuse qui donna lieu dans la colonie aux plus touchantes manifestations *•

1. A cette occasion, Napoléon fit écrire par le ministre de k nurine cette lettre collective an capitaine général , au préfet coloiiiii et au grand -juge de la Martinique :

« Paris y le 3 octobre IS07.

c J'ai mis sous les yeux de TEmpereur, Messieurs, les lettres pff lesquelles vous me rendez compte de la mort de Mme de La Pi^« et des dispositions qui ont été prises à la suite de ce malheàifti événement. Sa Majesté, vivement touchée de celte perte, adésré qu'on la laissât ignorer quelque temps à Tlmpératrice, dont leconr est encore navré de celle de son auguste petit-fils ; le prince ronl de Hollande. Au surplus , l'Empereur m'a chargé de vous expriavr qu'il a été sensible à tout ce que vous avez fait, dnns cette ocra>io9. pour rendre les derniers devoirs à Mme de La Pajierie.

t Son intention est que la dépouille mortelle de celte dame rr?îr dans le caveau où elle a été déposée, et qu on y place une piec^ oe marbre, sur lat^uelle on gravera l'inscription suivante, qui a---'' déjà le cercueil de plomb :

ROSE CLAIRE DE TASCHER DE LA PAGERIE, NÉE SANOIS, MÈRE DE SA MAJESTÉ l'iMPÉRATRICE ET REINF

BELLE-MÈRE DE l'EMPBREI'R ET ROI NAPOLÉON:

DÉCÉOÉE

LE 2 smy 1807 de l'ère chrétienne.

AUX TROIS ILETS, SUR SON HABITATION!, ILE MARTIMO^'E. DAiNS SA SOIXANTE ET ONZIÈME ANNEE.

a L'intention de l'Empereur est aussi que les bons Jf ■ Mme de La Pagerie continuent à être administrés , airL<. que » *

A près avoir tenu trois mois sa cour à Fontainebleau, Napoléon en partit à la fin de novembre pour aller visiter son royaume dltalie. U refusa, en plein hiver, d'emmener avec lui Tlmpératrice qui, pour ce voyage plus encore que pour tout autre, demandait à le suivre. L'Empereur sentait qu'il devait quelques satisfactions à Joséphine. Gomme à son habitude , il les lui donna dans la personne de son fils, et, le 20 décembre, il promulgua à Milan le statut constitutionnel par lequel, à défaut d'enfants mâles et légitimes dans sa descendance directe, il adoptait le prince Eugène pour son successeur à la couronne d'Italie ^ Cet acte avait déjà près de deux ans de date. Napoléon l'avait rédigé à Paris le 16 février 1806, un mois après le mariage d'Eugène, afin de réaliser, dès ce moment, la promesse faite par lui au roi de Bavière et à la princesse Auguste. Mais par des considérations politiques que nous n'avons point le temps d'approfondir, il ne voulut pas d'abord rendre publiques l'adoption du vice-Roi et sa désignation comme héritier du trône d'Italie. Sans doute il s'était réservé d'en faire lui-même la publication officielle dans le sein de l'Assemblée italienne, afin de donner à cette importante résolution plus de solennité.

A ce sujet, M. de Menneval, qui accompagnait Na-

l'avez arrêté d'abord , par le plus proche parent de S. M. l'Impératrice , jusqu'à ce qu'elle ail fait connaître ses intentions « et que le gérant, ainsi que ceux qui ont bien servi, soient récompensés.

c Recevez , etc. »

(Archives du Ministère de la marine.)

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