‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 284 sur 317 · T. XI, p · texte numérisé non relu

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léon, au milieu de Taffluence empressée de sa cour, l'Empcîireur avait distingué une ou deux femmes, et il s'était peu gêné pour montrer ses goûts, malgré b accès de jalousie de l'Impératrice Joséphine, quil ne ménageait plus, qu'il désespérait môme par sa manière d'être, comme s'il eût voulu la préparer i renoncer à lui, ou puiser lui-même dans des désagréments intérieurs, le courage de rompre qu'il n'irait pa8^ n Aussi la fierté de la reine Uortense élait-elie révoltée de la situation humiliée faite à sa mère, devant la cour, la famille de l'Empereur et les ioTités de Fontainebleau , par cette froideur presque dore qu'affectait Napoléon, et plutôt que de la voir plus long-temps souffrir ainsi, elle appelait de ses vœux, non plus seulement une explication, mais la séparation qu'elle pressentait, et qui devait ruiner TaTeBir de ses enfants et celui de son frère.

Le 14 novembre, toute la cour revint à Paris. Pwbablement pour éviter le tête-à-tête avec Joséphine. l'Empereur fit la route à cheval. Il fut reçu, à son arrivée, comme après Austerlilz, comme après Tilsilt, ri les réjouissances pour cette troisième paix > que I lu aimait à croire définitive, commencèrent en présemv d'une affluence de souverains comme Paris n'en avait jamais vu. Indépendamment des rois et reines de Hollande, de Wcstphalie et de Naples, le roi de Saxe. It roi (le Wurtemberg, le roi et la reine de Bavière, afrivèrent pour féliciter en personne Napoléon de ^^

l. Histoire du dmsulat et de l'Empire^ t. XI, p. 327.

DE L'IMPÉBATBICE JOSÉPHINE. 1^53

succès. L'Impératrice Joséphine se vit obligée de paraître à ces fêtes de cour, le- sourire sur les lèvres, tout en ayant la mort dans le cœur. L'Empereur continuait, aux Tuileries, ce système de froideur, de sécheresse blessante qu'il s'était imposé, pendant que les courtisans, avec ce merveilleux instinct qui leur révèle le déclin de la puissance, commençaient à faire le vide autour de celle qu'ils obsédaient naguère. Aussi Napoléon avait hâte de mettre fin à une situation douloureuse pour lui , cruelle pour la femme qu'il aimait toujours, car il s'en apercevait surtout au moment où il allait la sacrifier. Il fit donc expédier par le télégraphe, au prince Eugène, un nouvel ordre de se rendre à Paris sur-le-champ, sans lui rien dire de l'objet pour lequel il le mandait. Il arrêta avec l'archi chancelier la forme de son divorce : a II montra , raconte M. Thiers d'après Cambacérès luimême', la résolution où il était d'entourer cet acte des formes les plus affectueuses, les plus honorables pour Joséphine. Il ne voulait rien de ce qui pouvait ressembler à une répudiation , et n'admettait qu'une simple dissolution du lien conjugal, fondée sur le consentement mutuel, consentement fondé lui-même sur l'intérêt de l'Empire. Il fut convenu qu'après un conseil de famille , dans lequel l'archi chancelier recevrait l'expression de la volonté des deux époux, un sénatus-consulte , rendu par le Sénat, en forme solennelle, prononcerait la dissolution du lien civil, et

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