Première partie , p
science à laquelle elle ne pouvait croire, mais quelque vague satisfaction pour l'incertitude qui la dévorait. C'est ce qu'il est impossible de nier en présence de ce passage des Souvenirs du témoin le plus sérieux et le mieux informé de l'existence intérieure de Napoléon et de Joséphine , et qui précisément en cet endroit cherche à justifier l'Empereur d'un pareil penchant qui lui a aussi été reproché : « Il est difficile de croire que , même à une époque où Bonaparte j encore obscur , n'avait aucune révélation de sa destinée , son esprit ferme et éclairé eût cédé à la tentation de recourir aux ridicules prestiges de la nécromancie. Il est possible que , dans la plus grande ferveur de son amour pour Joséphine , il se soit laissé entraîner à assister à une consultation chez une devineresse, et qu'il ait fait ce sacrifice à l'erreur de l'esprit impressionnable d'une femme tendrement aimée. Mais non -seulement* il n'approuvait pas cette faiblesse de Joséphine, il l'a même souvent ridiculisée. J'ai été témoin de la dé* fense qu'il lui intima d'aller consulter Mlle Lenormand ; il fit même arrêter cette célèbre jongleuse. Joséphine enveloppait du plus profond mystère ses rapports avec elle , et jamais l'intendant de ses dépenses n'a connu les sommes dont elle payait ses prédictions'. »
Il n'y a là ni travers particulier d'esprit, ni bizarrerie exceptionnelle de la part d'une femme arri-