Collection Didot, t. II, p
j 522 HISTOIRE
: entièrement libre de faire ce qui lui conviendrait
mieux, de rester en Suisse, d'aller en Italie, ou de* venir à Navarre , sans faire même d'exception poui Malmaison. L'afTection ancienne Tavait emporté toutes les considérations , et en voyant la peine ( ridée seule d'un éloignement causait à Joséphii Napoléon ne se sentit pas le courage de donner i nouvelle épouse cette satisfaction au fond très-d rée. En écrivant à sa mère, la reine Hortense I avait transmis^ sur la continuation des sentimenU
TEmpereur, toutes les assurances qui lui étaieo nécessaires : c Tout ce que tu me dis, lui répond-( de l'intérêt que me porte toujours TEmpereur, i fait plaisir. J'ai fait pour lui le plus grand des sai
^ ftces, les affections de mon cœur ; je suis sûre qu'il
'■) m'oubliera pas , s'il se dit quelquefois qu'une ai
n'aurait jamais eu le courage de se sacrifier à
point.... Je t'avoue que s'il fallait m*éIoigner
^ France plus d'un mois , je mourrais de chagrin
Bientôt après Tlmpératrice Joséphine reçut de Na Icon lui-même la confirmation de ce . que lui a mandé la reine; toutefois il lui conseillait pour [ plus tard, et à titre de distraction, un voyage en I ,' lie, auprès de son fils et de sa belle-fille. Mais il
laissait une parfaite liberté : « Je te conseillei d'aller à Navarre tout de suite, lui dit-il, si je craignais que tu ne t'y ennuyasses. Mon opinion que tu ne peux être, l'hiver, convenablement q
••■| 1. CoUecUm Didot, t. Il, p. 332.
DE L'IMPËRATRIGE JOSËPHINE. S23
Milan OU à Navarre ; après cela, j approuve tout ce que tu feras, car je ne te veux gêner en rien. Adieu, mon amie.,., sois contente et ne te monte pas la tète; ne doute jamais de mes sentiments'. » Dans cette lettre , TEmpereur lui confirme la grossesse de l'Impératrice, dont on parlait jusqu'en Suisse, et sur laquelle, pour le mettre à l'aise, Joséphine lui avait écrit la première*. A la réception de la lettre deTEmpereur, Joséphine se décida à partir immédiatement pour Navarre : a Là, du moins , dit-elle à sa fille, je serai en France, S'il n'avait été question que de passer un ou deux mois en Italie , avec mon cher Eu* gène, j'aurais fait volontiers ce voyage; mais m' éloigner de la France pendant six mois, cela inquiéterait tout ce qui m'est attaché , et c'est au-dessus de mes forces. Tu me trouveras bien changée, ma chère fille , j'ai perdu tout le bon effet des eaux. Depuis un mois, j'ai maigri considérablement, et je sens que j'ai besoin de repos , et surtout que l'Empereur ne m'oublie pas'. »
L'Impératrice Joséphine s'établit au château de Navarre et y resta près d'une année , sans se rapprocher de Paris , voulant d'elle-même ôter tout sujet d'inquiétude à l'Impératrice régnante , et témoigner ainsi sa reconnaissance à l'Empereur pour l'avoir délivrée enfin de ce fantôme de l'exil, qui