‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 302 sur 317 · Lettres patentes des 3 mars et 8 juillet · texte numérisé non relu

Lettres patentes des 3 mars et 8 juillet

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ÏMmeer. Pour jqpfaBar ee traable ifsaiacM léel, ^MapoléoB ema peadaat . q|i0|||iie tmfê wn^lifùùàtÊkw afoe Joiéphiiie, dont la jeaseii latrice a^iiiqiiMiit aussi ^ a'inforauiit. Les

firances, les ^aintM, forent alcnra tnmsportées nr

les bords do lac de Genève, où la preaiière s était éla* blie poor le reste de la saison. On lui écrivait ce qui se passait à Paris , et on Talarmait par de nouveau bruits de son éloignement hors de France. Ainii placé entre deux femmes qu'il n'eût point voulu affliger, Napoléon qui d abord s'était flatté d'obtenir de la part des deux Impératrices des rapports mutoeis auxquels le dévouement absolu de Joséphine se serait à coup sûr prêté, obligé d'y renoncer aujourd'hoii eût désiré sans doute qu'au moins pour quelque temps celle-ci se décidât à voyager hors de France, mais d'elle-même, sans demande et surtout sans pression de sa part. C'est ce qui résulte d'une lettre très-

DE L'IMPÉRATRICE JOSËPHINE. 517

curieuse que nous croyons devoir reproduire en note malgré son étendue, lettre habilement, mais laborieusement rédigée par Tune des dames de Tlmpératrice, Mme de Rémusat, qui, cela saute aux yeux, dans cette circonstance , faisait plutôt de la diplomatie que du dévouement^

1. Lettre de Mme de Rémusat à V Impératrice Je éphine (a). « Madame ,

c J'ai un peu tardé à écrire à Votre Majesté, parce qu'elle avait dé&iré que je pusse, à mon retour, lui conter quelque chose de cette grande ville. Si j*avais suivi mon impatience, dès le lendemain de mon arrivée, je lui aurais adressé les expressions de ma reconnaissance. Ses bontés pour moi sont notre entretien ordinaire depuis que je suis rentrée dans mon intérieur; en retrouvant mon mari et mes enfants, j'ai rapporté au milieu d'eux le souvenir des heures si douces que je vous dois. Ni l'absence, ni le temps ne peuvent, Ma* dame, vous effacer des cœurs qui savent vous apprécier. Daignez ajouter à vos bontés pour moi, en ne doutant jamais de cette reconnaissance que vous m'inspirez à tant de titres. J'ai besoin, pour vous écrire aujourd'hui, de m'appuyer d'afiord sur cette prière, et, quand Votre Majesté aura vu quel sujet je vais traiter, elle comprendra pourquoi je réclame encore, avec plus d'instances que de coutume, sa confiance dans mon inaltérable dévoùment.

c Je commencerai par vous dire, Madame, qu'ayant appris, en arrivant ici, que l'Empereur était gravement occupé d'affaires importantes, et qu'il accordait difficilement des audiences, je n'ai point osé solliciter celle que vous m'aviez conseillée. Je n'ai (fonc point encore paru à la cour, mais j'ai déjà vu quelques personnages importants, et j'ai été questionnée sur Votre Majesté avec trop de soin pour qu'il ne m'ait pas été facile de conclure que ces mêmes questions qui m'étaient adressées, venaient dMin intérêt plus élevé. On me demandait souvent des nouvelles de votre santé; on voulait savoir comment vous aviez employé votre temps, si vous étiez tranquille, heureuse, dans la retraite où vous aviez vécu ; si vous aviez reçu sur votre route les témoignages d'affection que vous méritez d'mspirer; enfin, quel était l'état de votre âme et l'ordre de votre

(«) Ijettres de yn/ol^n h Joséphine , Collection DiHot, l. II, p. <72

818 niSToms

L'Impératrice chargea sa fille, qui 8*en retoun à Paris y de savoir de l'Empereur quelles étaient intentions. Le voyage de la reine Hortense» le tei d'entretenir TEmpereur, le délai nécessaire à la ponse pour parvenir en Suisse, prirent près de t

vie. Il m^était doux de n*avoir à répondre que des choses sat santés, et le plaisir avec lequel était accueilli le récit simple e de remploi de vos journées, de vos secrets sentimeuts, de votr dération, de ce dévouement si vrai qui dirige votre conduite bien prouvé que'ceux qui m'interrogeaient étaient sûrs de pla redisant plus haut la vérité. Mais, Madame, j'ai questionné l tour, j*ai observé de mon côté, et j*ose soumettre à votre rat résultat de mes observations avec la conGance de mon attache La grossesse de Tlmpératrice est une joie publique, une esp^ nouvelle, que chacun saisit avec empressement. Votre Maje comprendra facilement, elle à qui j'ai vu envisager cet évém comme la récompense d'un grand sacrifice. Eh bien ! Madame près ce que j'ai cru remarquer, il me semble que vous avez e un pas à faire pour mettre le complément à votre ouvrage, et sens la force de m'expliqucr, parce qu'il me paraît que la de; privation que votre raison vous impose ne peut être pour ceti que momenlance. Vous vous rappelez, sans doute, que vou^ quelquefois regretté, avec moi^ que l'Empereur n'eût point, ai ment de son mariage, pressé l'entrevue de deux personnes qi flattait do rapprocherfacilcment, parce qu'il les réunissait^lon ses aiïcclions. Vous m'avez dit que, depuis, il avait espéré q grossesse, en tranquillisant l'Impératrice sur ses droits, lui don les moyens d'accomplir le vœu de son ccsur. Mais, Madame, si me suis pas trompée dans mes observations, le temps n'est pac pour un pareil rapprochement.

a L'Impératrice paraît avoir apporté avec elle une imaginations prompte à s'alarmer; elle aime avec la tendresse, avec Tabandoi premier sentiment; mais ce sentiment même semble porter avec ( uractère d'un peu d^nquiélude, doi^t il est, en effet, si rarementsc La preuve en est dans une petite anecdote que le grand marécti m'a contée, et qui appuiera tout ce que j'ai l'honneur de vous d

K Un jour l'Empereur, se promenant avec elle dans (es eni

(A) ].e maréchal Dnroc.

semaines , un siècle pour Timpatience de Joséphine. Ce fragment d'une lettre écrite par elle de Berne , le 12 octobre, suffit pour faire juger de sa situation : a Un courrier de M. le duc de Cadore , qui retourne en France 9 vient me demander mes commissions. Je

de Malmaisonf lui offrit, en votre absence, de visiter ce joli séjour; à l'instant, le visage de l'Impératiice fut inondé de larmes; elle n'osait pas refuser, mais les marques de sa douleur étaient trop visibles pour que l'Empereur essayât d'insister. Cette disposition à la jalousie, que le temps affaiblira sans doute, ne pourrait être qu'augmentée dans ce moment par la présence de Votre Majesté. Elle se souviendra peut-être que cet été, en la voyant si grasse, si reposée, j'oserai dire si embellie par le calme de la vie que nous menions, j'osais lui dire en riant qu'il n'y avait point d'adresse à rapporter à Paris tant de moyens de succès, et que je sentais parfaitement qu'à la place d'une autre, je serais tout au moins inquiète. En vérité. Madame, cette plaisanterie me semble aujourd'hui le cri de la raison. Le grand maréchal, avec lequel j'ai causé, m'a témoigné aussi des inquiétudes que je partage. Il m'a paru qu'il n'osait point faire expliquer l'Empereur sur un sujet qu'il ne traite qu'avec douleur. Il m'a parlé avec un accent vrai de cet attachement que vous inspirez encore, mais qui doit lui-même inviter à une grande circonspection. Les nouvelles situations inspirent de nouveaux devoirs; et, si j'o* sais, je dirais qu'il n'appartient pas à une âme comme la vôtre de rien faire qui puisse forcer l'Empereur à manquer aux siens.

c Id, aa milieu de la joie que cause cette grossesse, à l'époque do la naissance d'un enfant attendu avec tant d'impatience, au bruit dM fêtes qui suivront cet événement, que feriez-vous, Madame? Que ferait l'Empereur, qui se devrait aux ménagements qu'exigerait l'étal de cette jeune mère, et qui serait encore troublé par les souvenirs des sentiments qu'il vous conserve? Il souffrirait, quoique votre délicatesse ne se permit pas de rien exiger; mais, vous souffririez aussi : vous n'entendriez pas impunément le cri de tant de réjouissances, livrée, comme vous le seriez peut-être, à l'oubli de toute une nation, ou devenue l'objet do la compassion de quelques-un» qui vous plaindraient, peut-être, par esprit de parti. Peu à peu, votre situation deviendrait si pénible, qu'un éloij;nement com[)let parviendrait seul à remettre tout en ordre. Puisque j'ai commencé,

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seale, nu chère fitle, dots me lirer d« l'incerlilBik aOreuse daoi laquelle je Ws. Si d'ici à trois Juunjt

t qM/nUfc; il «Ml badrmit qoitter Psm. U Ibla >t trop près des cUmeor» d'une i M^Ml•■i ■jiMriiwrf OMi^ d« vou rettrar, *«■» ibm riir 4e MrpKMtfra, M napenkiw tpaL rkonaw qK Ami

tare <*■■ MiratiM 4M le taavd m'» pco^oré *tk I* p^d «^ cW. IkÎH anîai^MBOHSBr «m ialêrèu, et eottNlaBé. OMW ««n le ««n. 1 m pMM vrtUr ace «fiwMMS quMd i •*■ f>« npi rerdrrde les IrwMwttre, <fc*t «ne b

pea d'adrMee q*e !*■■ lirft de ki q aHslAi qee je ks ai Mlrerew, j'ai pw ceadttie <|«'B imi mM «■rare lu noifice 1 faire, et qe'il 6tait ^^ae de mm de ■• part alleadre In évéacBcaU, el de k* préreair en écriraet i FEaftrenr née oooragcsie déUnniiiatioa. En lai èritaet sa fJwmfc^ sa tBMlresae pour «ooi rempéche aenle de aortir, tous «upaurg de DOoteau dniu à a recoonaissaiM» ; et d'aillean, amin U rtaapenae Umjoara allacbée ft née actioQ droite et rsiaoeariiie, aifccct aimable caractère qui toos distii^iK, cette dispoMtîM à pbâc ttl *oai bire aimer, peot-éuv tnmTerez-voos, dans an »M)a|g la f plus proloDgé, des plaisirs que veos ae prévoyez pas (fatard. A Milan, le specude si doex de* soccès mérités cTiib Us voeeaiMal Floreeoe et Rome oitee oSriraieBt à vos piûts des jiiiiaiaafri qa anbeirmient cet éloignemail mcMBeataaé ; voss reacoat/eiie* 1 ctoqae pas. en Italie, des sonreairs qoe l'Eapereur ne ^irrilcrait pat éi voir reooaveler, parce qu'ils s'naÎHeat pour tm atu époqecs dt h première gloire.

( Toat ce que m'a dit le grand maréchal, me prone asseï qai S. M. Teul que voua conserriei t jamais les dignil^ d'an rsag m vous avez été élevée par ses soccis et sa leodrtaae;

DE L'IMPÉRATRICE JOSÉPHINE. S)2i

ne reçois pas de lettres qui m*annoncent ce que je dois faire.... je me rendrai à la Malmaison : au moins là je serai en France ; et si tout le monde m'abandonne, j*y vivrai seule, avec la conscience d'avoir sacrifié mon bonheur pour faire celui des autres'. »

Mais dès le lendemain elle reçut une lettre de la reine, lui faisant connaître que l'Empereur la laissait

l'hiver se passerait, la saison où Ton peut habiter Navarre vous ramènerait aux occupations d'embellissement qui vous y attendent ; le temps, ce grand réparateur de toutes choses, aurait tout consolidé, et vous auriez mis le complément à cette conduite si noble qui vous assure la reconnaissance de toute une nation. Je ne sais, Madame, si je m'abuse, mais il me semble qu'il y a encore du bonheur dans l'exercice de semblables devoirs; le cœur d'une femme sait trouver du plaisir dans le sacrifice qu'il fait à celui qu'elle aime : prévenir l'embarras dont l'Empereur pourrait sortir lui-même sans blâme, s'il vous aimait moins, rassurer les inquiétudes d'une jeune femme que le temps et cette expérience de vous-même rendront plus calme, tout cela est digne de vous. Si vous étiez* moins sûre de l'effet que peuvent encore produire les grâces de votre personne, votre rôle serait moins difficile; mais il me semble que c'est parce que Votre Majesté sait très-bien qu'elle possède des avantages qui peuvent établir une concurrence, qu'elle doit avoir la délicatesse de tous les procédés.

c J'ose espérer que Votre Majesté me pardonnera une aussi longue lettre, et les réflexions qu'elle contient. Quand j'appuie si fortement sur cette impérieuse nécessité de s'éloigner de nous pour quelque temps, je me flatte qu'elle daignera penser que, peut-être jamais, je ne lui ai donné de plus véritables marques des sentiments qui m'attachent à elle.

c Je suis avec un profond respect.

Madame,

De Votre Majesté,

La très-humble et très-obéissante servante,

c Vbrgbnnes-Réiiusat. >

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