CoiUctîon Didot, t. II, p
2 Ibid., p. 186.
pour délivrer à son fils un de ces certificats qui restent comme la devise d'une belle vie.
La naissance du Roi de Rome fut accueillie avec un enthousiasme réel parla France, qui y voyait un gage assuré de stabilité pour cet Empire si grand, si national, et qui espérait y trouver aussi, comme déjà on s*en était flatté lors du mariage de TEmpereur, la fin des guerres qui, après avoir procuré au pays tout ce que les armes peuvent donner de gloire et de puissance, ataient néanmoins amené une sorte de lassitude, et, malgré la foi toujours entière dans le génie de Napoléon, une vague appréhension des retours capricieux de la fortune.
Après quelques mois passés au château de Navarre, rimpératrice Joséphine, maintenant plus que jamais libre de suivre ses convenances, vint s'installer à la Malmaison, entourée d'une cour à laquelle l'Empereur, par des motifs qui ne nous sont pas connus, avait désiré ne mettre la dernière main qu'après la naissance de son héritier. Par le cortège et le cérémonial dont il entoura sa première femme, il voulut lui faire illusion sur la continuation de sa puissance. Il n'y eut presque pas de différence entre la maison de l'Impératrice Joséphine, aux Tuileries, et celle que Napoléon, en consultant toutefois ses goûts, lui forma à Malmaison et à Navarre. Il lui donna un premier aumônier, M. de Barrai, archevêque de Tours; une dame d'honneur, Mme d'Arberg; six dames du palais, Mmes de Rémusat, de Walsh-Serrent, de Colbert, de Turenne, Octave de Ségur, d'Audenarde, de
5S6 BISTO&HE
Viel-Castel, de Lastic, Watier Saint- Alphonse
Mlle de Mackau; un chevalier d'honneur, M.
BeauinoQt; quatre chambellans^ &IM. de Tur|
Crissé, de Viel-Castel, de Montholon et de Las
quatre écu jers , MM. de Monaco , de Pourta
D*Andlaw et de Chaumont-Quitry ; une lectr
Mme Gazzani; tt un intendant général pour
ministrtrr sa liste civile, qui fut d'abord M. I
lot, et ensuite M. de Montlivaut. M. Descba
suivit llmpératrice en qualité de secrétaire des c
mandements, et Napoléon voulut^ en outre,
son propre bibliothécaire, M. Barbier, qui, a
le divorce, avait rempli les mêmes fonctioDS
près de Tlmpératrice Joséphine , continuât i a
chaque semaine, prendre les ordres de cel
pour ses lectures qui, alors^ plus assidues
core et plus sérieuses, employaient une bonne p
de son temps.
Une fois son sort bien fixé et sa maison for vers la fin de 181 1, Tlmpératrice Joséphine, m habituée à sa situation, et pleinement soumise s consolée, reprit, pour se conformer aux désir TEmpereur et faire honneur a son grand revenu, existence royale qui était devenue pour elle un bei et quelle considérait comme un devoir. Sa cou celle d'une véritable souveraine, mais tempérée une plus grande liberté et un moindre respec Tétiquette qu'aux Tuileries. On y trouvait toute -^ sance que permettait une humeur affable, au
dlmi li\Tée à toutes ses inspirations, sans qi
perdit rien de cette dignité naturelle qui faisait le respect.
* L'Impératrice Joséphine s'abandonna à la pleine satisfaction de ses goûts. Lesarts^ Thistoire naturelle, la botanique reprirent possession de sa vie, comme aux jours fortunés du Consulat. A la tète de trois millions de rente, qu'elle croyait ne pouvoir jamais épuiser, elle se lança dans une voie d'acquisitions, d'embellissements et d'encouragements qui, grâce aussi à son penchant fondamental pour la générosité et la bienfaisance, l'eût bientôt conduite à une situation que Napoléon, deux ans après, lui reproche en ces termes : « Mets de l'ordre dans tes affioiires; ne dépense que 1 500000 francs, et mets de côté tous les ans autant; cela fera une réserve de 15000 000 en dix ans, pour tes petits-enfants : il est doux de pouvoir leur donner quelque chose et de leur être utile. Au lieu de cela on me dit que tu as des dettes; cela serait bien vilain. Occupe-toi de tes affaires et ne donne pas à qui en veut prendre. Si tu veux me plaire, fais que je sache que tu as un gros trésor. Juge combien j'aurais mauvaise opinion de toi, si je te savais endettée avec 3 000 000 de revenu \ » Cette lettre , seule expression de mécontentement de la part de l'Empereur depuis le divorce, produisit chez Joséphine un bien plus grand efTet que les gronderies anciennes. Elle en eut un chagrin qui la rendit malade. Dès le lendemain, Napoléon s'empressa de