‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 310 sur 317 · Ce8t ainsi que Napoléon ncmmait sa seconde femme · texte numérisé non relu

Ce8t ainsi que Napoléon ncmmait sa seconde femme

[62 HlSTOUlE

ému. Il voulut loul riivoir. Il se promcnît f une lioiii'e avec sa bellc-fille , dans le jardio. i )iarc, dans la serre, reRtrelcnanlde celle dontlea venir remplissait ce séjour créé par ses soins. A chaque instant, il lui semblait qu'elle allait apponillivH détour d'une allée. Le déjeuner fut silencieux. Après, rEmiHsrcur parcourut lentement In galerie, reginkai avec un plaisir triste et doux ces tableaux, ctn ùi^ d'art si choyés. Il témoigna ensuite le Jésir i^ TtBMr la chambre où Joséphine était morte. La reine s'af^n*tnit à monter avec lui, mais il lui (It signe de la main de rester, et s'achemina seul vers cet appartemeot bien connu. Il y passa quelques instants auprw du lit où la Temme qui l'avait tant aimé sratt expiré en pensant à lui, et il redescendît en proie à une émotion qu'il ne cherchait plus à cacher.

Deux mois après, il partit pour celte dernière caaipagne qui devait lui donner la couronne en l'exil, n en revint bientôt, ayant vu tomber à Waterloo sa dernière espérance. Réduit encore i quitter la Framr, il désira aller passer k la Malmwatm lea demim jours de liberté que ta Providmice Ini deatinaïL Lj reine Hortense vint lui tenir fidèle et alors eoangeusecompagnie, car 1815 n'allait paB imiter lajEéaé' rosité de 1 81 4. L'Empereur resta là einq joara orticrs, attendant inutilement le révnl da patriotisme toàarmi, et repassant tous les soVfMim de sa vie iMomi' et charmée, dont ces lieux étemt pleine. Enfin, if 29 juin, à midi, après avoir reça les adieux de céit qui jusqu'au bout se montrait sa digne fille, il p>rt>'

pour Rochefort.... et pour Sainte-Hélène, no se flattant plus d'être rejoint dans son exil par Marie-Louise, et persuadé qu'il ne serait point parti seul si José* phine avait vécu.

On connaît la destinée des deux enfants de Tlmpé* ratrice Joséphine. Voyant qu'à cause du mauvais vou* loir des puissances, l'article stipulé en sa faveur, par l*Empereur dans le traité de Fontainebleau, devait rester lettre morte, le prince Eugène se relira avec sa femme et ses enfants à Munich où, devenu duc d'Eschtaedt et prince de Leuchtenberg, par l'affection du roi, son beau-père, il vécut encore dix ans au milieu des marques de la respectueuse estime que lui avaient value, dans toute l'Europe comme en France, la loyauté, la modération et la droiture de son caractère. Sa mort fut en Bavière un deuil public, et sa mémoire est justement demeurée parmi nous comme le type le plus incontesté de l'honneur et de la fidélité. L'opinion publique ravivée à cet égard par la malice posthume d'un compagnon d'armes, ob« sédé par un renom fameux de trahison, a bien vengé le prince Eugène de toutes les machinations d'outretombe qui ont essayé d'entamer sa pure renommée.

Au mois d'août 1831, une femme doublement exilée et conduisant à travers la France, qu'elle avait seulement le droit de traverser, son dernier fils recueilli par elle dans la déFaiie des patriotes italiens, où son second enfant avait succombé, entra mystérieusement dans la petite église de Rueil. La fille et le petit-fils de l'Impératrice Joséphine se proster-

5G4 BISTOJRE

nèreul au pied du tombeau que surmonte sa stalue en prière et dans l'attitude où Notre-Dame la Til aa jour de son couronnement. « Quel sentiment douloureux y écrit la reine Hortense , m*oppressa lorsque j'entrai dans ce lieu ! que je me mis à genoux devant cette image chérie , et que la triste pensée me vint que de tout ce qu'elle avait aimé, je restais seule avec mon fils, isolée et obligée de fuir même le lieu où elle reposait! La quantité de fleurs qui ornaient ce monument (que mon frère et moi aTioos en tant de peine à obtenir la permission de faire élever me prouva qu'elle était restée au moins au milieu de ses amis, auxquels son souvenir était toujours cher; sa fille seule était oubliée !

« Je m'arrêtai à la porte du château de la Malmaison ; je tenais à y entrer. C'est là que TEmpereur avait quitté la France pour jamais ! C'est là que je fus heureuse d'adoucir par mes soins ces tristes moments où tout l'abandonnait, et où , du faîte de la plus haute des gloires, il tombait dans la plus grande des infortunes. Après Waterloo , je le vis encore plein de courage, oubliant son propre malheur, voulant à tout prix sauver la patrie, prédisant tout ce qui allait l'accabler si elle ne se défendait, et sentant tuut ce qu'elle avait encore de force, réunie à lui : on le repoussa. On redoutait ce qu'on appelait ses chaîne^ et; au nom de la liberté, on se livra a celles des ennemis de la France! Il me fut impossible de vaincre For Ire du nouveau propriétaire qui avait défendu delai>N: voir ce lieu sans billet. Mon neveu avait vendu U

Malmaison à un banquier qui gardait pour lui une partie des jardins, le château , et qui s'était déjà défait de tout le reste. Il était difficile de s*y reconnaître; et pouvais-je me croire au même lieu que j'avais laissé si beau , où j'étais toujours reçue avec tant de joie , quand l'entrée m'en était si cruellement interdite '? »

Six ans après, brisée par ses infortunes et ses émotions, la fille de Joséphine, qui avait témoigné par son testament le désir de reposer auprès de sa mère , Tenait prendre place à son tour, dans cette humble église de Rueil, qui voit aujourd'hui le tombeau de la reine Hortense s'élever en face du tombeau de Vlmpé-ratrice Joséphine, deux noms touchants , deux souvenirs populaires.

On nous a dit: l'existence de l'Impératrice Joséphine n'ofEre pas les éléments d'une histoire. Nous avons pensé le contraire, car il y avait là à étudier les vicissitudes d'une destinée non commune, le caractère aimé et l'influence sociale d'une femme qui s'est montrée au niveau de sa destinée. Il y avait aussi et surtout à mettre en relief le tableau , i^égligé jusqu'ici, de la vie intérieure de l'homme resté si grand malgré sa chute et ses fautes, que tout de lui intéresse. Dans ce livre, nous l'espérons, plus qu'en aucun autre, apparaîtra dans sa simple et vivante vérité ce Napoléon de l'intimité, de la famille, du cœur, indignemeAt travesti d'abord, nié ensuite, et même à ce jour imparfaitement connu. L'histoire qui s achève

1. Fragments extraits des Mémoires inédits de la reine Hortense, — Mémoires de tous , 1. 1, p. 265.

«ee HISTOiRE

nous a donc paru compléter celle de Napoléon, Ij grande figure de l'Empereur n'efface pas telle de m douce compagne, et, loin de faire disparato, l'inu^ de Joséphine s'harmonise avec celle du moderop Charlemagne, Celle force devait être tempéré* p« celle grâce, cette énergie par celte douceur, ce génie par ce tact, cette fougue par cette indolence. Joséphine a eu l'insigne honneur d'être remarquée sur ce resplendisHant. sommet, à cùté du roaltra df l'Europe, de laisser un souvenir à côli de cette innommée, d'être chérie par une nation qui ne iiil qu'udmirer. Nipoléoh, JoëApiuhr, ce» deux tMau inséparables rappelleront toujours dtmx. tjrp*B po|>*laires : l'un c'est le génie et la grandeur, i'tatr» k grftce et la bonté, et l'histoire, qui est la ju»itk«, doit mettre en plus dans le plateau de la femnifl— l'ahnégation et le dévouement.

Cett mon divorce qtti m'a perdu, a dît N^wléon, r«grettant sans doutff à Sainte-HélèDe de a'Atre embar* que danf la giu^re de Russie sur la foi de son alllaim menteuse avec la maison d'Autriche. Que n'eût-il pu ajouté s'il eût pu lire dans ravenirl 11 avait brisé l(s liens qui l'unissaient à Joséphine afin d'avoir un fili; 4 quand il eut obtenu ce fils, il allait perdre la courtmae qu'il lui destinait. La transmission de cette coiuoBDe avait cependant été réglée par lui au début de l'Empire, d'une manière qui lui avait para Auitpiitr sufllsamment les intérêts de la France et la stabilité de sa dynastie. A défaut d'héritier direct de sa part, la couronne devait passer à Joseph ou à Loaii, m

aux héritiers de ces deux. frères; TEmpereur et son frère atoé mourant sans enfants, c'était au roi de Hollande et à sa descendance à régner ; et ce prince mort ainsi que ses deux fils aînés , l'Empire passait à son troisième enfant : or c'est ce troisième fils qui s'appelle Napoléon m.

La Providence a donc rectifié le changement apporté par Je fondateur de la dynastie napoléonienne à ses premilrs desseins. Le divorce n'a servi à rien. Tant il est vrai que les plus grands génies comme les esprits les plus humbles se trompent dans les prévisions qu'ils croient les mieux calculées, et que Dieu mène où il veut les hommes qui ne savent où ils vont ^

1. Ce regret de Napoléon d'avoir consommé son divorce se troove reproduit, et en un langage singulièrement énergique, dans ces trois passages des entretiens de Sainte-Hélène :

c Un 61s de Joséphine m'eût été nécessaire et m'eût rendu heureux, non -seulement comme résultat politique, mais encore comme douceur domestique. Comme résultat politique, je serais encore sur le trône , car les Français s*y seraient attachés comme au roi de Rome , et je n'aurais pas mis le pied sur Tablme couvert de fleurs qui m'a perdu. Et qu'on médite après sur la sagesse des combinaisons humaines ! Qu'on ose prononcer avant la fin , sur ce qui est heureux ou malheureux ici-bas ! »

— c Je fis une grande faute après Wagram, celle de ne pas abattre rÂutriche davantage. Elle demeurait trop forte pour notre sûreté ; c'est elle qui nous a perdus. Le lendemain de la bataille, j'aurais dû faire connaître, par une proclamation, que je ne traiterais avec l'Autriche que sous la séparation préalable des trois couronnes d'Autriche, de Hongrie et de Bohême. » L'Empereur disait s'enélre même occupé. Il avait balancé quelque temps avant son mariage avec Marie-Louise. Mais, depuis, continuail-il , il en eût été incapable; il se sentait des sentiments trop bourgeois sur raiticlc des alliances. « L'Autriche, disait-il, était devenue ma famille, et pourtant

»68 lllSTOinE DE L'IUl'CtuTRICE JOSfiPHlHE.

ce mariage m'a p«rdu. Si je ne m'ëUJs pas cru tniuiaBIc, ««■ yppuyé surce poinl, j'aurais reLardé de Irois stts ta i laVolognc; j'aurais attendu que l'Espagne j'ai poeé le|)icd£ur un abîme couvert de Qeura.... ■

— f Mu BPule faille dans cette alliance a élé vraiOMald'faffOtcr un c<rur trop bourgeois. J'avais si souvent rèptXA qoe krw d'un liommc d'Ël«lite devait être que dans sa ièle... Mtllwiiiftment ici le mîcD était demeuré a sa place |wut les sciuiaeot» de famille , cl ce mariage m'a perdu . parce que je croyaii s'irviot 1 b religion, à la pi6t#, â la murale, à l'honneur de Francs. Je redi* inaiB essentiellemeDl. Il m'a cruellement trompé. Je veux bien i|i m l'ait trompé à &on tour ; aussi je lui pardonne. ■ m

(Ifpnionaf de Sninle-ll'lrnf , par M. le rotnt« oc Lu-Cntf, I" partie, p. 100, 115 et U8.)

(Â) Nouvelles lettbbs iiféoiTES de l'impérateicb Joséphine. k Mme de Renaudin^ à FantainebleaUf rue Saint-Méry*.

(c La personne qui tous remettra mon billet , ma chère tante, vous est connue; elle se trouve maintenant dans le décret qui oblige les membres de la Convention qui ne sont point employés à sortir de Paris. Lequien compte sur vos bontés; il espère que vous lui faciliterez les moyens de pouvoir rester à Fontainebleau. Je n'ai pas besoin , ma chère tante , de le recommander à votre bon cœur; il est dans la peine , c'est un titre auprès de vous.

«Je n'ai pu , jusqu'à ce moment, effectuer mon projet d'aller à Fontainebleau passer quelque temps avec vous et avec mon papa*. J'ai tant de choses à

1. Cette lettre, qui n'est ni datée, ni signée, doit être de 1795. Mme de Renaudin, qui figure en tant d'endroits dans le premier

volume de cette histoire, était, on le sait, la sœur de M. de La Pagerie.

2. Il est ici question do marquis de Beauharnais , beau-père de Joséphine.

S10 APPENDICi

voua dire à l'un et à Tau d'èlre débarrassée des occupi Dent ici ; j'espère cependan moments, réaliser ce que je ment.... Adieu, ma chère t temps de tous embrasser de fais autant à mon papa. »

A la citoyenne Mamu c A Plombières, le 9 nJe ne veux pas laisser par cle, madame, sans vous assi plus vraie, et sans vous témo pris(ite) àVaecidentquivouseï bien, madame, vous savez qi grand voyage à faire , et votre vous arriviez malade. Aussi, bien soin de vous. J'espère t Paris, et vous trouver bien ] époque, je serai charmée de velles. Bonaparte me mande d barquer: vous voyez que n€ l'Italie ; nous irons à Malte et peu que vous aimiez les voy.

un, j'espère, agréable : il le dame , puisqu'il me procurer; donner, et à votre mari , des ] chement.

« Li. Pager

1. Le général Bonaparte avait probal femme, pour lui donoer reudez-vouB en gea d'avis. Celte lettre n'en prouve pas i phinc d'aller rejoindre son mari.

Au citoyen ministre de la marine.

c A Plombières» le Ik thermidor (1" août 1798).

a Je viens, citoyen ministre, rappeler à votre souvenir, mon beau-père*; sa position, son grand âge, ses services , auxquels il est bien permis d'ajouter ceux de son ijis, lui donnent bien assez de titres pour n'être pas oublié ; mais celui de tous sur lequel je compte le plus, c'est l'intérêt que j'espère que vous voudrez bien y prendre : je ne doute point que vous ne puissiez beaucoup pour lui ; vous en avez les moyens , citoyen ministre , et je vous prie instamment de lui être utile.

a Tant de liens de toute sorte m'attachent à mon beau-père , sa bonne ou mauvaise fortune me touche de si près et à tant de titres , que je ne puis assez vous recommander sa position.

tf Persuadée de l'intérêt que vous voudrez bien lui accorder, je vous prie de croire, citoyen ministre, que je me trouverai heureuse de vous donner ce droit à ma reconnaissance.

a La PiGERlB-Boif APARTE. »

A Mme de La Pagerie^ à la Martinique.

« Paris, le 26 vendémiaire (18 octobre 1801).

(c Chère maman, la frégate qui se rend à la Guadeloupe pour annoncer au général Lacrosse la paix avec l'Angleterre, est porteur de ma lettre. Le général Lacrosse vous la fera passer par l'aviso qu'il doit expédier à la Martinique , pour annoncer aux habi-

1. Lo marquis de Beauharnais, ancien chef d'escadre, ancien gouverneur do la Marlini(|ue, avait beaucoup perdu à la révolution, et sollicitait le rétablissement de sa pension de dix naille francs.

tants que les Anglais restitueat la colonie à laFranct^ elles tranquilliser sur leur sort futur. Les nègres i»>j ront mainh^nus dans le même état où ils sont , riiks gens probes et bien pensants seront chargés de l'adrainislration de la colonie. Vous pouvez en Tain part à tous les colons que cela peut inléresser.

i( Il y a bien longtemps , ma chère maman , que je n'ai reçu de vos nouvelles: je pense cependanl bin souvent à vous. J'espère que vous vous porlei bien, que vous êtes heureuse et que vous aimez bien votre Yeyette. Eugène a cinq pieds cinq pouces ; il esl Km* tenant-colonel de cavalerie dans la garde de Boniparte; il désirerait bien aller à la Slartinique puor voir sa grand'maman. Hortense est grande comme moi ; elle dessine Irèa-Lien et fait dans ce monwEl un tableau qui représente Bonaparte se promeiuDl dans son parc. Ce tableau vous est destiné. 1

« Dites, je vous prie, à mon oncle Tascher , f\m f^ désirerais qu'il vînt tout de suite à Paris pour donnff des reuseignemenls à Bonaparte sur la Martiniqoe: il peut venir par Londres; les communications mqI libres entre la France el l'Angleterre.

« Dites à Mme de Ghauvigoi que j'ai fait arrauser toutes sesaffaires pendant son absence. Bonaparte toui écrira lorsque nous aurons pris possession delaroU* nie. Il désirerait bien que vous veniez (sic) en Fraooe, si vous pouviez vous accoutumer à vivre dans ud climat si différent du vôtre. Si vous vous rendez à nos désirs, il faudra partir pour arriver au mois de juis. Vous devez bien aimer Bonaparte, il rend votre lîll' bien heureuse; il est bon, aimable, c'est en tout >■ homme charmant ; il aime bien votre YeycUe.

«Adieu, ma chère maman, je vous embrasse el

VOUS aime de tout mon cœur : vos petits -enfants se joignent à moi pour vous embrasser.

li La Pagerie-Bonapahte.

« Rappelez-moi au souvenir de ma famille et de mes amis. J'embrasse ma nourrice. »

A la même.

« Paris, le 10 pluviôse anxni (30 janvier 1805).

u Ma chère maman , je charge mon cousin de vous donner de mes nouvelles*. Je suis bien sûre d*avance de tout le plaisir que vous aurez à apprendre de lui tout ce qui concerne l'Empereur et tout ce qui m'intéresse. Je n'entre dans aucun détail ; je m'en rapporte à lui pour vous dire toutes les preuves d'attachement dont ma famille est comblée par l'Empereur , et toutlebonheur dont jouit votre fille. Il n'y manque que celui de vous voir en France , et de contribuer par moi-même à rendre vos jours heureux. Prenez-en bien soin , ma chère maman , et croyez que ma satisfaction ne sera vraiment parfaite que lorsque vous pourrez la partager.

(c Je vous prie de me rappeler au souvenir de mon oncle y et de dire à Mlle de La Pagerie , ma tante , combien je désire que son sort soit heureux. Je vous demande , ma chère maman , d'y contribuer en tout ce qui dépendra de vous. Je me chargerai avec plaisir de toutes les avances que vous aurez faites , et à cet égard, comme pour tous led autres objets^ je vous prie de vous adresser toujours à moi-même , et non pas au gouverneur ni à d'autres ; il me suffira de

1. Le fils atlié du baron de Tasrher, obligé à cause de sa santé de quitter le service, s'était décidé à retourner à la Alartinique.

S74 AI'PEKUICE.

oonnallre Tos vœus pour que je m'empreâ de les remplir. Adieu, ma chrre maman , jr fOD* embrasse et vous aime de tout mon rœur. VoscofHb et petite-enfants se portent bien. Vous avez aa pelilfils de plus ; je vous aï déjà annoncé que la priocMH Louis eal accouchée d'un nouveau garçon qui doit être baptisé par le Pape et nommé par rEmpcrcar. H Jos£pai7cc.

» Je Toua eavoie beaucoup de chapeleta bénits par le Sainl-Père. »

A la même.

c Paris. 17r4TricrI8<M

< Ma chère maman, M. Duquesne' est i de partir; je profile de celle occasion pour l brasser et vous donner de mes nouvelles. Ma l est bonne. Je suis revenue de Mayence ici an coidmencementdecemois. L'Empereur se porte trèe-bifn- J'ai reçu hier une lettre de lui , du 1" février ; iltal à quarante lieues au delà de Varsovie ^ et à peu de distance des Russes, qui se retirent. J'ai eu mafilla auprès de moi pendant mou séjour à Hayence: elle est retournée depuis à la Haye auprès du roi. J'esptn que mon cher Eugène me donnera bientôt dd petitfils. La princesse Auguste f sa femme f est au rnooKsl d'accoucher, et j'en attends chaque jour la DonveOt. Je ferai mettre en état tous les papiers relatib à l'iffaire dont vous me parlez dans une de vos deniicni lettres , et je vous enverrai ma procuratitm; jinqMlà je désire que ma tante jouisse du revenu. Dès i}M l'Empereur sera ici , je n'oublierai pas les différaiiES

I. De Is famille de l'iiliulre amiral, drat ■ bile à la Uarij nique.

recommandations que vous m'avez faites. Il me sera toujours doux de pouvoir être utile à la colonie et aux personnes qui vous intéressent. Adieu , ma chère maman, ménagez bien votre santé; j'espère qu'elle continue à être bonne. 11 n'y a que cette espérance qui puisse me dédommager de ne pas vous voir. Pensez à moi quelquefois , et croyez qu*on ne peut vous aimer plus tendrement que votre fille.

(C JOSÉPHIRB. n

(B) Pièces mvissis.

A Madame Bonaparte.

ce Madame ^

« Daignez permettre que je publie sous vos auspices cette nouvelle édition du Traité des arbres et arbustes de Duhamel.

« Ce citoyen zélé aimait passionnément Tagriculture : il n'ignorait pas qu'elle seule peut donner aux empires une puissance et un éclat durables. Pour prix de ses travaux , Duhamel obtint l'estime de ses contemporains et de la postérité.

« Yousy Madame, dont le nom rappelle à la fois les hautes qualités que le monde admire et les touchantes vertus qu'il chérit, vous aussi vous aimez l'agriculture; vous prenez plaisir à rassembler dans vos jardins les végétaux les plus rares , et , déjà , vous désignez les cantons de la France que vous voulez enrichir de ces productions étrangères. Ainsi, par vos soins, cette même terre que le Premier Consul a si vaillamment défendue, nous offrira bientôt des ressources et des jouissances nouvelles. Ce sont encore des droits que vous acquerrez à notre amour, et nos neveux,

$7ft APl'ENDICE.

héritiers de lanlde bienfaits , ne méconnaîtrunljainais

la main qui aura daigné les répandre.

[( Honoré de votre cnnûance, el char^ de l'eiécalioD de vos utiles projets ', je crois devoir me conformer à vos vues, Madame, en publiant, conjoiolemeot avec plusieurs autres naturalistes, celte ootnelle édition d'un ouvrage nécessaire aux cultivateurs. Mais, Madame, quelque révérée que suit la méuioirt de Duliamel, cet ouvrage serait privé de sou plus beau lustre , s'il ne vous était dédié , et je a'os«rais y placLT mon nom si mes premières lignes D'èl^eot consacrées à la reconnaissance.

« Je suis avec un profond respect, etc. ,

» B. MiRBEL. »

* Haycnce, le 36 novpmbre IM6

Le secrétaire des commandements île S. M. t'Impéralheit à M. Hipault, bibliothécaire de CEmperettr. 1

« L'Impératrice me charge, Monsieur, de vou» demander un livre dont elle ne se rappelle pas le litff, Dïaia qui traite de tous les objets d'arts et de cnriosités qui se trouvent dans les difTéreates cours d'Allemagne ; TOUS Tondrez bien le remettre à M. de La Valette, poar être envoyé de suite à Sa Majesté.

« J'ai l'honneur, etc. ,

H Signé: Deschuips. n

* Mareoce, le 1 1 dAcembra ISM.

«L'Impératrice me charge. Monsieur, dé tou dire qu'elle désirerait que vous lui eavoyassiei u

1. H. de Hirbel, auteur de cette épitre dédicatoire, exploilalioDS agricoles de la Halmaiaon.

hj&itt^

APPENUJCli. fin

ouvrage uouveau relatif au Grand Condé; Sa Majesté ne s'en rappelle pas le titre exactement; ce sont probablement des Mémoires ou des lettres.

I' Sa Majesté a été très -satisfaite de l'ouvrage sur l'Allemagne que vous lui avez fait passer.

« J'ai riionneur, etc. ,

Sijjnè : i. M. Di-sciiamps. »

« Paris, lu ^4 janvier 1810.

J^e secrétaire des i-ommandemenls de S. M. l'hnpéra' Irice Joséphine à M. Barbier, Inbliolhécaire de l'Empereur.

«Je me suia empressé, monsieur, de purter à la Malmaison les livres que vous m'avez envoyés pour l'Impératrice. J'ai aussi mis sous ses yeux la lettre que vous avez Jointe à cet envoi. Sa Majesté me charge de vous témoigner qu'elle est sensible à vos soins, et qu'elle vous demande de les continuer avec le même zèle.

« Agréez, etc. ,

Siejiiê: i. M. DcsciiiMps. »

(C) DliCEIinANCB DD PRINCX ECGbNE :

En 181 7, le roi de Bavière couféra à son gendre, avec le titre de duc de Leuchtenberg et de priuce d'Eich- Blaedt, celui d'altesse royale, déclara sa maison la première maison princière de la monarchie bavaroise, etlui assigna le rang immédiatement après les princes de ia famille royale. H céda au prince la principauté d'Eichstaedt, moyennant une somme de cinq millions de francs.

Le prince Eugène a laissé six enfante :

Le duc Auguste qui épousa, le 1 " décembre 1 83'i, la

reine de Portugal, dona Maria, et mourut le 28 mars 1835;

Le duc Maximilien, marié, le 14 juillet 1839, à Marie-Nicolaiewna , fille de l'empereur Nicolas, mort en 1 852 ;

La princesse Joséphine, mariée, le 19 juin 1823, à Oscar, prince royal, aujourd'hui roi de Suède;

La princesse Eugénie, mariée à Frédéric, prince régnant d'Hohenzollern-Hechingen , décédée*;

La princesse Amélie , mariée à don Pedro I*', empereur du Brésil ;

La princesse Théodelinde, mariée à Guillaume, comte de Wurtemberg , pareillement décédée.

(Tiré de V Annuaire de la noblesse de France ^ pu M. Borel d'Hauterive.)

(D) Famille db l'impéeatiicb Joséphinb :

Robert-Marguerite, baron de Tascher, oncle de l'Impératrice Joséphine, mort à Paris, en 1806, a laissé , comme nous l'avons dit, cinq fils et une fille :

1 "* Charles , retiré du service en 1 805 , et retourne à la Martinique, avec le grade de chef d'escadron des grenadiers à cheval de la garde;

2"* Henri , aide de camp du roi Joseph et général de brigade, marié à Mlle Clary;

3** Louis , aide de camp du prince Eugène , colone' en 1814, et devenu général au service de la Bavière, où il avait suivi son cousin ; aujourd'hui sénateur e grand maître de la maison de l'Impératrice Eugénie

4** Sainte-Rose , officier d'ordonnance du vice-roi

5"* Nunia, resté à la Martinique;

6** Stéphanie , mariée, en premières noces, ai prince d'Aremberg, et, après l'annulation de soi

mariage, eu 1819, devenue la femme du marquis de Chaumont-Quitry,

Sainte-Rose de Tascher, seul, n'a^ P^s laissé de postérité.

A la chute de rEmf)irey la branche cadette de la famille de Tlmpératrice Joséphine se trouvait toujours représentée par le comte de Tascher, fait sénateur par Napoléon. Le 4 juin 1814 , il fut créé pair de France , et en 1 822 , il transmit sa pairie à son fils.

L'Impératrice avait aussi fait venir de la Martini-^ que deux de ses cousins de la ligne maternelle , membres do la famille de Sanois ; Tun mourut jeune, l'autre avait été page de l'Empereur, et 1 81 4 le trouva lieutenant dans un régiment de hussards.

(E) La Malmaison :

w Le parc fut encore embelli (1 81 0) par une quantité d'animaux étrangers des plus belles races : au lieu d'être rassemblés dans une ménagerie ou dans une enceinte étroite, ils parcouraient les différents sites qui leur convenaient le mieux. On voyait dans les vallées des vaches suisses, les collines étaient couvertes de troupeaux espagnols , et les bords de la rivière nourrissaient des cygnes de plusieurs espèces , parmi lesquels on en distinguait deux noirs apportés de la Nouvelle-Hollande, et dont Buffon ne connaissait pas l'espèce. »

*— 'Y Le 1 2 juillet 1 81 5, la Malmaison fut ravagée et pillée par les troupes anglaises et prussiennes. Voici ce qu'on lit dans un journal du temps ; « Cette belle tf propriété, où, depuis quinze ans, les produits les (( plus brillants des arts , les recherches les plus cu«

a rieuses du goût, les chefs-d'œuvre de nos plus ba- « biles artistes y se trouvaient réunis, offre aujource dliui Taspect le plus triste. Les statues de Canova, « deCartellier, deLemot, et les tableaux charmants et deVernet^ deTaunay, de Richard, ont été détruits « par le sabre et les baïonnettes des Anglais et des €( Prussiens. Quand la victoire faisait tomber Tltalie fc en notre puissance , les tableaux de Raphaël et les fc statues antiques venaient décorer nos musées. Nos « ennemis ont appris de nous Tart de vaincre; ils ce devraient bien avoir appris, en même temps , à ne cr pas déshonorer leur victoire. »

— «Que reste-t-il de tant de splendeurs ? quelques souvenirs historiques et ce que Joséphine avait acheté de M. Lecoulteux; c'est-à-dire lancien parc de la Malmaison, car il est faux que toute la propriété ait été détruite et les terrains vendus par lots, comme l'ont écrit plusieurs journaux. Le prince Eugène fit seulement revendre les terres que Joséphine avait ajoutées à l'ancien parc ; les arbustes, les plantes rares, la galerie de tableaux , furent vendus ou transportés à Munich; et, en 1826, la Malmaisoa et ses bois furent achetés par M. Haguermann , banquier suédois, à Paris. Après sa mort, en 1842, le château seul et son parc devinrent la propriété de la reine Marie-Christine d'Espagne , qui ne Ta habité qu'en 1843. » (Rueil et la Malmaison ^ par MM. Jacquin et Duesberg, p. 127 et 130.)

(F) Tombeaux de l'uip^batrice Joséphine bt de la aEii\B Hoi-

TENSB :

«En 1824, la reine Hortense et le prince Eugène achetèrent une des chapelles de Téglise de Rueil et ils y firent élever le tombeau de leur mère. Ce monu-

ment , de marbre blanc veiné , exécuté par Gilet et Dubuc , d'après les dessins de l'architecte Berthaud , consiste en une voûte à plein cintre , ornée de rosaces, et supportée par quatre colonnes d'ordre ionique , élevées sur un piédestal de deux mètres de hauteur. Les colonnes sont hautes de quatre mètres et l'archivolte de trois mètres. Le corps de l'Impératrice est déposé dans le massif du socle. Il est renfermé dans trois cercueils, l'un de plomb , le second d'acajou f et le troisième de chêne.

« Le socle porte l'inscription suivante » gravée en creux et dorée :

Page 1