‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IChapitre 82 sur 317 · M. de Blenneval , ibidem · texte numérisé non relu

M. de Blenneval , ibidem

Napoléon, oubliant à Sainte - Hélène rinexactitude de son acte de mariage en ce qui le concernait personnellement, paratt avoir cru que Joséphine, pour se rapprocher de lui, avait eu recours à un acte de naissance autre que le sien. Un jour, écrit M. de Las Cases, la conversation étant tombée sur l'âge des femmes et leur répugnance à le laisser connaître, « l'Empereur cita une grande dame qui, en se mariant, avait trompé son mari de cinq ou six ans au moins, en imaginant de produire l'extrait baptistaire d'une sœur cadette, morte depuis longtemps : « La pauvre Joséphine s'exposait pourtant par là à de graves inconvénients, disait l'Empereur ; ce pouvait être réellement un cas de nullité de mariage. » [Mémorial^ V partie, p. 199.) Mal-

Douze jours après son mariage , Bonaparte fit ses adieux à sa femme pour se rendre à Nice où se trouvait i'état-major de l'armée dltalie, et le 21 mars 1796, il se mit en route, laissant le bonheur derrière lui et marchant à cette impérissable gloire qui l'attendait dans les champs du Piémont et de la Lombardie ^

gré cette affirmation du Mémorial^ on doit penser qa*aiican acte de naissance ne fut produit à ce mariage. Les deux sœurs de Joséphine étaient nées, Tune le 11 décembre 1764, l'autre le 3 septembre 1766 : ce n*est donc pas sur leurs extraits baptistaires que Ton a pu relever cette date fautive du 23 juin 1767, assignée à la naissance de. Joséphine, laquelle, au reste, ne la rajeunissait que de quatre ans, et non de cinq ou six au moinSt comme on le fait dire i Napoléon.

1 . Tous les biographes ont répété, et la date du mariage y prête, que Napoléon et Joséphine avaient été seulement mariés à la municipalité et ne reçurent point la bénédiction religieuse. Cependant M. de Las Cases {Mémorial^ T* partie, p. 115) dit formellement, eo invoquant l'autorité du prince primat, que a Mme de Beauhamais fut mariée au général Bonaparte par un prêtre insermenté, mais qui avait négligé, par un accident, Tautorisation obligée du curé de la paroisse. > Le culte n'était certes pas fort libre à Tavénement do Directoire; cependant la persécution sanglante avait fini avec la chute de Robespierre, et rien, dans les possibilités du moment et dans les principes plus tard bien connus de Napoléon et de Joséphine, ne contrarie la version du Mémorial de Sainte-Hélène.

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