Moniteur ÛM 10 mai
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Nord, de la Sambre , du Rhin et des Alpes restaient compléteraent inactives , et que , comme Tavait dit Carnot, tous les regards étaient fixés sur celle d'Italie. Aussi les plus grandes démonstrations étaient-elles prodiguées à Joséphine dans des rai*es visites au Luxembourg; pendant que son hôtel de la rue Ghantereine voyait se succéder tout ce qu'elle avait à Paris d'amis anciens et nouveaux qui venaient, chaque jour, la féliciter de quelque nouveau succès, ce qui contrariait le projet qu'elle avait formé de vivre retirée pendant l'absence du général, retraite dont lui faisait, au reste, une loi la situation de sa santé, qui avait toujours été mauvaise depuis le départ de son mari.
Mais pendant que le général Bonaparte, marchant de victoire en victoire, sauvait la république et conquérait l'admiration du monde, son ccèur, inondé de gloire, souffrait dans son amour par l'absence de celle qui ne lui avait donné qu'un rapide bonheur, dont l'image revenait sans cesse à son imagination enflammée. On a beaucoup de lettres de cette première époque écrites par le jeune général à sa femme, et qui ont fait dire à Walter Scott que « Napoléon, aussi ardent à l'amour qu'à la guerre, avait (dans sa correspondance) le langage enthousiaste d'un berger arcadien, » c'est-à-dire d'un amoureux de roman.
Il faut prendre avec prudence et discrétion dans le nombre infini des lettres attribuées à Napoléon et à Joséphine. Il n'est pas de personnages historiques sur lesquels l'art du pastiche , le talent de l'imitation
et la spéculation, tantôt amie, tantôt perfide, se soient plus exercés. Bien pénétré du devoir de rhistorien , qui ne doit rien hasarder de faux ni de douteux, trompé déjà et mieux en mesure aujourd'hui de discerner la vérité du mensonge, nous avons élagué avec le plus grand soin tout ce qui ne nous a pas paru offrir les caractères de l'authenticité et de Tévidence ; aussi , le lecteur ne rencontrera dans ce livre aue des lettres autographes, des pièces officielles, et lorsque nous nous sommes servi de documents publiés déjà , nous avons pris à tâche de ne les demander qu'à des recueils dont la provenance offirait toutes les garanties \
C'est une étude en même temps remplie de charme et de surprises que celle de la correspondance con*
1. C'est dans cette catégorie qu'il faat ranger celui auquel nous emprunterons les traits les plus curieux et les plus intimes de l'existence conjugale de Napoléon, d'abord pendant cette première, et, on peut le dire, si romanesque campagne d'Italie, et ensuite pendant le reste de son union avec Joséphine. Noos l'avons déjà cilé; c'est le recueil publié en 1833 chez MM. Didot frères, et intitulé : Lettrts de Napoléon à Joséphine pendant la campagm d* Italie, le Consulat et V Empire, Lettres de Joséphine à Napolécn et de la même à sa fille. 2 vol. in-8.
L'authenticité de ces lettres que nous avons largement mises à contribution, est incontestable; leur origine ei^t certaine. Elles ont été communiquées à l'éditeur par l'auguste fille de l'Impératrice : c Nous livrons à l'impression , dit-on dans V Avertissement placé en tète de l'ouvrage, les lettres de Napoléon et de Joséphine, qui devaient être publiées en 1825, pour répondre à quelques interprétations hasardées du Mémorial de Sainte-Hélène. Des considérations ont empêché que ces lettres ne parussent alors; la personne que le^ droits du sang en ont rendue dépositaire , nous autorise à les publier aujourd'hui... Nous ne ferons aucune réflexion sur le style de ces lettres écrites à la hâte et dans tout l'abandon de l'intimité; oo
jugale de Bonaparte, pendant cette année 1796. Il est impossible de rien voir de plus ardent , de plus passionné, de plus déréglé, dirions-nous, s'il n'était question de cette chose la plus chaste malgré ses ardeurs^ l'amour dans le mariage. Le jeune conquérant de Tltalie réalise, en effet, au plus haut point, le type du mari amoureux. Il y a chez lui à la fois tant de naïve fraîcheur et d'exaltation romanesque , tant d'abnégation et d'exigence^ une confiance si absolue et une jalousie si déraisonnable, que souvent en lisant ses lettres, on oublie même que Bonaparte est époux pour ne voir en lui qu'un amant. Cela s'explique par l'énergie de son caractère, l'impétuosité de son cœur et la fiévreuse et mobile fécondité de son esprit, mais aussi par la bizarrerie de sa situation, amant d'hier^ mari de quel-
jugera facilement qu'elles n'étaient pas destinées à voir le jour. Nous les publions , toutefois , sans y rien changer. Notre amour pour la vérité nous commanderait cette réserve, quand nous ne saurions pas que trop souvent corriger c'est profaner. » Ailleurs, après s'être plaint avec justice des erreurs dont fourmillent toutes les biographies de Joséphine et fait appel à la vérité, on ajoute : c Le seul moyen de la présenter, cette vérité, dans tout son jour , et de répondre aux faussetés que des ouvrages, estimables d'ailleurs, renferment sur l'Impératrice, c'est de publier toutes les lettres de Napoléon à sa femme. Cette seule considération a décidé la personne qui possédait cette correspondance, la ûlle de l'Impératrice Joséphine, à en permettre l'impression. > Ce recueil , dont on comprend toute l'importance , contient 228 lettres de Napoléon et 70 de Joséphine; mais quoiqu'en dise le titre, il ne contient pas les lettres de Joséphine à Napoléon.
L'éditeur de l'œuvre connue sous le titre de Mémoires (Tune Coniemporainey a joint au deuxième volume de cet ouvrage, sans qu'on s'explique bien le choix d'une pareille place , douze Lettres inédites de Napoléon Bonaparte^ général en chef de Varmée d'Italie. L'éditeur c laisse le plaisir au public d'en reconnaître le cachet original, sans
ques jours, jeté par ses devoirs et son génie au milieu des périlleux succès d'une grande guerre, à trois cents lieues d'une femme adorée qu'il pouvait ne plus revoir! Le cœur en lui, on va en juger, est au niveau de son génie. G*est une âme en tout complète, grande en héroïsme, profonde en amour.
Ce chapitre sera presque en entier emprunté à la correspondance de Bonaparte avec sa femme. Ayant à faire connaître les nuances les plus intimes de ses sentiments, il n'y aurait ni convenance ni intérêt à les traduire en un autre langage que le sien. Les équivalents, en pareille matière, quels qm soient les efforts et le soin de l'interprète, sont toujours pâles et, sans le vouloir, souvent faux ; et lorsque surtout
le fatiguer des preuves de leur caractère authentique. » C'est s'en tirer à peu de frais; mais on ne saurait accepter pour vrais des documents qui pour toute autorité n'ont à ofihrir qu'un si mioce certificat, aussi n'avons-nous pas cru devoir en faire usage.
1! nous semble qu'on a voulu, dans ces pièces, exagérer le style heurté, les sentiments brûlants et le langage parfois étrange de Napoléon. C'est ce dont il est facile de s'assurer en les comparant i la correspondance très-authentique de cette première campagne dTlalie, publiée par les soins de la reine Hortcnse. De plus, il est quelques détails et surtout quelques dates dans ces douze lettres, qui nous paraissent déposer contre leur authenticité. Ainsi , dans l'une qui est datée de Nice, du 10 germinal, c'est-à-dire du 30 mars 1796, Bonaparte se plaint que sa femme le traite de vous^ par ses leUres des 23 et 26 ventôse^ qui correspondent aux 13 e( 16 fnors. Or, on sait que le général ne quitta Paris que le 21 de ce mois; sa femme n'avait donc pas à lui écrire aux dates par lui citées. Dans une autre, datée du quartier général de Milan, le 23 prairial an iv (11 Juin 1796), le général Bonaparte annonce à sa femme c que sa lettre lui sera remise par le duc de Lesbelloni (lisez Serbelloni), le plus grand seigneur de ce pays, qui va être député à Paris. > Or, M. de Serbelloni ne vint en France qu'au mois de septembre de
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le personnage dont on veut reproduire la physionomie morale s'appelle Napoléon , et qu'on possède écrite par lui l'histoire de son cœur, on doit respectueusement lui passer la plume, bien assuré en agissant ainsi de l'approbation et de la reconnaissance du lecteur.
Nous allons reproduire d'abord quatre lettres du général Bonaparte pendant les premiers temps de cette absence. La première a déjà été donnée par Walter Scott; les trois autres, comme celle-là entièrement authentiques, n'ont jamais été publiées, et c'est une bonne fortune pour ce livre dont il nous est permis de nous fSliciter.
cette année, mais porteur alors, comme nous le verrons , de lettres de Joséphine pour sa fille et pour sa tante.
Mme de Grenlis, au cbapitre XXXIX de ses Mémoires^ parle aussi d'une collection de lettres écrites vers la même époque par le général Bonaparte à sa femme. Ce passage n'a point été relevé jusqu'ici : < L'Impératrice de Russie, dit Pancienne gouvernante des enfants d'Orléans, avait une énorme quantité de lettres de Bonaparte, écrites de sa main et adressées à Joséphine (déjà sa femme), durant ses campagnes d'Italie et pendant son séjour à Turin. Un valet de chambre infidèle les recueillit à l'insu de Mme Bonaparte, et imagina, je ne sais comment , de les offrir à Mme de Courlande a (qui , sans doute, les céda à l'impératrice de Russie). Elle me confia ces lettres pour en prendre copie. Je les lus avec avidité, et je les trouvai toutes différentes de ce que j'aurais imaginé.... Elles étaient d'une écriture fort difficile à lire; mais cependant j'en vins parfaitement à bout. Ces lettres étaient spirituelles et touchantes. On n'y voyait point d'ambition et elles exprimaient une extrême sensibilité ; elles prouvaient que Bonaparte avait eu pour sa femme la passion la plus vraie et la plus ardente, i
Cette correspondance est sans doute conservée à Saint-Pétersbourg.
a Mère de Mme la dacbesse de Dino.
Port Maurice, le 14 germinal (3 avril) 1796*.
(( J'ai reçu toutes tes lettres, mais aucune n'a fait sur moi l'impression de ta dernière. Y penses-tu, mon adorable amie, de m'écrire en ces termes? Crois-tu donc que ma position n'est pas déjà assez cruelle , sans encore accroître mes regrets et bouleverser mon âme ? Quel style ! quels sentiments que ceux que tu peins! Ils sont de feu; ils brûlent mon pauvre cœur. Mon unique Joséphine, loin de toi il n'est pas de gaieté ; loin de toi le monde est un désert où je reste isolé et sans éprouver la douceur de m'épancher. Tu m'as ôté plus que mon âme ; tu es Tunique pensée de ma vie. Si je suis ennuyé du tracas des affaires, si j'en crains l'issue, si les hommes me dégoûtent, si je suis prêt à maudire la vic; je mets la main sur mon cœur : ton portrait y bat, je le regarde, et l'amour est pour moi le bonheur absolu et tout e$t riant, hors le temps que je me vois absent de mon amie.
c( Par quel art as-tu su captiver toutes mes facultés, concentrer en toi mon existence morale? C'est une magie, ma douce amie, qili ne finira qu'avec moi. Vivre pour Joséphine, voilà l'histoire de ma vie. J'agis pour arriver près de toi; je me meurs pour t'approcher. Insensé! je ne m'aperçois pas que je m'en éloigne. Que de pays, que de contrées nous séparent! Que de temps avant que tu lises ces carac-
1. Vie de Napoléon Bonaparte par Walter Scott, éd. in-12, t. VK p. 220.
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tères, faibles expressions d'une âme émue où tu règnes! Âh! mon adorable femme ! je ne sais quel sort m'attend ; mais s'il m'éloigne plus longtemps de toi^ il me serait insupportable; mon courage ne va pas jusque-là. Il fut un temps où je m'enorgueillissais de mon courage j et quelquefois , en jetant les yeux sur le mal que pourraient me faire les hommes , sur le sort que pourrait me réserver le destin , je fixais les malheurs les plus inouïs sans froncer le sourcil , sans me sentir étonné. Mais aujourd'hui l'idée que ma Joséphine peut être mal, l'idée qu'elle pourrait être malade , et surtout la cruelle , la funeste pensée qu'elle pourrait m 'aimer moins , flétrit mon âme 9 arrête mon sang^ me rend triste, abattu, ne me laisse pas même le courage de la fureur et du désespoir. Je me disais souvent jadis : les hommes ne peuvent rien à celui qui meurt sans regret; mais au* jourd'hui mourir sans être aimé de toi , mourir sans cette certitude, c'est le tourment de l'enfer, c'est l'image vive et frappante de l'anéantissement absolu. Il me semble que je me sens étouffé. Mon unique compagne , toi que le sort a destinée pour faire avec moi le voyage pénible de la vie , le jour où je n'aurai plus ton cœur sera celui où la nature sera pour moi sans chaleur et sans végétation.... Je m'arrête , ma douce amie; mon âme est triste, mon corps est fatigué, mon esprit est allourdi; les hommes m'ennuient. Je devrais bien les détester, ils m'éloignent de mon cœur.
(( Je suis à Port-Maurice , près Oneille ; demain je
suis à ÂlbeDga. Les deux armées se remuent ; nous cherchons à nous tromper. Au plus habile la victoire. Je suis assez content de Beaulieu , il manœuvre bien ; il est plus fort que son prédécesseur. Je le battrai , j'espère 9 de la belle manière. Sois sans inquiétude; aime-moi comme tes yeux; mais, ce n'est pas assez , comme toi, plus que toi^ que ta pensée, ton esprit, ta vie, ton tout. Douce amie, pardonne-moi, je délire; la nature est faible pour qui sent vivement, pour celui que tu animes.
a A Barras, Sucy, Mme Tallien, amitié sincère; à Mme Château-Renard, civilités d'usage; à Eugène et
Hortense, amour vrai.
A travers ce désordre et les incorrections qui lui sont habituelles. Napoléon a trouvé le style et l'accent de la passion. On a remarqué ces traits qui la pei* gnent si bien : ils éclatent; on les sent. Cette lettre écrite avant la première bataille de Bonaparte, témoigne aussi de l'assurance dans le succès qui ne Tabandonna jamais. Elle porte en outre la trace de ses relations personnelles et assez intimes avec Mme Tallien et Barras. Rendant justice à TamOtir déjà profond de sa femme, le général vient de se plaindre de la trop grande vivacité des lettres de celle-ci : quatre jours après c'est de sa froideur qu'il se plaint, et nous allons le voir pris d'une de ces bouffées de jalousie qui, à chaque instant, s'élèvent comme elles se dissipent dans son esprit.
Albenga, le 1& germinal (7 avril) 1796*.
« Je reçois une lettre que tu interromps pour aller, dis-tu, à la campagne; et après cela tu te donnes le ton d'être jalouse de moi, qui suis ici accablé d'affaires et de fatigues. Ah! ma bonne amiel... Il est vrai que j'ai tort. Dans le printemps la campagne est belle; et puis l'amant de dix-neuf ans s'y trouvait sans doute'; le moyen de perdre un instant de plus à écrire à celui qui, éloigné de trois cents lieues de toi, ne vit, ne jouit, n'existe que pour ton souvenir, qui lit tes lettres comme on dévore , après six heures de chasse, les mets que l'on aime.
« Je ne suis pas content. Ta dernière lettre est froide comme l'amitié. Je n'y ai pas trouvé ce feu qui allume tes regards, ce que j'ai cru quelquefois y voir. Mais quelle est ma bizarrerie ! j'ai trouvé que tes lettres précédentes oppressaient trop mon âme; la révolution qu'elles y produisaient attaquait mon repos et asservissait mes sens. Je désirais des lettres plus froides, mais elles me donnent le glacé de la
1. CeUe lettre ainsi que les deux qui suivent, entièrement inédites, nous ont été communiquées par M. le baron Feuillet de Conches dont on connaît la science et Tautorité en matière d'autographes. Qu'il reçoive ici pour sa gracieuseté nos bien vifs remerctments. Nous n'avons point vu ces lettres attribuées à Bonaparte qui se trouvent en Angleterre; mais leur parfaite authenticité nous est garantie par M. le baron Feuillet de Conches qui a exécuté de sa main sur les originaux , la copie qui nous a servi pour l'impression : une pareille affirmation vaut pour nous la vue des autographes mêmes.
2. Nous n'avons pu trouver un nom à mettre sous celte fantasque imagination.
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mort. La crainte de ne pas être aimé de Joséphine, ridée de lavoir inconstante, de la.... Mais je me forge des peines. Il en est tant de réelles; faut-il encore s'en fabriquer ! ! ! Tu ne peux m'avoir inspiré un amour sans bornes sans le partager, et avec ton âme, ta pensée et ta raison, l'on ne peut pas en retour de l'abandon, du dévouement, donner en échange le coup de mort....
« Tu ne me parles pas de ton vilain estomac ; je le déteste. Adieu jusqu'à demain, mio dolce amor. Un souvenir de mon unique femme et une victoire du destin, voilà mes souhaits : un souvenir unique, entier, digne de celui qui pense à toi à tous les instants.
(c Mon frère est ici. Il a appris mon mariage avec plaisir. Il brûle de l'envie de te connaître. Je cherche à le décider de venir à Paris. Sa femme est accouchée; elle a fait une fille. Ils t'envoient pour présent une boîte de bonbons de Gênes. Tu recevras des oranges, des parfums et de Teau de fleur d'orange que je t'envoie. Junot, Murât te présentent leurs respects.
cr N. B. »
Mais après la capitulation de Cherasco qui lui soumettait le Piémont et lui assurait le passage des Alpes, le général Bonaparte à bout de courage contre son cœur, voulut réaliser un projet formé dès son départ et faire venir sa femme auprès de lui. Il profita de l'occasion de son frère Joseph qu'il envoyait à Paris, pour engager le Directoire à accorder la paix au roi de Sardaigne, et auquel il adjoignait son aide de
camp Junot, chargé d'offrir au gouvernement les drapeaux conquis sur l'ennemi ^ Le général remit à Joseph une lettre ainsi conçue :
Carru, le 5 floréal (24 avril) 1796.
(c A ma douce amie,
w Mon frère te remettra cette lettre. J'ai pour lui la plus vive amitié. Il obtiendra, j'espère, la tienne. 11 la mérite. La nature l'a doué d'un caractère doux et inaltérablement bon; il est tout plein de bonnes qualités. J'écris à Barras pour qu'on le nomme consul dans quelque port d'Italie. Il désire vivre éloigné avec sa petite femme, du grand tourbillon et des grandes affaires. Jeté le recommande.
ce J'ai reçu ta lettre du 1 6 et du 21 V Tu as été bien des jours sans m'écrire. Que fais-tu donc? Oui, ma bonne amie, je suis non pas jaloux mais quelquefois inquiet. Viens vite; je te préviens, si tu tardes, tu me trouves malade. Les fatigues et ton absence, c'est trop à la fois.
(c Tes lettres font le plaisir de mes journées, et mes journées heureuses ne sont pas fréquentes. Junot porte à Paris vingt-deux drapeaux. Tu dois revenir avec lui, entends-tu?... Malheur sans remède, douleur sans consolation, peines continues si j'avais le malheur de le voir revenir seul, mon adorable amie. Il te verra, il respirera dans ton temple; peutêtre même lui accorderas-tu la faveur unique etinap-