Ibidem
ternelle qui devait amener plus tard son mariage avae Hortense^ et Louis, de son côté, ressentait pour aa belle -sœur une affection que celle-ci ne rencontra pas chez tous les membres de la famille Bonaparte *.
Dans l'intervalle des batailles, le palais Serbelloni était visité par les anciens et les nouveaux généraux de l'armée d'Italie. On y voyait, en outre, ce monde de hauts employés et d'administrateurs qui devaient affluer dans un quartier général aussi important. Ainsi cette société était surtout militaire. Mais, révélant déjà son goût et sa vocation pour le gouvernement civil , Bonaparte aimait à attirer à lui les sommités politiques, sociales , scientifiques de la LfOmbardie et des autres provinces italiennes qui demandaient à former sur le modèle de la république française, un État libre et indépendant. L'épée d'une main, la plume du politique et du législateur de l'autre, le jeune général, dès cette première campagne,
1. Pour faire connaître les personnages de cette histoire, nous timons surtout à demander aux contemporains dos appréciations et des jugements : c Nous avions aussi pour camarade, dit M. de Lavallette (t. I, p. 191), Louis Bonaparte, qui avait à peine seize ans et que son frère n'épargnait pas plus que nous pour les missions les plus périlleuses. Il les remplissait au reste avec un plaisir qui annonçait qu'il savait porter noblement son nom. »
Un an auparavant, Napoléon en rendait bon témoignage à Joseph, dans cette lettre du 6 septembre : a Je suis très-content de Luuis (alors au collège de Châlons) ; il répond à mes espérances et à l'attente que j'avais conçue de lui. C'est un bon sujet ; mais aussi c'est de ma façon : chaleur, esprit, santé, talent, commerce exact, bonté, il réunit tout. » {Mémoires et correspondance du roi Joseph , 1. 1", p. US.)
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s'essaye aux choses que, dans quelques années, il saura accomplir en France. En même temps qu'il conquiert, il administre et organise l'Italie ; et c'est ce qui effraye davantage le Directoire de lui voir à la fois le génie du gouvernement et celui de la guerre. Ce qui apparaît aussi dès ce début de Napoléon, c'est cet aplomb extraordinaire, cet air de grandeur, ce sentiment de son importance, cette raison si haute dans un si jeune homme \ qui imposent même à son entourage le plus intime, et à plus forte raison aux étrangers.
Pour cette conquête morale de Tltalie, Bonaparte rencontrait dans sa femme, comme il Ty trouva plus tard en France, un aide intelligent et gracieux, qui lui attachait les cœurs pendant qu'il entraînait les volontés. Elle déploya dans ce rôle toutes les ressources d'un esprit très-fin si ce n'est très-brillant , toutes les séductions de son savoir-vivre achevé. Les grandes dames de Milan, après ce retour de la campagne contre Wurmser, s'empressèrent plus que jamais de faire cortège à Joséphine, à laquelle, dans sa courte et émouvante Odyssée, les princes voisins, les ducs de Parme, de Modène et de Florence, venaient à l'imitation de Lucques et des autres villes placées sur son passage, de prodiguer les plus flatteuses démonstrations. « Charmante, sensible, douée de toutes les vertus du cœur et de l'esprit, Mme Bonaparte, écrivait alors un témoin de ses succès, est telle