‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 10 sur 232 · Ibid., t. I", p · texte numérisé non relu

Ibid., t. I", p

DE L’IHPÉRATRICE JOSÉPHINE.

plutôt mondain que de famille. De tels spectacles procuraient beaucoup de relief et une grande vogue à l'Institut de Saint-Germain , mais ils surexcitaient trop la vauité des élèves et des parents, et surtout pouvaient éveiller une coquetterie fâcheuse dans l’âme de ces jeunes filles, dont on applaudissait, comme au théâtre, le jeu , la grâce et les attraits précoces. Aussi , après avoir reconnu les inconvénients de cette partie de son système, Mme Gampan, à la maison d’Écouen, supprima-t-elle des représentations trop publiques.

Quant à la nature des pièces représentées , rien de plus pur ni de plus moral. C’étaient d’abord de petits dialogues instructifs, de petites comédies appropriées aux idées, au langage, aux habitudes de l’adolescence, et composées par l’institutrice elle-même '. Puis vinrent des scènes choisies, et enfin des pièces entières prises dans les œuvres des maîtres. Saint-Germain fit revivre Esther comme l’avait vue Saint-Cyr, avec ce cachet d’onction et d’innocence que lui donnent des voix jeunes et pures. Toutes les élèves figuraient dans les chœurs remis en musique pour la circonstance, et ce spectacle, dont Mme de Maintenon avait voulu amuser la grandeur blasée de Louis XIV, Mme Campau put le renouveler dans tout son éclat devant celui qui s’annonçait avec une grandeur égale, et devait atteindre encore plus haut. Ces représentations d’Es— ther, reprises chaque année, avaient lieu pendant le

1. Voy. son Théâtre, si ce mot n'est pas trop ambitieux, dans son traité de T Éducation, t. II.

carnaval. A celle du mois de mars 1798, donnée à l’intention du conquérant de l’Italie , Mlle Hortense de Beauharnais jouait le -rôle de la belle Juive, et sa compagne assidue, Mlle Adèle Auguié, celui d’Élise Comme dans l’œuvre de Racine, on remarquait en elles la même conformité d’âge, de caractère, et la même amitié. Leur succès fut complet. « Le rôle d’Esther, ajoute MmeCampan, fut si bien rendu par celle qui en était chargée, que celte pièce excita un genre d’intérêt qu’elle perd nécessairement sur les théâtres publics1. »

Le général Bonaparte en fut enchanté , et témoigna sa satisfaction à la directrice et aux élèves Il se montra très-satisfait aussi des progrès de sa belle-fille en tout genre, mais surtout de voir l'affection générale et vive qu elle avait su inspirer autour d’elle par cet ensemble de qualités «qui la faisait régner sur cent jeunes cœurs et sur celui de son institutrice*. »> Par la satisfaction du général on peut juger de celle de Mme Bonaparte, et combien elle s’applaudit d'avoir confié sa fille à Mme Campan : elle promit dès lors à celle-ci non-seulement une protection constante, mais une amitié qui ne lui fit jamais défaut. Quant au général, comme marque de sa complète approbation, il lui donna sa plus jeune sœur Caroline à élever. Déjà Mme Campan était chargée de veiller sur l’éducation

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