‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 120 sur 232 · Il commandait alors le brick ÏÈpervier · texte numérisé non relu

Il commandait alors le brick ÏÈpervier

cela nous donne à la bienveillance qu’il nous a si souvent manifestée ; il vient de nous en donner les marques les plus sensibles, et nous a assurés qu’il aurait sans cesse ses regards tournés sur sa chbre Martinique'. » L’Empereur s’était déjà servi de ce mot en répondant aux créoles présents à Paris ; et il avait enchéri encore sur cet affectueux langage en s’adressant un jour à l’aîné des cousins de l’Impératrice : « La Martinique, lui disait-il, par une image aussi gracieuse pour Joséphine que pour son pays natal, est l’anneau de mon petit doigt’. »

Pendant plusieurs jours on ne vit que fêtes dans l’île, fêtes modestes comparées aux splendeurs de la métropole, mais dans lesquelles toutes les classes de la population, libre et esclave, manifestèrent avec tout l’entraînement créole leur joie de l’honneur que recevait leur pays. Mme de La Pagerie se vit obligée, peine et sacrifice pour elle, de quitter sa chère retraite, d’où elle ne sortait presque jamais, pour répondre à l’invitation du gouverneur, qui la priait de venir recevoir à Fort-de-France les hommages que la colonie désirait lui rendre. Elle était attendue sur la plage par M. deVillaret-Joyeuse, à la tête des autorités, des troupes et d'une foule immense, qui, dans ses vivat, mêlait son nom à ceux de l’Empereur et de l’Impératrice. Le soir, les divers corps lui furent présentés à l’hôtel du gouvernement où elle était descendue. Le

1. Histoire de la Martinique, par M. Sidney Daney, t. VI, p. 88.

2. Lettre de la baronne de Tascher à son fils aîné. — Archives de famille.

lendemain tous les habitants se rendirent à une messe solennelle d’actions de grâces. Mme de La Pagerie, précédée par un nombreux cortège, était au bras de l’amiral. Le préfet apostolique vint la recevoir à la porte de l’église; il lui présenta l’eau bénite et l’encens, et la conduisit, sous le dais, à une espèce de trône qui lui avait été préparé dans le chœur. A la fin de l’office , les autorités prêtèrent le serment de fidélité à l’Empereur, et un Te Deum termina la cérémonie. Mme de La Pagerie fut reconduite avec les mêmes honneurs à l’hôtel du gouvernement. Là, le général d’Houdelot, commandant de la garnison, vint, au nom de ses troupes, prendre à témoin la belle-mère de l’Empereur, de leur dévouement envers la France et le Souverain qu’elle avait porté sur le trône, et protester de leur reconnaissance « pour les paroles pleines de bonté que Sa Majesté leur avait fait parvenir : les éloges donnés à leur bravoure; la promesse de les confondre dans son cœur avec les braves qui menacent l’Angleterre; le dépôt de la mère de l’Impératrice, confié à leur courage'. » Un banquet de deux cents couverts mit fin à cette journée. Le préfet colonial y porta la santé de l’Impératrice Joséphine en ces termes : « A Sa Majesté 1 Impératrice des Français ! Il était réservé aux grâces et à la beauté de partager avec le génie et la victoire , le trône des Français ! » Celle de Mme de La Pagerie fut portée par le grand juge : « A la mère de Sa Majesté

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