‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 175 sur 232 · Collection Didol, l. II, p. 285 et · texte numérisé non relu

Collection Didol, l. II, p. 285 et

DE L'IMl’ÉKATRICE JOSÉPHINE. 433

rôle de Joséphine fut celui d’une femme chargée de bien traiter ces hôtes forcés, et d’adoucir autant qu’il était en elle, l’amertume de leur sort, qu’ils avaient provoqué, mérité presque par leurs indignes sentiments.

Les affaires d’Espagne terminées et les princes de ce pays partis pour Compiègne et Valençay, l’Empereur et l’Impératrice revinrent à petites journées à Paris, visitant Pau, Toulouse, Bordeaux, Rochefort, Nantes et Tours, et le 14 août ils rentrèrent au palais de Saint-Cloud, l’un et l’autre le visage moins serein qu’au jour de leur départ : Napoléon avait reçu, en route, la nouvelle de notre désastre de Baylen, le premier échec de sa fortune militaire, et Joséphine, avec un instinct sûr chez elle parce qu’il venait du cœur, craignait les suites de celte solution espagnole qu’elle désapprouvait sans oser la blâmer. Sa tristesse était accrue par la rupture qui après d’irritants débats avait éclaté entre l Empereur et le Pontife qui les avait sacrés, rupture qui venait de se terminer par l’occupation de Rome que devaient bientôt suivre l’annexion des Etats de l’Église à l’Empire, et l’enlèvement du Pape.

Pour empêcher l’insurrection de s’étendre en Espagne, venger Baylen et arrêter les Anglais qui venaient au secours de la péninsule, Napoléon comprit que sa présence était nécessaire. Mais avant de s’engager à fond dans cette entreprise, il voulut s’assurer par lui-même si les dispositions amicales de l’empereur Alexandre n’étaient point changées. Il lui fit proi. 3H

poser une entrevue à Erfurlh que celui-ci accepta, et les deux souverains y [tassèrent tout le mois d'octobre, au milieu d’une cour restée célèbre de rois et de princes, et y renouvelèrent leur intime alliance. Napoléon se montra charmé des dispositions de l'empereur de Russie. « Tout va bien, écrivait-il à Joséphine. Je suis content d’Alexandre; il doit l’être de moi : s’il était femme, je crois que j’en ferais mon amoureuse1. « Ce redoublement d’intimité était loin de sourire à l’Impératrice Joséphine , car on voulait y voir et elle le savait, l’avant-coureur d’une union entre l'Empereur et une princesse russe. M. de Menneval affirme, en effet, que l’empereur Alexandre offrit à Erfurth à son puissant allié, la main de la princesse Anne, sa sœur, et que celui-ci se borna à écouter ta proposition sans faire de réponse positive*. Évidemment, et cette grandeur d’Erfurtb y poussait, la pensée d’un divorce cheminait dans son esprit, mais il n’était point encore décidé à l’accomplir.

Au retour d’Erfurth, l Empereur passa peu de jours à Paris, et en repartit presque immédiatement pour l’Espagne où sa présence ne tarda pas, comme à l’ordinaire, à procurer des succès qui le conduisirent rapidement à Madrid.

L’Impératrice Joséphine, qui avait vu avec peine Napoléon s’engager dans cette affaire d’Espagne , s’était inquiétée pour lui d’une guerre poursuivie dans ce pays nouveau, où nos troupes avaient subi

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