‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 174 sur 232 · RO · texte numérisé non relu

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A la fin de janvier, l’Impératrice Joséphine eut à s’occuper d’un événement de famille auquel elle attachait une grande importance, nous voulons parler du mariage de sa cousine et filleule, Mlle Stéphanie de Tascher. Successivement demandée parM. deCaulincourt, le général Rapp et le prince Pignatelli, Napoléon, dont les desseins sur elle n’étaient pas bien arrêtés, avait ajourné son établissement. Sa proche parenté avec l’Impératrice, l’espèce d’adoption qu’en avait faite l’Empereur, la destinaient aux plus hautes alliances. Elle avait même pu espérer une couronne, car le prince des Asturies, quelques mois auparavant, avait formellement demandé sa main; mais Napoléon avait d’autres projets sur l’Espagne et sur elle. D’ailleurs, en y réfléchissant, l’Empereur avait compris les difficultés d’adopter comme il se l’était promis, mais sans nullement s’engager, Mlle de Tascher, sans accorder le même avantage à ses frères. 11 ne lui conféra donc poiut l’adoption; mais il n’en négocia pas moins pour elle une importante alliance avec l’une des maisons princières de la Belgique, celle d’Aremberg, dont la principauté faisait partie de la Confédération du Rhin. Lejeune prince de ce nom était alors colonel d’un régiment français. Son mariage avec Mlle de Tascher, nommée princesse à cette occasion, eut lieu le 31 janvier dans l’hôtel du roi Louis. L'Empereur et l’Impératrice remplacèrent le père et la mère de la mariée.

Pendant que Paris se livrait ainsi aux l'êtes, une grave affaire occupait toutes les méditations de Na-

poléon. Depuis plusieurs mois la famille royale d’Espagne avait donné le spectacle des plus vives, des plus tristes dissensions : ces faits sont assez connus pour qu’il soit inutile de les rappeler ici. On sait que, pour sauver la vie d’un indigne favori menacé par un soulèvement populaire, Charles IV ayant abdiqué, Ferdinand VII, qui était lame de la conjuration, s’empressa de saisir la couronne. Le péril passé, son père voulut la reprendre, et sur la résistance de ce fils peu scrupuleux, le débat fut porté devant leur puissant voisin. Napoléon qui avait vu dans ces querelles intestines les moyens et l’occasion de s’emparer pour un des siens d’une nouvelle couronne, fit d’abord filer une armée en Espagne, sous les ordres de Murat, qui, sous prétexte d’y maintenir la paix, se nantit de Madrid. Ces précautions prises, l’Empereur, accompagné de l’Impératrice, partit le 2 avril, se dirigeant vers Bayonne , lieu de rendez-vous assigné aux princes espagnols.

Napoléon se sépara de l’Impératrice Joséphine à Bordeaux, et partit pour Bayonne, où il arriva le 1 5 avril, afin d’y faire installer convenablement le château de Marrac qu’il devait occuper. C’est à Bordeaux que Joséphine apprit l’heureux accouchement de sa fille, qui avait mis au monde à Paris, le 20 avril, son troisième fils. Son bonheur éclate dans cette lettre : « Bordeaux, le 23 avril 1808. — Jesuis, ma chère Hortense, au comble de la joie ; la nouvelle de ton heureux accouchement m’a été apportée hier par M. de Villeneuve ; j’ai senti mou cœur battre en le voyant entrer; mais j’avais

l’espérance qu’il n’avait à m’apprendre qu’un heureux événement, et mon pressentiment ne m’a pas trompée. Je viens de recevoir une seconde lettre de l’archichancelier qui m’assure que tu le portes bien, ainsi que ton fils. Je sais que Napoléon se console de n’avoir pas une sœur — » Deux jours après elle ajoute:

« Je reçois, ma chère Hortense, une lettre de l’Empereur qui m’annonce qu’il avait appris que tu étais accouchée d’un garçon, et qu’il en avait éprouvé une très-grande joie. L’Empereur me mande en même temps de venir le retrouver à Bayonne : tu juges, ma chère fille, que c'est un grand bonheur pour moi de ne pas quitter l’Empereur ; aussi je pars demain de grand matin*. » Ce contentement de Napoléon et de Joséphine eût été bien plus grand s’ils avaient pu prévoir que cet enfant devait relever un jour la dynastie impériale.

La cour resta trois mois à Bayonne. Ces trois mois virent l’arrivée de Ferdinand VII, celle du roi son père, de la reine sa mère et du triste prince de la Paix; les débats impies de ces princes dégénérés et leur mutuelle abdication; les fâcheuses menées par lesquelles Napoléon, jusque-là pur de semblable faute, faisait entrer dans sa maison une couronne qui, en vertu de cette loi du juste qui plane sur tous, devait 1’affaiblir au lieu de le rendre plus fort; l’arrivée du roi Joseph, sa présentation à la junte espagnole, et la proclamation de Murat comme roi de Naples. Le

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