Collection Didot, t. Il, p
Napoléon pour recommencer la guerre. L’Empereur , avisé de scs préparatifs hostiles et ne pouvant plus se méprendre sur les desseins de la cour de Vienne , se vit obligé d’abandonner l’Espagne avant d’en avoir consolidé la conquête. Le 23 janvier 1809 il rentrait aux Tuileries. Deux mois lui suffirent pour prendre tontes ses dispositions; et ayant appris, le 12 avril, que l’archiduc Charles était entré en Bavière, il partit la nuit suivante, emmenant avec lui l’Impératrice, qu’il laissa à Strasbourg, où elle devait séjourner comme en 1805. Quatre jours après il se trouvait à son quartier général de Donawerth , et , dès le lendemain , il recommença le cours de scs succès, qui , en un mois, le rendirent, pour la seconde fois, maître de la capitale de l’Autriche.
Nous possédons , sur cette troisième campagne d’Allemagne, vingt-cinq lettres de Napoléon à sa femme , ou plutôt vingt-cinq billets très-courts , car l’Empereur devient de plus en plus laconique. Les exigences de notre sujet nous avertissent de restreindre les citations. Il nous reste, en effet, à raconter en détail l’époque la plus décisive de la vie de l’Impératrice Joséphine. Qu’on nous permette toutefois encore quelques extraits indispensables.
Napoléon , on le sait, dans cette campagne fut légèrement blessé d’une balle au pied , en faisant le siège de Itatisbonne. Cet événement, qui avait un instant inquiété l’armée , répandit dans Paris une émotion exagérée par le zèle ou les commentaires hostiles. Mais on comprend les sincères alarmes de ITm-
HISTOIKE
pératrice Joséphine. Pour la rassurer, l’Empereur nie même toute blessure. « Mon amie , lui répond-il le 6 mai , j’ai reçu ta lettre. La balle qui m’a touché ne m’a pas blessé ; elle a à peine rasé le tendon d’Achille. Ma santé est fort bonne; tu as tort de t’inquiéter. Mes affaires vont fort bien. Tout à toi1. » Le 12, il lui annonce en peu de mots la prise de Vienne, et, le 27, il lui fait connaître l’arrivée sur le Danube du prince Eugène , qui , après avoir mené battant les Autrichiens depuis l’Isonzo jusqu’au sein de l’empire, lui amenait, au moment le plus opportun, son armée italienne pleine d’ardeur et de légitime orgueil. Napoléon , qui sait bien le plaisir qu’il va faire , est un peu plus long en parlant à l’Impératrice de son fils : « Je t’expédie un page , lui dit-il , pour t’apprendre qu’Eugène m'a rejoint avec toute son armée ; qu’il a rempli parfaitement le but que je lui avais demandé; qu’il a presque entièrement détruit l'armée ennemie qui était devant lui. Je t’envoie ma proclamation à l’armée d'Italie, qui te fera comprendre tout cela. Je me porte fort bien. Tout à toi. — P. S. Tu peux faire imprimer cette proclamation à Strasbourg , et la faire traduire en français et en allemand , pour qu’on la répande dans toute l’Allemagne. Remets au page qui va à Paris une copie de la proclamation*. » Le viceroi arrivait à propos, comme nous venons de le dire, pour renforcer la grande armée, rudement