‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 203 sur 232 · Collection Didot, t. I, p · texte numérisé non relu

Collection Didot, t. I, p

bonne à tous. C'est là , sans doute , un reproche fait par ceux qui voudraient pour eux seuls la bienveillance et la protection des princes, et qui trouvent qu’on leur ravit tout le crédit employé pour d'autres. Joséphine, qui donnait sans compter, recevait aussi, les yeux fermés, toutes les demandes, et parfois, dans son ardeur d’obliger et son désir de consoler, promettait le succès quand elle aurait dû ne promettre que son appui. C’était un tort sans doute, le tort d’un cœur généreux. Mais , pour être juste et vrai, il faut la juger par le nombre infini des bienfaits accordés, des grâces obtenues , et surtout par cette circonstance , qu’auprès d’elle comme auprès de sa fille, formée par ses leçons et ses exemples , les petits avaient autant d’accès et obtenaient plus de faveur que les grands.

Il reste , pour avoir tout dit , un dernier trait du caractère de Joséphine à constater, c’est son penchant à la superstition , ce que le Mémorial appelle « sa croyance aux pressentiments, aux sorciers'. » Sorcellerie, c’est trop. Amour du merveilleux, souci de l’inconnu, curiosité de l’avenir, elle a partagé tout cela. Sa vie, qui avait commencé par une prédiction de grandeur si magnifiquement réalisée, était assez extraordinaire pour autoriser quelque foi aux présages , et dans les années pleines de menaces du divorce, il est avéré que l'Impératrice Joséphine alla demander à la sibylle du temps, non les secours d'une

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