‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 207 sur 232 · SIS · texte numérisé non relu

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« Je vois avec plaisir que tu ailles à Malmaison et que tu sois contente; moi, je le serai de recevoir de tes nouvelles et de te donner des miennes. Je n’en dis pas davantage jusqu’à ce que tu aies comparé cette lettre à la tienne, et, après cela, je le laisse juge qui est meilleur et plus ami de toi ou de moi. Adieu, mon amie ; porte-toi bien et sois juste pour toi et pour moi.

« Napoléon. »

Seconde lettre de Joséphine.

« Mille, mille tendres remercîments de ne m’avoir pas oubliée. Mon fils vient de m’apporter ta lettre. Avec quelle ardeur je l’ai lue! et cependant j’y ai mis bien du temps, car il n’y a pas un mot qui ne m’ait fait pleurer; mais ces larmes étaient bien douces ! J’ai retrouvé mon cœur tout entier et tel qu’il sera toujours ; il y a des sentiments qui sont la vie même et qui ne peuvent finir qu’avec elle.

« Je serais au désespoir que ma lettre du <9 t’eût déplu. Je ne m’en rappelle pas entièrement les expressions, mais je sais quel sentiment bien pénible l’avait dictée, c’était le chagrin de n’avoir pas de tes nouvelles. Je t’avais écrit à mon départ de Malmaison; et, depuis, combien de fois j’aurais voulu t’écrire! mais je sentais les raisons de ton silence et je craignais d’être importune par une lettre. La tienne a été un baume pour moi. Sois heureux, sois-le autant que tu le mérites; c’est mon cœur tout entier qui te parle. Tu viens aussi de me donner ma part de bon-

heur, et une part bien vivement sentie; rien ne peut valoir pour moi une marque de ton souvenir.

« Adieu , mon ami ; je te remercie aussi tendrement que je t’aimerai toujours.

« Joséphine'. »

Nous ne voulons affaiblir par aucun commentaire cette double expression d’une affection mutuelle que rien ne pourra rompre, et qui s’exprime ici avec les nuances propres à chaque caractère.

L'Impératrice Joséphine revint à la Malmaison dans les premiers jours du mois de mai, pendant que l'Empereur et Marie-Louise visitaient les départements du nord. De sa tournée, Napoléon lui avait écrit : « Je désire bien te voir. Si tu es à Malmaison à la fin du mois, je viendrai te voir.... Ne doute jamais de toute la vérité de mes sentiments pour toi; ils dureront autant que moi; tu serais fort injuste si tu eu doutais. » L’Empereur lui tint parole , mais en s’entourant d’un mystère inusité, pour ménager sa nouvelle épouse. Joséphine raconte elle-même cette visite à la reine Hortense, qui avait suivi son mari en Hollande : « .... J’ai eu hier (13 juin) un jour de bonheur; l’Empereur est venu me voir. Sa présence m’a rendue heureuse, quoiqu’elle ait renouvelé mes peines. Ces émotions sont de celles que l’on voudrait éprouver souvent. Tout le temps qu’il est resté avec moi , j’ai eu assez de courage pour retenir des larmes que je sentais prêtes à couler ; mais après qu’il

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