‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 223 sur 232 · SV · texte numérisé non relu

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connaître vos vœux pour que je m’empresse aussitôt de les remplir. Adieu, ma chère maman , je vous embrasse et vous aime de tout mon cœur. Vos enfants et petits-enfants se portent bien. Vous avez un petitfils de plus ; je vous ai déjà annoncé que la princesse Louis est accouchée d’un nouveau garçon qui doit être baptisé par le Pape et nommé par l’Empereur.

« Joséphine.

« Je vous envoie beaucoup de chapelets bénits par le Saint-Père. »

A la môme.

* Paris, 17 février 1807.

« Ma chère maman, M. Duquesne' est au moment de partir; je profite de cette occasion pour vous embrasser et vous donner de mes nouvelles. Ma santé est bonne. Je suis revenue de Mayence ici au commencement de ce mois. L’Empereur se porte très-bien. J’ai reçu hier une lettre de lui , du 1er février ; il était à quarante lieues au delà de Varsovie , et à peu de distance des Russes, qui se retirent. J’ai eu ma tille auprès de moi pendant mon séjour à Mayence : elle est retournée depuis à la Haye auprès du roi. J’espère que mon cher Eugène me donnera bientôt un petitfils. La princesse Auguste, sa femme, est au moment d’accoucher, et j’en attends chaque jour la nouvelle. Je ferai mettre en état tous les papiers relatifs à l’affaire dont vous me parlez dans une de vos dernières lettres , et je vous enverrai ma procuration; jusquelà je désire que ma tante jouisse du revenu. Dès que l’Empereur sera ici , je n’oublierai pas les différentes

1. De la famille de l'i lu»tre amiral, doul uue branche s’était établie à la Martinique.

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recommandations que vous m’avez faites. Il me sera toujours doux de pouvoir être utile à la colonie et aux personnes qui vous intéressent. Adieu , ma chère maman , ménagez bien votre santé; j’espère qu’elle continue à être bonne. Il n'y a que cette espérance qui puisse me dédommager de ne pas vous voir. Pensez à moi quelquefois , et croyez qu’on ne peut vous aimer plus tendrement que votre fille.

« Joséphine. »

(B) Pièces diverses.

.4 Madame Bonaparte, a Madame ,

« Daignez permettre que je public sous vos auspices cette nouvelle édition du Traité des arbres et arbustes de Duhamel.

h Ce citoyen zélé aimait passionnément l’agriculture : il n’ignorait pas qu’elle seule peut donner aux empires une puissance et un éclat durables. Pour prix de ses travaux , Duhamel obtint l’estime de ses contemporains et de la postérité.

« Vous, Madame, dont le nom rappelle à la fois les hautes qualités que le monde admire et les touchantes vertus qu’il chérit, vous aussi vous aimez l’agriculture; vous prenez plaisir à rassembler dans vos jardins les végétaux les plus rares, et, déjà , vous désignez les cantons de la France que vous voulez enrichir de ces productions étrangères. Ainsi, par vos soins, cette même terre que le Premier Consul a si vaillamment défendue, nous offrira bientôt des ressources et des jouissances nouvelles. Ce sont encore des droits que vous acquerrez à notre amour , et nos neveux ,

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héritiers de tant de bienfaits, ne méconnaîtront jamais la main qui aura daigné les répandre.

« Honoré de votre confiance, et chargé de l’exécution de vos utiles projets e, je crois devoir me conformer à vos vues, Madame, en publiant, conjointement avec plusieurs autres naturalistes, cette nouvelle édition d’un ouvrage nécessaire aux cultivateurs. Mais, Madame, quelque révérée que soit la mémoire de Duhamel, cet ouvrage serait privé de son plus beau lustre , s’il ne vous était dédié , et je n’oserais y placer mon nom si mes premières lignes n’étaient consacrées à la reconnaissance.

« Je suis avec un profond respect, etc. ,

« B. Mirdel. »

« Mayence, le 26 novembre 1806.

Ac secrétaire des commandements de S. M. l’Impératrice à M. Ripault , bibliothécaire de l’Empereur.

« L'Impératrice me charge , Monsieur, de vous demander un livre dont elle ne se rappelle pas le titre, mais qui traite de tous les objets d’arts et de curiosités qui se trouvent dans les différentes cours d’Allemagne ; vous voudrez bien le remettre à M. de La Valette, pour être envoyé de suite à Sa Majesté.

« J’ai l’honneur , etc. ,

« Signé: Deschamps. »

c Mayence, le 11 décembre 1806.

« L’Impératrice me charge. Monsieur, de vous dire qu’elle désirerait que vous lui envoyassiez un

1. M. de Mirbel, auteur de cette éptlre dédicatoire, présidait aux exploitations agricoles de la Malmaison.

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ouvrage nouveau relatif au Grand Coudé y Sa Majesté ne s’en rappelle pas le titre exactement; ce sont probablement des Mémoires ou des lettres.

« Sa Majesté a été très -satisfaite de l’ouvrage sur l’Allemagne que vous lui avez fait passer.

« J’ai l’honneur, etc.,

Sû/né : J. M. Dfschamps. »

« Paris, le 24 janvier 1810.

Le secrétaire des commandements de S. M. l'Impératrice Joséphine à M. Ilarbier, bibliothécaire de l’Empereur.

«Je me suis empressé, monsieur, de porter à la Malmaison les livres que vous m’avez envoyés pour l’Impératrice. J’ai aussi mis sous ses yeux la lettre que vous avez jointe à cet envoi. Sa Majesté me charge de vous témoigner qu’elle est sensible à vos soins , et qu’elle vous demande de les continuer avec le même zèle.

« Agréez , etc. ,

Signé: J. M. Deschamps. »

(C) Descendance dd prince Eugène :

En 1817, le roi de Bavière conféra à son gendre, avec le titre de duc de Leuchtenberg et de prince d’Eichstaedt, celui d’altesse royale, déclara sa maison la première maison princière de la monarchie bavaroise, et lui assigna le rang immédiatement après les princes de la famille royale. Il céda au prince la principauté d’Eichstaedt, moyennant une somme de cinq millions de francs.

Le prince Eugène a laissé six enfants :

Le duc Auguste qui épousa, le 1er décembre 1834, la

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reine de Portugal , dona Maria, et mourut le 28 mars 1835;

Le duc Maximilien, marié, le 14 juillet 1839, à Marie-Nicolaiewna, fille de l’empereur Nicolas, mort en 1852 ;

La princesse Joséphine, mariée, le 1 U juin 1823, à Oscar, prince royal, aujourd’hui roi de Suède;

La princesse Eugénie, mariée à Frédéric, prince régnant d’Hohenzollern-Hechingen , décédée';

La princesse Amélie , mariée à don Pedro 1", empereur du Brésil ;

La princesse Théodelinde, mariée à Guillaume, comte de Wurtemberg, pareillement décédée.

(Tiré de F Annuaire de la noblesse de France, par M. Borel d’IIauterive.)

(D) Famille de l’impébatbice Joséphine :

Robert-Marguerite, baron de Tascher, oncle de l’Impératrice Joséphine, mort à Paris, en 1806, a laissé , comme nous l'avons dit, cinq fils et une fille :

1° Charles , retiré du service en 1805 , et retourné à la Martinique, avec le grade de chef d’escadron des grenadiers à cheval de la garde;

2° Henri , aide de camp du roi Joseph et général de brigade, marié à Mlle Clary;

3° Louis , aide de camp du prince Eugène , colonel en 1814, et devenu général au service de la Bavière, où il avait suivi son cousin ; aujourd’hui sénateur et grand maître delà maison de l'Impératrice Eugénie;

4° Sainte-Rose , officier d'ordonnance du vice-roi ;

5° Numa , resté à la Martinique ;

6“ Stéphanie , mariée, en premières noces, au prince d'Aremberg, et, après l’annulation de son

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mariage, eu 1819, devenue la femme du marquis de Chaumont-Quitry.

Sainte-Rose de Tascher, seul, n’a pas laissé de postérité.

A la chute de l’Empire, la branche cadette de la famille de l’Impératrice Joséphine se trouvait toujours représentée par le comte de Tascher, fait sénateur par Napoléon. Le 4 juin 1814, il fut créé pair de France, et en 1822, il transmit sa pairie à son fils.

L’Impératrice avait aussi fait venir de la Martinique deux de ses cousins de la ligne maternelle, membres de la famille de Sanois ; l’un mourut jeune, l’autre avait été page de l’Empereur, et 1 81 4 le trouva lieutenant dans un régiment de hussards.

(B) La Malmaison :

« Le parc fut encore embelli (1810) par une quantité d’animaux étrangers des plus belles races : au lieu d’être rassemblés dans une ménagerie ou dans une enceinte étroite, ils parcouraient les différents sites qui leur convenaient le mieux. On voyait dans les vallées des vaches suisses, les collines étaient couvertes de troupeaux espagnols , et les bords de la rivière nourrissaient des cygnes de plusieurs espèces , parmi lesquels on en distinguait deux noirs apportés de la Nouvelle-Hollande, et dont Buffon ne connaissait pas l’espèce. »

— « Le 1 2 juillet 1815, la Malmaison fut ravagée et pillée par les troupes anglaises et prussiennes. Voici ce qu’on lit dans un journal du temps : « Cette belle « propriété, où, depuis quinze ans, les produits les « plus brillants des arts, les recherches les plus cu-

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« rieuses du goût, les chefs-d’œuvre de nos plus ha- « biles artistes, se trouvaient réunis, offre aujour- « d’hui l’aspect le plus triste. Les statues de Canova, « de Cartellier, deLemot, et les tableaux charmants « deVernet, deTaunay, de Richard, ont été détruits « par le sabre et les baïonnettes des Anglais et des « Prussiens. Quand la victoire faisait tomber l’Italie u en notre puissance , les tableaux de Raphaël et les « statues antiques venaient décorer nos musées. Nos « ennemis ont appris de nous l’art de vaincre ; ils « devraient bien avoir appris, en même temps, à ne « pas déshonorer leur victoire. »

— «Que reste-t-il de tant de splendeurs? quelques souvenirs historiques et ce que Joséphine avait acheté de M. Lecoulteûx; c’est-à-dire l’ancien parc de la Malmaison, car il est faux que toute la propriété ait été détruite et les terrains vendus par lots, comme l’ont écrit plusieurs journaux. Le prince Eugène fit seulement revendre les terres que Joséphine avait ajoutées à l’ancien parc ; les arbustes, les plantes rares, la galerie de tableaux, furent vendus ou transportés à Munich; et, en 1826, la Malmaison et ses bois furent achetés par M. Haguermann , banquier suédois, à Paris. Après sa mort, en 1842, le château seul et son parc devinrent la propriété de la reine Marie-Christine d’Espagne , qui ne l'a habité qu’en 1843. » (Rueil et la Malmaison, par MM. Jacquin et Duesberg, p. 127 et 130.)

(F) Tombeaux de l’impératrice Josépbine et de la reine Hor-

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